Définition du VAGINISME - Association Marocaine de sexologie

Report
15ème
Docteur Abderrazak MOUSSAID
Congrès Marocain de Sexologie
Octobre 2011, Casablanca
Maroc
 Cette
étude vise à explorer les moyens de
traiter le vaginisme et les dyspareunies à
travers plusieurs cas cliniques.
 Les dyspareunies simples ne concernent que
3% des patientes.
 La majorité des dyspareunies sont associées
au vaginisme.
 Par conséquent, les dyspareunies seront
traitées avec le vaginisme.
 Le
vaginisme est l’impossibilité pour une
femme d’être pénétrée par son partenaire.
À
l’origine, une angoisse terrifiante, parfois
phobique, de la pénétration.
 Cette
angoisse est générée par l’appréhension
de la douleur. Cette appréhension de
l’angoisse de pénétration et de la douleur est
trop forte.
 Le
vaginisme existe, en général, depuis les
premières tentatives de rapport sexuel et il est
à l’origine de la non consommation de
mariage et souvent d’une dysfonction érectile.
 Il
est rare de trouver un vaginisme sans
angoisse ; c’est-à-dire une contraction
involontaire et exclusive
des muscles du
périnée, empêchant toute pénétration. 1 cas
Nature du vaginisme
Vaginisme
Secondaire
20%
Vaginisme
Primaire
80%
 Le
vaginisme primaire, débute avec la vie
sexuelle de la femme : (80%).
 Il est dit secondaire, quand il survient après
une période de vie sexuelle sans problème de
pénétration : (20%).
 Sont
exclues les malformations vulvovaginales qui nécessitent un traitement
chirurgical et qui peuvent rendre, également,
la pénétration impossible.
( 1cas)
 Il
s’agit d’une étude rétrospective, effectuée
sur un échantillonnage non aléatoire, extrait
des dossiers de patientes qui ont consultées
sur une période de deux ans et demi, soit 812
jours exactement.
 En effet, il s’agit d’un échantillonnage par
convenance, puisque nous avons sélectionné
sans conditions, toutes les patientes qui sont
au nombre de 182.
 La population mère désigne toutes les femmes
résidentes
au
Maroc
présentant
une
dysfonction sexuelle.
•
Calcul du seuil de confiance : Soit N = 182
patientes.
N = z²*p(1-p)/e², soit e = √[(z²*p(1-p))/N]
Où « N » est la taille de l'échantillon, « z » est
une constante issue de la table de la loi
normale selon un certain seuil de confiance
choisi, p=95% et z=1,96.
« e » est la marge d'erreur d'échantillonnage
choisie que l’on veut calculer.
e = 1,96* √ (0,95*0,05/176) ; e = 3,23 %
En conclusion, les résultats statistiques
obtenus pourraient être extrapolés à la
population mère sans risque d’erreur
dans 95% (± 3%) de réussite.
 Mais,
avant de développer le vaginisme, je
vais essayer de mettre cette dysfonction dans
son contexte, qui est : « la consultation de
sexologie ».
 Le
but, c’est de vous donner une vision
globale du vaginisme par rapport aux autres
dysfonctions sexuelles, en consultation, aussi
bien chez les femmes que chez les hommes.
82
Femmes
1000
Hommes
Total
1082
0
200
400
600
800
1000
1200
Nbre de
cas/an
 Le
nombre de patientes et patients qui
consultent pour dysfonctions sexuelles, est
environ de 1082/an.
 Les hommes représentent 92,42%.
 Le nombre de femmes qui consultent pour une
dysfonction sexuelle, ne représente que
7,57%.
 Le nombre de patients qui consultent ( au
cabinet ), est de 3,78 par jours.
Grossesse
4%
Stérilité
4%
Séc.vag.
5%
Infections
3%
Malformation
Dyspareunies
hymen
transexualisme
simple
1%
1%
3%
Inceste
1%
DSH
8%
époux
9%
Anorgasmies
23%
Vaginisme
38%
 Le
vaginisme, est de loin le motif de
consultation le plus fréquent 38%, suivi des
anorgasmies 23% et DSH 08%.
1
femme sur 10 consulte pour s’enquérir sur
l’état de santé de son époux et savoir comment
le convaincre à consulter .
 On
remarque que les dysfonctions liées au
mariage (vaginisme, stérilité, problèmes de
grossesses …) représentent quant à elles 59%.
35
31
30
25
20
19
15
10
5
0
8
7
4
4
4
2
2
1
1
1
 Les
motifs de consultations :
- Les femmes présentant un vaginisme sont
obligées de résoudre leur problème et
préserver leur foyer conjugal pour plusieurs
raisons : religieuses et socio-familiales ( le
mariage est inéluctable ), désir d’enfants et
satisfaction du partenaire…
 Mais
le plus important : c’est le refus du
conjoint et parfois de la belle famille de
permettre à l’épouse de consulter : « tu dois
accepter la pénétration, tu es anormale… ».
 Or,
celles qui consultent un Médecin
Sexologue, ne représentent qu’une minorité :
marabouts +++, voyantes, incision de l’hymen
( Médecin Généralistes, Chirurgiens ou
Gynécologues ).
Données épidémiologique :
 L’âge
moyen des patientes :
 Le délai moyen de la dysfonction :
 L’âge du mariage :
 Niveau intellectuel :
 Profession :
plus de 40 ans
15%
- 20 ans
5%
de 36 à 40 ans
18%
21 à 25 ans
18%
de 26 à 30 ans
12%
de 31 à 35 ans
32%
 Les
plus de 30 ans représentent 65%,.
 Les moins de 20 ans ne représentent que 05%
des consultations.
 Pourtant, la population est majoritairement
jeune et représente 40% de la population
marocaine.
 Nous constatons deux choses:
- Un recul de l’âge du mariage, lié à des
contraintes socioéconomiques : coût de vie
élevé, études universitaires, Moudawana,
chômage …
- La vaginisme une dysfonction qui peut
durer plusieurs décennies.
Délai moyen
9 ans
15%
plus de 20 ans
18%
de 16 à 20ans
32%
de 11 à 15 ans
12%
6 à 10 ans
18%
1 à 5 ans
5%
- 1 an
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
 Le
délai moyen du vaginisme est calculé
depuis la puberté jusqu’au jours de la
consultation.
 65% des femmes ont un vaginisme de plus de
10 ans.
 cela donne une idée sur le tabou qui entoure
cette dysfonction, sa fréquence et la
souffrance dans la population féminine.
Célibataire
10%
> 10 ans
15%
5 à 10 ans
36%
< 1 an
9%
1 à 5 ans
30%
 50%
de femmes sont mariées depuis plus de 5
ans et 30% moins de 5 ans.
 10% sont des célibataires. Toutes ces femmes
sont cadres ou étudiantes. En tout les cas,
elles possèdent toutes un certain niveau
d’étude avancée.
 Mais, le mariage de plus de 10 ans représente
15%.
 La durée du mariage : 5 ans est significative.
 Les
couples vivent longtemps avec le
vaginisme : « complicité du conjoint : docile,
tolérant, satisfait… »
>BAC+5
11%
< BAC
35%
de BAC+3 à
BAC+5
32%
BAC à BAC+2
22%
 La
proportion de femmes ayant suivies des
études universitaires est de 65%.
 Mais, 35% de femmes ont un niveau
secondaire. À noter que toutes ces femmes
sont mariés.
 En effet, les femmes instruites ont plus de
facilité à parler de leurs problèmes de
sexualité
et de consulter un Médecin
Sexologue, que les autres.
Etudiante
11%
Cadre
23%
sans
profession
30%
Artisan
5%
Profession
libérale
11%
Salariée
20%
 Les
femmes au foyer représentent la majorité
avec 30%. On peut imaginer que ces femmes
ont plus de pression pour procréer et sont
obligées de régler rapidement leur problème.
 Les salariées 20%, les étudiantes et les
professions
libérales
(médecins,
Pharmaciennes, Dentistes…), représentent 11%
chacune.
 Cela veut dire que le vaginisme affecte toutes
les couches sociales, sans distinction avec le
niveau intellectuel et/ou professionnel.
 L’examen
des femmes souffrant de vaginisme
est très particulier : la patiente recule et les
jambes se resserrent au moment de
l’examen, comme pendant le relation
sexuelle.
 Ce comportement est généré par l’angoisse
de la pénétration, de doigt de l’examinateur,
de speculum et/ou bougies.
 Attention aux femmes qui viennent consulter
durant la période des menstruations : c’est
un refus indirect de « l’examen » et signe de
mauvais pronostic.
 Des
cognitions négatives et des croyances
irrationnelles relatives à la sexualité et à la
pénétration, sont à l’origine du vaginisme,
véhiculées par la famille et l’entourage.
 Ces femmes connaissent mal leur corps.
 Elles se représentent un vagin étroit, une
verge trop grosse, un hymen scléreux et/ou
épais et non perforée, obstruant le vagin.
 En général, ce sont des femmes qui n’ont
jamais examiné leurs vulves.
 Une
éducation restrictive et/ou religieuse.
 Antécédents
d’attouchements, viol et/ou
tentative de viol, sont rares : ( 2 cas ).
 Ce trouble peut être superficiel : dans ce cas,
une information sexuelle et une sexothérapie
permettront de régler rapidement le problème.
 Il peut être lié à des conflits inconscients, sur
une personnalité névrotique. Et donc, seule
une psychothérapie analytique et/ou une
psychanalyse permettront de régler cette
dysfonction.
 C’est
une approche thérapeutique cognitive
et comportementale.
 Le
1er entretien, consiste à poser le
diagnostic, trouver une étiologie, corriger les
cognitions négatives et proposer le schémas
thérapeutique.
 elle consiste à expliquer l’angoisse de la
pénétration, car il s’agit d’une appréhension
de la douleur, d’un déchirement, d’une
hémorragie et de l’angoisse de mort…
 Enfin, prescrire un Antidépresseur dont la
dose dépendra de la note dépressive.
 La
thérapie proposée :
- Relaxation : qui permet de mieux gérer
l’angoisse de la pénétration.
- Proposer de faire une rythmicité entre la
respiration et les contractions des muscles
du périnée, avec examen des OGE grâce à
un miroir et tentative de pénétration de son
propre doigt, à refaire chez soi, au besoin
chaque jour.
- Interdire les relations sexuelles avec
pénétration.
 La
2ème séance consiste à faire une tentative
de pénétration de bougies de Heggar (à partir
de 14- 32), après relaxation.
 Si
les dilatateurs provoquent une douleur, on
commence un travail psychologique sur sa
signification, en demandant à la patiente de
qualifier et quantifier la douleur.
A
noter, qu’il faut expliquer à la patiente la
confusion (doute) entre sensation de douleur
et de plaisir au moment de la pénétration de
bougies.
 Si
la pénétration réussit, on commence un
travail sur la visualisation : c.à.d. que la
patiente doit regarder grâce à un miroir la
bougie à l’intérieur du vagin.
Echec
20%
Guérison
80%
 Le
taux de guérison avoisine les 80%.
 Ont été considérées comme échec, les femmes
qui ne se sont pas présentées à la 2ème séance
et l’impossibilité de pénétrer les bougies après
3 ou 4 séances.
 Les conditions du protocole thérapeutique
doivent être respectées.
 Les femmes doivent se présenter au cabinet
consultation au moins 1, sinon 2 fois par
semaine
 Le nombre de séances n’a jamais dépassé 6.
 Le
vaginisme est une dysfonction sexuelle
très répandue, dans notre société plus que
dans les sociétés occidentales.
 Les croyances irrationnelles, font que les
femmes présentant un vaginisme vont voire,
en premier les Marabouts, les voyantes...
 Les femmes qui consultent un Médecin, sont
une minorité.

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