argumentatif - La CGE de F.Debroise

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COMMENT ARGUMENTER ?
L’ARGUMENTATION
 Un texte argumentatif = mise en scène
d’une situation de communication très
claire
 un émetteur ou locuteur (l'auteur, le
narrateur, le personnage) exprime une
opinion et peut solliciter de diverses
manières son récepteur pour le
convaincre et le faire agir.
L’ARGUMENTATION
 Elle se construit autour de quatre
pivots :
- le thème
- la thèse
- les arguments
- les exemples
Sommaire
1 – Convaincre, persuader, délibérer et démontrer
2 – Stratégie argumentative
3 – Arguments
4 – Exemples
5 – modes de raisonnement
6 – Thèse
7 – thèses implicite et explicite
8 – les liens logiques
9 – modalisateurs et évaluatifs
1. Convaincre, persuader
 l’émetteur a recours à la raison, produit une thèse, des
arguments illustrés d'exemples, le tout structuré par des
relations logiques
Raison
CONVAINCRE
 l’émetteur utilise des procédés oratoires et rhétoriques
pour toucher la sensibilité du destinataire
Sentiments
PERSUADER
Convaincre ≠ Démontrer
 DEMONTRER = amener les autres à partager
(ensemble) une vérité, une réalité logique, scientifique
donc vérité indiscutable établie par tous
Exemple : La baleine est un mammifère marin
 CONVAINCRE = soutenir une idée, thèse personnelle.
Ce qui entraine donc un débat ou une contestation.
Car la thèse = opinion discutable et donc discutée
Exemple : la baleine est le mammifère marin le plus
attachant
 mais la démonstration est un des fondements de la
démarche argumentative, comme l’explication
 Expliquer, c’est remonter la chaîne des causes
2 . Stratégie argumentative
 C’est un plan, en vue de remporter une
bataille…
avec des arguments (cf 3).…
illustrés par des exemples (cf 4)…
mis en œuvre dans un raisonnement (cf 5.)…
dans le cadre d'un plan plus vaste, d'un but
final : défendre une thèse (cf 6.) et faire agir.
 Une fonction polémique
Exposer et soutenir une thèse, c’est souvent
réfuter ou discuter une thèse opposée, implicite
ou explicite.
3. Arguments
Objectif : être convaincant
Moyens : utilisation d’arguments et
de contre-arguments.
Les arguments : des preuves, des éléments du
raisonnement qui expliquent et justifient la thèse
soutenue.
L’argument est valide s’il est clairement énoncé,
en rapport avec la thèse et illustré par un exemple.
Le contre-argument : pour contrer la thèse
réfutée.
–types d’ arguments
L'argument logique
il est rationnel ; sa vérité est de
l'ordre de la cohérence interne
Exemple : être libre, c'est
refuser l'esclavage.
L'argument de valeur
Exemple : visitez la Laponie,
terre de liberté et d'harmonie..
il se réfère à des valeurs
communément admises et
partagées.
Il est invalide en dehors de
ce système.
L'argument d'expérience
Exemple : les gens qui ont peur
des autres sont souvent agressifs.
fondé sur l'observation et
l'expérience
et souvent de l'ordre du
constat.
« argument par l’exemple »
L'argument
d'autorité
l'auteur a recours à la caution d'un homme
illustre, reconnu dans tel ou tel domaine, pour
légitimer ses propres affirmations.
Exemple : Fumer est dangereux pour la santé, c’est ce que nous démontre
le rapport sur la santé des Français rédigé par les professeurs…
L’argument
de la norme
s'appuie sur ce qui est considéré comme normal,
sur l'idée de «bon sens». Mais cette norme n'est,
le plus souvent, pas précisée
Exemple : «il est normal que...»
L’argument
ad hominem
Untel défend telle position. Or Untel n’est pas
crédible (pour des raisons liées à ses paroles,
à ses actes) quand il affirme cette position.
Donc cette position est fausse.
Exemple : J.J ROUSSEAU (dans l’Émile) est disqualifié en matière
d’éducation car il a abandonné ses propres enfants.
 L'argument
historique
on tire un exemple de l’histoire d’un pays
ou du monde pour prouver que l’on a
raison Ici, l’exemple est dit argumentatif.
Exemple : L’histoire nous montre que…
Exemple : la délinquance a toujours existé, aussi
faut-il relativiser la criminalité et la délinquance
actuelles.
 L’argument
économique,
scientifique…
utilise un exemple tiré d’un domaine
précis pour prouver la véracité de la
thèse.
Exemple : le partage d’œuvres sur Internet sans but de profit doit être
restreint. En effet, une offre illimitée, accessible à tous impliquent un
prix nul, et donc pas de rémunération pour les auteurs qui ne peuvent
plus produire et vivre de leur art.
ETC
4. Les exemples
 Les arguments : souvent généraux et abstraits
 l’auteur, le locuteur choisit alors de les illustrer par
des exemples tirés de cas concrets, de faits réels
Ces exemples doivent être vérifiables
 Deux fonctions de l’exemple
 illustrative : Il illustre l’argument et rend plus concrète, plus
compréhensible, une idée difficile qu’il suit dans
le texte. Il est introduit par Par exemple, ainsi….
 argumentative : Il joue le rôle de « preuve », en
Exemple : Les Fables de La
Fontaine (exemples donnant
lieu à des morales)
renforçant une idée énoncée qu’il
précède dans le texte, permettant de
tirer un enseignement général d’un cas
concret.
Cf raisonnement inductif
Les exemples
Pour illustrer une argumentation…
L’exemple littéraire
la référence précise à un livre, un film, une
pièce de théâtre, un tableau…
L’exemple historique
Les statistiques
permet un rapprochement avec le passé
et il a l’avantage d’être un fait avéré et
déjà analysé
les chiffres, les données économiques (à
condition d’être vérifiées) donnent un fondement
scientifique au discours argumentatif
La fable, le mythe
rendent plus concrète une idée grâce à
un récit
L’image, la comparaison
éclairent une idée difficile à
comprendre en la représentant
visuellement
ETC
5. Les modes de raisonnement
Pour prouver une thèse…
Le raisonnement
inductif :
à partir d’un fait particulier, on aboutit à une conclusion de
portée générale
Ces haricots sont tirés de ce sac. Ces haricots sont
blancs. Tous les haricots de ce sac sont blancs
Le raisonnement
déductif : A partir d’une hypothèse, d’une idée générale, il permet de
déduire une proposition particulière.
Les bouleversements engendrés par la mondialisation sont tels que
l’économie locale ne peut plus ignorer les règles du marché international.
Le syllogisme
consiste, par déduction, à tirer une conclusion de deux
propositions vraies (les prémisses).
La culture est en crise, tout le monde le reconnaît. Or, l’école transmet la
culture. Donc l’école est en crise.
Tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un
homme ; donc Socrate est mortel)
Le raisonnement
par analogie : consiste à transposer une idée dans un autre domaine de
réalité afin de la rendre plus claire, plus " parlante ".
De même que dans la marche naturelle du corps, l’homme ne peut s’avancer
qu’en posant un pied devant l’autre, de même dans la marche naturelle de
l’esprit, l’homme ne peut s’avancer qu’en mettant une idée devant l’autre. Ce qui
veut dire, en d’autres termes, qu’il faut toujours un point d’appui à l’esprit
comme il en faut un au corps. Le point d’appui du corps, c’est le sol dont le pied
a sensation; le point d’appui de l’esprit, c’est le connu, c’est une vérité ou un
principe dont l’esprit a conscience.
Le raisonnement par
élimination : consiste à envisager différentes solutions pour répondre à
une question, pour montrer ensuite qu’aucune sauf une y
répond vraiment.
A l’individualisme, fléau de notre temps, quels contrepoids proposer ?
Tocqueville en distinguait trois : les libertés locales c’est à dire la
décentralisation, les associations et la religion. Nous avons progressé
depuis en matière de décentralisation et la religion n’a plus
suffisamment ce pouvoir fédérateur qu’elle avait alors. Notre effort
semble devoir alors se porter sur les mouvements associatifs.
Pour réfuter une thèse…
Le raisonnement
concessif : Le locuteur feint d’admettre tout ou partie d’un argument
de la thèse à laquelle il s’oppose pour finalement revenir à
sa thèse et maintenir son point de vue.
«Tu as raison de vouloir profiter de tes amis, de ta jeunesse. Mais demain, tu
as cours et les études et ton avenir passent avant les loisirs et les plaisirs».
Le raisonnement par
l’absurde : consiste à formuler une hypothèse, puis à montrer qu’elle
conduit à une absurdité, et donc à conclure que l’hypothèse
est fausse et que son contraire est vrai.
Si Pierre passe pendant mon
absence, il laisse un mot
dans la boîte aux lettres.
On suppose la
conclusion fausse
Conclusion
Or il n'y a pas de
mot dans la boîte
aux lettres
Si Pierre était passé il y
aurait eu un mot dans
la boîte aux lettres
donc Pierre n'est pas passé
Ce que l'on sait
("hypothèses")
Or il n'y en avait pas
Contradictoire
et impossible
6–thèse
Thèse ≠ thème
 Le thème :
 sujet sur lequel porte le
exprimé par l’émetteur
discours écrit ou oral,
 en général un thème problématique suscitant des
opinions contradictoires
 La thèse :
 Jugement sur le thème. Prise de position
 La thèse soutenue :
opinion défendue par l’émetteur
→ position qu’il va chercher à prouver pour
convaincre son destinataire
La thèse réfutée (rejetée ou refusée) :
→ opinion combattue par l’émetteur, position
adverse qu’il va rejeter pour dissuader son
destinataire de la choisir
= L’antithèse
La thèse peut être énoncée au début de l'argumentation, et être
éventuellement confirmée ou précisée ensuite.
ou encore n'apparaître que tout à la fin du développement, comme
conclusion de l'argumentation.
7 – Thèse implicite et thèse explicite
 Thèse implicite : à déduire des propos de
l’émetteur qui exprime son point de vue par des
moyens détournés (anecdote, fable, ironie…)
 Thèse explicite : quand le discours l’énonce
clairement
 Pour évaluer l'implication de l'émetteur : recenser
les modalisateurs et les évaluatifs (cf 9.)
L’influence de la télévision sur
la violence des jeunes.
Téléphoner avec un portable dans
un lieu public.
.
La télévision rend violent les jeunes
Téléphoner avec un portable dans
un lieu public est impoli.
8 – Les liens logiques
 Pour être convaincante, une argumentation doit
être cohérente, logique
Pour cela
 Les connecteurs logiques relient les idées
entre elles dans un raisonnement
 permettent de passer de l’argument à
l’exemple, d’un argument à l’argument
suivant…
 classés autour des 6 relations principales qui
peuvent s'instaurer entre les arguments :
Les liens logiques (suite)
RELATION
LOGIQUE
CAUSE
CONSÉQUENCE
ADDITION
GRADATION
CLASSEMENT
PROGRESSION SUIVIE
PAR L'AUTEUR
L'auteur justifie,
explique l'argument
précédent
L'auteur déduit un
argument de son
argument précédent
L'auteur établit une
liste d'arguments
L’auteur organise du
moins pertinent au
plus pertinent
L'auteur classe ses
arguments
MOTS DE LIAISON
Car, en effet, parce
que, puisque, en raison
de, dans la mesure où.
Ainsi - Donc
C'est pourquoi
...
Et, de plus, en outre,
par ailleurs, surtout,
d’abord, ensuite,
enfin, d’une part,
d’autre part, non
seulement, mais
encore…
Premièrement
…
RELATION
LOGIQUE
PROGRESSION SUIVIE
PAR L'AUTEUR
MOTS DE LIAISON
L'auteur prend en
compte le point de vue
adverse tout en
revenant à sa propre
thèse ensuite
Malgré, même si,
en dépit de , bien
que, quoique...
PARALLÈLE OU
COMPARAISON
L’auteur rapproche
deux faits, deux
arguments.
De même, de la
même manière,
ainsi que, comme...
OPPOSITION
L'auteur nuance ou
réfute l'argument
précédent
Mais - En revanche
Pourtant - Cependant
Or, néanmoins ...
CONCESSION
Il y a d’autres relations logiques
Indiquer le but (pour, afin de…)
Résumer ou introduire une CONCLUSION
(Ainsi, en somme, bref, pour conclure …)
ETC…
D’autres indices pour déceler les relations logiques
La ponctuation
Les deux points peuvent introduire une explication,
ou bien une cause, ou encore une exemple
Les parenthèses ou les tirets amènent un détail
supplémentaires
Les guillemets peuvent mettre un mot ou une
expression en valeur pour attirer l’attention dessus
Le point d’interrogation peut être une interrogation
oratoire qui amène une explication
9 – Modalisateurs et évaluatifs
 les modalisateurs:
Mots qui traduisent l’appréciation que le
locuteur porte sur son propre énoncé.
 les évaluatifs:
Pour porter un jugement, on utilise des termes
évaluatifs : tantôt des termes mélioratifs,
tantôt des termes péjoratifs.
MODALISATEURS
- des verbes d'opinion : affirmer, soutenir, douter,
prôner, suggérer...
- des adverbes : évidemment, sans doute, peut-être,
assurément...
Exprimer un
soutien gradué
de son énoncé
- des périphrases : il est certain que, il est possible que...
- le conditionnel, mode essentiel du doute
- les guillemets, qui isolent et mettent en doute le
discours de l'adversaire
- les questions rhétoriques suggèrent la réponse :
n'est-il pas vrai que...?
- les formes sentencieuses : maximes, sentences,
vérités générales.
EVALUATIFS
- les noms ou adjectifs mélioratifs ou
péjoratifsConvaincant ; Charismatique ;
faire part
de son
jugement
sur un
énoncé
qu’on
évalue
Captivant... Ennuyeux Lamentable
Ordinaire…
- les connotations attachées à
certains mots, à certaines sonorités :
iaud, ard…
- les antiphrases portent sur ce qui est
dit d’un jugement dont d'autres indices
signalent la fausseté (ironie)
Quelle générosité! (pour souligner la
mesquinerie de quelqu’un)

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