Intoxication aiguë par les toxicomanogènes – DESC MU 2009

Report
Intoxication aiguës par les
toxicomanogènes
Bruno Mégarbane
Réanimation Médicale et Toxicologique
INSERM U705, Hôpital Lariboisière, Paris
Classification des drogues:
• Dépresseurs : alcool, psychotropes, opiacés, GHB, ...
• Sensations de détente, de rêve et perte d'inhibition
• Dépendance physique et risque de dépression respiratoire
• Psychostimulants : tabac, cocaïne, crack, amphétamines, dopants, ecstasy, ...
• Excitation, réduction de fatigue et sentiment d'assurance
• Effet suivi d'épuisement et de dépression
• Dépendance psychique et risque de paranoïa et de dépression
• Hallucinogènes ou psychodysleptiques: cannabis, LSD, produits volatils (colles,
solvants, anesthésiques volatils, kétamine), PCP, champignons, ...
• Perturbation de perception de l'environnement, modification temps /
espace et sensibilité exacerbée aux couleurs et aux sons.
• Risque de modification de la personnalité
Opioïde
?
m
CB1
Cocaïne
MDMA
Amphétamines
GABA
DA
D2
Aire tegmentale
ventrale
DA
DA
DA
k
D2
+
Influx par les
acides aminés
excitateurs
VOIE HEDONIQUE
(SYSTEME MESOLIMBIQUE)
D1
Noyau
Accumbens
Législations des drogues:
• Interdiction : répression de l'usage.
• Libéralisation : interdiction assortie de sanction non mis en en œuvre
dans les faits.
• Dépénalisation : L’usage n'est plus interdit, ni réprimé.
• Légalisation : autorisation de l’usage et réglementation de la distribution
d'un produit jusqu'alors interdit, avec contrôle des pouvoirs publics.
Loi du 31 décembre 1970: Réglementation répressive + injonction thérapeutique
(alternative thérapeutique aux poursuites ou à la condamnation )
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Des drogues de rue …
aux drogues de club
185 millions de consommateurs de drogues illégales dans le monde
Consommations en Europe:
• 1e position:
Cannabis
• 2e position:
Ecstasy
• 3e position:
Cocaïne
62 M (20%) ont testé le cannabis
3 M consommateurs cannabis
9 M ont testé la cocaïne
2 M usagers de drogues à problèmes
850 000 injecteurs
Les usagers des drogues récréatives
débordent largement la scène techno
- Free parties (clandestines, gratuites)
- Soirées techno (club ou discothèque)
- After rave club
- Teknivals (plusieurs jours)
- Raves officielles et légales
- Fêtes privées non flyées
Répartition des consommations
Plateau
Diffusion
large
Pour initiés
Amphétamines, LSD
Cocaïne,
Protoxyde d’azote
Kétamine, Valium®
Rohypnol®
Crack, g-OH
Subutex®
Heroïne
Descendante
Diffusion
restreinte
Cannabis, Ecstasy
Ice…
OFDT, 2000
Explosion des trafics:
Les années 2000 = les années de tous les records !!
France: 441
Quand l’internet arriva ….
Expérimentation des drogues psychoactives
Evolution du niveau d’usage des drogues psychoactives
De nouvelles habitudes de consommation
Diversification des drogues (effets, disponibilité)
Polyconsommation
Temporailté des usages
Interactions
Polydépendance
Exemple : drogues consommées avec l’ecstasy
Avant : alcool
Ecstasy
Après : Buprénorphine,
méthadone, BZD
Exemple : Alcool après cocaïne pour éviter le manque (cocaéthylène)
L’imagination n’a pas de limite …
5 Août 1992 : décès de Jeff Porcaro (Toto) …
• Déclaration initiale: empoisonnement par un pesticide
organophosphoré
• Rapport d’autopsie : arrêt cardiaque causé par la cocaïne…
• Explication toxicologique : association des 2 !
Rolling Stone, 1992
L’imagination n’a pas de limite …
• Toxicomane de 33 ans, découvert dans les toilettes d’une
clinique, une seringue vide à ses côtés
• Inconscient, tremblements, sans π
• Scope : FC à 150/min
• SMUR :
CGS 15, PAS 80 mm Hg, FC 70/min.
Examen clinique et ECG normaux.
L’imagination n’a pas de limite …
Explications du patient…
•
La veille : injection IV d’adrénaline (0.5 mg) + oxazepam per os
avec obtention d’un effet psychostimulant.
• Tentative du jour : injection de dobutamine …
Lapostolle, Ann Int Med 2002, 136: 174-5
Le cannabis
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Cannabis: en première position ...
(marijuana)
(Shit)
• Connu depuis des millénaires (chanvre indien)
• Utilisé pour ses vertus médicinales ou rites funéraires
• Cultivé dans les régions montagneuses et sèches
• Producteurs: Maroc (1e exportateur), Croissant d ’Or
(Afghanistan, Pakistan), Amérique Latine et Afrique
• Consommation: fumé avec du tabac
• Image hédoniste et branchée
Un principe actif: le THC (tétrahydrocannabinol)
• Métabolisme hépatique
• Demi-vie d’élimination de 7 jours
• Dépistage prolongé dans les urines (jusqu’à 30 jours)
• Plusieurs récepteurs cannabinoïdes (2 clonés):
CB1: SNC (ganglions base, hippocampe, cervelet, cortex frontal)
Coordination mouvements, mémoire, processus cognitifs
CB2: cellules immmunitaires
immunomodulation
Absence CB1 dans le TC = absence toxicité aiguë vitale
• Modulation du système endocannabinoïde central
potentiel thérapeutique (douleur, glaucome, ischémie cérébrale, gliomes)
• Augmentation de l’activité dopaminergique des voies mésolimbiques
(nucleus accumbens) renforcement positif de l’appétence aux drogues
Toxicités ?
• Effets: euphorie, apaisement, somnolence
• Toxicité aiguë: Tachycardie,bouche sèche, nausées, yeux rouges
Perturbation de la mémoire immédiate, perception visuelle, du temps et de
l’image corporelle
• Risques: incoordination motrice, confusion, panique
• Consommation aux long cours: dépendance psychique (1 usager/10),
anxiété, troubles de l’humeur, intellectuels (échec scolaire), psychose
(schizophrénie x50), suicide (débattu)
Fergusson DM. Addiction 2003
Andreasson S. Lancet 1987
Hickman M. Addiction 2004
Zammit S. BMJ 2002
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L’ecstasy
et les amphétamines
La métamphétamine ou “speed“
• Synthétisé en 1919 par chimiste japonais (kamikazes)
• Utilisé comme antidépresseur (30s) puis anoréxigène (40s).
• Usage récréatif (50s)
• Formes:
surtout sniffés
- Ice ou “glace“ pour la forme aisément vaporisable
- Crank ou “cristal“ pour la forme salifiée hydrosoluble.
• Synthèse: à partir de pseudo-éphédrine
La métamphétamine
Aux USA:
12 M ont déjà testé
6% élèves de terminale ont testé
1,5 M de consommateurs réguliers
17 000 labos démantelé en 5 ans
Meth house, Meth kids,
Crystal Meth Anonymous
Extension dans la région pacifique
Une famille : les amphétamines
• 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine
• Synthèse en 1914 : psychostimulant
anorexigène
• Usage détourné
• Anodin jusqu'à la fin des années 1980
Green AR, Psychopharmacol, 1995
Un design : le comprimé
Bismuth C. Concours Médical, 2001
Une loterie : le comprimé
651 échantillons : 43 molécules identifiées
• MDMA : 41 % de 0,2 à 97 % par échantillon
• Amphétamines : 6 %
• Caféine, Cocaïne, LSD, THC : 5 %
• Chloroquine : 4 %,
• Kétamine, g-OH, héroïne…
Galliot, Psychotropes, 2000
Sherlock, J Accid Emerg Med, 1999
Galliot, Presse Med, 1999
Wolff, Lancet, 1995
« Users of esctasy… a form of lottery »
Une quête : l’hyperactivité sociale
- à partir de 75 mg de MDMA, durée 3 à 6 h -
• Psychostimulation
Ouverture d'esprit
Confiance en soi
Facilitation du rapprochement avec les autres
Insouciance / Euphorie
Sensations exacerbées
• Propriétés psychodysleptiques
Inconstantes
Méconnues
Rarement recherchées
Peroutka SJ. Neuropsychopharmacol, 1988
Effets secondaires mineurs
Sensations de chaud et froid
Sueurs
Nausées et vomissements
Troubles de la concentration
Sécheresse buccale
Mydriase
Tachycardie
Moiteur des mains
Tension des mâchoires
Insomnie
Perte d'appétit
Envie impérieuse d'uriner
signes objectifs
Augmentation de pression artérielle
"Prix à payer" : Désagréments > danger
Peroutka SJ. Neuropsychopharmacol, 1988
Un danger : le risque de décès
• Effets secondaires mineurs : attendus et tolérés
• Effets secondaires graves --> décès
Décès
Sans surdosage ni consommation chronique
Pour prise unique, dose inférieure à 150 mg
Dowling GP. JAMA, 1987
Henry JA. BMJ, 1992
Un phénomène : l’agrégation
Phénomène reproduit lors d’une « rave »
+
+
+++
Syndrome sérotoninergique + Hyperactivité motrice = Hyperthermie
Green AR. Psychopharmocol, 1995
Une constante : l’hyperthermie
Hyperthermie maligne : origine multifactorielle
• Les circonstances de prises incriminées…
Milieu confiné
Phénomène d’agrégation
Effort physique
Fatigue non ressentie
Vasoconstriction cutanée
Déshydratation
Rittoo DB. Lancet, 1992
Un risque : le décès
Le plus souvent,
Trouble du rythme ou syndrome de multidéfaillance
Hyperthermie maligne (43,3°C)
État de mal convulsif
Collapsus
Coagulopathie
Insuffisance rénale aiguë
Hépatite fulminante
Accident de la voie publique
Des effets secondaires graves
• Psychiatriques
• Cardiovasculaires:
• Neurologiques:
arythmies, HTA
Clonies
Hypertonie + hyperréflexie --> rhabdomyolyse
Convulsions --> État de mal
Accidents vasculaires cérébraux (hémorragiques)
• Respiratoires
• Hépatique: hépatite, insuffisance hépato-cellulaire
• Métaboliques et biologiques: hyponatrémie, insuffisance rénale, CIVD
La prise en charge
Traitements symptomatiques:
Réhydratation + Correction des troubles électrolytiques
Traitement de la rhabdomyolyse
Hyperthermie:
- Refroidissement : glace souvent utile
- Benzodiazépines et curares peuvent aider
- Dantrolène : efficacité incertaine, indication discutée
- Périactine
Une gageure :
l’analyse toxicologique sur site
De la répression
... au testing
• Réaction colorimétrique
« Ce n'est pas parce que le MDMA est pur qu'il est anodin »
... mais rien ne vaut la prévention !
IREP. 1997
Une inconnue : la toxicité chronique
• Déficit en neuromédiateurs
Colado, Pharmacol Toxicol, 1999
• Altérations des performances cognitives
(mnésiques, verbales, psychomotrices, visuelles…)
Mc Cann UD, Psychopharmacol 1999
Croft RJ, Am J Psychiatry 2001
Morgan MJ, Psychopharmacol 2000
Mc Cann UD, Arch Gen Psychiatry 2001
• Autres atteintes : psychiatriques, cardiovasculaires, hépatiques,
respiratoires, infectieuses … et sociales et judiciaires ...
Autres amphétamines de synthèse
• MDA (methylenedioxyamphétamine), Adam, pilule de l’amour : plus toxique
• MDEA (N-éthyl-3,4-ténamfétamine), Eve : plus sédatif que stimulant, courte durée
• MBDB (N-méthyl-1-(3,4-méthylendioxyphényl)-2-butamine), Fido, Superman, Pastis
• DOM (4-méthyl-2,5-diméthoxyamphétamine), STP (sérénité, tranquillité et paix)
altération de la perception comme la mescaline.
• DOB (4-bromo-dimethoxyamphétamine), Aigle Royal ou bromo-STP
hallucinogène et sympathomimétique de longue durée (24 h), vasospame périphérique
• 2C-B (4-bromo-2,5-diméthoxyphenetylamine), Nexus, bromo-mescaline, Venus, Erox,
Zénith: effets hallucinogènes plus puissants, effets sympathomimétiques plus faibles.
• 4 MTA (4-méthylthioamphétamine): antidépresseur IMAO-A sérotoninergique, sans
hallucination, effets stimulants moindres, syndrome sérotoninergique et glaucome
• PMA (4-methoxyamphétamine) ou PMMA (4-methoxyméthylamphétamine): IMAO-A
psychostimulante et hallucinogène, effets lents poussant à la surconsommation,
hyperthermie maligne, hémorragie cérébrale
Les pipérazines N-substituées
- Trafic et usage en croissance
- Absence de législation, « safe drugs »
- Synthèse en 1944, anti-hélminthiase pour bétail
puis testé comme antidépresseur
- Noms de BZP : A2, Legal E, Legal X
- Noms de BZP + TFMPP : Herbal party pills,
Pep original, Pep X, Pep Twisted, Pep Love, Flying Angel
charge, euphoria, frenzy, jump, rapture, good stuff
N
NH
1-benzylpipérazine
NH
N
CF3
1-(3-trifluorom éthylphényl)pipérazine
- Effets: vomissements, palpitations, mydriase, anxiété,
agitation, diaphorèse, céphalées, syncopes, convulsions
- Risque dépendance
- Facteurs de risque: terrain psychiatrique, co-ingestions
NH
N
Cl
1-(3-chlorophényl)pipérazine
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La cocaïne
Historique
Quelques dates dans l'histoire de la cocaïne :
•
•
•
•
•
Civilisations Incas
1859 : "cocaïne" isolée - anesthésique local
1884 : premier anesthésique local
Début du siècle : heures de gloire avec Freud
1903 : Coca-Cola*
• Années 80 : risque cardiovasculaire
La cocaïne en quelques chiffres …
2000
Prix de 1 g (euros)
Saisie annuelle (kg)
CA marché (millions euros)
% consommateurs chez 18-44 ans
% usagers hospitalisés
60-80
1900
2400
3,3
30
1990
130-150
441
800
1,2
5
Épidémiologie
Aux États-Unis
• En 1996: 15 % de la population
40 % des 25-30 ans ont consommé au moins 1 fois
• Maternité de New-York : 14 % de dépistage positif.
En France
• Cocaïne : 1% des adultes en ont consommé.
• Consommation en hausse.
Présentation
Cocaïne (C17H21NO4) = Ester d'acide benzoïque
Extrait du cocaïer (Amérique Latine)
Poudre blanche, hydrosoluble, instable au chauffage
• “chlorhydrate” (alcaloïde) = forme pure
• “crack” (free base) = chauffage cocaïne + bicarbonate de
sodium précipité cristallisé qui se fume avec un effet explosif
• “speed-ball” = cocaïne + héroïne
Propriétés pharmacologiques respectives
du chlorhydrate de cocaïne et de crack
Cocaïne HCl
Crack
Détruite par la
chaleur
Non détruit
195°C
98°C
--
+++
Dose
1 000 mg
10 mg
Coût
100 $
10 $
Pyrolyse
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Point de fusion
Liposolubilité
CH5
N
COOCH3
cocaïne
OCOC6H5
H
Voie nasale
Voie pulmonaire
Dépendance , consommation compulsive
Effets psychiques
• Recherchés...
violents, imprévisibles et intenses :
Exaltation, euphorie, surestimation de soi, désinhibition, hyperactivité
sociale et sexuelle
• Secondairement "crash" - "post-coke blues"
Dysphorie, anergie, anhédonie, anxiété et somnolence, pouvant persister
plusieurs jours
• Aux deux phases
Conduites délictueuses auto ou hétéro agressives
Troubles de l'humeur / des conduites alimentaires : fréquents
Effets cardiovasculaires
• Tachycardie (Sd adrénergique)
• HTA
• Troubles du rythme et de conduction (Effet stabilisant de
membrane)
• Cardiopathie ischémique, infarctus du myocarde
• Mais aussi:
- Hypertrophie ventriculaire gauche
- Cardiomyopathies dilatées / Myosites
- Dissections aortiques et coronaires
Effets neurologiques
• Tremblements
• Convulsions déclenchées par une stimulation extérieure
• Accidents vasculaires cérébraux (ischémiques ou hémorragiques)
Aux États-Unis:
Cocaïne : 1ère cause d'AVC < 35 ans
Fréquence accrue avec le "crack"
Effets respiratoires
• Tachypnée
• Bronchodilatation
• Oedèmes pulmonaires lésionnels
• Pneumothorax, pneumomédiastin (crack "sniffé")
Traitements
Sédation et tranquillisants: Benzodiazépines
Antiépileptiques
Restauration hémodynamique
• Le labétalol (Trandate®) :  et b bloquant
- contrôle de la tension artérielle + durée de vie courte
- évite vasoconstriction périphérique et coronaire () et
bronchospasme (b)
• Nitroprussiate de sodium, dérivés nitrés, - bloquants
et inhibiteurs calciques
L’héroïne
et les opioïdes de substitution
Objectifs de la substitution
• Stabiliser la consommation de toxiques illicites
• Diminuer l’usage de la voie intraveineuse
• Favoriser l’insertions des toxicomanes dans des processus
thérapeutiques et sociaux
• Élaborer une vie sans dépendance
Henrion. Bull Acad Med, 1997
• Actuellement:
90 000 toxicomanes sous Subutex
6000 toxicomanes sous Méthadone
Évolution du nombre d’interventions du SAMU 93
de janvier 1995 à décembre 1999
pour une intoxication aiguë sévère aux produits opiacés / opioïdes :
140
Intoxications aux
opiacés/opioïdes
122
120
11
98
100
10
97
4
80
60
Fatal
Non Fatal
62
3
111
42
88
93
40
59
42
20
0
1995
1996
1997
1998
1999
Gueye P, et al. Addiction 2002; 97:1295-304.
Circonstances d’intoxications
• Développement d’un trafic
• Mésusage
• Associations aux benzodiazépines
1992
Drummer. Am J Forenscic Med Pathol,
Tracqui. Presse Med, 1998
Tableau clinique : le syndrome opioïde
Tableau typique
De l'empoisonnement par l'opium
• Contraction de la pupille dans 19/20ème des cas.
• La respiration semble souvent comme suspendue.
• Les muscles sont dans le relâchement, le malade est
immobile.
Roche, Précis de Médecine, 1844
Pièges de l’analyse toxicologique
• Une recherche urinaire négative …
n’élimine pas une intoxication par méthadone,
buprénorphine ou dextropropoxyphène …
• Une recherche urinaire positive…
peut s ’expliquer par la prise d’un sirop codéiné
Propriétés pharmacologiques de la buprénorphine
Effet plafond pour l’action analgésique et les effets respiratoires:
- dans les modèles animaux
- dans les études cliniques chez le volontaire sain
Étude des effets respiratoires de la buprénorphine en association
Dépression respiratoire profonde et soutenue en cas d’association
d’une dose unique de buprénorphine et de benzodiazépines
Buprénorphine (30 mg/kg IV) ± Midazolam (160 mg/kg IP)
P. Gueye, et al. Toxicol Sci, 2002
Variabilité inter-individuelle de la réponse à la
méthadone
Dose de méthadone nécessaire à
une réponse thérapeutique
optimale : 54,3 ± 27,9 mg/jour
Nb de patients
traités
5
Facteur 24
120
Dose requise
(mg)
Causes possibles de la variabilité interindividuelle
 CYP 3A4 (variabilité d’expression, inductible)
 CYP2D6 (polymorphisme génétique, énantioséléctivité), CYP2B6, 2C8, 2C9,
2C19
 P-glycoprotéine (polymorphisme génétique, énantioséléctivité), autres
transporteurs
 Alpha 1 glycoprotéine acide (polymorphisme génétique, énantioséléctivité,
conc pathologies, stress)
 Récepteurs µ (polymorphisme génétique, énantioséléctivité,), D2
(polymorphisme génétique), COMT
 Thérapeutiques concomitantes, prise d’autres substances
 Pathologies associées
 Facteurs psychosociaux
Le GHB
Historique:
-
Créé en 1961 par le Pr. Laborit pour ses propriétés anesthésiques
Anesthésique réservé à l’usage hospitalier
Production artisanale aisée : poudre, solution aqueuse, granulés
Psychostimulant, substitut aux amphétamines et à l’ecstasy
Consommation festive (Grievous Bodily harm, Liquid Ecstasy, Fantasy, …)
Dans la liste des stupéfiants depuis 2002
Retrait du marché aux USA
Autres précurseurs du GHB
Rapidement converti
en GHB in vivo
Zvosec DL. NEJM 2001
Intoxications aiguës au GHB:
- Effets de courte durée: amnésie, ébriété, delirium, agitation, myosis, bradycardie,
salivation, vomissements, hypothermie modérée, incontinence
- Risques: convulsions, coma (durée 30-190 min), inhalation, traumatismes, dépression
respiratoire modérée ( > 50 mg/kg)
-Antidotes sans efficacité constante, Physostigmine :plus efficace, mais risque de
bradycardie ou de convulsions
- Midazolam ou propofol pour contrôle vidange gastrique et extubation
Li J. Ann Emerg Med 1998
Nicholson KL. Drug Alcohol Depend 2001
356 365
350
300
232
C 250
A 200
S
E 150
S
199
89
100
50
18
34
10
9
19
105
37
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997
1997 1998 1999 2000
Poison Centre California
Soumission chimique au GHB:
• Rapide, inodore, incolore, actif à faible dose
•Soluble en milieu aqueux ( incorporable dans une boisson)
• Désinhibition de la victime
• Amnésie des faits, impression de consentement
• Effet: 15-30 min après absorption; durée: 1h à 24h (selon dose)
Kétamine
- Anesthésique détourné depuis les 80s
- Ket, Ketty, Vitamine K, Spécial K, K-hole, Katovit (+ vit C et prolintane)
- Sniffés pour ses effets hallucinogènes, insensibilité à la douleur
voyage aux confins de la mort, expériences extra-corporelles
- Risques :
- troubles de la vision, de l’attention et de la mémoire
- dédoublement de personnalité, psychose
- indifférence au monde environnant
- agitation
- rhabdomyolyse
- coma, dépression respiratoire
- décès
- Association opiacés, amphétamines, cocaïne, marijuana, éphédrine, sélégifine.
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LSD ou “acide“
- Diéthylamide de l’acide lysergique, obtenu à partir de l’ergot de seigle
- Mouvement psychédélique (USA, 60s), déclin (80s) puis nouvel essor
- Formes: cp, buvard, micropointe (mine de crayon), bloc de gélatine, poudre
- “Sandwich“: alterner buvard LSD et ecstasy /3h
- Le plus puissant hallucinogène: fou rire incontrôlable, délire, synesthésies
altération de la perception temps/distance, perturbations somesthésiques
- Troubles végétatifs : mydriase, hypersudation / sécheresse, vomissements,
palpitations, HTA, tremblements, incoordination motrice
- Trip (de 5 à 12 h) suivi d’une redescente désagréable (confusion, angoisse,
panique, paranoïa, phobies, délire) avec flash-back
La datura
Historique
Médecines traditionnelles (Chine, Amérique du Sud)
Rites religieux ou initiatiques
1970-1980 : Fins récréatives, conduites d’expérimentation
Effets recherchés : Délire hallucinatoire (15 min après ingestion, durée= 1 à 2 j)
Toxicité : ATROPINE, SCOPOLAMINE (graines, fleurs, racines +++)
antagonistes compétitifs périphériques et centraux de l’acétylcholine
Syndrome anticholinergique dose-dépendant :
• Agitation psychomotrice, confusion, convulsions, coma
• Mydriase, trouble de l’accommodation, sécheresse muqueuse, rétention urine
• Tachycardie sinusale, palpitations
Décompensation psychotique
Antidote = Physostigmine discuté, 1 à 2 mg IV en doses répétées
Evolution:
Favorable en 24 à 48 heures.
Décès lié à des troubles du comportement.
Les poppers
- Vasodilatateurs sniffés (nitrites de butyle et de pentyle)
- Sensation de chaleur intense et de sensualité exacerbée
- Bouffées vertigineuses immédiates
- Effets secondaires: céphalées, vertiges, éruptions cutanées
- Risque de méthémoglobinémie
Le Viagra
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• Association à d’autres drogues, comme l’ecstasy qui diminue les
performances sexuelles mais ne neutralise pas la libido.
• Danger de certaines combinaisons (exemple: Viagra + poppers)
avec un risque d’hypotension et d’insuffisance coronaire.
• Effets secondaires : étourdissement, troubles visuels, priapisme.
Rohypnol: en perte de vitesse ...
Flunitrazépam: usage détourné dans les 70s
Noms de rue: roche, rophie, roofies, forget-me pill, rope, ...
Effets recherchés: invincibilité, myorelaxation, amnésie, soumission
Effets secondaires: vertige, flou visuel, confusion, amnésie antérograde,
troubles digestifs, rétention aiguë d’urine et hypotension
Dépendance physique et psychique
Sevrage: convulsions
Danger des associations: + alcool + opiacés
Qui ckTi me™ et un décompr esseur
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Quasi-retrait du marché ==> Remplacement par clonazépam (Rivotril)
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Club cocktails
Une drogue améliore les sensations ou compense les effets négatifs de
l’autre drogue
Flip
Candy flipping
Hippy flipping
Love flipping
Kitty flipping
Elephant flipping
Robo Flipping
Nexus Flipping
Adam et Eve dans le jardin d’Eden
= MDMA + autre drogue
= MDMA + LSD
= MDMA + champignon hallucinogène
= MDMA + mescaline
= MDMA + kétamine
= MDMA + PCP
= MDMA + dextrometorphane
= MDMA + 2-CB
= MDMA + MDEA + MBDB
Conclusion
Nouvelles drogues = Nouvelle toxicité
+
=
Conduites addictives multiples et variables
inconnues nombreuses …

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