Des_cartes_pour_comprendre_le_monde_version_finale

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En quoi et dans quelle mesure
les cartes nous permettent-elles
de comprendre la complexité actuelle du
Monde ?
La Terre est (presque) ronde. Difficile de représenter toutes les parties du monde sur une carte! Il faut donc « tricher », déformer un
peu l’image pour avoir tous les continents sur la même carte. C’est ce que l’on appelle une « projection cartographique ». Or, il y a
différentes projections, qui sont autant de représentations cartographiques différentes d’un même monde. Ici, la « projection de
Mercator », d’après le nom du savant flamand du XVI° siècle…
Groenland
Russie
AMERIQUE DU
SUD
AFRIQUE
ARCTIQUE
La projection de Mercator aplatit les continents et les océans. Ainsi, les étendues des territoires sont déformées par rapport à la
réalité. Le Groenland, par exemple, apparaît plus grand que l’Amérique du Sud alors qu’il est neuf fois plus petit.
De la même façon, la Russie paraît plus grande que l’Afrique alors qu’elle est presque deux fois moins grande.
Dernier exemple, l’Arctique apparaît comme le plus vaste des continents, alors qu’il n’arrive qu’en cinquième position dans la réalité.
Projection de Mercator
2
10
Equateur
8,5
7,6
14
10: superficie en
millions de Km2
Afin de garder des dimensions plus fidèles à la réalité, on utilise alors la « projection de Peters ». On constate que le Groenland
apparaît bien plus petit que l’Afrique ou l’Amérique du Sud, ce qui est plus conforme à la taille réelle des continents…
Mais le défaut de la projection de Peters est que les continents perdent leurs formes réelles. Ils sont étirés en longueur à l’équateur, ou
bien tassés aux pôles. Tout dépend de ce que l’on cherche à montrer, en fin de compte.
Pour concilier les formes, les dimensions, et les distances réelles entre les continents, on opte alors pour la « projection de Lambert »,
dite « projection conique ». C’est d’ailleurs la projection officielle choisie pour la carte de la France métropolitaine depuis 2000.
Mais le défaut de la projection de Lambert est qu’à une large échelle, comme celle du monde, il est difficile d’y faire figurer l’ensemble
des terres émergées. La vue d’ensemble est donc plus compromise que dans les deux projections précédentes.
Projection de Fuller
L’avantage de cette projection est qu’elle respecte les formes, les distances et les superficies des continents. Elle n’a pas de Nord ou de
Sud, à priori, et peut être prise dans n’importe quel sens, ce qui permet de multiplier les points de vue. Par ailleurs, l’ensemble de la
surface terrestre est représentée. L’ensemble des continents forme presque une seule île noyée dans un grand océan, ce qui montre
bien la place prise par les mers. Néanmoins, elle est utilisée plutôt par les scientifiques et n’est pas très pratique au lycée…
La cartographie à travers le temps
Une représentation du monde selon la mythologie grecque
Espace des suicidés
Les Champs Elysées
sont le lieu de repos
des héros grecs. Il n’y
a pas de séparation
entre l’enfer et le
paradis, comme dans
le christianisme ou
l’Islam.
La caverne de
l’Averne, porte
d’entrée des enfers
depuis le monde des
vivants.
Espace des
innocents
condamnés à mort.
Espace des enfants morts
nés.
Le Styx est le fleuve qui
entoure les enfers.
Le Tartare est la montagne dans laquelle seraient
enfermés les Titans, les monstres créateurs du monde
et vaincus par les dieux grecs selon la mythologie.
La cartographie à travers le temps
Une carte ne représente pas toujours exactement le monde réel. Pour les Chinois de l’antiquité, le Ciel et la Terre sont le miroir l’un de
l’autre. Aussi, ils font des cartes du ciel, comme celle-ci, l’une des plus anciennes jamais découvertes, qui date du VII° siècle après J.C.
La cartographie à travers le temps
Autre carte en TO: planisphère d’un manuscrit religieux en
Europe (XII° siècle). Les annotations sont postérieures, bien
sûr.
Une représentation de la cartographie médiévale par
Heinrich Bunting en 1581.
ASIE
EUROPE
AFRIQUE
Heinrich Bunting introduit l’Amérique,
qu’on ne connaît pas en Europe avant
la fin du XV° siècle. Il montre que les
Anciens se sont trompés.
Jérusalem est au
centre du monde
(tombeau du Christ)
La cartographie à travers le temps
Une représentation du monde à la Renaissance d’après les travaux du grec Hipparque de Nicée (II siècle avant JC)
Le monde,
centré sur la
Méditerranée,
est entouré d’un
gigantesque
océan.
EUROPE
ASIE
Hipparque
s’inspire
d’Aristote et
d’Eratosthène
de Cyrène: il
pense que la
Terre est
ronde.
AFRIQUE
La cartographie à travers le temps
Océan
Océan
Le voyageur et géographe arabe al-Idrisi propose son planisphère géant au XII° siècle après J.C.
EUROPE
La Mecque
ASIE
Méditerranée
La Mecque
AFRIQUE
Al-Idrisi n’a pas les yeux tournés vers le Nord, comme nous en avons l’habitude, mais les yeux tournés vers La Mecque et vers le
Sud.
On remarquera que malgré les progrès réalisés par Al-Idrisi, nous ne sommes encore qu’au XII° siècle: l’Amérique n’apparaît pas.
Elle n’existe pas dans l’esprit d’Idrisi ni de ses contemporains.
La cartographie à travers le temps
L’espagnol Juan de la Cosa est le premier à faire figurer l’Amérique sur une carte en 1500.
AMERIQUE DU NORD
EUROPE
Tropique du Cancer
AFRIQUE
Equateur
AMERIQUE DU SUD
La cartographie à travers le temps
Comme pour ce document de la dynastie Ming au XV° siècle, les Chinois s’inspirent des avancées arabes et européennes pour leurs
propres cartes. La Terre s’arrondit, mais la Chine reste au centre du monde. Ce symbole reste plus fort que la volonté de représenter
plus exactement le réel.
La cartographie à travers le temps
A la fin de la Renaissance, la cartographie occidentale s’affine est parvient à représenter un monde beaucoup plus proche de celui que
nous connaissons dans les cartes d’aujourd’hui. C’est le cas avec cette œuvre du flamand Mercator en 1569. Mercator représente les
deux faces opposées de la Terre: une centrée sur l’Europe, un autre centrée sur l’Amérique.
Pôle Nord
EUROPE
AMERIQUE DU NORD
ASIE
AFRIQUE
Océan
Pacifique
AMERIQUE DU SUD
Pôle Sud
Océan
Atlantique
Océan
Indien
Pôle Sud
Les terres arctiques sont un peu sureprésentées par rapport à leurs
dimensions réelles. Cela peut s’expliquer par le fait que ces terres
sont encore très mal connues au XVI° siècle.
La cartographie à travers le temps
Même constat avec cette œuvre du flamand Ortelius, tirée de son Theatrum Orbis Terrarum (1570).
La cartographie à travers le temps
A partir du XVI° siècle, les cartes topographiques (cartes d’un lieu précis visant à refléter au mieux le réel) s’approfondissent et
s’affinent. Elles sont de plus en plus importantes pour la fiscalité, le contrôle politique d’un territoire ou pour la guerre. Ici, une
nouvelle carte de la ville de Bayonne (Sud de la France, près de la frontière avec l’Espagne), après les forteresses militaires et les
murailles construites par Vauban, le ministre de la guerre du roi français Louis XIV (1661-1715).
Les flèches d’orientation, comme sur une
boussole, permet de comprendre le point de
vue de la carte en se repérant grâce aux
points cardinaux. Généralement, on indique
surtout le Nord.
« Echelle de cent toises ». Les échelles de cartes font leur
apparition. L’échelle est le rapport entre la mesure réelle et
la mesure représentée sur la carte. Exemple: une échelle
« 1/100 » (« échelle au centième ») veut dire qu’1 cm sur la
carte correspond à 100 cm dans la réalité (soit un mètre).
La cartographie à travers le temps
Le progrès des cartes topographiques permet l’invention progressive des cartes d’état-major, celles que l’on utilisait lors de la 1ère et de
la 2ème guerres mondiales, par exemple, bien avant l’invention du GPS. Exemple: la région de Lille autour de 1914, dans le nord de la
France métropolitaine, à la frontière avec la Belgique.
Quelques conseils pour une bonne lecture critique :
•Le choix de la projection est-il pertinent ? La carte est-elle lisible ?
•Quels seuils ont été choisis ? Quelles couleurs ? La taille des figurés ?
•Quelles sont les sources choisies : les chiffres sont-ils pertinents ?
fiables ? neutres ?
•Quels enjeux y a-t-il derrière une telle représentation ?
Quel est le message adressé ?

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