HISTOIRE DES ARTS

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HISTOIRE DES ARTS
Deux œuvres de Jacques-Louis DAVID
1. « Le serment du Jeu de Paume »
2. « Le sacre de Napoléon »
Ces œuvres correspondent au chapitre :
« De la Révolution à l’Empire »
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Analyse du « Serment du Jeu de Paume »
Serment du Jeu de Paume, Jacques-Louis David (1748-1825).
Ebauche, 1791-1792, Craie blanche, pierre noire et huile sur
toile, 370 x 654 cm.
Musée du château de Versailles, dépôt du musée du Louvre,
département des Arts graphiques.
Ce tableau n’a été jamais achevé! Il est resté à
l’état d’ébauche*.
L’œuvre définitive devait mesurer environ sept
mètres de haut sur dix mètres de large, peinte
à l’huile, dans des couleurs vives.
Elle a été copiée à de nombreuses reprises. Une
copie est présente au Musée Carnavalet à Paris
(Musée de L’histoire de Paris).
LEXIQUE ébauche : Première forme d’une peinture ou de
sculpture, où les parties principales sont indiquées.
Qui est Jacques-Louis DAVID?
(Paris 1748 – Bruxelles 29 décembre 1825)
Il souhaite faire de la peinture très jeune.
Il est admis aux cours de l’Académie royale de peinture*.
Il obtient en 1774 le Prix de Rome*. Il part l’année
suivante pour cette ville, pour y peindre. Il y restera
jusqu’en 1780.
Il y étudie les maîtres de la Renaissance, mais aussi ceux
du XVIIème siècle.
Il s’y inspire des sujets de l’Antiquité.
A son retour à Paris, il est reçu à l’Académie.
Il devient vite célèbre avec son tableau « Le serment des
Horaces » (commande du Roi, qu’il réalise pendant son
second séjour à Rome).
Ce tableau est considéré comme le démarrage du courant
« néoclassique »*.
Il est un peintre à la mode, recevant commandes et prix.
En 1789, il est un partisan de le Révolution. Admirateur
de Robespierre, il est élu député de la Convention en
1792. Il est montagnard et jacobin, vote la mort du roi
Louis XVI en 1792 (régicide). Il est l’organisateur des
fêtes révolutionnaires. Il peint à cette occasion « La
mort de Marat ».
A la chute de Robespierre, il est arrêté car il était un
des ses partisans, puis il reprend son activité de peintre.
Il se rallie à Bonaparte qu’il admire. Il est le 1er peintre
officiel de Napoléon. Il est décoré de la légion d’honneur
en 1802. Il consacre son talent à le peindre dans toute
sa gloire. Il est chargé de commémorer les grandes
cérémonies du règne, comme Le Sacre.
Il reste fidèle à l’Empereur, y compris pendant son
retour des Cent jours, ce qui le contraint à l’exil à
Bruxelles, au retour des Bourbons en 1815.
Il y vécut jusqu’à sa mort.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Académie royale de peinture : Institution de l’Ancien régime, chargé d’enseigner la peinture et le sculpture.
Courant néoclassique ou « néoclacissisme » : Mouvement artistique qui s'est développé dans la peinture, la
sculpture, et l'architecture entre 1750 et 1830. Il est fondé à Rome, puis se répand très vite en France. Il
s’inspire de la Rome antique. Il recherche la perfection des formes, quitte à modifier la nature pour la rendre
parfaite. C’est un style marqué par le réalisme du détail et l’aspect spectaculaire du sujet peint. Il utilise les
allégories et les figures mythologiques et héroïques (comme Napoléon ou Marat). David et Ingres sont les
principaux peintres de ce mouvement. David inspira de nombreux peintres.
Prix de Rome : C’est un prix de peinture et de sculpture attribué après un concours de l’Académie royale de
peinture et de sculpture. Il a été crée en 1663 sous le règne de louis XIV. Le lauréat est généralement choisi
par l'administration royale pour être envoyé à Rome en y bénéficiant d'une pension,
Serment des Horaces,
Jacques-Louis DAVID, 1785, huile
sur toile, 330 x 425 cm.
Musée du Louvre.
Un des chefs-d’œuvre du
néoclacissisme, peint par David à
Rome
Il représente un épisode
fondateur de l’histoire antique
romaine.
Les frères Horace, champions de
Rome, et les frères Curiaces,
champions d’Albe, s’affrontent en
combats singuliers, pendant la
guerre qui oppose ces deux cités
ennemies.
Ici ils prêtent serment à leur
père de vaincre ou de mourir.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
La mort de Marat ou Marat assassiné , JacquesLouis DAVID, 1793, huile sur toile, 165x128 cm.
Musées royaux des Beaux arts de Belgique, Bruxelles.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
On y voit Jean-Paul Marat, assassiné, chez lui, par Charlotte
Corday.
Il est représenté dans sa baignoire, où il soignait une maladie de
peau.
L’inscription «A Marat, David», montre qu’il s’agit d’un hommage,
car David connaissait Marat.
C’est une commande de la Convention après la mort de celui-ci, à
qui David l’offre le 14 novembre 1793.
Marat y est représenté agonisant, la bouche entrouverte, laissant
échapper son dernier soupir, sur un fond brun-vert, sur lequel la
blancheur du corps se détache. Il a la tête enveloppée d’un
turban, penchant sur le côté.
Son visage est idéalisé, presque beau, son corps aussi, à la
manière des héros antiques ou du Christ. Sa position, le bras
pendant rappelle la descente de croix.
Marat en fait était très laid et une maladie de peau l’handicapait.
Sa main droite pendante, tient une plume, l’autre, une feuille
écrite, la lettre de Charlotte Corday, qui l’a assassinée (c’était
une amie des Girondins, qui souhaitait mettre fin à la Terreur) sur
la planche recouverte d’un tissu vert.
Le drap qui recouvre la baignoire est taché du sang de Marat. Et
par terre, au pied, on voit un couteau taché de sang.
C’est une œuvre du néoclassicisme, mais à portée politique, comme
souvent les œuvres de David. On voit le soin porté à l’anatomie
dans la représentation du corps.
Marat y est représenté comme un martyr de la Révolution, dans
son linceul (le drap blanc), avec l’épitaphe sur le billot de bois,
comme sur sa tombe. David montre son dévouement au peuple, il a
été assassiné alors qu’il écrivait pour lui et par traîtrise. On voit
un encrier et la plume dont il vient de se servir.
Le spectateur est dans la position de l’assassin, Charlotte Corday,
hors champ, seule à avoir assisté à l’agonie de Marat.
La profondeur est indiqué par le billot de bois au 1er plan qui nous
« éloigne » de la scène, comme un trompe-l'œil, alors que nous
pourrions avoir la sensation que nous pouvons toucher le corps. Sa
largeur correspond à la distance qui nous sépare du corps.
Descente de croix, Nicolas Poussin, 1630
Descente de croix, Rubens, 1616
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Contexte historique : Cette toile met en scène le fameux « Serment du Jeu de paume ».
QUESTIONS :
En premier lieu et comme d’habitude, vous devez présenter l’œuvre.
Puis vous ferez une courte biographie du peintre.
Quelle est l’œuvre déjà étudiée en classe de ce même peintre?
Puis vous résumerez le contexte historique (Je vous rappelle que nous l’avons déjà
étudié en classe). Rédigez en répondant à des questions simples :
- la date
- le lieu
- le pourquoi d’un tel évènement?
I) La description de l’œuvre : Répondez aux questions
1) En utilisant le livre p. 69, identifiez les personnages importants. Cherchez qui sont
les plus importants.
2) Vous allez expliquer pourquoi c’est bien une scène de la Révolution?
3) Quel est le type de serment prononcé? Justifiez votre réponse.
4) Analyser le décor : Le décrire. A quoi servent les fenêtres?
5) Que fait la foule aux fenêtres? Quel est son rôle?
6) Décrivez les personnages : Quelles sont leurs attitudes? Sont-elles toutes les
mêmes?
7) Analysez la lumière : que met-elle en valeur?
8) Indiquez les lignes de construction du tableau? Correspondent-elles à la lumière?
Justifiez votre réponse.
II) Essayez d’interpréter l’œuvre : Quel est d’après vous le message du peintre?
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
CORRECTION :
Contexte historique : A l’ouverture des Etats Généraux, le 5 mai 1789, à Versailles, les députés du Tiers
état réclament la réunion des trois ordres et le vote par tête, plutôt que le vote par ordre, qui donnait
obligatoirement la majorité au Clergé et à la Noblesse.
Devant le refus du Roi, le 17 juin, les députés du Tiers se proclament « Assemblée nationale », considérant
qu’ils représentent l’écrasant majorité de la Nation. Ils appellent les autres ordres à les rejoindre.
Le Roi fait fermer la salle de réunion des députés. Ils se rendant dans la salle du Jeu de paume*, et y
prêtent serment le 20 juin 1789.
« L’Assemblée nationale […] Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l’instant, serment
solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que
la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides, et que ledit serment étant
prêté, tous les membres et chacun d’eux en particulier confirmeront, par leur signature, cette résolution
inébranlable. » (extrait du Serment du Jeu de paume).
La salle du Jeu de paume : On y jouait à la paume, jeu de raquette, ancêtre du tennis. On y jouait sur les
murs et le sol. Les murs y étaient peints en noir, pour voir mieux les balles. Le plafond était bleu avec des
fleurs de lys.
Elle mesure 29 m sur 10 m. On y apporte quelques chaises et en guise de table, une porte sur 2 tonneaux…
La salle aujourd’hui,
avec l’œuvre de David.
Jeu de paume au
XVIIème siècle
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
CORRECTION DES QUESTIONS :
1
Bailly, c’est le Président de l’Assemblée nationale.
Il lit le serment, en levant le bras avec solennité.
Il est le personnage central, vers lequel
convergent tous les regards.
Il est en hauteur, en position de domination.
Il nous fait face, le visage grave. Ils nous
interpelle, nous prend à témoin. Dans la réalité,
il faisait face aux députés. C’est un choix de
David, pour dramatiser, théâtraliser l’évènement.
1
2
5
4
2
3 6
7
Robespierre, son exaltation, son
amour fanatique pour la Révolution
sont montrés par sa tête en arrière
et ses mains sur la poitrine.
Mirabeau (3) et Barnave (6),
députés, destinés à jouer un rôle
important. Mirabeau est un des
personnages les plus importants du
début de la Révolution.
Barnave sera le chef des Girondins
à la Convention, éliminés par
Robespierre. Il sera guillotiné avec
ses amis.
3
6
5
Barrère, assis, rédige un article pour le journal « Le Point du jour ».
Il symbolise la liberté de la presse.
7
Martin Dauch, assis, tête baissée, les bras croisés sur la poitrine.
C’est le seul député à ne pas avoir prêté serment.
Il représente l’exact opposé de Robespierre. Mais il n’est pas menacé,
c’est la liberté d’expression. Il est protégé par le député derrière lui.
La foule des 600 députés, qui prêtent serment dans l’enthousiasme et
l’exaltation. Il y a une théâtralisation accentuée par les gestes des
députés. On voit les bras levés, les chapeaux. C’est l’unanimité (à part
Dauch). Ce sont eux les acteurs principaux du changement, de la
Révolution, car ils représentent 96% de la Nation. Ce sont des bourgeois.
David leur a demandé de venir poser dans son atelier. Dans ses esquisses,
il les a représenté nus, avant de les habiller pour le tableau. Il étudie la
perfection des corps, à la manière antique (néoclacissisme).
4
Au 1er plan, 3 ecclésiastiques. Ils
représentent les différents ordres
religieux. Un moine, en blanc
(clergé régulier), un abbé en noir
(clergé séculier) et un protestant.
Ils s’étreignent avec fraternité,
montrant leur soutien à la
Révolution et la tolérance
religieuse (Esprit des Lumières).
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Composition du tableau :
Cette ligne sépare aussi l’espace des
députés et celle du peuple.
Le peuple est spectateur et non
acteur.
Il est aux fenêtres, à gauche dans la
galerie. Il soutient la Révolution.
Tous les regards, les gestes (y
compris les nôtres), convergent vers le
personnage central, en hauteur.
Il représentent l’unité autour du
serment.
Les lignes accentuent cette impression.
La lumière vient des fenêtres et éclaire
la scène.
Bailly est au centre de ce rayon de
lumière.
Les députés sont regroupés en dessous d’une ligne, comme sur une
scène de théâtre, impression renforcée par le personnage de Bailly,
qui nous fixe, le visage grave. En prêtant serment, il s’adresse au
public, qui a ainsi l’illusion de faire partie des spectateurs de la
scène.
La couleur du décor est neutre et uniforme, ce qui fait que les
personnages se détachent.
David n’a pas assisté au Serment. Il fait des croquis et remplit 3
carnets de dessins préparatoires.
Il a annoté ses croquis de remarques sur les expressions et des
détails (beaucoup de ses personnages n’ont pas assisté au Serment).
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
David dessine la scène in situ (c’est-àdire dans son milieu même).
Le décor est sobre, quelques chaises,
une planche sur des tonneaux.
Ne pas oublier que les députés se sont
réfugiés dans cette salle.
On voit les fenêtres où se tient le
peuple, avec leurs rideaux gonflés par
un vent violent, signe d’orage.
C’est le « vent révolutionnaire » qui va
tout balayer de l’Ancien régime.
Son tableau est fait en atelier, avec
ses assistants, par la méthode de la
« mise au carreau »*
Interprétation du tableau :
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Ce tableau est une commande. En septembre 1790, le Club des Jacobins (dont fait partie David), lui commande
un tableau célébrant cet épisode fondateur de la Révolution.
« Par la seconde partie de la motion on demande que le beau moment du serment prêté au jeu de Paume, fasse le
sujet d’un tableau de 30 pieds de hauteur sur vingt de large (sic) et dont la société fera hommage à l’Assemblée
nationale pour orner le lieu des séances. Ce tableau a été à l’unanimité, confié au talent de M. David, justement
célèbre, et qui, à l’instant a témoigné sa reconnaissance et a promis le succès à cette belle entreprise, si son
pinceau veut répondre à son patriotisme. » (motion proposée aux Jacobins)
Il devait être exposé dans l’Assemblée nationale.
Il veut renforcer l’idée de l’unité des patriotes qui est le fondement du Serment.
David veut y donner l’image de l’unité nationale, de l’unanimité autour du Serment (seul un député refuse de
jurer), comme dans une mise en scène.
Mais en 1791, cette unité n’existe plus. Certains personnages du Serment, comme Mirabeau sont
considérés comme des traitres (on a retrouvé lors de la fuite du Roi, sa correspondance
secrète avec Louis XVI, qui est vue comme une trahison). Les modérés (comme Barnave et les
Girondins) et les extrémistes (comme Robespierre et les Montagnards) s’opposent déjà.
Ce tableau ne fut donc jamais achevé, car il n’était plus d’actualité et même dérangeant.
David y renonce en 1793, dans le contexte tragique de la Terreur. En 1795, après son séjour
en prison, il tente de relancer son œuvre, mais sans succès.
Dès la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècles, le Serment est repris et adapté par de nombreux
artistes.
Il devient un véritable mythe faisant partie de notre histoire.
LEXIQUE : Mise au carreau : Procédé permettant de reproduire à la même échelle ou à une échelle
différente un modèle original peint ou dessiné. Pour " mettre au carreau ", on trace (à la sanguine, au
charbon) des lignes verticales et horizontales, régulièrement espacées et se coupant à angle droit, sur
toute la surface du modèle et on reproduit les divisions ainsi obtenues, ou carreaux, sur le support destiné à la
Copie. (sanguine : c’est un crayon de couleur ocre rouge).
Quelques
détails…
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Analyse : « Le sacre de Napoléon »
Le sacre de Napoléon, Jacques-Louis DAVID
(1748-1825), 1805-1807, huile sur toile,
621 x 979 cm. Musée du Louvre.
«Que cela est grand ! Ce n'est pas une
peinture : on marche dans ce tableau». Citation
C’est la plus grande toile du Musée du
Louvre! Après « Les noces de Cana » de
Véronèse.
DAVID mit 3 ans à la réaliser!
de Napoléon, dans l’atelier de David où il voyait
le tableau après deux ans de travail du peintre.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Pour préparer votre analyse de ce tableau, vous répondrez au questionnaire distribué.
Pour la biographie de Jacques-Louis DAVID, reportez-vous à ce que vous connaissez
déjà…
N’oubliez pas de rédigez votre contexte historique, en répondant toujours aux mêmes
questions.
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•
DAVID se lance dans l’énorme tache que représente le Sacre, après une commande orale de Napoléon Ier,
dès septembre 1804, avant même le sacre.
Il vient d’être nommé 1er peintre de L’empereur.
Il reçoit la commande de quatre tableaux retraçant les étapes de la cérémonie, dont « La distribution des
aigles », est l’un des plus connus.
Il devait être payé 100 000 livres par Napoléon pour son travail. Mais celui-ci « oublia » de le faire! Il dut
batailler dans de longues et humiliantes démarches, pour obtenir finalement un prix inférieur pour son travail!
Il était présent au sacre le 2 décembre 1804.
Il peint les 191 personnages présents eux-aussi lors de la cérémonie. Excepté un personnage!
Il réalise, comme à son habitude, de nombreuse études ( esquisses, croquis), pour préparer cette
gigantesque toile, en particulier des nus (on voit ici la »mise au carreau »).
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Voici ce qu’il dit de son travail :
« J'y dessinai l'ensemble d'après nature, et je fis séparément tous les groupes principaux.
Je fis des notes pour ce que je n'eus pas le temps de dessiner, ainsi on peut croire, en
voyant le tableau, avoir assisté à la cérémonie. Chacun occupe la place qui lui convient, il est
revêtu des habillements de sa dignité. On s'empressa de venir se faire peindre dans ce
tableau, qui contient plus de deux cents figures ».
• Les personnages sont très ressemblants, dans leur visage et dans les détails de leurs
costumes;
• C’est un tableau du néoclassicisme, courant artistique de David.
Contexte historique : Vous pouviez vous aider du livre p. 74 et 76
En 1804, c’est l’apogée de la période napoléonienne.
• Bonaparte est victorieux militairement contre l’Autriche et l’Angleterre.
• Il a rétabli l’ordre intérieur, en réprimant les complots des royalistes et des
jacobins. Il autorise les nobles émigrés à rentrer en France.
• Il a signé le concordat avec le Pape Pie VII, réconciliant religieusement les
Français.
• Il a fait de grandes réformes en conservant certains acquis de la Révolution
En août 1802, un plébiscite avait fait de Napoléon, le « consul à vie ». Il avait par
le coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799), mit fin au directoire. Il avait
pris le pouvoir, avec l’aide de son armée et avait pris le titre de « Premier
consul », fondant ainsi le Consulat.
En avril 1804, la création de l’Empire est adopté par le Sénat dans une nouvelle
constitution qui confie le « gouvernement de la république » à Napoléon Bonaparte,
empereur héréditaire. Cette décision est validée par un plébiscite.
La cérémonie du sacre doit avoir lieu le 2 décembre 1804, à Notre-Dame, en
présence du Pape Pie VII, qui d’ailleurs n’a pas le choix!
Le vocabulaire en rouge et souligné a été vu dans la leçon.
Le général Bonaparte au Conseil de Cinqcents, à Saint Cloud, 10 novembre 1799,
François BOUCHOT (1800-1842), 1840,
huile sur toile, 421 x 401 cm.
Musée national du Château de Versailles.
BOUCHOT est un admirateur de DAVID
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
La scène se situe dans l’orangerie du château de
Saint-Cloud. Bonaparte, escorté de quelques
grenadiers, affronte impassible les députés
hurlant et protestant « A bas le dictateur ! A
bas le tyran ! Hors la loi ! ». Le désordre règne
dans la salle, comme en attestent la chaise
renversée au premier plan et les députés qui se
pressent autour du général.
Cette peinture est commandée par Louis-Philippe
en 1838, l’année du retour des cendres de
l’Empereur de Sainte-Hélène.
C’est une peinture de propagande pour légitimer le
nouveau régime, issu de la Révolution des 3
Glorieuses.
Le peintre présente l’évènement comme
l’affirmation de l’ordre, incarné par Bonaparte,
soutenu par l’armée, face au désordre, incarné
par les députés.
Bonaparte a le visage calme, impassible, les
jambes écartées, en signe de stabilité.
Les députés sont agités, hurlant, bras levés,
l'invectivant.
On note le contraste des couleurs, le rouge des
robes des députés, opposé au noir et blanc de la
tenue du général et des chapeaux des grenadiers.
La forte lumière venant des fenêtres, éclairant la
scène.
La position centrale de Bonaparte, vers qui
convergent regards et gestes.
L’échange de regards entre Bonaparte et son
frère Lucien, à sa droite, alors Président des
Cinq-cents, avec qui il a préparé le coup d’Etat.
La distribution des Aigles, de son vrai nom le Serment de l'armée fait à l'Empereur après
la distribution des aigles, 5 décembre 1804 , Jacques-Louis David (1748-1825), 1810,
huile sur toile, 610 × 970 cm.
Musée national du Château de Versailles, salle du sacre.
Fait partie des quatre tableaux commandés à DAVID, avec « Le sacre de Napoléon »
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Analyse du tableau :
Joséphine, l’Impératrice.
Elle est agenouillée sur la première
marche de l’autel.
Elle porte un manteau long de 23 m,
qui pesait très lourd.
Elle a la tête baissé, les mains
jointes, en signe de respect à son
mari.
David l’a rajeuni! Elle avait 41 ans et
était plus vieille que Napoléon.
C’est elle en fait qui est couronnée.
Analyse faite par
Marie-Pierre DAUTANE
L’Empereur, Napoléon Ier.
Il est en tenue de sacre. Il fait
environ 180 cm sur le tableau.
Il est déjà couronné. Il est le seul
actif.
Au début DAVID devait le
représenter se couronnant lui-même.
Mais l’idée fut abandonnée de peur
qu’elle symbolise un pouvoir trop
absolu, comme les rois. Napoléon a
saisi la couronne et se l’ait posé sur
la tête, avant l’intervention du Pape.
Il porte un manteau de couleur
pourpre, symbole du pouvoir impérial
romain, ainsi que la couronne de
lauriers
On voit sur ce manteau des abeilles,
symbole du travail, chez les rois
mérovingiens..
Le Pape Pie VII.
Il est assis sur un fauteuil et
non un trône, entouré des
dignitaires de l’Eglise
française.
Il n’a aucune activité, si ce
n’est de bénir la scène.
En réalité DAVID a rajouté ce
geste. Le Pape a assisté
passif à la cérémonie. Il n’a
pas couronné Napoléon, en
signe de rupture avec le sacre
des Rois de France.
Napoléon l’a obligé à assister
au sacre.
Sa présence montre la
réconciliation avec l’Eglise
catholique (concordat), après
la période troublée de la
Letizia Ramolino, la mère de
l’Empereur.
DAVID lui donne la place d’honneur
dans les tribunes.
Mais en fait elle n’a pas assisté au
sacre, elle était à Rome.
Napoléon ordonna au peintre de la
faire figurer sur le tableau. La
mère de l’Empereur, base de la
famille impériale, devait être
« présente »!
David se représente luimême, entouré de sa
famille, au dessus de la
tribune où se trouve la
mère de l’Empereur.
Il fait les esquisses
pour le futur tableau.
Talleyrand, ministre
de Napoléon et son
grand chambellan.
Les sœurs et les frères de Napoléon, la famille
impériale. Tous assemblés (excepté Jérôme).
Les sœurs de L’Empereur ne voulaient pas porter la
traine de Joséphine et firent des scènes à Napoléon.
DAVID ne le montre pas, ce sont les demoiselles
d’honneur à l’arrière qui le font.
On voit aussi les deux enfants de Joséphine,
Hortense, mais aussi Eugène, et le futur Napoléon
III, encore enfant.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
6
7
Composition du tableau :
Tous les regards se portent sur l’Empereur, au
centre, sur les marches, les bras levés, vers la
couronne qu’il va poser sur la tête de Joséphine.
Au centre de la pyramide, le cœur du
tableau : l’Empereur, Joséphine, la croix
que tient l’archevêque de Paris.
C’est là que se concentrent les regards.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Les lignes verticales sont dans la continuité des
bras levés de Napoléon. Elles donnent une
impression d’élévation.
N’oubliez pas que nous sommes à l’intérieur de
Notre-Dame, qui a été décorée pour l’occasion.
La lumière venant de la droite du tableau, mais aussi d’en haut,
éclairent les personnages rassemblées autour de Napoléon, en signe
d’union.
Elle éclaire fortement la scène centrale.
Impression renforcée par les couleurs vives, l’emploi du blanc, de l’or.
Le côté gauche est plus sombre, avec les personnages de gauche,
seuls de dos, fermant le cercle autour de l’Empereur
« Les piliers du régime
impérial »
Les bases sur lesquelles
reposent le système
napoléonien
L’administration.
Les hauts fonctionnaires du
régime. Il y a les anciens
consuls, les ministres…
Ils tiennent les symboles du
pouvoir.
Voir la page suivante.
La famille impériale
Napoléon au fil de ses
conquêtes, les installent à
la tête des pays conquis.
L’Eglise.
La religion catholique est redevenue la
religion officielle de la France (d’où la
présence du Pape). Les évêques présents
viennent d’être nommés par Napoléon, dans
le cadre du concordat.
Mais les autres religions sont autorisées.
Même si c’est un sacre, ce n’est pas le
sacre des rois de France.
L’armée.
Les maréchaux d’Empire, anciens généraux de la
Révolution, ralliés à Bonaparte. Il forment avec les
hauts fonctionnaires la « Noblesse d’Empire ».
La France est en guerre depuis le début de la
Révolution., d’où l’importance de l’armée.
Napoléon doit lui-même sa gloire à la guerre. Il fut
le plus jeune général de France.
Même si au moment du sacre, la France est en paix,
c’est grâce à la guerre qu’elle l’a obtenue.
On voit Murat, l’un des maréchaux de France, beaufrère de Napoléon au 1er rang, tenant le cousin où
était posée la couronne. Il devient roi de Naples.
.
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Eugène de
Beauharnais,
fils de
Joséphine
Talleyrand
La couronne dite de
Charlemagne
Le globe terrestre
Le sceptre surmonté de
l’aigle impérial
La main de justice
Analyse faite par Marie-Pierre DAUTANE
Interprétation :
Le sacre est donc une œuvre de propagande napoléonienne, où l’art est mis à son service.
D’ailleurs Napoléon rendit de nombreuses visites à DAVID, pour contrôler la manière dont le tableau s’exécutait.
Il demanda que sa mère soit rajouté.
L’idée est de montrer le rassemblement de la nation autour de Napoléon, mais aussi l’acceptation du nouveau
régime.
On montre aussi que la Révolution et ses désordres, sont terminés, comme le montre le rassemblement autour de
l’Empereur : Eglise catholique, armée, administration, noblesse (l’ancienne et la nouvelle formant la Noblesse
d’Empire).
Mais ce n’est pas pour autant un retour en arrière, à l’Ancien régime. Le sacre se déroule à Paris, lieu de la
Révolution et non à Reims (comme pour les rois de France). Le Pape ne couronne pas Napoléon, qui le fait luimême et couronne l’Impératrice. Il est plus bas que l’empereur.
Les symboles impériaux sont hérités de l’Empire romain (couronne de laurier, pourpre du manteau impérial, aigle),
ou des empereurs francs (abeilles, sceptre et couronne de Charlemagne). C’est un Empire et non un royaume.
En ce sens, Napoléon se présente comme l’héritier de la Révolution.
Ce tableau fait partie du « catéchisme impérial », glorification de Napoléon.
Tableau d’Ingres en 1805
Tableau de Gérard en 1805
Cela ne vous fait pas penser
à un autre tableau?
Réalisé par Marie-Pierre DAUTANE

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