Dépistage du cancer de la prostate : vers une systématisation de la

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Dépistage du cancer de la prostate : vers
une systématisation de la prescription
du PSA ?
Christine LEMAIRE
Faculté de médecine Joseph Fourier
Grenoble
Introduction
• Epidémiologie 2010 (InVS) :
– 71600 nouveaux cas diagnostiqués
– 8800 décès attribués
– Stabilisation de l’incidence entre 2005 et 2010
• Rapport Grünfeld – 14/02/2009 :
– Proposer « un dépistage individuel entre 50 et 75 ans, si l'espérance
de vie estimée est supérieure ou égale à 10 ans. Ce dépistage repose
sur le toucher rectal et sur le dosage de PSA total sérique, que L'AFU
conseille de réaliser annuellement. »
– « Mais il est indispensable de proposer un dépistage chez les
hommes à haut risque de développer un cancer de la prostate :
• ceux ayant dans leur famille des parents du 1 degré atteints de cancer de la
prostate,
• ceux de 45 à 75 ans, d'origine antillaise ou africaine. »
er
Performance des outils diagnostiques
• PSA ou TR :
PSA
TR
Sensibilité
70%
50 à 60%
Spécificité
85%
95%
VPP
28 à 35% pour seuil > 4 ng/mL
Agence Nationale pour l’Accréditation et l’Evaluation en Santé - « Eléments d’information des hommes envisageant la
réalisation d’un dépistage individuel du cancer de la prostate » - Septembre 2004
• PSA et TR :
–Permet de détecter ⅓ à ¼ de cancers en plus, mais est
également à l’origine de ⅔ de biopsies inutiles en plus
Schröder FH and coll. – « Evaluation of the digital rectal examination as a screening test for prostate cancer » - J Natl
Cancer Inst 1998 ; 90 (23) : 1817-1823
Question posée
• Devons-nous prescrire systématiquement le
PSA aux hommes de 50 à 75 ans dans le cadre
du dépistage du cancer de la prostate comme
le suggère l’Association Française d’Urologie ?
• Matériel et méthode :
– Synthèse de la bibliographie via Pubmed de mars
2009 à mars 2011
Les articles de la polémique
• Étude ERSPC : la réalisation d’un dépistage par dosage
seul du PSA tous les 4 ans est associée à une diminution
du taux de mortalité par cancer de la prostate par rapport
à une surveillance seule (OR 0.85, IC 0.95= 0.73-1.00)
Schröder FH and coll. - « Screening and Prostate-cancer mortality in a randomized european study »
For the ERSPC Invertigators - NEJM 26/03/2009 ; 360 : 1320-1328
• Étude PLCO : la réalisation d’un dépistage associant
annuellement TR et dosage du PSA est associée à une
augmentation du taux de mortalité par cancer de la
prostate par rapport à une surveillance seule (OR 1.11, IC
0.95 = 0.83-1.50)
Andriole GL and coll. - « Mortality results from a randomized Prostate-cancer screening trial »
For the PLCO Project Team - NEJM 26/03/2009 ; 360 : 1310-1319
Depuis…
• Méta-analyse d ’ études randomisées et
contrôlées : le dépistage n’a pas d’effet
significatif sur le taux de mortalité par cancer
de la prostate (RR = 0.88, IC à.95 = 0.71-1.09,
p = 0.25)
M. Djlbegovic, R. Beyth and coll. - « Screening for prostate cancer : systematic review and metaanalysis of
randomised controlled trials » - BMJ 2010 sep 14 ; 341 : c4543
Depuis…
• Un dosage unique du PSA à 60 ans : un dosage
≤ 1 ng/mL à 60 ans permettrait d’éliminer le
risque de développer un cancer de la prostate
métastatique et donc permettrait d’éviter tout
dosage ultérieur dans le cadre d’un dépistage
(risque de métastase à 85 ans pour PSA ≤ 1
ng/mL à 60 ans = 0.5% )
Vickers AJ and coll. – « Prostate specific antigen concentration at age 60 and death or metastasis from prostate
cancer: case-control study » - BMJ 2010 Sep 14 ; 341 : c4521
Discussion
• Selon les publications, le dépistage ne repose pas sur les
mêmes méthodes
• Les conséquences du dépistage puis de la prise en charge du
cancer en terme de qualité de vie n’ont fait l’objet d’aucune
publication
• Aucune publication ne s’est penchée sur les populations qui
font actuellement l’objet, en France, de recommandations
• Influence des publications sur la prescriptions des PSA aux
Etats-Unis : diminution des prescription de PSA de 3% chez
les hommes de 40 à 54 ans et de 2,7% chez les hommes de 55
à 74 ans
Zeliadt SB and coll – « Influence of publication of US and European prostate cancer screening trials on PSA testing practices » - J Natl Cancer Inst. 2011 Mar 16 ; 103(6) : 520-3
Conclusion
• Les données actuelles de la science ne
poussent pas à prescrire de façon
systématique le dosage du PSA chez les
hommes de la population générale âgés de
50 à 75 ans dans le cadre du dépistage du
cancer de la prostate.
Proposition de
hiérarchisation de
l’information spécifique
au dosage du PSA
Proposition de
hiérarchisation de
l’information spécifique
au dosage du PSA
L’U.S. Preventive Services
Task Force s’est prononcée
CONTRE la réalisation d’un
dépistage du cancer de la
prostate par dosage du PSA
jugeant que les patients n’en
tiraient pas de bénéfices et
que
les
inconvénients
dépassaient les avantages.
Fritz H. Schröder - “Stratifying Risk - The
U.S. Preventive Services Task Force and
Prostate-Cancer Screening”
NEJM 2011 Oct 26 ; 10.1056 : 1112-140
Proposition de
hiérarchisation de
l’information spécifique
au dosage du PSA
PAS DE PRESCRIPTION DE
PSA
L’U.S. Preventive Services
Task Force s’est prononcée
CONTRE la réalisation d’un
dépistage du cancer de la
prostate par dosage du PSA
jugeant que les patients n’en
tiraient pas de bénéfices et
que
les
inconvénients
dépassaient les avantages.
Fritz H. Schröder - “Stratifying Risk - The
U.S. Preventive Services Task Force and
Prostate-Cancer Screening”
NEJM 2011 Oct 26 ; 10.1056 : 1112-140

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