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UN PRODUIT MONDIALISE
Les lieux et modes de production
Lieux de consommation
Modes de diffusion
Modes de commercialisation ou comment
s’organise le marché mondial du café ?
Peut-on réguler le marché mondial du café ?
LE CAFE, UN PRODUIT
MONDIALISE
Le café est la matière première la plus commercialisée dans le monde après le
pétrole, à ce titre il illustre parfaitement la mondialisation de l’économie ; on
peut en effet parler d’une culture commerciale dans le cadre d’une économie
extravertie.
Ce commerce est aussi emblématique de l’inégalité des échanges, puisque sa
production se fait exclusivement au sud, alors que sa transformation et sa
commercialisation sont dominées par les pays du Nord.
1- Les principaux lieux et modes de production
Les pays producteurs se situent tous dans le sud. L’Amérique latine domine le marché avec 70% de la production mondiale,
suivie par l’Asie (20%) et l’Afrique (10%).
La production mondiale de café augmente depuis les années 2000 et dépasse les 100 millions de sacs par an, soit plus de 6
millions de tonnes.
L’historique et les conditions naturelles de production du café
La culture du café s’est diffusée dans toute la zone intertropicale à partir de l’Afrique
centrale, de l’Asie à l’Amérique latine et aux Antilles. Il s’agit d’un héritage colonial qui s’est
épanoui dans le cadre d’une économie de plantation. les colons se tournent vers le café afin
satisfaire les besoins des métropoles (à partir du XVIII°). Or, après la décolonisation, la
culture du café permet à de nombreux pays de s’insérer dans le marché mondial dans le
cadre d’un modèle d’économie extravertie (économie fondée sur la priorité donnée aux
exportations).
Cette plante exige des conditions naturelles favorables sur le plan des sols et de l’altitude
selon qu’il s’agit de robusta ou d’arabica..
La caféiculture se pratique à la fois dans des zones de plaines, sur les versants des collines ou
des montagnes
Une ressource importante pour les pays producteurs.
65% de la production vient d’Amérique latine (le Brésil est le premier producteur) et la zone caraïbe. Dans certains pays du Sud, le café
constitue la principale source de richesse. Il représente 25% du PIB du Guatemala, plus de 10% de celui du Brésil et près de 50 % de celui de
l’Ethiopie. Les aléas climatiques susceptibles d’entraîner une mauvaise récolte peuvent donc s’avérer catastrophique.
Cette culture commerciale reste soumise à la demande extérieure croissante (en raison de l’apparition de nouveaux marchés tels que la Chine). Pour
pouvoir satisfaire cette demande, il convient de produire plus :
en augmentant les superficies plantées, au détriment des cultures vivrières qui assurent pourtant la subsistance des familles.
grâce à des sélections de plants de café plus résistants (le Caturra brésilien).
en développant l’usage des engrais et des pesticides.
Mais tout cela nécessite des investissements importants. Beaucoup de petits producteurs ne peuvent les assumer en période de baisse des cours.
Aussi, on constate une diminution des petits exploitants par rapport aux grandes plantations.
70% de la production de café reste néanmoins assurée par de petits producteurs (moins de 5 ha), très sensibles aux prix du marché.
2. un commerce révélateur des rapports Nord-Sud
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un rapport de force en faveur du Nord.
Ce sont les pays du Nord qui exercent une influence décisive sur les cours du café puisqu’ils
concentrent les consommateurs.
Des firmes multinationales achètent une grande partie de la production de café, dont les cours
très fluctuants sont cotés sur les places boursières new-yorkaise ou londonienne.
Les cours ont baissé de 60% entre 1998 et 2004, mais celle-ci n’a pas été suivie d’une baisse du prix du
paquet pour le consommateur. Depuis 2004 l’on assiste à une hausse des cours en raison d’une politique
d’amélioration de la qualité ainsi que de l’apparition d’un nouveau marché (chinois). Différents facteurs
expliquent l’instabilité des cours (climat, politiques économiques des pays producteurs, spéculation
boursière…)
Malheureusement ces variations se font au détriment des petits producteurs souvent endettés qui sont
parfois tentés par des cultures illicites plus rentables.
Enfin, le café est torréfié puis consommé dans les pays du Nord
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En fait, le marché du café reste entre les mains de 5 grands torréfacteurs occidentaux (Kraft,
Nestlé, Procter and Gamble, Sara Lee, Tchibo) qui transforment et commercialisent les plus
grandes marques et parviennent ainsi à imposer leurs prix d’achats aux petits planteurs.
Depuis la fin des années 1970, on assiste à une chute des cours du café qui s’explique par la
déréglementation de ce marché. L’abolition de l’accord international sur le café libéralise le
marché, suspend toute pratique de garantie de prix minimum aux producteurs et met fin aux
quotas (pour éviter la chute des cours en cas de surproduction).
Aujourd’hui, la consommation a tendance à stagner et la demande excède parfois l’offre. Les
bénéficiaires sont alors les géants de l’agro-alimentaire.
Ex : les pays producteurs reçoivent entre 3 et 7% du prix des ventes alors qu’ils en
percevaient 30% dans les années 1980. Le torréfacteur encaisse plus de 35% du prix, tout
comme le distributeur.
3. Peut-on réguler les cours du café ?
Le commerce équitable (le commerce équitable est né d’un principe de la Déclaration universelle des droits de
l’Homme qui affirme : « Quiconque travaille, a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa
famille, une existence conforme à la dignité humaine ») constitue une alternative intéressante pour les petits
producteurs de café. En effet, les petits paysans sont invités à s’organiser en coopératives. En acceptant de
vendre à une entreprise du commerce équitable, ils peuvent bénéficier d’un prix-plancher qui amortit les
chutes éventuelles des cours du café, ce qui favorise le développement local.
• L’association Max Havelaar (créée en 1988) est un label, c’est-àdire une marque qui garantit l’origine ou la qualité d’un produit. Elle
répond en cela à la demande des consommateurs des pays du Nord
prêts à payer leur café un peu plus cher (15 à 30 % de plus que les
produits issus de la filière traditionnelle) pour aider les producteurs
des pays pauvres.
• Reste que ce commerce équitable ne concerne qu’une infime
minorité de petits producteurs dont l’amélioration des conditions
d’existence reste relative. Par ailleurs, n’oublions que les grands
groupes de l’alimentation et de la distribution tirent aussi profit de
l’essor du commerce équitable. En effet, vendre des produits
étiquetés commerce équitable permet aux FTN et aux grandes
surfaces d’améliorer leur image auprès des consommateurs, tout en
restant une opération financière très rentable.

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