Pr Schraub - AACCC Association des Amis du Centre de

Report
Medecines non conventionnelles
et Cancer ( MNC)
Conditions d’utilisation et
conseils pratiques
Pr émérite Simon Schraub
1) Etude à Strasbourg (L Simon 2005)
• 244 malades cancéreux en cours de chimiothérapie de 2
centres publics (adulte et pédiatrie) et 1 consultation
privée ont été interrogés sur la prise de traitements non
conventionnels).
• près de 28 % utilisent au moins une forme de traitement
complémentaire ou alternatif,
- l’homéopathie (60 %)
-des régimes diététiques particuliers et suppléments
alimentaires (44 %)
-de la phytothérapie (37,5 %)
-des injections d’extraits de gui (40 %)
-moins fréquemment de l’acupuncture ou autres
traitements notamment biologiques.
Etude à Strasbourg (L Simon 2005)
Ces MNC sont initiés en moyenne 4 à 5 mois après le début du
traitement,
Dans le but essentiellement selon les malades de
-renforcer les défenses de l’organisme (78,5 %)
-pour mieux supporter le traitement anticancéreux (85 %) et,
-pour un pourcentage non négligeable (27,5 %) pour traiter la
maladie cancéreuse elle-même.
Etude à Strasbourg (L Simon 2005)
• pas d’effets secondaires notables lors de la prise de ces
différentes médecines.
• En analyse multi variée, le sexe féminin, un âge compris entre
20 et 50 ans, apparaissent significativement associés au
recours aux médecines complémentaires.
• L’ensemble des patients consommateurs de ces médecines en
fait complémentaires se dit satisfait par l’amélioration de leur
état général et des symptômes comme la fatigue, les nausées
vomissements et rares sont ceux qui n’ont constaté aucune
amélioration subjective.
Etude à Strasbourg (L Simon 2005)
• Tous les malades suivaient des traitements
anticancéreux classiques et aucun patient
n’avait envisagé de les interrompre.
• Le traitement est instauré dans la grande
majorité des cas par des médecins,
notamment homéopathes.
• 30 % des malades dans ces institutions
n’informaient pas leur oncologue de la prise
des thérapeutiques.
2) Etude sociologique Centre Paul
Strauss (
)
S Schraub 2007
46 cas interrogés par entretien(2003-2006)
•
•
•
•
•
•
•
Homeopathie: 36/48
Viscum album: 22/46
Vitamines: 11/46
Beljanski: 5/46
Acupuncture, auriculotherapie: 5/46
Magnetisme: 5 /46
Divers (phytotherapie,cartilage de requin, antioxydants…)
Etude sociologique Centre Paul Strauss
(2007)
46 cas interrogés (2003-2006)
• Prescription par un medecin: 36/46
• Autoprescription: 6/46
• Non medecins: quelques cas
Etude sociologique Centre Paul Strauss
(2007)
• Recherche d’une solution en cas d’échec ou de carence de
la médecine classique:
-Lutter contre les symptômes: 18/46, remonter l’état
général 9/46, remonter l’état immunitaire: 6/46, remonter
les globules…
-Traitement du cancer: 10/46
• Etre actif: 29/46
• Recherche d’un bien être physique et mental par un autre
système médical: 5/46
• Confiance en les médecins: mais recours car parfois
mauvaise relation médecin classique-malade et bon
relationnel du prescripteur des médecines parallèles.
• Recours à Internet limité
Etude sociologique Centre Paul Strauss
(2007)
• Conseillé par la famille ou les amis(22/46), autres patients atteints de
cancer (4/46)
• La moitié des patients prenaient deja des medecines non
conventionnelles auparavant pour d’autres affections
• Bonne observance des 2 traitements
• Preuve d’efficacité: diminution des symptomes et amelioration de
l’etat general (22/46), meilleur etat psychologique (4/46), confiance
dans ces MNC
• Pas de probleme financier
• Pas d’influence de la religion (exception of 2 guerisseurs qui se
presentent comme des religieux)
• Aucun patient n’a commencé son traitement du cancer par une
médecine MNC
Caracteristiques des MNC en 2011
• Peu de patients commencent leur traitement du cancer par une
médecine non conventionnelle (différence avec une précédente étude
en France en1990)
• La très grande majorité des prescripteurs sont des medecins
• Les MNC sont proposées en complement des traitements
« classiques » du cancer
• Mais dans l’esprit du patient, il est difficile de faire la différence entre
traitement complémentaire et alternatif : tous les traitements pris le
sont en complément du traitement classique même si le traitement
complémentaire peut aider à guérir le cancer (cf probleme de
vocabulaire)
• Volonté pour le malade d’être actif dans sa maladie
• L’augmentation de la résistance du corps est un bon argument proposé
par les prescripteurs médecins ou non médecins
• Peu de patients adhérent à un nouveau concept de la medecine (ex
anthroposophie même s’ils reçoivent de l’iscador®)
• Les malades cachent à leur cancerologue la prise de MNC
Pourquoi le recours à des medecines
non conventionnelles?
• Dès qu’une maladie ne guérit pas à plus de 80 %:
médecine non conventionnelles (cf tuberculose, SIDA)
donc ajout d’une chance de guérison
• Diminuer les effets secondaires des traitements
• Etre actif
• Solitude, médecine trop technique
• Relation médecin-malade défectueuse, demande d’ecoute et de réponse
(information); demande d’espoir, de croire, de ne pas être abandonné
• Besoin d’irrationnel devant un danger que l’on ne maîtrise pas
• Effet de secte (fraternité). Parfois proposition d’entrer dans un groupe
sectaire
• Déception : espoirs déçus, de la médecine officielle
Problèmes des sites Internet
Sites avec informations valables en anglais
et français
Sites assurant la promotion des CAM (7% des
sites déconseillent la poursuite du traitement
classique!)
Sites Web credibles
• http://www.quackwatch.com/;
• http://www.cancer.org/Treatment/TreatmentsandSideEffects/Co
mplementaryandAlternativeMedicine/complementary-andalternative-methods-for-cancer-management
• http://www.cancer.net/patient/All+About+Cancer/Treating+Canc
er/Complementary+and+Alternative+Medicine
• http://www.nccam.nih.gov/health/
• http://www.oncolink.com
certes en anglais mais des traductions automatiques permettent aux
francophones de trouver une information fiable.
En France
La ligue Française contre le
cancer a rédigé une brochure
sur la médecine alternative
complémentaire
Dangers des MNC
• Ellen Green :Jeune de 21 jours (aliments
solides) et 7 jours (liquide)
• Spiritual healing (Christos Drossinakis):
Marche sur le ventre
Effets secondaires possibles
liés à l’application de certaines médecines MNC(1)
MNC
• Médecine ayurvedique
Effets secondaires
liés aux saignées et vomissements induits
Problème de préparation magistrale
avec des plantes (toxicité)
• Thérapeutique par la foi
Risque d’abandon
des thérapeutiques actives
• Thérapeut. psychologique
Mal appliquées : culpabilisation
du malade, détournement
des thérapeutiques actives
• Thérapie selon Hamer
Traitement psychothérapique exclusif
du cancer. (cf cas Olivia Pilar)
•
Détournement des traitements actifs
• Manipulation
Risque de complications en cas
de métastases osseuses
Effets secondaires possibles
liés à l’application de certaines médecines MNC (2)
MNC
•
Electrothérapie
•
•
•
Extrait de Gui, Iscador®,
viscum album
Bromelaine
Produits à base de champignons
•
Sélénium
•
Vitamines A
•
Vitamine C
•
Jeûne
Effets secondaires
Danger de mauvaise utilisation
d’un appareil électrique
réactions allergiques
réactions allergiques
réactions allergiques
à haute dose : troubles digestifs, fatigue,
perte de contrôle des bras et des jambes,
déformation unguéale
A haute dose : nausées, fatigue, céphalées,
troubles cutanés, diarrhées, toxicité hépatique
A haute dose : céphalées, diarrhées, nausées,
crampes abdominales, épisodes de léthargie et fatigue
Céphalées, vertiges, fatigues, nausées…
Effets secondaires possibles
liés à l’application de certaines médecines MNC(2)
MNC
•
extraits de plantes :
Effets secondaires
troubles metaboliques
(thé Chaparral, ginkgo, ginseng,afalfa,…)
•
médecine traditionnelle chinoise
contenant de l’acide aristolochique
troubles rénaux et des cancers des voies urinaires
•
antioxydants (thé vert, spiruline,
Sélénium, vit A,C,E)
c
PC-SPES
interactions médicamenteuses sont suspectées
susceptibles de diminuer l’action de certaines
chimiothérapies.
troubles de la coagulation
•
Effets secondaires possibles
liés à l’application de certaines médecines MNC(3)
MNC
• Thérapie cellulaire (Niehans)
• DMSO
• Sulfate d’hydrazine
• Thérapie Dr Burton
(immuno-augmentive therapy)
Effets secondaires
Infection virale et bactérienne,
réactions immunitaires graves
Complications oculaires,
troubles dermatologiques
Troubles digestifs, vertiges,
troubles de la coordination
Contamination virale
Efficacité: Etudes cliniques
• Phase II
négatifs
Cartilage de requin
2 essais
• Phase III
Cartilage de requin
3 essais négatifs (dernier
• Phase III
Iscador adjuvant (mélanome)
• Phase III
Iscador adjuvant (ORL)
essai ph III publié en 2010 cancer bronchique non à petites cellules St 3 avec radiochimiotrt: pas de
modif survie)
négatif
négatif
Efficacité: Cas cliniques
• Résultats favorables: 2 observations avec les
extraits de gui ( melanome et lymphome); 1
avec du Noni ( T estomac), 2 avec des herbes
chinoises ( T poumon)
problematique
Médecines scientifiques par la preuve
Medicaments parallèles et principe de
precaution
Conseils pratiques: Rôle des soignants
• Savoir que cette demande est fréquente
• Se renseigner sur le produit (connaître les
dangers, les effets secondaires et les
interactions)
• Eviter les pertes de chances de guérison
• En discuter avec les malades s’ils le souhaitent
• Médecine par la preuve
• Ecouter les malades
• Attitude de tolérance
Conseils pratiques aux patients et
famille
• pertes de chances de guerison
• Interaction médicamenteuse possible
• En parler avec son cancérologue

similar documents