Aspects pratiques de la prise en charge de la maladie de Parkinson

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Aspects pratiques de la
prise en charge de la
maladie de Parkinson
Conseils à destination des personnels
soignants en établissement ou à
domicile (essentiellement pour les
patients évolués)
Introduction
• Il faut être disponible pour aider le malade dans les
actes de la vie quotidienne: la toilette, l’habillage, la
marche, le repas…
• En période « OFF », il est incapable d’exécuter le
moindre geste
• En période « ON » où le handicap est faible voire nul,
il faut savoir respecter son autonomie
• Les symptômes varient dans le temps, parfois très
rapidement.
•Il n’est ni comédien,
ni simulateur!
Communication
Les troubles de la parole, de l’écriture, de la
mobilité font que le malade a tendance à s’isoler.
• Il faut rompre cet enfermement.
• Quelques mots simples, un sourire, une poignée
de mains, établir une relation de confiance
suffisent parfois…
• Utiliser des outils: une ardoise, une tablette…
de gros stylos pour faciliter l’écriture, un
alphabet
• Prendre le temps d’écouter, de comprendre,
faire répéter si nécessaire.
Médicaments
• Préparer les piluliers pour la journée ou pour la semaine.
• Surveiller la prise à des heures régulières fixées par le neurologue
(il existe des outils: montres à alarmes, réveils…).
• Insister sur la possibilité de « dérégler » le syndrome parkinsonien
avec un simple écart de 30 min (très angoissant pour le patient)
• En cas d’oubli médicamenteux, pas de doublement de dose: risques
d’effets indésirables +++. Faire un décalage pour rattraper la prise
soit la supprimer.
Tant qu’il est capable laisser le patient gérer ses ttt
Il doit posséder un carnet de suivi de sa maladie, rythmes, périodes
on/off, dyskinésies pour personnaliser la PEC
Surveiller l’apparition des effets secondaires de chaque ttt.
Si fluctuations motrices (dyskinésies, blocages, dystonies), syndromes
dépressifs, troubles du sommeil, troubles du comportement
(addiction), propos délirants, hallucinations prévenir médecin traitant,
neurologue…
Comment gérer alimentation et
prises médicamenteuses
Principalement valable chez les patients
fluctuants
• Levodopa « ventre vide » ou plutôt, à distance
des repas surtout riche en protéines car cela
peut réduire son efficacité
• Agonistes dopaminergiques « ventre plein »
pour limiter les problèmes de tolérance
digestive
Alimentation
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Patient installé confortablement, assis au fauteuil de préférence, table à hauteur
de la poitrine
Attention aux fausses routes: si la déglutition est difficile, adapter la texture
alimentaire (mixé, mouliné, liquide épaissie, eau gélifiée…), vérifier la dentition,
fixer les appareils dentaires
Prendre le temps de bien mastiquer les aliments
Abaisser le menton pour déglutir
Aide à l’ouverture des récipients, au découpage des aliments
Vaisselle incassable, tasse à 2 anses, paille pour boire (éviter les verres canards
car liquides coulent trop vite au fond de la bouche). Set de table anti-dérapant,
couverts ergonomiques…
OBSERVER LES PATIENTS ET FAIRE PREUVE DE BON SENS
Pour pallier au risque de dénutrition et de déshydratation, le médecin peut prescrire
des compléments alimentaires , sous forme de crèmes, de boissons enrichies , des
suppléments diététiques ou des perfusions sous-cutanées.
Surveillance du poids
Toilette
• En fonction du souhait du patient et de son
autonomie, la toilette a lieu plus ou moins tard
dans la matinée ( besoin de sommeil ,
dyskinésies , phases on et off). Il peut s’agir
d’une toilette au lit, au lavabo, d’une douche. Le
principal est d’accompagner au mieux la
personne dans les gestes qu’elle peut effectuer
seule. Pour les hommes, l’usage d’un rasoir
électrique est préférable au rasoir manuel ;
lorsqu’il effectue seul cet acte, le risque de
coupure est ainsi évité.
Habillage
Difficulté pour attacher les boutons, les
fermetures éclairs.
• Privilégier les pressions, les scratches
• Vêtements amples, faciles à fermer et enfiler
de préférence en coton (pour éviter les
sensations désagréables dûes à la sudation)
• Gilets, pulls, polos, chemises…
• Semelles anti-dérapantes
• Chaussures, chaussons fermés sans lacets pour
éviter les chutes
Mobilité
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Les troubles varient d’un instant à l’autre, il faut choisir les moments favorables pour la promenade (période on)
Le malade piétine: allonger le pas, rythmer la marche en comptant, en chantant, se servir de repères au
sol(carrelage…).
Se concentrer sur la marche et rien d’autre, ne pas lui parler
Il ne peut faire deux choses à la fois
Appareillages patient / soignant:
– Il faut utiliser les moyens existants: canne, déambulateur, aide humaine, fauteuil roulant, verticalisateur, lèvemalade, …
– Il existe des déambulateurs avec des roues, des freins, un panier pour les courses et même un siège pour se
reposer.
Blocages:
– Les difficultés arrivent surtout en se relevant, au démarrage (au réveil par exemple), au passage d’une porte, en
changeant de direction
– Il faut lui opposer un obstacle à franchir: tendre la jambe devant lui, un bâton, une canne en T
– L’obliger à passer par-dessus
L’équipe soignante travaille dans la mesure du possible en binôme. Une fois le patient confortablement installé au lit,
nous nous assurons que tout ce dont il a besoin soit proche de lui.
Attention au risque d’altération de l’état cutané.
Selon la douleur du patient, le médecin prescrit des antalgiques avant les mobilisations, au cours de la
journée, au décours de soins plus spécifiques (pansements,…).
Chutes
• Il est nécessaires de désencombrer
l’espace, enlever les obstacles: tapis, petits
meubles…
• Il ne faut pas tirer ou pousser, se
contenter de soutenir le malade et de
respecter son rythme
• Avoir des chaussures adaptées
Il faut prendre son temps, se mettre à la
cadence du malade et pas l’inverse.
Concernant l’installation au cours de la journée, et pour éviter
tout risque de chute, il est essentiel :
• pour une installation au lit , s’assurer que les barrières
soient relevées dès qu’il n’y plus la présence d’un soignant
dans la chambre.
• pour une installation au fauteuil, incliner le fauteuil, avec
recours parfois d’une contention sur prescription médicale,
réévaluable (tablette pour éviter la chute en avant, sangle
pour éviter les glissements).
• pour ces deux installations , s’assurer également que tous
les éléments nécessaires au patient soient à proximité :
sonnette, téléphone, télécommande TV, verre d’eau…
Elimination
• Si patient susceptible d’avoir de fuites
urinaires: lui proposer de mettre en place
une petite protection de sécurité
uniquement pour son confort
• Si incontinence urinaire et fécale: mis en
place de protection, étui pénien
• Pour les hommes, on peut également utiliser
un urinal s’il est dans la capacité de s’en
servir (pratique pour la nuit par exemple)
Constipation
• Suivi régulier des selles
• Avoir une alimentation riche en fibres
– Hydratation maximale
– Donner des laxatifs en première intention
ou suppositoires, si aucun effet prévoir un
lavement
Etre très vigilant, une occlusion intestinale
(fécalome) peut engendrer de graves
conséquences pour le malade.
Hypotension orthostatique
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Bas de contention
Précautions lors du lever (par étapes)
Surveillance tensionnelle avant le lever
Si besoin mis en place d’un TTT adapté
Les médicaments contre-indiqués
dans la Maladie de Parkinson
• Ce sont ceux susceptibles de révéler ou
d’aggraver le syndrome parkinsonien
• Neuroleptiques +++
Exception: Clozapine (Léponex) avec
surveillance particulière.
Conclusion
La maladie de Parkinson est une prise en charge
pluridisciplinaire.
Cette aide personnalisée est réévaluée chaque jour, en
fonction des manifestations de la maladie et de son évolution.
Les conditions pour des soins efficaces sont :
• une prise en charge personnalisée
• la bonne compréhension par le patient et son entourage
des interventions médicale et paramédicale et de son TTT
• de la cohésion des intervenants libéraux et institutionnels.
Merci pour votre attention.

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