L*eau maternelle et l*eau féminine

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L’eau maternelle et l’eau
féminine
L’eau et les rêves de G.BACHELARD
Explication du texte L’eau et les
rêves de G. Bachelard
• « Aimer une image c’est trouver sans
le savoir une métaphore nouvelle
pour un amour ancien »
« Loving an image is finding without
knowing a new metaphor for an old
love. »
« Amar una imagen es encontrar sin
saber una nueva metáfora para un
viejo amor . »
« Tout liquide est une eau »
« Toute eau est un lait »
« Any liquid is water »
« Any water is milk »
«Cualquier líquido es el agua.»
« Toda el agua es la leche. »
• Bachelard nous montre que la nature peut
apparaître comme une projection de la mère
et que l’amour éprouvé a son égard s’enracine
dans un sentiment plus ancien, l’amour pour
la mère. La mer est, en particulier pour tous
les hommes, un symbole maternel.
• Des quatre éléments il n’y a que l'eau qui
puisse bercer. C'est elle l'élément berçant.
C'est un trait de plus de son caractère féminin.
Elle berce comme une mère.
• Dans la poésie de la mer de Michelet, la
mer est maternelle; l’eau est un lait; sur les
rivages se gonflent des seins qui
nourrissent toutes les créatures.
• Les poètes ont toujours été séduits par la
beauté lactée d'un lac paisible éclairé par la
lune. Pour que cette image se présente à
l'imagination devant un lac endormi ou sous la
lune, il faut que la clarté lunaire soit diffuse. Il
faut une eau faiblement agitée de façon à ce
qu’elle ne reflète pas le paysage avec
précision. C'est l'image d'une nuit tiède et
heureuse, l'image d'une matière claire et
enveloppante, une image où l’on s’imagine la
tiédeur du lait, la douceur de la lumière…
• Dans la vie rêvée de tout homme apparaît une
seconde femme, l’amante ou l’épouse. Elle
aussi sera projetée par la nature.
• Le rêveur rencontre un bassin et il est pris
d’un « désir insurmontable de se baigner »
• « La bouche, les lèvres, voila le terrain du
premier bonheur positif et précis, le terrain de
la sensualité permise. »
• L’eau est aussi un symbole de vie et de
fécondité dont le liquide amniotique est le
premier vecteur. Liquide qui protège le bébé
des chocs et où grandit l’enfant à naître, le
liquide amniotique est le lieu initial de toute
vie. Il confère à la femme et à l’eau ses vertus
de fécondité et vie. Cette association pourrait
venir du fait que la femme donne la vie grâce
à l'eau - le liquide amniotique contenu dans
l'utérus. L'eau est fluide, changeante, elle
guérit et porte la vie - toutes ces
caractéristiques étant traditionnellement
féminines.
• « L'eau est, par excellence, le
principe fécondant, le germe de
toute chose. »
• « Water is, by excellence, the
fertilizing principle, the germ of all
things. »
• « El agua es, por excelencia, el
principio de la fertilización, el
germen de todas las cosas. »
• De ces images, le caractère de fécondité et de
matrice originelle impose l’eau comme un liquide
féminin essentiel à la vie. L’eau, liquide vital se
confond avec la femme, la mère, la mer, le lait, la
pureté, la transmission. Les valeurs de l’eau
féminine placent un lien profond et inconscient
entre eau et femme retrouvé dans les
perceptions liées à l’hygiène. Ce lien se
concrétise dans la gestion de l’eau par la femme
qui s’occupe autant de la corvée d’eau que de
garantir la qualité de l’eau donnée à ses enfants.
Les liens symboliques et imaginaires de l’eau
replacent la fonction nourricière du rôle de la
femme dans le cadre de celui d’un rôle
profondément lié à la vie et sa transmission.
• « La mer est maternelle, l’eau est un lait prodigieux ;
la terre prépare en ses matrices un aliment tiède et
fécond ; sur les rivages se gonflent des seins qui
donneront à toutes les créatures des atomes gras »
• « The sea is maternal, water is a prodigious milk;
earth prepares her food like a warm and fertile;
shores of the swell of breasts that will have all the
creatures of fat atoms.»
• « El mar es la madre, el agua es una leche prodigiosa,
la tierra prepara en sus matrices de alimento
caliente y fértil; orillas del mar de fondo de las
mamas que tienen todas las criaturas de átomos
de grasa.»
L’eau maternelle et féminine dans
Tous les matins du monde
• L'eau représente tout d'abord la féminité et le
désir sexuel. Bachelard, dans l'Eau et les Rêves,
nomme cette « érotisation » de l'eau
« Complexe de Nausicaa » : La princesse
Phéacienne se baignant dans un cours d'eau est
devenue symbole de la sexualisation féminine de
l'eau.
Dans Tous les matins du monde, Marin Marais
éprouve pour la première fois du désir pour
Madeleine lorsque celle-ci lui explicite clairement
qu'elle relève ses cheveux « car elle va [se]
baigner ».
L'idée du bain de Madeleine entraîne le désir de
Marin Marais pour la jeune femme. L'eau est
donc un symbole érotique.
Extrait de Tous les matins du monde d’Alain Corneau
• L'eau est le symbole d'une mort jeune et belle
pour Bachelard. Cela donne lieu au complexe
d'Ophélie. Dans l'œuvre de Shakespeare, la jeune
femme meurt noyée car elle se penche pour
ramasser des fleurs. Pour Shakespeare, elle
meurt dans l'eau car elle se retrouve « dans son
propre élément ».
De même Madame de Sainte Colombe, qui morte
jeune et belle disparaît dans l'eau après être
apparue à son mari.
La Bièvre est, dans le cœur de Sainte Colombe,
liée à jamais au souvenir de sa femme.
Ophelia, John Everett Millais, 1852
• Figure apparentée au mythe de l’onde, le
personnage d’Ophélie est nourri de multiples
associations symboliques. Nymphe blanche aux
attraits séducteurs, elle est le lieu même de
l’expression de l’eau, un mythe du voyage où
l’image féminine est recherchée, une figure de la
fraîcheur et de la pureté. Elle est celle qui
succède à la mère et que le poète projette
comme une substance voluptueuse et chantante
« dans la vie de tout homme, apparaît la seconde
femme : l’amante ou l’épouse.
• La recherche « du cri originel est une des quêtes
de Pascal Quignard». L'eau est une substance
mère, pour Bachelard « L'eau nous porte, l'eau
nous berce, l'eau nous endort, l'eau nous rend
notre mère ». Lorsque Sainte Colombe s'immerge
dans la Bièvre, on peut s'imaginer qu'il retrouve
ce liquide amniotique où il baignait avant la
naissance. Lorsqu'il regarde l'eau, il songe aussi
au ventre maternel de sa femme.
On peut penser à un retour à l'état fœtal hors de
la vie comme la mort...
Extrait Tous les matins du monde d’Alain Corneau
Les sirènes, figures féminines
aquatiques
Œuvre de John William Waterhouse
• Derrière la symbolique féminine aquatique, ce
sont les valeurs attribuées à la femme qui
coulent avec l’eau.
• Les sirènes par exemple, créatures de la
mythologie grecque sont représentées en mifemme, mi-oiseau ; leur chant envoûtant
attire les marins amenant leurs navires à se
fracasser sur les récifs. Dans l’Antiquité, la
sirène est un être fabuleux, à tête et torse de
femme et à queue de poisson. Elle passait
pour attirer, par la douceur de son chant, les
navigateurs sur les écueils.
• On retrouve ce pouvoir de séduction des sirènes
dans l’Odyssée d’Homère. Ulysse, prévenu par
Circé, sut leur résister. Il demanda à ses hommes
de se boucher les oreilles avec de la cire pour ne
pas entendre le chant des sirènes. Quant à lui,
comme il voulait écouter leur voix mais ne pas se
laisser entraîner par leur charme, il demanda à
son équipage de l’attacher solidement au mât du
navire pour être sûr de résister à la tentation.
Ulysse et les sirènes, Draper Herbert James
• Ses créatures marines représentent à la fois le
Mal et force séduisante.
• Les attributs de la sirène caractérisent ceux de la
Mer ambivalente, celle qui nous attire et
pourtant redoutée. Cette personnification de la
femme est résumée par Victor Hugo où
« la mer est une femme imprévisible dont la
nature profonde reste secrète pour les humains.
Douce et superbe, elle mérite les madrigaux que
lui adressent les bourgeois. Gaie, aucun élément
ne peut afficher une apparence aussi joyeuse ;
lorsqu’elle soupire, pendant que le récif chante,
elle est l’image même de la sérénité. Mais c’est
aussi un être cruel et hypocrite, un être qui cache
son impatience derrière un calme apparent »
• La poésie de la Mer fascine, elle suscite et
révèle les rêveries les plus profondes qui
rattachent à la mère, en tant que « chant à
deux portées dont la plus haute, la plus
superficielle, n’est pas la plus enchanteresse.
C’est le chant profond… qui a, de tout temps,
attiré les hommes vers la mer »
PHILIBERT Aurélie
CHALAYER Mylène
FRAISSE Mégane

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