Petit Var - Académie de Nice

Report
Discours d’introduction
« Mesdames, Messieurs,
A l’occasion du trentenaire du Collège Marcel Pagnol, le chef d’établissement, M. Didier
Delozanne a émis le vœu que fut présentée une exposition brossant l’histoire de ce collège, histoire qui
fut, par le passé, esquissée lors du 10ème et du 20ème anniversaire de l’établissement. Toutefois, nous
lui avions objecté que, pour de nombreux Toulonnais, le nom, la localisation du collège Marcel Pagnol
n’évoquait rien. En revanche, dès lors que l’on avançait l’ancien nom, Tessé, ce nom appelé le
surgissement de souvenirs, souvent ému, de leur jeunesse. Et peut-être serait-il opportun de revenir à
l’ancienne appellation de Tessé car la consultation d’Internet fait apparaître de nombreux collèges, titrés
Marcel Pagnol. Le Collège Tessé serait, lui, unique…
Pour cette exposition, nous avons songé, compte tenu de l’assistance nombreuse et choisie, à la
présenter sous deux formes. La première, un diaporama, d’une longueur d’environ 20 minutes. Ajoutons
ici immédiatement que ce diaporama sera mis sur le site du collège, et ceci constituera une première.
En effet, pour avoir consulter de nombreux sites, nous nous sommes rendus compte qu’aucun
établissement ne proposait l’histoire complète de celui-ci. Or, à travers les péripéties qui jalonnent la vie
de tout lycée ou collège l’on peut appréhender l’histoire de l’enseignement, l’histoire de la ville, bref
l’histoire patrimoniale de notre pays. Nous avons songer aussi que, pour celles et ceux – encore
nombreux – qui sont rétifs envers les nouvelles technologies, il convenait de proposer une exposition
plus traditionnelle, une exposition « papier », que nous avons installé salle Marcel Massi.
Ici, mesdames, messieurs, nous voudrions avoir une pensée en direction des personnes qui
nous ont quitté. Nous en donnerons deux exemples. Tout d’abord, celui de M. Marcel Massi, que nous
avons connu personnellement, et dont nous avions apprécier le dévouement envers l’École,
singulièrement à l’égard du collège Marcel Pagnol. S’il fallait qualifier d’un mot M. Marcel Massi, nous
dirions qu’il fut, tout au long de sa vie, un républicain intègre et généreux. Nous nous recueillerons
également en évoquant le souvenir de notre collègue M. Lucien Augoyard, décédé prématurément, au
sein même de l’établissement. C’était un mercredi, à la récréation… Tout deux sont morts en ayant
voué leur vie à cette grande cause nationale qu’est l’éducation au service de tous, sans distinction
d’origine, de couleur. Tout deux étaient des laïques au plein sens du terme. »
Jacques Papin, professeur de Lettres
Au service du peuple
républicain :
De Tessé… à Pagnol
La troisième République a toujours aimé les symboles.
En atteste le blason sur le fronton, rue Gimelli,
qui représente Toulon Port-la-Montagne.
A l’issue de la Contre-Révolution
toulonnaise, le nom de Toulon est
supprimé par décret du 5 Nivôse An 2
(25 décembre 1793) et remplacé par le
nom de Port-la-Montagne. Un nouveau
sceau est alors employé par la Mairie. Il
représente un phénix rayonnant aux
ailes déployées, brochant sur deux
branches (laurier et chêne) passées en
sautoir, le phénix enroulant son cou
autour d’un faisceau consulaire à
francisque sommée d’un bonnet
phrygien ; un serpent se mordant la
queue encercle la partie supérieure de
la francisque, le bonnet et la devise : La
loi assure la liberté. Le nom de Port-laMontagne n’est plus employé à partir de
la délibération du Conseil Municipal du
28 germinal, an 3 (17 avril 1795).
Source : Bibliothèque des amis du vieux Toulon et de sa région
La douloureuse naissance de Tessé
Dans le légendaire républicain, la troisième république est
indissolublement liée à l’essor de l’école laïque.
Vigoureusement conduite à Toulon par le maire Dutasta, cette
politique trouva un successeur dans les années 1890 en la
personne de Prosper Ferrero, un publiciste, marseillais de
naissance, à la longue carrière politique. Prosper-PhilippeBenoit Ferrero, élu maire sur une liste dont la plupart des
candidats appartenaient à la classe des travailleurs, resta
premier magistrat de la ville de Toulon du 5 juin 1893 au 26
juin 1897.
Evelyne Maushart, dans son article « Les maires de
Toulon de 1870 à 1914. Mise en place d’une politique
démocratique et sociale » publié dans la Revue de la
société des Amis du Vieux Toulon et de sa Région,
souligne que le maire de l’époque a lancé la construction
d’écoles dans les quartiers qui en étaient dépourvus,
quartiers ouvriers qui avaient massivement voté pour lui.
Voici deux exemples d’inauguration typique sous la
troisième république : ceux de l’école des MaisonsNeuves (à Saint Jean du Var) et de la rue Gimelli.
Le Petit Var, fondé par Dutasta, radical socialiste, donc « ferreriste »,
relate ainsi la cérémonie dans son numéro du lundi 12 octobre 1896 :
« INAUGURATION DE LOCAUX SCOLAIRES À TOULON »
«
Nous avons parlé, avant-hier, en hâte, de la cérémonie d’inauguration de l’école
de jeunes filles des Maisons-Neuves par le conseil municipal de Toulon. Après la
bienvenue de la directrice, une toute jeune et gentille élève, Marie Roux, croyons-nous,
s’est exprimée en ces termes, avec beaucoup d’assurance et de sentiment :
Monsieur le maire, Messieurs, au nom de mes compagnes, je viens vous
remercier de nous avoir enlevées d’une école où, sans air, sans espace, sans
lumière, nous nous étiolions. Il a fallu vous, monsieur le maire, ainsi que le Conseil
que vous présidez, pour penser que les études ne sont pas tout et que, pour
former des Françaises fortes, il ne suffisait pas de les instruire et qu’il fallait encore
les placer dans un milieu convenable, afin de développer leur corps et de les
rendre capables de supporter les fatigues et les luttes de la vie.
Encore une fois, merci à vous, monsieur le maire, et à tous ceux qui vous ont
secondé pour élever ce monument digne de vous et de notre chère cité.
Veuillez, je vous prie, accepter ces fleurs »
Voici un passage du discours que M. Roncagliolo, premier adjoint, a prononcé
en réponse au compliment de la fillette :
« Toute notre sollicitude vous est acquise, vous le savez. Nous veillerons avec
un soin jaloux sur l’avenir de nos écoles communales, d’où sortiront des
générations mieux instruites que la nôtre, mieux préparées à la vie, plus libres en
un mot. Ça a été l’honneur du gouvernement républicain de comprendre le rôle
que l’instruction laïque devait jouer dans l’éducation d’une démocratie et de se
mettre à l’œuvre sans hésitation… »
« Après la remise de
magnifiques
bouquets,
les
conseillers municipaux se rendent
à l’école maternelle située à
proximité de l’école des filles. C’est
la directrice, madame Rolland, qui
a reçu le Conseil municipal à cette
école.
L’installation des diverses
salles, visitées en détail, a été
trouvée parfaite et de nature à
donner satisfaction aux familles.
De là, les membres du
Conseil municipal se sont rendus
à l’école maternelle de la rue
Gimelli, où ils ont été reçus par la
directrice, Mme Brémond, et M.
Victor Méric, architecte, qui a
fourni toutes les explications
désirables. »
L’emplacement de la rue Gimelli avait été choisi grâce à un
échange de terrain entre la ville de Toulon et le propriétaire, M
Tellier, échange autorisé par le préfet du Var (Petit Var,
dimanche 21 juillet 1895).
La construction fut rondement menée : le maire, accompagné
du docteur Petit-Didier, adjoint délégué à l’instruction publique,
visita le chantier (Petit Var, mardi 23 juin 1896). L’école
maternelle fut réceptionnée le jeudi 1er octobre par le premier
adjoint Roncagliolo (Petit Var, vendredi 2 octobre 1896).
Comme il restait du terrain, décision fut prise d’y implanter
l’Ecole primaire supérieure de Filles.
Une somme de 20 000 francs fut votée, les plans furent confiés
à l’architecte Méric, un devis estimatif fut dressé. Mais à
l’occasion des élections municipales complémentaires du 13
juillet 1897, l’opposition fit son entrée au conseil, et Ferrero,
suivi par les 35 conseillers municipaux appartenant à la liste du
comité d’action républicaine, démissionna.
Les élections du 25 juillet 1897 constituèrent une défaite sans appel
pour la liste de l’Union Républicaine Socialiste, battue par une liste
nationaliste. Le Petit Var du mardi 27 juillet 1897, mettant en avant la
division entre radicaux et socialistes, titra : « Le châtiment ».
Elu maire, Pierre-Henri Pastoureau, lieutenant-colonel d’artillerie en
retraite, ne tarda guère à montrer un caractère autoritaire, agressif et
susceptible. Le Petit Var, peu suspect de sympathie envers sa politique, ne
se fit pas faute de le montrer, voire de le démontrer quotidiennement.
Quand la municipalité Pastoureau fut investie, elle trouva plusieurs
dossiers brûlants, dont l’érection de l’École Primaire Supérieure de Filles
du boulevard Tessé, dossier qui l’embarrassa. Elle trouvait toujours les
devis trop élevés.
Le Petit Var du vendredi 24 juin 1898 relève, ironiquement :
« Faut-il parler de l’école du boulevard de Tessé ? Cette école, approuvée
sous la municipalité socialiste, fut remaniée trois fois par celle de monsieur
Pastoureau et en dernier lieu huit jours avant les élections législatives. »
Les travaux durèrent une année, du 9 décembre 1898 à septembre 1899. À
l’approche de l’inauguration, la municipalité invita le Ministre de
l’Instruction Publique (Éducation Nationale) à honorer de sa présence la
cérémonie. Georges Leygues peu soucieux d’accorder cette faveur à une
mairie nationaliste, déclina ainsi cette invitation :
« Monsieur le Maire,
Vous avez bien voulu, au nom de la Municipalité de Toulon, me demander
d’assister à l’inauguration de la nouvelle école primaire de jeunes filles dans
cette ville, qui aura lieu vers le 1er octobre prochain. Je vous remercie de cette
invitation à laquelle je suis très sensible.
J’aurais été très heureux de pouvoir l’accepter et de donner ainsi un
témoignage de sympathie à la population de Toulon dont je connais tout le
dévouement à la République, mais il me sera impossible de m’absenter à la date
ci-dessus indiquée. Je vous en exprime mes plus vifs regrets et je vous serai
obligé de vous faire mon interprète auprès de vos honorables collègues du
Conseil municipal.
Agréez, monsieur le Maire, …
Le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts »
Petit Var, Dimanche 1er octobre 1899
« L'école du boulevard Tessé.
On va très prochainement inaugurer l'école de jeunes filles du boulevard de
Tessé. Il n'est donc pas inutile de rappeler ici que ce fut la municipalité
socialiste qui en fit dresser les plans et le projet, en même temps qu'elle
érigeait les groupes scolaires de nos grands faubourgs.
Les architectes Fontan et Méric y travaillèrent, et avec le souci qu'apportaient
en toutes ces choses les élus socialistes, la cantine scolaire et le réfectoire
furent prévus.
Survint, à la suite de la regrettable erreur de suffrage universel, la municipalité
actuelle, avide de transformer ou de détruire ce qu'avait entrepris sa
devancière. En un trait de plume, la cantine scolaire et le réfectoire de l'école
furent supprimés.
La gaffe fut telle qu'en ces derniers temps on a voulu les rétablir, mais on ne
peut le faire qu'en sacrifiant certains locaux également utiles.
Nos édiles entassent bévues sur bévues. »
Petit Var, Mercredi 4 octobre 1899
« L'école du boulevard de Tessé.
Bien que l'inauguration officielle ne doive s'effectuer que dans
quelques jours, sous la présidence de M. le recteur de l'académie d'Aix, la
nouvelle école du boulevard de Tessé a été occupée dès hier, c'est-à-dire
à la rentrée des classes.
C'est dans ce bâtiment dont les plans sont principalement dus à
l'architecte Victor Méric, aujourd'hui sénateur du Var, que fonctionnera
désormais l'école primaire supérieure des filles.
Au plus tôt, il existera deux écoles : l'une destinée aux élèves pourvues
du certificat d'études, et une comprenant les classes élémentaires, dans
laquelle seront reçus les enfants dès l'âge de six ans.
L'entrée des élèves s'effectue par la porte située rue Gimelli, n°38.
Les plans du groupe scolaire ont été établis par l'architecte de
manière à doter nos enfants de salles remplissant toutes les conditions
d'hygiène et de confort, de manière que la santé des élèves ne puisse pas
être mise en péril comme dans les vieux locaux sombres et défectueux de
nos vieilles écoles. »
Petit Var, Lundi 6 novembre 1899.
« Inauguration.
Au moment où notre journal est mis sous presse a lieu
l'inauguration, au boulevard de Tessé, de la nouvelle école
primaire supérieure. La cérémonie est présidée par M. le recteur
de l'académie d'Aix.
Il n'est pas inutile de rappeler que ce groupe scolaire, dont Toulon
est doté, est dû au conseil municipal socialiste Ferrero. C'est, en
effet, sous l'administration Ferrero que le projet fut établi et voté.
La première annuité fut ensuite allouée, elle était de
20 000 francs pour commencer les travaux. A ce moment,
l'administration Pastoureau arriva à la mairie et ne se soucia guère
de ce projet ; elle absorba l'annuité et c'est seulement en 1899
qu'elle a daigné reprendre cette affaire. »
École supérieure de filles
(Boulevard de Tessé)
« L'école primaire supérieure des jeunes filles a été construite sur les
plans de M. Jacques, directeur des travaux de la ville. Les travaux ont été
commencés le 1er août 1899. L'édifice se compose d'une bâtisse centrale
et de deux ailes latérales. Sa longueur totale est de 46 m 20, sa largeur
sur les ailes, de 24 mètres et en son milieu, de 13 m 90. La cour, située
entre les deux ailes du bâtiment, mesure une longueur de 28 m 40 sur
une largeur de 12 m 30.
L 'école comprend 14 classes, une salle de repassage et des
appartements de la Directrice situés dans la bâtisse centrale.
Les entrepreneurs qui ont participé à la construction sont : MM. A. Noble,
pour la maçonnerie ; Mouttet et Banse, pour la menuiserie ; Boursier, pour
la serrurerie ; Panisse, pour la zinguerie ; et Maria, pour la peinture. »
Indicateur du Var, 1906.
Que sait-on de l’enseignement primaire supérieur ?
Source : Wikipédia
L'enseignement primaire supérieur est un ordre
d'enseignement qui a existé en France entre 1833 et 1959.
Il a été supprimé, avec les Cours Complémentaires, par la
réforme Berthoin en 1959.
Cet enseignement était suivi par les élèves, à la suite de
l'école primaire élémentaire proprement dite, mais relevait
des écoles primaires et non de l'enseignement secondaire.
Cet enseignement était donné soit dans les écoles
primaires sous forme de « cours complémentaires », soit
dans des établissements scolaires spécifiques appelés dès
lors écoles primaires supérieures.
L'enseignement primaire supérieur (EPS) a été créé par la
loi Guizot (1833)
En vertu de l'article 10 de cette loi, une école primaire supérieure
devait être instaurée dans toutes les préfectures ainsi que dans les autres
villes de plus de 6 000 habitants. Le programme de l'enseignement
primaire supérieur comprenait la géométrie, le dessin linéaire et
l'arpentage, des éléments de sciences physiques et sciences naturelles
avec une finalité pratique, l'apprentissage du chant et une initiation à
l'histoire et à la géographie, plus spécialement celles de la France.
L‘EPS est supprimé par la loi Falloux (1850)
Les enseignements spécifiques au primaire supérieur sont pour
partie intégrés dans le programme « facultatif » de l'école primaire, cette
partie correspondant non à des options choisies par les élèves mais à
des enseignements que l'instituteur peut choisir ou non de donner. Les
autres sont abandonnés.
Toutefois, l'EPS est rétabli dès 1852
Le succès reste longtemps modeste, et il n'y a qu'une dizaine
d'écoles primaires supérieures en 1870 .
Un effort de création est réalisé dans les années 1870 et
1880. La scolarité dure alors trois ans. La loi Goblet (1886) confirme
le rôle de l'enseignement primaire supérieur. Les plus petites
communes créent plutôt des cours complémentaires dont
l'enseignement se fait sur deux ans seulement, puis plus tard 3 ans.
C'est la loi du 30 octobre 1886 qui organise pour
l'enseignement primaire supérieur - cours complémentaires et EPS les examens du Brevet élémentaire et du Brevet supérieur. Ce
dernier devient alors l'examen terminal non seulement des EPS et
des écoles normales primaires mais aussi des lycées de jeunes
filles qui, jusqu'en 1924, n'auront pas officiellement le droit de
préparer au baccalauréat.
Des EPS
à vocation professionnelle se créent
également,
soit
de
manière
autonome, soit sous forme de
« section professionnelle ». Ces EPS
sont placées en 1892 sous la tutelle
du ministère du Commerce et de
l'Industrie sous le nom d'écoles
pratiques du commerce et de
l'industrie.
Vers 1900, l'enseignement primaire
supérieur scolarise 40 000 garçons
contre 60 000 dans l'enseignement
secondaire. En revanche, 20 000
jeunes filles sont concernées par
l'EPS alors qu'elles ne sont que 8 000
dans le secondaire.
Les filles deviennent donc les principales bénéficiaires du système qui
est, pour la plupart d'entre elles, le seul moyen de dépasser le niveau de
l'enseignement primaire obligatoire.
Dans les années 1910 et 1920, le primaire supérieur se rapproche des
collèges et des lycées.
Une circulaire de 1922 prévoit ainsi que les collèges pourront s'adjoindre
une section d'EPS ou une école technique. Le décret-loi du 1er octobre 1926
encourage leur « amalgame » au sein d'« établissements géminés ».
Toutefois, ce rapprochement s'essouffle dans les années 1930 .
En 1936, Jean Zay s'efforce d'unifier l'enseignement primaire supérieur et
les petites classes des lycées. Mais s'il parvient à établir des programmes
identiques, il échoue à unifier les établissements.
Les EPS sont finalement supprimées par l'article 5 de la loi du 15 août
1941 due à Jérôme Carcopino. Les EPS, les écoles pratiques du commerce
et de l'industrie et les cours pratiques deviennent des «collèges modernes »
ou des « collèges techniques ».
Les cours complémentaires sont en revanche maintenus jusqu'au décret
n° 59-57 du 6 janvier 1959 portant réforme de l'enseignement public qui les
transforme en collèges d'enseignement général.
Une classe-atelier
Un bienfaiteur,
Emile Gimelli
« M. Emile Gimelli, émule du « Petit Manteau
Bleu », avocat au barreau de Toulon, vient de mourir,
laissant plusieurs sommes importantes à divers
établissements charitables de notre ville.
Ce nouveau bienfaiteur de notre ville était né à Toulon
en 1840 ; il fit ses études sous la haute direction de
son père, André Gimelli, professeur distingué au
collège de cette ville. Ce fut un des meilleurs élèves
et, dès son plus jeune âge, ses camarades qui ne
l’oublièrent jamais, purent deviner en lui toutes les
nobles qualités qui devaient plus tard faire de Gimelli
un citoyen bon, modeste et généreux.
Ses études de droit à la faculté d’Aix furent
brillantes. Tous ceux qui s’approchaient de lui furent
des amis ; tous ceux qui le connurent dans l’intimité
des études communes se lièrent à lui d’une
inébranlable affection.
Inscrit en 1862 au barreau de Toulon, il fut élu,
tout jeune encore, grâce à son talent et à son
érudition, bâtonnier de l’ordre, honneur auquel ses
confrères l’appelèrent à plusieurs reprises. »
« M. Gimelli mena constamment une existence active et laborieuse, toute de
dévouement et de désintéressement. Il occupa pendant plus de dix ans des fonctions
de président du conseil d’administration du mont-de-piété, il remplit également les mêmes
fonctions aux hospices, au lycée et aux prisons.
Malgré ses occupations nombreuses dans le cours de son existence si bien remplie, il a su
trouver chaque jour quelques moments où , modestement , il distribuait avec la plus grande
délicatesse des sommes importantes à des familles besogneuses.
Emile Gimelli fut un savant. Élevé à la présidence de l’Académie du Var, il sut donner à
cette précieuse institution une activité peu commune. Il y fit la lecture d’un grand nombre de
manuscrits marqués au coin de la plus large érudition.
Il dut résigner toutes ses fonctions à la suite des premières atteintes de la terrible maladie
qui vient de l’enlever à l’affection de ses nombreux amis.
Sa vie fut toute de dévouement et de solidarité.
Sa mort en est le digne couronnement. Il laisse aux hospices une somme de 20,000 FR. et
6,000 FR. à notre bureau de bienfaisance.
L’administration et l’affection de tous ceux qui le connurent survivront à la perte regrettée
de cet homme de bien.
Au nom de ceux qui souffrent, au nom de l’immense famille des pauvres, nous adressons
nos hommages à ce généreux donateur. »
LE PETIT VAR. Mardi 24 septembre 1889.
Boulevard de Tessé
(de la place Albert 1er
à l’avenue François-Fabié.)
Ouverte
lors
de
l’agrandissement de 1852,
cette longue artère ne
présente d’intérêt que dans la
mesure où elle longe au nord
la voie ferrée et où elle est
l’aboutissement des rues
tracées au milieu du XIXème
siècle entre le boulevard de
Strasbourg et la gare.
Parmi ces rues, deux élégantes avenues que découvre le voyageur descendant
du train : l’avenue Colbert et l’avenue Vauban. Bordées d’immeubles imposants et
sévères, qui abritent des études de notaires ou d’avocats, ces deux voies
symbolisent la bonne société bourgeoise du siècle dernier et le goût ostentatoire
de l’Empire. Même si les beaux hôtels et les boutiques chics ont laissés la place à
des constructions plus modernes, les deux avenues gardent de leur origine un
aspect quelque peu guindé et précieux qu’atténue à peine le flot incessant des
voyageurs, surtout en fin de semaine et en saison estivale.
«
René de Froullai, comte de Tessé,
maréchal de France (1650-1725), défendit
Toulon lors du siège de la ville en juillet
1707. Grâce à sa vigoureuse résistance et
à l’intervention du comte de Grignan,
gendre de Mme de Sévigné et gouverneur
de Provence, le siège était levé le 15 août
1707. »
Danielle Hasse, Toulon pas à pas.
René de Froulay de Tessé (1648-1725) Date :1700 Source : Musée des Beaux-arts du Mans Auteur : Hyacinthe Rigaud (1659–1743)
Ceci est une reproduction photographique fidèle d'une œuvre d'art originale en deux dimensions. L'œuvre d'art elle-même est dans le domaine public
TESSE DE 1899 A 1914
L’histoire de Tessé a fait l’objet d’une recherche exacte
dans ses grandes lignes, d’une équipe de professeurs, Mmes
Abert, Besset, Chaintron, Dahon, Giroin, Michel, Ramonda et
Silbermann, qui bénéficièrent des archives personnelles de
Mme Revol directrice de 1891 à 1933, archives aujourd’hui non
localisées ou disparues… Recherche précieuse donc, titrée
modestement « Une école a grandi » dont voici l’essentiel…
« C’était il y a très longtemps… en 1872. A la tête de notre commune, M. Dutasta : un
républicain convaincu, qui est en même temps professeur au lycée et ancien normalien.
Qui pourrait mieux que lui se passionner pour la Réforme de l’Enseignement, l’un des
besoins les plus urgents du nouveau régime ? Il s’y applique et dès 1872 il peut, dans un
long rapport, nous faire part de ses observations, de ses projets. Il y a beaucoup à faire
dans tous les domaines mais surtout dans l’enseignement primaire Supérieur, où tout est
à créer ou à recréer.
L’Ecole Rouvière fondée dès 1835 dans les années
libérales de la Monarchie de Juillet, a été fermée l’année de la loi Falloux en 1850 par les
soins d’un abbé recteur du Var. Elle va rouvrir ses portes. Mais il faut songer aussi aux
grandes filles. Il en est grand temps. Cependant on n’a pour elles que des ambitions
modestes. Pas d’E.P.S. mais des classes-ouvroirs, un joli nom vieillot qui recrée une
atmosphère et suggère un programme. Le matin, on y étudie la grammaire et le calcul,
l’après-midi on coud, on taille, on raccommode. Mais ne vous y trompez pas ! Tout
archaïques qu’elles vous paraissent, ces classes de vos grand-mères font déjà leur petite
révolution. M. Dutasta est là qui conseille hardiment : « plus de par cœur mécanique,
plus d’interminables et inutiles coutures à petits points, faites un enseignement actif,
vivant, faites sa part à l’esprit d’initiative des élèves, faites connaissance avec leur
famille ».
Déjà des méthodes nouvelles ? Pourquoi pas ? On dit qu’elles ont de si lointains
ancêtres ! Il y a deux de ces classes dans la ville, l’une à l’École de filles de la place
Saint-Jean et l’autre à l’école du cours Lafayette. A celle-ci on ajoute un cours du soir
pour adultes, qui connaît très vite un grand succès. »
«
Ce sont là les débuts modernes, mais bien émouvants de notre grouillant collège
d’aujourd’hui. Nous y reconnaissons déjà la hardiesse et la vitalité de notre École. En
1880 trois classes vivent à l’École du cours Lafayette : deux professeurs, un de
lettres, un de sciences, enseignent à une centaine d’élèves. Et le 15 novembre de la
même année, un rapport de l’Inspecteur d’Académie au Préfet et au Conseil Général
annonce l’organisation d’une E.P.S. de filles dont la directrice est Melle Gévaudan.
Mais les effectifs ne cessent de croître : la place manque déjà. La place manque ! Ce
sera l’éternelle lamentation de nos directrices depuis les origines de l’école jusqu’à
nos jours….
Cependant on s’occupe de donner à notre E.P.S. naissante un logement digne d’elle.
La municipalité Dutasta (il est toujours maire) est d’une étonnante prodigalité.
On achète pour nous 1.215 mètres carrés de terrain, on voit très grand car une école
primaire va loger avec l’E.P.S. Un petit bâtiment destiné à l’Ecole Maternelle est
achevé dès 1896, c’est le pavillon situé actuellement entre les deux cours, dont le
fronton s’orne d’un curieux blason jacobin, celui de Port-la-Montagne. La direction des
travaux est confiée à M. Jacques, architecte de la ville. »
« L’édifice du boulevard de Tessé commencé en août 1898, achevé un an plus tard,
coûtera 383.000 francs. N’en souriez pas, songez à la date et demandez-vous si ce n’est
pas un prix exorbitant ! Le bâtiment achevé a belle allure, au moins par sa façade du
boulevard Tessé : trois grandes portes à perron sont prêtes à s’ouvrir sur des flots
d’élèves. En fait comme chacun sait, ces portes ne serviront à rien ou presque : depuis
toujours on entre et on sort par l’étroit passage de la rue Gimelli, qui pour n’être pas
monumental, est au moins ouvert rationnellement vers la ville. Ce n’est pas le seul
inconvénient de notre vieille maison, n’est ce pas, vous toutes qui êtes passées dans ces
murs, trop gros, sa cour trop étroite, ses classes trop sombres ?
Et puis… ses défauts l’ont-ils jamais empêchée d’abriter tant bien que mal toutes les
réalisations de nos directrices ? Or, vous savez combien d’initiatives fécondes ont pris leur
essor dans nos murs.
Sous la direction successive de :
Mesdames Givaudan
(1880-1891)
Revol
(1891-1933)
Clerté
(1933-1941)
Météraud
(depuis 1941) »
« Non seulement l’École a pu répondre à la confiance émouvante des enfants
toujours plus nombreux qu’on lui confiait, mais encore elle a su risquer toutes les
expériences pour s’adapter toujours mieux aux exigences de la vie moderne, tout en
sauvegardant les droits imprescriptibles de l’Université.
Dès 1909, une jeune directrice, Mme Revol crée des cours d’Enseignement
Commercial et de Sténographie que suivent certaines élèves des classes primaires
supérieures. Les classes s’enflent. En septembre 1914, il faut supprimer le petit
internat d’une trentaine d’élèves qui fonctionnait depuis 1901. Il prenait trop de
place. D’ailleurs la guerre disperse bientôt les classes dans onze locaux différents.
Au Musée, au Collège classique…. C’est un premier éparpillement, elle en a encore
connu d’autres ! La guerre finie, on retrouve 278 élèves, 17 professeurs, c’est en
1919 et l’Ecole Primaire occupe toujours le 2° étage de la maison. On se bat
administrativement pour occuper le terrain. La victoire est à nous en 1921. Un an
après la section « industrielle » est crée, un an encore et l’ensemble des classes
d’enseignement industriel et commercial obtiennent le titre officiel d’Ecole Pratique
de Commerce et d’Industrie : c’est une grande date dans l’histoire de Tessé. La
même année, les cours préparatoires sont annexés à l’Ecole, qui groupe maintenant
511 élèves. »
Tessé et la « grande guerre »
(1914-1918)
«
En 1915, la ville
s'est recueillie ; des
convalescents poilus et
hâves sous leur bonnet de
coton apparaissent aux
fenêtres
des
façades
publiques. »
Source : Paul Gonnet, « Toulon dans les premiers drames du
XXème siècle (1904-1929) ».
Dans : Histoire de Toulon, publiée sous la direction de Maurice
Agulhon. Privat, editeur, 1980- pp.333-336.
Peu de temps après le début de
la guerre, annoncée comme
courte, on se rendit compte que
celle-ci serait plus longue que
prévue. Les hôpitaux du front
furent chargés de la chirurgie
lourde tandis que, à l’arrière,
furent crées des hôpitaux de
convalescence. Tessé devint
donc un hôpital.
Le personnel médical de
« l’hôpital Tessé »
Tessé dans l’entre-deux guerres : une mutation vers la
professionnalisation
Au lendemain de la première guerre mondiale, coexistent
l’École maternelle, installée dans le « pavillon sud », et l’École
Primaire Supérieure au deuxième étage. Établissement public, Tessé
accueille aussi des élèves du privé à partir de 1922, au titre de la loi
Astier - du nom de son auteur, le sénateur Placide Astier - adoptée le
25 juillet et promulguée le 27 juillet 1919.
Cette loi instaurait des cours professionnels obligatoires pour
les apprentis - plus de 150 heures d’enseignement technique et
général par an débouchant sur le Certificat d’Aptitude Professionnelle
(CAP).
Article de presse de 1922
« COURS PROFESSIONNELS MUNICIPAUX DU BOULEVARD DE TESSÉ
Voici le nouvel horaire des cours professionnels institués en application de la loi Astier
au profit des jeunes apprenties et employées de commerce :
Section commerciale. Tous les cours ont lieu le lundi après-midi, de 14 h à 18 h 30 : de
14 h à 15 h, français ; de 15 h à 16 h, arithmétique ; de 16 h à 16 h 30, une demi-heure
de détente : goûter, audition de disques, gymnastique (facultative) ; de 16 h 30 à 18 h
30, comptabilité et commerce.
Section industrielle. Lundi, de 14 h à 16 h 30, cours communs avec les élèves de la
section commerciale ; mardi, de 17 h 30 à 18 h 30, dessin ; mercredi, de 17 h 30 à 18 h
30, dessin ; vendredi, de 17 h 30 à 18 h 30, coupe et moulage.
Les jeunes filles qui ont leur journée de repos le lundi sont cordialement invitées à
profiter de l’après-midi de travail organisée à leur intention. Elles y trouveront le moyen
d’améliorer leur instruction générale et professionnelle.
Après avoir suivi les cours pendant trois ans, les élèves pourront obtenir le certificat
d’aptitudes professionnelles, qui leur sera une excellente référence auprès des
employeurs. »
En 1923, Tessé voit la création de l’École Pratique de Commerce et d’Industrie (EPCI)
qui cohabitera avec l’EPS. En atteste cet article :
« L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE DE TOULON
A partir du 1er octobre prochain, l’École primaire supérieure de
jeunes filles du boulevard de Tessé fonctionnera au double titre d’École
primaire supérieure et d’École pratique de commerce et d’industrie.
L’École pratique est, dès la prochaine rentrée, reconnue école
de plein exercice par un arrêté ministériel du 26 juillet dernier. Nous nous
réjouissons de cette mesure qui va donner un nouvel essor à notre École
supérieure de filles qui, depuis tant d’années déjà, a affirmé sa vitalité.
Certes, c’est l’honneur de notre régime démocratique de vouloir donner à
tous, sans distinction de classe, la culture à laquelle a droit toute
intelligence humaine ; mais encore faut-il que cette culture ne se retourne
pas contre celui qui la reçoit, qu’elle soit en rapport avec ses besoins et les
nécessités sociales. Or, c’est un double fait : 1. que le nombre est trop
considérable de jeunes filles sans travail ou qui travaillent pour un salaire
insuffisant pour des administrations encombrées de personnel ; 2. que la
main-d’œuvre subit une crise dont nous souffrons tous et qu’il faut conjurer
à tout prix… Le remède n’est pas ailleurs que dans les orientations
multiples et diverses données à l’activité de la jeunesse scolaire. »
Travail de broderie
Travail de broderie
« C’est pourquoi un caractère de plus en plus professionnel est donné à
l’enseignement primaire supérieur dont la mission est de donner à tous les enfants
qui vont à lui une situation en rapport avec leurs moyens intellectuels, leurs besoins et
les besoins de la collectivité dont ils font partie. Comme par le passé, l’École primaire
supérieure préparera à l’École normale, au brevet simple et au brevet supérieur.
L’École pratique, dans ses sections commerciales et industrielles, tout en donnant aux
jeunes filles la culture générale qui forme l’esprit dans la professionnelle de demain,
utilisera toutes les aptitudes ; elle formera les employées de banque, des grandes
maisons commerciales et des administrations de l’État ou privées. Dans ses ateliers,
elle assurera l’apprentissage des couturières, des lingères, des brodeuses ; enfin, une
section de garde-malade et d’infirmières permettra la formation d’un personnel
intelligent et expert capable de gagner sa vie en rendant à tous d’inappréciables
services. »
Très vite, Tessé est à l’étroit, malgré le
« déménagement » de l’École maternelle et
l’ouverture, en 1936, de l’annexe de Claret
où s’installe la section industrielle, et d’une
autre annexe boulevard de Strasbourg. La
ville de Toulon, pourtant, avait tenté de
trouver un nouveau terrain …
« ON VA RECONSTRUIRE L’ÉCOLE DU
BOULEVARD DE TESSÉ
Travail de broderie
Le Conseil municipal, dans sa séance du 30 août
dernier, a décidé de reconstruire sur un emplacement
nouveau l’École Primaire Supérieure et d’Enseignement
technique de filles du boulevard de Tessé.
Les terrains nécessaires à cette reconstruction doivent avoir au minimum 11 à 12.000
m2 utilisables. Ils doivent être d’un seul tenant et aussi peu éloignés que possible de
l’agglomération.
Les propriétaires désireux de faire des offres sont priés de les faire parvenir par écrit
au plus tard mercredi 12 septembre courant à 17 h. Les plis devront être adressés à M. le
maire de Toulon (secrétariat général) et porter en suscription « Offre de cession de
terrains.» Outre les prix nettement indiqués, ces offres devront comporter un plan aussi
précis que possible du terrain et de ses accès.
Il est rappelé que l’école doit être construite à frais communs avec l’État. Le terrain
cédé ne pourra donc être payé par la Ville qu’après la réalisation de l’emprunt comportant
tous les frais d’acquisition du terrain et de construction.
Les formalités à accomplir exigent, selon les circonstances, de 6 à 8 mois, quelquefois
davantage. Les propriétaires devront accepter ces délais, le préciser dans leurs propositions
et en tenir compte dans le prix de leur offre sous la forme qui leur conviendra. »
En 1923, Tessé voit la création de l’École Pratique de Commerce et d’Industrie (EPCI)
qui cohabitera avec l’EPS. En atteste cet article :
« L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE DE TOULON
A partir du 1er octobre prochain, l’École primaire supérieure de jeunes filles du boulevard de
Tessé fonctionnera au double titre d’École primaire supérieure et d’École pratique de
commerce et d’industrie.
L’École pratique est, dès la prochaine rentrée, reconnue école
de plein exercice par un arrêté ministériel du 26 juillet dernier. Nous nous
réjouissons de cette mesure qui va donner un nouvel essor à notre École
supérieure de filles qui, depuis tant d’années déjà, a affirmé sa vitalité.
Certes, c’est l’honneur de notre régime démocratique de vouloir donner à
tous, sans distinction de classe, la culture à laquelle a droit toute
intelligence humaine ; mais encore faut-il que cette culture ne se retourne
pas contre celui qui la reçoit, qu’elle soit en rapport avec ses besoins et les
nécessités sociales. Or, c’est un double fait : 1. que le nombre est trop
considérable de jeunes filles sans travail ou qui travaillent pour un salaire Travail de broderie
insuffisant pour des administrations encombrées de personnel ; 2. que la
main-d’œuvre subit une crise dont nous souffrons tous et qu’il faut conjurer
à tout prix… Le remède n’est pas ailleurs que dans les orientations
multiples et diverses données à l’activité de la jeunesse scolaire. »
Travail de broderie
« La section industrielle ne cesse dès lors de se diversifier. Des
ateliers nouveaux sont créés, de broderie d’or (celui-ci fondé
grâce à un don) de céramique d’art (1926/27), de reliure
Travail de broderie
(1928/29). Ils feront longtemps la fierté des industrielles, ces
industrielles un peu fées dont nous avons si fort envié les dons
d’artistes, nous autres pauvres « générales » aux doigts
malhabiles. Des difficultés d’organisation, une crise de
mévente qui raréfia les débouchés, la guerre enfin devaient
avoir raison de certaines de ces créations, mais leur souvenir
demeure dans l’école et le four existe encore ou l’on cuisait les
vases aux flans multicolores et la presse d’où sortaient les
reliures d’art.
Cependant l’Ecole Pratique grandit d’une croissance rapide et sûre et l’on vit à l’étroit avec
l’E.P.S. comme une famille trop nombreuse dans un logement par trop exigu.
Car la section commerciale elle aussi, grandit. Désormais tous les ans, les effectifs des
sections générales et des sections professionnelles s’équilibrent à peu près exactement. Et
l’École Maternelle déménage enfin ! L’a-t-on assez demandé !
Le pavillon « sud » est envahi aussitôt par les ateliers, pour qui on avait acheté déjà un
immeuble contigu très insuffisant. Le réfectoire sert de salle de repassage, les fours de
céramique sont dans un couloir, l’atelier de dessin aussi, un des cours préparatoires devient
« classe ambulante » et pour faire la gymnastique, les élèves s’alignent en quinconces sous
les micocouliers de la cour. »
TESSÉ DANS L’IMMÉDIATE
AVANT-GUERRE
DE 1939-1945
Où l’on voit que les conditions
matérielles de 2012, jugées
insuffisantes, étaient infiniment
pires en 1938…
« L’ ÉCOLE DU BOULEVARD DE TESSÉ EN 1938 »
par Victor Petit, journaliste au Petit Var
« Madame Clerté, l’aimable directrice de l’École primaire supérieure du
Boulevard de Tessé, dont tous les instants étaient pris par les mille soucis d’une
rentrée si nombreuse qu’on n’a pu loger tout le monde qu’avec la plus grande
peine, n’a pu nous recevoir qu’hier, entre deux visites de parents.
- Neuf cents élèves sont inscrits à notre école, nous dit Mme Clerté. Sept
cents pour le Boulevard de Tessé, deux cents pour le bâtiment annexe du
Boulevard de Strasbourg… Nous sommes au bout de nos possibilités. L’an
prochain, si des mesures ne sont pas, dès maintenant, prises, la rentrée sera,
rigoureusement, impossible… Nos classes, qui ne devraient contenir que 40
élèves, en abritent 55… Et sur les vingt locaux que compte l’établissement,
beaucoup sont des locaux de fortune, quelques-uns de simples recoins…
On devine quelles offenses reçoivent les lois de l’hygiène dans de
semblables conditions.
Un seul exemple, nous dit Mme Clerté, mais il est lamentable, et
j’éprouve quelque honte à vous le dire : nous n’avons ici, pour 700 élèves, que six
cabinets ! Le spectacle des abords de ces lieux, aux heures de récréation, frise le
scandale. »
« Récréation ?
Est-ce bien de récréation qu’il faut parler ?
Disons le mot propre : ces 700 élèves sont, exactement,
parquées dans la cour, trois fois trop petite pour les
contenir toutes. Il ne leur est pas seulement interdit de
courir ; c’est à peine si elles peuvent se mouvoir.
Cette disproportion est la même, en ce qui
concerne le nombre des professeurs : dix pour 388
élèves ! L’école pratique est un peu moins mal partagée ;
elle a le même nombre d’éducatrices pour un total de 321
élèves ; plus quatre maîtresses d’atelier.
Sur un ton, à la fois résigné et amer, Mme Clerté
nous dit :
- Et on a décidé la suppression de tous les crédits
pour les seules écoles primaires supérieures…
En termes plus nets, disons que si la République
laïque entendait servir les écoles libres, elle ne s’y
prendrait pas autrement. »
« Nous essayons d’apaiser les si justes alarmes de Mme la directrice en aiguillant
l’entretien sur le projet de reconstruction de l’école qu’elle dirige avec un si parfait dévouement.
- Je sais, nous dit-elle, mais quand ? … Je vous répète que la rentrée de l’an prochain pose,
dès aujourd’hui, un problème angoissant, et sans doute insoluble… Alors ?
Puis, brusquement :
- J’oubliais : saviez-vous que l’école n’a d’eau qu’au rez-de-chaussée ? et qu’elle n’y coule
qu’avaricieusement ? un mince filet, où les femmes de service viennent s’approvisionner,
montant et descendant les étages, pour assurer le nettoyage de l’établissement tout entier.
Tout cela est dit sur un ton de découragement, dont on traduit mal la peine profonde. […]
Et nous avons pris congé de Mme Clerté. En repassant par les vestibules, nous avons
vu, scellé aux portes de toutes les classes, cet écriteau :
L’entrée des classes
est interdite
à toute élève maquillée
Nous avons été sur le point de revenir sur nos pas pour demander à Mme Clerté s’il
n’arrivait point que quelques élèves ne se rendissent point à cet ordre.
Mais nous avons aussitôt pensé que ces demoiselles sont bien trop fines pour oublier,
quand sonne la cloche d’entrée, le petit coup de mouchoir sur le « raisin n°2 .»
Tessé dans l’entre-deux guerres :
une mutation vers la « professionnalisation »
«
En
1936,
l’École
s’enrichit de l’annexe de
« Claret » avec ses grandes
salles ensoleillées ouvertes
sur deux cours en terrasses
ombragées comme un jardin.
La section industrielle y trouve
un gîte agréable, mais à
Tessé on n’est pas beaucoup
plus à l’aise…
C’est que l’E.P.S. a grandi en même temps que l’Ecole pratique. Il est bien loin le temps où
deux professeurs suffisaient à ses exigences. En 1923, même allégée de ses classes
techniques, elle compte encore 225 élèves. Ce chiffre s’accroît d’année en année avec une
régularité qui prouve la belle santé de l’école, 250 en 1925, 415 en 1936, 435 à la veille de la
guerre. En 1939, 935 élèves sont inscrites sur les registres de Tessé et 30 professeurs leur
sont nécessaires. Ce sont là des signes tangibles d’un développement étonnant par sa
rapidité comme par son importance. Mais rien ne peut mesurer la conquête en profondeur
que l’École a su faire, ni la valeur de sa fonction. Combien sommes-nous aujourd’hui à lui
devoir le meilleur de nous-mêmes… »
« […] Chaque année, l’E.P.S. de Tessé obtient là des résultats dignes de son
importance. Mais la classe d’examen par excellence a toujours été chez nous
l’année préparatoire à l’École Normale. Et puisque cette tradition si
caractéristique de notre École est en train de renaître, je voudrais évoquer
pour les jeunes ce que fut si longtemps la « 4° année ». Nous avons cherché
dans les archives de l’École pour retrouver son origine.
Elle existait en 1917, mais son ancienneté n’est pas son seul
titre de noblesse. Rappelez-vous son atmosphère émouvante
de travail et d’angoisse, d’ambition passionnée. Nous étions 40,
souvent davantage, pour combien d’élues ? Six, huit, peut-être
dix, si la promotion pouvait se couvrir de gloire ! Rappelez-vous
nos allégresses ou nos vrais désespoirs pour une note, pour un
mot d’encouragement ou de sévérité. Rappelez-vous nos
professeurs et comme ils partageaient ces sentiments avec
nous. Je tairai leurs noms mais faut-il me priver de leur
adresser pour nous toutes l’expression de ma gratitude ! Nous
connaissions les reçues des années précédentes, elles étaient
enviées, admirées, leur prestige durcissait nos énergies. […] »
« Aussi caractéristique serait l’étude des résultats obtenus par la section
commerciale où l’on voit des pourcentages de 75/ 90 % aux divers examens de
C.A.P. ou du Brevet. Les industriels et commerçants de la ville, les banques aussi
le savent bien : nos élèves de Tessé sont sérieusement formées et solides au
poste. Chaque année nous recevons d’eux compliments et offres d’emplois.
Sur Tessé comme sur toutes les écoles françaises, la guerre et l’occupation sont
passées, multipliant les difficultés matérielles sans rien détruire de l’esprit qui les
animait. Malgré les bombardements de 1943 et 1944, l’Ecole fonctionna sans
interruption, d’abord repliée à Claret puis délogée de ce refuge précaire par les
services de la poste de Toulon, puis hébergée en partie par l’Ecole Pratique
nationale de Vizille, pendant qu’une permanence fonctionnait au groupe scolaire de
Brunet…
Très vite après le fléchissement trop explicable des effectifs, elle retrouve son
grouillant public d’autrefois ; 561 élèves en 1944, 1050 en octobre 1947 pour 59
professeurs ! Jamais ce chiffre n’avait été encore atteint. Il se passe de
commentaire… »
Tessé pendant la deuxième
guerre mondiale
Voici deux témoignages émouvants, ceux des
directrices, Mme Clerté sur la période initiale jusqu’à
1941, et Mme Météraud pour la fin de la guerre,
témoignages rapportés dans un discours prononcé le
13 juillet 1945 à l’occasion de la remise des prix de fin
d’année scolaire…
« D’octobre 1939 à juin 1940, « l’état de guerre » suivant les propres
termes de Mme Clerté, « n’a désorganisé l’école, ni dans son recrutement, ni
dans la situation du personnel, et le travail n’a pas été inférieur à celui d’une
période normale ».
Les œuvres de guerre s’organisent, on tricote, on coud
pour les soldats, on envoie « des colis à des officiers du
front, parents de professeurs ou d’élèves, qui veulent bien
se charger de les distribuer à ceux de leurs hommes qui
ne reçoivent pas d’aide de leurs familles ». Chaque
classe, en outre, a son filleul, et s’intéresse aux enfants de
mobilisés.
Les alertes laissent toutes les élèves
parfaitement calmes, et même, un rapport trimestriel
mentionne « le sang-froid des élèves des classes de
préparation au B.S. qui, le jeudi 13 juin (1940),
poursuivirent leur épreuve de manipulations scientifiques
pendant le bombardement, sans que le fracas des canons
de la D.C.A. leur fît seulement lever les yeux ».
Au fracas des armes succéda la morne et humiliante France du
Maréchal Pétain. Le 5 juillet 1941 se déroula une cérémonie inaugurale de
Salut au Drapeau en présence – dixit Mme Clerté – de « Messieurs de la
Légion », venus sans avoir été invités, pour représenter « le Maréchal ».
Et la Marseillaise fut chantée, durant près
de cinq ans… Le portrait du Maréchal
s’invita dans chacune des classes.
Sombres années que ces années de
guerre où Toulon paya un lourd tribut en
vies humaines et en destructions
matérielles.
28 novembre 1942, sabordage de la flotte ; 24 novembre 1943, 7 février
et 11 mai 1944, bombardements aériens. Chaque fois, l’école est presque
entièrement désertée. La stupeur qui suit les grands événements élargit encore le
silence inaccoutumé de ces cours, de ces classes vides, et l’angoisse des
nouvelles que l’on va apprendre pèse dans l’air obscurci de poussières et de
fumée ; une à une, les maîtresses, les professeurs arrivent.
« On se compte, on se
renseigne mutuellement. Au 24
novembre, hélas ! six élèves
sont mortes dans la Basse Ville
ou au Mourillon .
Une surveillante, Mme Vila, est
restée ensevelie huit heures
sous sa maison effondrée, et fut
retirée des décombres vivante,
contre toute attente. »
« En février, nous quittons le bâtiment de Tessé, réputé dangereux, et
nous nous replions à Claret, dans l’annexe, avec un sentiment de
sécurité qui s’avérait faux dès le 11 mars ; car ce jour-là, les bombes
tombèrent tout autour de nous. Pas d’abri à proximité. La dispersion
dans la colline était la seule mesure de défense prévue. Les élèves
mangeant à la cantine durent fuir, affolées, sous les éclatements. Il
n’y eut pas de victimes, par miracle ; mais la preuve était faite : Claret
n’offrait pas plus de sécurité que Tessé. D’ailleurs, le bombardement
suivant, du 29 avril, « soufflait » le bâtiment, ravageait la pinède,
faisait de nombreuses victimes au lieu même où nous nous serions
trouvées si l’école avait continué. Mais, dès le 15 mars, un premier
convoi d’élèves était parti pour Vizille, dans l’Isère, avec des
professeurs, bientôt suivi d’un autre ; et, le 5 avril, la fermeture des
établissements scolaires de Toulon était décidée, après une session
d’examens hâtive comme une déroute. »
École nationale professionnelle de Vizille
Une centaine d’élèves et dix professeurs demeuraient groupés à Vizille,
constituaient encore un noyau solide, poursuivaient des études à peu près
normales. Internes dans une fort belle école moderne, l’École nationale
professionnelle, qui semble, dans une vallée verte, la matérialisation d’un rêve rose
et doré, nos jeunes filles, suivaient certains cours au Collège moderne de garçons,
et d’autres à l’École nationale même. »
«
Quelle fut la part des élèves, des personnels
administratifs et enseignants de Tessé dans la
Résistance ? Écoutons Mme Météraud qui nous en
donne deux exemples :
« Nous avons le grand plaisir d’avoir aujourd’hui près de nous, sur cette estrade, votre
camarade Corsetti, qui rentre d’Allemagne. Déporté du Service du Travail Obligatoire, son
activité de sabotage et de propagande fut telle, là-bas, qu’il fut emprisonné. Sa santé n’est
pas très bonne, mais il est vivant et de retour parmi les siens ! C’est un bonheur dont nous le
félicitons de tout cœur, et nous lui demandons d’accepter ici, avec nos souhaits de prompt et
complet rétablissement, l’hommage de notre reconnaissante affection. […]
Et voici parmi nous Fernande Labiste, ancienne élève, puis secrétaire de l’établissement,
partie au maquis avec sa sœur (ancienne élève, elle aussi, de nos classes modernes, sœur
normalienne qui délaissa les livres pour la mitraillette). Fernande Labiste a fait partie d’un
bureau si actif, en Dauphiné, que le général de Gaulle, dans son passage à Grenoble, le
distingua et l’envoya en bloc à Paris, avec des grades bien mérités ! Lieutenant Labiste, ma
chère Fernande, vous qui avez été, par votre diligence et vos vives qualités d’esprit, ma
secrétaire préférée, je suis heureuse de m’incliner aujourd’hui devant vous. »
Dressant alors le bilan de ces années sombres, Mme Météraud
prononcera de fortes paroles qui apparaissent, avec le recul du temps,
comme un réquisitoire, un acte de contrition et, au-delà, comme un acte
de foi dans les valeurs de la République laïque défendues par l’École ou,
pour mieux dire, un appel à la vigilance en faveur d’une démocratie qui
reste toujours à construire. Appel toujours d’actualité…
« Ce que nous avons subi, c’est une tentative d’avilissement,
d’asservissement ; et, plus spécialement dans notre milieu
scolaire, une véritable tentative de perversion. Car, pervertir
l’École, c’était pervertir la Nation…
Nous, les maîtres, les éducateurs, qui avons cette chance
d’entretenir un commerce constant avec des jeunes, c’est-àdire avec ceux qui se sentent (suivant l’expression de
Guéhenno) « sûrs, comme on l’est toujours à 20 ans, de
changer la vie », nous devons résolument abandonner cette
réserve trop chère à certains vieux érudits. Il ne s’agit pas de
« savoir pour le plaisir de savoir », il s’agit de créer un
humanisme militant. »
Tessé puis Pagnol de 1948 à nos jours
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, l’idée prévalut, un
temps, de bâtir une Cité Universitaire, afin de remplacer les différents
bâtiments scolaires exigus et mal commodes. Le rêve se heurta, comme
toujours, à Toulon, à l’impossibilité de trouver des terrains assez vastes,
aux financements et à un manque de courage politique. Toutefois, à partir
des années 1960, furent inaugurés le Lycée Dumont D’Urville à la Rode et
le Lycée Bonaparte dans l’ancienne caserne Gauvion Saint-Cyr à laquelle
on adjoignit un nouveau bâtiment parallèle à l’ancien, qui ferme le lycée
côté nord. Et l’ancien lycée de garçons devient Lycée Peiresc.
Ce premier effort de réorganisation, de rationalisation fut poursuivi en
direction des établissements professionnels, ce que permit la loi de
décentralisation, dite «Gaston Defferre ». Le Lycée Claret, le Lycée Cisson,
le Lycée Rouvière furent érigés dans des locaux vastes et fonctionnels.
Et dans les années 1980, Tessé et Bonaparte procédèrent à des
« échanges ». En 1979, le premier cycle disparut du Lycée Bonaparte et
s’installa à Tessé. En 1981, le collège / lycée technique Tessé est absorbé
par le lycée Bonaparte, dans la douleur. Ce dernier prendra d’ailleurs
brièvement l’appellation Lycée Bonaparte-Tessé…
Un témoignage d’un élève
« bien particulier »
« J’ai été élève du lycée de
Tessé en seconde, première et
terminale au début des années
60. J’ai un excellent souvenir de
cet établissement à taille
humaine, de sa directrice
sévère mais juste, et de ses
enseignants
que
nous
respections et dont plusieurs
m’ont marqué. »
Hubert Falco,
sénateur maire de Toulon,
ancien ministre
Quant à l’ancien Tessé, il devient, depuis 1982, collège à part entière, dénommé
« Marcel Pagnol ». Le souvenir de Tessé perdure toutefois dans la mémoire au
point que, pour beaucoup de Toulonnais, l’on parle toujours de « Tessé » et non
point de « Marcel Pagnol »…
Le collège Marcel Pagnol est maintenant un établissement du centreville de Toulon, avec plus de 400 élèves répartis en 16 divisions et accueillis par
une soixantaine de personnes, toutes catégories confondues…
L’établissement, proche de la place de la Liberté , place mythique
de la ville, est discrètement situé rue Gimelli, en marge mais à
proximité immédiate des grandes voies de communication,
routières et ferrées, y compris du tunnel passant exactement à la
verticale à près de 37.10 mètres sous terre.
Il est idéalement placé au cœur d'un quadrilatère culturel
exceptionnel : Opéra, Musées, Cinémas, nouveau Théâtre,
Conservatoire, Zénith Oméga…
« Les personnels du collège
Marcel Pagnol, fort attachés à leur
environnement, doivent apprendre à
vivre avec le visage inhabituel d’un
nouveau public scolaire -élèves et
enseignants en plus grand nombre et
différents- ainsi qu’avec celui de
nouvelles pratiques pédagogiques et
éducatives fortement impulsées par
les divers rouages du système
éducatif et de ses partenaires
territoriaux. »
Depuis quelque temps,
l’avenir du collège semblerait devoir se
dessiner par une modernisation des
locaux sans en altérer leur valeur
historique, pour offrir à tous, élèves et
personnels, de meilleures conditions de
vie et de travail, conformes aux
exigences du XXIème siècle naissant.
«
Le collège, grâce aux vertus
partagées du dialogue, de la solidarité et
de la responsabilité, s’est définitivement
inscrit dans une politique de réflexion.
Un nouveau défi s’annonce.
Une nouvelle âme reste à construire… »
Didier Delozanne, principal du
collège Marcel Pagnol
Un futur projet de
réaménagement,
peut-être…
Remerciements :
Cette Expo-PowerPoint est le fruit de l’amitié. Elle a été menée collectivement. Un grand
merci tout d’abord à nos « petites mains » qui ont mis en forme les textes, Mmes Adnot, Caumet,
Caron, Rebinois, Ninu, et M. Raynaud, photographe et scripteur.
Nous avons une dette particulière envers les Amis du Vieux Toulon et de sa région, qui nous
ont libéralement ouvert leurs dossiers et permis de les mettre à disposition du public.
Ce travail n’aurait pas eu lieu sans l’impulsion et le soutien de M. Delozanne, chef
d’établissement, et l’aimable concours de M. Rouquette, principal adjoint, ainsi que du conseiller
principal d’éducation, M. Jacques Plagnes.
Un grand merci, enfin, à M. Papin, pour son travail de recherche et sa volonté sans faille pour
que ce projet voit le jour.
Webmaster : Sandrine Blin, professeure-documentaliste.
Coordonnateur scientifique : Jacques Papin, professeur de Lettres.
Avertissement bibliographique : Nous avons bénéficié trop tard de la thèse monumentale de Yolande Le Gallo, Histoire de l’enseignement
technique et professionnel dans le Var de la première moitié du XIX ème siècle à la seconde guerre mondiale, qui fait la part belle à « Tessé ».
Hubert Falco, Sénateur Maire de Toulon et ancien Ministre :
« Au début des années Soixante, j’ai effectué au Lycée de
Tessé, à Toulon, ma scolarité de la Seconde à la Terminale… »
« J’ai un excellent souvenir de cet établissement à taille humaine…
Je me souviens par exemple que, chaque matin, nous étions accueillis dans la cour par la Directrice qui, du haut du 1er étage du
bâtiment principal, examinait chacun de nous des pieds à la tête ; elle vérifiait soigneusement si nous portions bien par-dessus nos
vêtements la blouse réglementaire (grise pour les garçons, bleue pour les filles) et si cette dernière était entièrement boutonnée…
Quand je suis devenu Maire puis Ministre, cette Directrice, une femme sévère mais juste, a, jusqu’à son décès, continué à m’écrire – à
moi qui la craignais tant quand j’étais lycéen ! – de longues lettres pleines de chaleur, avec sa magnifique écriture d’enseignante…
Je me souviens que, en dehors de l’établissement, l’un de nos deux lieux favoris de rendez-vous, à nous lycéens, c’était le petit bar du
coin de la rue Gimelli, où nous nous retrouvions pour procéder à l’échange des devoirs : ceux qui ne les avaient pas faits à temps se les
faisaient passer par ceux qui les avaient faits ; je me suis retrouvé dans ces deux cas ! La camaraderie était quelque chose d’important et
de concret à cette époque !...
Un autre lieu où nous aimions nous retrouver, c’était notre place de la Liberté, si bien nommée : il n’y avait pas de cantine au lycée, et
nous nous y retrouvions à l’heure du déjeuner. Nous, les garçons, ayant alors enlevé nos blouses, nous y jouions au football et au rugby,
et nous y rencontrions des copines : de fort jolies filles dans mon souvenir, d’ailleurs !
Je me souviens que, avec quelques copains, à certaines récréations, nous jouions au football dans la petite cour côté rue Gimelli : ce
n’était pas permis car censé être dangereux ; la Directrice faisait alors brusquement irruption dans cette cour et nous confisquait notre
ballon…
À cette époque, régnait parmi nous, les lycéens et lycéennes, le respect du Professeur : comme ça, à chaud, je me souviens encore de
certains d’entre eux, comme de mon professeur de philosophie en Terminale… ou de Mme Santoni, une femme de caractère…
D’anciens professeurs continuent d’ailleurs de m’écrire, et cela me fait bien plaisir…
Habitant alors chez ma tante, dans la cité de Montéty, de l’autre côté de la gare toute proche du lycée, j’étais, parmi les élèves, le
grand spécialiste des horaires de train ; j’étais même capable, en entendant tel train à telle heure, d’indiquer sa provenance et sa
destination !...
La structure de l’établissement, devenu depuis le collège Marcel Pagnol, est restée la même que celle que j’ai connue en tant qu’élève ;
c’est pourquoi je serai particulièrement ému de le retrouver mardi après-midi prochain 18 décembre, à l’occasion de la cérémonie du
trentenaire du collège. »
Propos recueillis le vendredi 14/12/2012 par
Guy Raynaud lors d’une « interview »
impromptue, juste avant une cérémonie
officielle présidée par M. Falco au Foyer
Campra de l’Opéra de Toulon.

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