Powerpoint "tuer le monstre"

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Tuer le monstre
épisode 1 : le dragon
Le dragon dans les légendes pré-chrétiennes.
Siegfried
Fritz Lang
1924
Sur la musique de Wagner
(cycle des Nibelungen)
Racontez la
légende de
Siegfried, d’après
la vidéo.
Que nous manque
t-il comme
information ?
La légende de Siegfried est nordique, scandinave. Elle aurait été transmise à l’un des
peuples qui ont envahi l’empire romain, à partir du IIIe siècle = les Germains (Burgondes
peut-être).
Symbolisme du dragon / serpent
•
Nyddhog et l'arbre du monde
On raconte qu’au commencement du monde, n’existaient que
deux entités. C’étaient Muspellheim, la région de feu que
défendait un gardien gigantesque nommé Surt, et
Nibelheim, la région de glace où rien ne subsistait.. Au
centre de l’univers trône un arbre titanesque, le frêne
universel : Yggdrasil, le cheval d’Ygg. Cet arbre primordial
domine les neuf mondes au-dessus desquels s’étend sa
ramure épaisse et immense ; ses trois racines plongent
•
Jormungand, le serpent cosmique
dans le sol à des endroits miraculeux : le séjour des dieux, Le responsable de sa naissance est Loki, le plus vil de tous les
les Ases, situé près du puits d’Urd où ils viennent chaque
Ases, le beau Loki, génie de l’air et du feu, ainsi que du
jour se divertir ; près du puits de Mime le sage, au pays des
désordre et de l’insatisfaction. Marié à la fidèle Sygn, dont
géants ; et la troisième enfin, est ancré au sol glacé de
il a déjà un fils, il la trompe cependant avec la géante
Nibelheim, dans la source de Hverggelmir là d’où surgirent
Angerboda qui lui donne trois enfants : ce sont des
des fleuves empoisonnés. De là, naît pour Yggrdrasil un
monstres. Il y a Hel, la déesse des Enfers, Fenrir, l’horrible
véritable supplice : car chaque jour, sa racine est rongée
loup ennemi des dieux (celui qui brisera ses chaînes à la fin
par le serpent Niddhog, celui qui se nourrit des morts .
du monde et qui se retournera contre eux) et Jormungand
Yggdrasil est le symbole germain de la mort et de la
le serpent. Celui-ci vit dans le Midgard, le monde du milieu.
renaissance éternels, et du cycle des saisons. Il meurt et
On le représente parfois se mordant la queue, comme
ressuscite perpétuellement, tandis que ses racines restent
l’Ouroboros des alchimistes ; il est si grand qu’il encercle
ancrées au sol et sa ramure accrochée au ciel, formant
le monde. En vérité, il se mord bien la queue : et cela
l’union entre ces deux univers. Niddhog, lui, " celui qui
pour maintenir son équilibre avec celui du monde, qu’il
frappe haineusement " est le symbole du Mal tel qu’il est
enserre en ses anneaux. Lorsqu’il venait de naître, Odin
vraiment : lent, latent, sournois et patient, impossible à
l’avait jeté à la mer, mais il avait grandi tant et tant qu’il
abattre et insidieux. Lors du Ragnarök, le Crépuscule des
finit par faire le tour de la Terre. Trois fois, Thor, le dieu au
Dieux, c’est-à-dire la fin du monde, il lui est promis de ne
marteau, le rencontre, et trois fois, il se jure de l’abattre.
pas mourir. On comprend pourquoi l’Occident médiéval a
Les deux premières furent un échec ; la troisième aura
si bien adopté la vision du Mal sous la forme d’un
lieu à la fin des temps, et il a été prédit que Thor vaincra
serpent, lorsque les pires crimes de ses ancêtres sont
enfin Jormungand, mais que le venin du serpent
commis par des vers monstrueux.
l’empoisonnera.
Dans certains cas, le dragon peut devenir le symbole positif apportant la
paix et la prospérité, à condition d’être maîtrisé par un roi. C’est le cas
dans « les quatre branches du Mabinogi », texte gallois rédigé au XIIIème
siècle mais probablement antérieur sous sa forme orale.
Plusieurs fléaux ravagent le pays sans que l’on puisse clairement
les identifier. Le frère du roi, devin à ses heures en révèle la
nature : “Le deuxième fléau qui frappe ton royaume, dit-il, c’est un dragon.
Il y a un autre dragon, d’origine étrangère, qui se bat avec lui et qui cherche
à le vaincre. C’est pour cela, dit-il, que votre dragon pousse un cri effroyable
de fureur…
…Tu verras alors les dragons se battre sous forme d’animaux horribles. A la
fin ils prendront la forme de dragons dans le ciel; et en dernier lieu,
lorsqu’ils seront fatigués de ce combat terrible et farouche, ils tomberont
sur le tissu sous la forme de deux porcelets; ils s’enfonceront dans le tissu,
en l’entrainant jusqu’au fond du baquet, et ils boiront entièrement
l’hydromel, après quoi ils dormiront. Aussitôt tu les envelopperas dans le
tissu et tu les enterreras dans un coffre de pierre, à l’endroit le mieux
fortifié de ton royaume, et tu les cacheras sous terre. Aussi longtemps qu’ils
resteront enfermés dans ce lieu fortifié, aucun fléau étranger n’atteindra
l’île de Bretagne…
…Lludd les enveloppa dans le tissu , et il les cacha dans un coffre de pierre
dans l’endroit le plus reculé qu’il trouva, dans les montagnes d’Eryri, depuis
cela, l’endroit s’est appelé Dinas Emreis.
Le conte de Ludd et Lleuelys, Les quatre branches du Mabinogi
Gravure
Irlandaise du
VIème siècle,
représentant un
dragon à quatre
pattes.
L'extrémité de
la langue est
fourchue.
Un peu plus tard dans le siècle, Geoffroy De
Monmouth entreprend de rédiger « l’histoire des
rois de Bretagne »
Dans cet ouvrage, il nous conte l’histoire du roi
Arthur et de son père le roi Uther Pendragon.
Le dragon tout en étant toujours le symbole de la
nation, va devenir le symbole sacré du roi et du
royaume. Son image ornera la cathédrale de
Winchester, à la place d’honneur. Remarquable
réhabilitation de celui qui était depuis l’ancien
testament, le symbole absolu du mal.
Nous retrouvons Merlin venant à l’aide du roi
Vortigern. Celui-ci veut faire construire une
forteresse imprenable pour se protéger des Saxons.
Mais la tour principale s’écroule irrémédiablement à
chaque fois qu’elle est achevée. Le site choisi se
trouve exactement à l’endroit où Ludd à enseveli les
dragons dans un coffre de pierre :
Alors Merlin ajouta : « Seigneur roi appelle tes ouvriers, ordonne de creuser la terre et tu trouveras dessous un étang qui empêche
la tour de tenir debout. Fais vider l’étang en creusant de petits canaux et tu apercevras au fond deux pierres creuses où dorment
deux dragons. »…
…Vortigern, le roi des bretons était assis sur le bord de l’étang desséché lorsqu’en sortirent deux dragons, dont l’un était blanc et
l’autre rouge. Ils s’approchèrent l’un de l’autre et engagèrent un terrible combat : ils crachaient du feu. Le dragon blanc l’emportait
sur le dragon rouge qu’il rejeta à l’extrémité du lac. Mais ce dernier, furieux d’avoir été chassé, revint à l’assaut contre le dragon
blanc et le força à reculer. Pendant cet affrontement, le roi demanda à Merlin de lui expliquer ce que présageait le combat des
dragons. Celui-ci aussitôt fondit en larmes et s’abandonna à l’esprit prophétique. Voici ce qu’il révéla :
« Malheur au dragon rouge car sa mort est proche. Le dragon blanc, qui signifie les Saxons que tu as invités, occupera ses cavernes.
Quand au dragon rouge, il représente la nation bretonne opprimée par le dragon blanc. C’est pourquoi les monts de Bretagne, tout
comme les vallées, seront aplanis et les fleuves de ces vallées deviendront des fleuves de sang. Le culte de la religion disparaîtra et
la ruine des églises s’étalera au grand jour. »
…Une étoile d’une taille et d’un éclat prodigieux apparut : elle brillait d’un unique rayon. Mais ce rayon était prolongé par une
boule de feu en forme de dragon et de la bouche de ce dragon, sortaient deux rayons
…Uther , le frère du roi…n’en fut pas moins effrayé que les autres et il s’adressa à tous les sages pour connaître le présage de cette
étoile. Il fit entre autre mander Merlin qui avait accompagné l’armée…
…« Cet astre, c’est toi qu’il représente, de même que le dragon de feu sous l’étoile »
…Puis, se souvenant de l’explication que Merlin avait donné à propos de la fameuse étoile, il fit fabriquer deux dragons en or
semblables à celui que l’on avait aperçu sur le rayon de l’astre. Ils furent réalisés avec une remarquable habileté ; Uther déposa l’un
d’eux dans la cathédrale de Winchester et il conserva l’autre pour l’emporter avec lui dans les combats. C’est depuis ce temps-là
qu’on l’appela Uther Pendragon ce qui signifie en langue bretonne « tête de dragon ». Ce nom lui était venu de ce que Merlin avait
prédit son accession à la royauté par le dragon.
Histoire des rois de Bretagne
Tenture de l’Apocalypse (Angers) : le dragon au Moyen-Age
Que représente le dragon ?
Quand il ouvrit le quatrième sceau,
j'entendis la voix du quatrième être
vivant qui disait: Viens.
Je regardai, et voici, parut un cheval
d'une couleur pâle. Celui qui le
montait se nommait la mort, et le
séjour des morts l'accompagnait. Le
pouvoir leur fut donné sur le quart
de la terre, pour faire périr les
hommes par l'épée, par la famine,
par la mortalité, et par les bêtes
sauvages de la terre.
Un grand signe parut dans le ciel: une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses
pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait,
étant en travail et dans les douleurs de l'enfantement. Un autre signe parut encore dans
le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses
têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la
terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant,
lorsqu'elle aurait enfanté.
Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant
fut enlevé vers Dieu et vers son trône. Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un
lieu préparé par Dieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Et
il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon
et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus
trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable
et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent
précipités avec lui. (…). Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il
poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent
données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un
temps, des temps, et la moitié d'un temps, loin de la face du serpent.
Le Mal
Le Bien
La femme =
Le fils =
St Michel, archange
Les anges
Le dragon = quel autre animal ? =
Les anges.
Pourquoi le dragon représente t-il le mal ?
Saint Michel combattant le dragon - Heures d'Étienne Chevalier, enluminées par Jean
Fouquet, Londres, Upton House, Collection Lord Bearsted, Cat. n°184.
La scène est inspirée du chapitre 12 de l'Apocalypse qui décrit le combat de saint Michel contre le dragon, symbole des forces du Mal.
Paolo Uccello, v. 1470, St Georges et le dragon
On ne sait presque rien de la vie de saint Georges. Ce que l'on en dit le plus souvent est issu de l'imaginaire
médiéval. La date de sa naissance reste ignorée. Selon la légende, il serait né en Cappadoce (Turquie),
mais on ne sait s'il est mort vers 250 ou vers 303.
Nés en Palestine et en Égypte, le culte et la légende qui entourent la vie du saint se propagent en Europe
avec les croisés (XI-XIIème siècle).
La légende de St Georges sera adaptée par Jacques de Voragine dans La Légende dorée.
« Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène. Or, dans un étang voisin de la ville habitait un dragon effroyable qui,
maintes fois, avait mis en déroute la foule armée contre lui. Parfois, il s'approchait des murs et empoisonnait de son souffle tous ceux qui
se trouvaient à sa portée. Pour apaiser la fureur de ce monstre et l'empêcher d'anéantir la ville entière, les habitants lui offraient, chaque
jour, deux brebis. Mais bientôt le nombre de brebis se trouva si réduit que force fut aux habitants de tirer au sort une créature humaine et
aucune famille ne fut exceptée de ce choix. Et déjà, presque tous les jeunes gens de la ville avaient été dévorés lorsque, le jour de
l'arrivée de saint Georges, le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.
Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse attend donc la mort. Georges pose d'abord une
condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se
soumet à cette demande et on baptisa quinze mille habitants sur le champ.
Dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix .
Dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire
romain qui se respecte,.
...Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix,
assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le
saint dit à la princesse: "Mon enfant, ne crains rien et lance ta ceinture autour du cou du monstre!" La princesse fit ainsi et le dragon, se
redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse. La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville
où elle fut décapitée. »
Une autre légende dit que St Georges est apparu au Roi Richard Ier (dit Cœur de Lion), pendant sa croisade contre les Sarrasins, et qu'en
soutenant l'armée anglaise, il conduisit ses soldats à une victoire considérée comme miraculeuse.
Saint Georges est le représentant des vertus militaires et le protecteur des armées... Ceci explique peutêtre la vénération dont il fut l'objet à l'époque où la chevalerie était florissante.
Tuer le monstre
Episode 2 :
De l’antiquité au Moyen-Age,
quelle signification revêt le meurtre du monstre ?
Les causes de la malédiction :
Le roi Laios, chassé de Thèbes, avait trouvé asile à la cour du roi de
Pise, Pélops. Il y tomba amoureux de Chrysippe, le jeune fils de Pélops,
et l’enleva. Ce crime attira donc la malédiction sur sa famille.
L ’enfant aux pieds enflés :
Un oracle avait prédit à Laios que s’il avait un fils, celui-ci serait son
meurtrier. Ce fils vint donc au monde ; ses parents voulurent s’en
débarrasser au plus vite et pour être sûrs qu’en l’abandonnant il ne
reviendrait jamais, ils lui attachèrent les pieds en perçant ses talons
par des liens de fer. Mais le serviteur eut pitié de lui et au lieu de le
laisser mourir, il le confia à un berger corinthien qui l’apporta à Polybe,
roi de Corinthe, qui l’adopta.
Devenu adulte, OEdipe entendit au cours d’un banquet certaines
personnes se moquer de lui à cause de ses origines douteuses. Alors il
Oedipe et le Sphinx, d’après :
alla consulter l’oracle de Delphes, qui lui apprit qu’un jour il tuerait son
1. Homère , poète grec du VIII° s. av. J.C. dans l ’Odyssée
père et épouserait sa mère. Epouvanté par ces révélations, il s’exila de
2. Hérodote , historien grec du V° s. av. J.C.
Delphes, fuyant Polybe et son épouse Mérope, qu’il prenait pour ses
3. Pindare , poète grec du V°s.av.J.C. : Hymne olympique
4. Pausanias , historien grec du II°s.ap.J.C.
parents. Il gagna la Béotie.
5. Eschyle , dramaturge grec du V°s.av.J.C. auteur de « Les sept
En route, il se querella avec un voyageur qui lui était inconnu et le tua
contre Thèbes »
ainsi que tous ses serviteurs. Sauf que ce voyageur était en réalité
6. Sophocle , dramaturge grec du V°s.av.J.C. auteur notamment
Laios, son père, qui allait consulter à Delphes au sujet d’un monstre, le
d’« OEdipe roi » et « OEdipe à Colone »
Sphinx, qui ravageait la Béotie ! Mais Oedipe ne savait pas que c’était
7. Euripide , dramaturge grec du V° s. av. J.C.auteur de
« Les Phéniciennes »
son père ! Un seul serviteur réchappa de la rencontre fatale, tandis
1. Strabon , géographe grec du I°s.av.J.C.
qu’Œdipe poursuivait sa route vers Thèbes.
2. Diodore de Sicile, historien grec de Sicile du I°s.av.J.C.
OEdipe roi
10. Sénèque , philosophe et dramaturge latin du I°s. ap.J.C
Il trouva la ville en grand émoi. On y avait appris la mort de Laïos et le
ETC…
redoutable Sphinx avait dévoré Hémon, le fils du régent Créon.
Créon , frère de Jocaste, offrait le trône et la main de Jocaste, veuve de
Laïos, à celui qui débarrasserait le pays du monstre. Pour y arriver, il devait juste répondre à une
devinette. Si la réponse était juste ,le sphinx se tuerait mais s’ il répondait faux, le monstre le
dévorerait. L’énigme que le Sphinx proposait aux voyageurs est devenue très célèbre :
« Quel est l’animal qui marche à quatre pattes le matin, sur deux
pattes le midi et sur trois pattes le soir ? »
OEdipe répondit : « l ’Homme ».
En entendant cette réponse exacte, le sphinx se suicida. Alors Œdipe devint roi de Thèbes et il
reçut la main de Jocaste. Sans le savoir, après avoir tué son père, il venait d’épouser sa mère .
« La violence et le sacré », René Girard
L es suites de l’histoire d’OEdipe :
S elon Sophocle dans sa tragédie OEdipe roi :
OEdipe et Jocaste, aidés de Créon, régnèrent
longtemps sur Thèbes.
Ils eurent quatre enfants : deux garçons :Polynice,
Etéocle,et deux filles : Antigone et Ismène.
Mais un jour, un nouveau fléau tomba sur la
Béotie : la région devint stérile , la terre ne
produisait plus rien . Créon apprit de l’oracle de
Delphes qu’il fallait trouver et chasser le meurtrier
de Laïos.
Oedipe ne se doutait de rien et il se trouva rassuré
lorsqu’il apprit la mort de Polybe, qu’il prenait
toujours pour son père. Ainsi il ne pourrait plus
être son meurtrier.
Mais lorsqu’il entendit les révélations du devin
Tirésias, les témoignages du serviteur qui avait
sauvé OEdipe enfant et du survivant de la
rencontre avec Laïos, Œdipe comprit qu’il était à la
fois coupable de la mort de son père et d’un
inceste involontaire !
Jocaste se pendit et OEdipe se creva les yeux pour
se punir .
Certaines traditions racontent qu’OEdipe s’exila
aussitôt. D’autres disent qu’il le fit à la suite d’une
querelle avec ses fils qui lui auraient manqué de
respect en le servant. OEdipe maudit ses fils, leur
annonçant qu’ils périraient l’un et l’autre. Puis il
partit de
Thèbes, conduit par sa fille Antigone, déjà fiancée
à Hémon II, le fils cadet de Créon. Etéocle devint
roi de Thèbes à sa place.
Quand une société est en crise, il y a réciprocité d’une
violence indistincte des uns sur les autres qui condamne
toute le société en un cycle sans fin ( = Rôle de la peste
dans Œdipe-roi).
Pour sortir de cette crise, il faut trouver à sortir de cette
violence indistincte, pour l’exercer contre une victime
(bouc-émissaire) qui individualise cette violence. On fait
du bouc-émissaire le porteur de la violence (on lui fait
subir la violence) et on le tue ou on l’expulse de la
communauté, laquelle peut retrouver la paix.
Comment choisir son bouc-émissaire? La religion a des
rituels ; les victimes sont souvent des animaux. Mais les
mythes rappellent le temps où le bouc-émissaire était un
être humain.
Œdipe est un monstre => un individu singulier puisqu’il
est le seul à être parricide et incestueux. Œdipe est
souillé car il a désobéi à deux interdits fondamentaux de
la vie en société => il met en danger les fondements
même de la vie sociale. Sa souillure rejaillit sur la
communauté entière. C’est le prétexte à son expulsion.
Le possédé, un monstre ? (son)
Une scène
d’exorcisme (son)
« St François exorcise la ville d’Arezzo », Giotto,
1297 ? 1299 ?
La chasse aux sorcières s'inscrit évidemment dans un contexte historique dont elle ne peut être dissociée. Pour comprendre une partie
des racines de cette extrême violence, certains auteurs n'hésitent pas à remonter jusqu’au 14ème siècle. On peut donc tenter de rappeler
rapidement, en un résumé qui ne peut qu'être extrêmement succinct, les grands traits de cette période de la fin du MA
Le 14ème siècle a laissé le souvenir d'une période terrible :
La guerre de Cent Ans (1337-1453) ébranla déjà un équilibre fragile.
Puis vint la Grande Peste (1348-1349), avec des retours récurrents de l’épidémie tous les dix ans environ). Dès les premiers mois, la
maladie faucha entre un tiers et deux tiers de la population citadine... Elle laissa l’Occident exsangue, créant un traumatisme profond, qui
bouleversa durablement les consciences. La France de 1500 comptera moins d’habitants que celle de 1300…
La Peste étranglant un malade.
La peste, la guerre et les maraudes des gens d'armes accentuèrent la misère des paysans. Ils se révoltèrent. Ce furent les Jacqueries, très vite
et très violemment réprimées.
Enfin, le Grand Schisme d'Occident (1378-1417) qui divisa en deux le monde chrétien durant quarante ans, mit fin à l'illusion d'une unité
européenne sous l'autorité du pape et de l'empereur.
Le quinzième fut une période charnière. Ce siècle vit la mort puis la réhabilitation de Jeanne d'Arc, la fin de la guerre de Cent Ans
(1453), la fin de la féodalité et de profondes mutations sociales, l'éclosion de la Renaissance italienne, la naissance de l'imprimerie, la
découverte de l'Amérique...
Mais il y eut également de nombreux et incessants conflits plus ou moins localisés (ainsi la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons,
de 1411 à 1435), des disettes (par exemple celle de 1482), un conflit sans fin entre la France et la Bourgogne, les premières guerres
d'Italie, la prise de Constantinople par les Turcs (1453), de nombreuses épidémies....Ces dernières, en particulier, de la fin du quinzième
au seizième, frappèrent de plein fouet une population déjà affaiblie: récurrences de la peste (en 1466 et 1482), variole, typhus, malaria,
coqueluche, syphilis....
Au niveau économique, on peut noter une augmentation des impôts, frappant en particulier les ruraux, et une hausse des prix.
Le seizième siècle est également une période d'une extrême complexité, une période mouvante, plurielle, contradictoire.
On peut en retenir les formidables avancées scientifiques, la découverte de nouveaux mondes, le génie des grands maîtres italiens…Mais
si la première moitié du siècle fut marquée par l'optimisme des humanistes de la Grande Renaissance, malgré les guerres d'Italie, les
batailles opposant la France à l'Empire Germanique et la confrontation avec les Turcs ( 1520-1680 ), la seconde moitié du seizième a laissé
dans l'histoire le souvenir d'un âge de fer, de feu et de sang: attentats politiques, assassinats, guerres de religion ( 1562-1598 ), luttes entre
les princes et l'empereur en Allemagne, durcissement religieux extrême après le Concile de Trente ( 1545-1563 ), guerre aux Pays-Bas,
massacres d'une sauvagerie terrifiante, tels que la Saint Barthélemy ( le 25 Août 1572 ) ...
Enfin, l'histoire du climat nous révèle que l'époque connût une période de très fort refroidissement climatologique, à partir de 1550. Cette
"mini glaciation" eût les effets qu'on imagine sur les cultures, mais aussi sur la chasse, et donc sur la subsistance en général. Ce dérèglement
fut particulièrement marqué en certains points de l'Europe.... Et ces lieux particulièrement atteints furent également ceux où l'on alluma le
plus de bûchers.
Bruegel, Le triomphe de la mort

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