Effet des terres agricoles et des déversements des eaux usées sur

Report
EFFET DES TERRES AGRICOLES ET
DES DÉVERSEMENTS DES EAUX
USÉES SUR LES EAUX DE BARRAGES
DALI-YOUCEF Zohra
LABMAT ENSET BP 1523 EL M NAOUER ORAN
Tél / Fax : 041 41 69 16 / E-mail :
[email protected]
• Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours
d'eau et destiné à réguler le débit du cours d'eau et/ou à en stocker
l'eau pour différents usages tels que : contrôle des crues, irrigation,
industrie, hydroélectricité, pisciculture, réserve d'eau potable, etc.
• Un barrage fluvial permet par exemple la régulation du débit d'une
rivière ou d'un fleuve (favorisant ainsi le trafic fluvial), l'irrigation
des cultures, une prévention relative des catastrophes naturelles
(crues, inondations ).
• Un barrage autorise aussi, sous certaines conditions, la production
de force motrice (moulin à eau) et d'électricité - on parle alors de
barrage hydroélectrique, à un coût économique acceptable.
• Plus un projet est ambitieux, plus ses conséquences pour
l'environnement naturel et social seront marquées : en noyant des
vallées entières, la construction d'un barrage peut provoquer à la
fois des bouleversements humains en forçant des populations
entières à se déplacer, et avoir un impact écologique non
négligeable en changeant l'écosystème local.
• Toutefois, les grands barrages font partie d'un plan d'aménagement
intégré de bassin, les projets de construction considèrent les
impacts avant toute élaboration.
Avantages
•
•
•
•
•
Le barrage est un moyen d’exploiter l’eau pour produire de l’énergie hydraulique.
Or, trouver de nouvelles ressources énergétiques non polluantes est un besoin
majeur pour faire face à la demande croissante d’énergie.
Le contrôle des crues permet de s’assurer que la fluctuation du niveau d’eau est
réduite. Ce qui a également pour conséquence de diminuer considérablement le
risque d’inondations et de sècheresses.
Une augmentation de la profondeur de l’eau suite à la construction du barrage
permet au réservoir d’accueillir des navires de plus fort tonnage, pouvant ainsi
favoriser la navigation et, par conséquent, le développement de certaines villes le
long du fleuve.
L’augmentation de la quantité d’eau directement disponible permet une irrigation
de plus grandes surfaces agricoles tout au long de l’année indépendamment des
saisons.
Un projet d’une telle ampleur contribue au développement de l’économie de la
région de par la création d’emplois directement liés à la construction du barrage
en lui-même et à son entretien mais également via l’exploitation de plus grandes
surfaces de terres agricoles irriguées, ainsi que par le développement de nouvelles
zones de pêche.
Inconvénients
• Les eaux stagnantes dues au barrage entraînent une dégradation de la
qualité d’eau. De plus, l’expansion de la surface d’eau entraine une
augmentation de l’humidité générale du milieu. Le développement de
l’irrigation intensive provoque l’augmentation de la salinité des sols, ce qui
paradoxalement, détériore la qualité des sols.
• Par la construction d’un barrage, le mur physique ainsi érigé bloque la
migration des poissons et perturbe leur cycle de vie.
• Via le barrage, un contrôle peut être exercé sur le débit du fleuve, des
tensions peuvent donc en découler entre les pays en aval du barrage et le
pays constructeur.
• Le réservoir du barrage engloutit de larges zones de territoires.
Inévitablement, les populations locales doivent être déplacées, la faune et
la flore sont noyées sous ce lac artificiel et, dans certains cas, il en est de
même pour certains monuments historiques et culturels. Il n’est pas aisé
de reloger les populations ainsi déplacées, et de leur retrouver un emploi,
ce qui se traduit par l’augmentation du taux de chômage et de la pauvreté.
• Dans le cas des grands barrages, des dommages collatéraux non
négligeables suite à cette grande accumulation d’eau sont l’apparition
d’érosion, de glissements de terrains et de séismes. Il en va de même
concernant l’augmentation de l’évaporation et de l’infiltration. Ces
dernières conséquences peuvent avoir un effet sur le climat local.
Image1: barrage SIDI AMOHAMED
BEN OUDA
Site barrage SIDI AMOHAMED BEN OUDA
•
•
•
•
•
Appelé barrage SAADA
Construit en 1978
Capacité de stockage 153 million de m3
Situé à 17 km de la wilaya de GHALIZANE
Entouré des montagnes de la Daïra de SIDI
AMOHAMED
• Reçoit les eaux du barrage BENKHADA de la wilaya de
TIARET
• Reçoit les eaux usées urbains de la daira de HAMIANE
• Entouré des terres agricoles (rejet de pesticides et
engrais)
Image 2: Barrage BOUGARA
Site barrage BOUGARA
•
•
•
•
•
Construit en 1989
Capacité de stockage 11 million de m3
Situé à 15 km de la wilaya de TISSEMSILET
Entouré des terres agricoles
Reçoit les eaux de la rivière BOUKALA , venant de
daïra de OUELED BASSAME , contenant les eaux
usées de cette dernière ainsi que les eaux usées
de TISSEMSILET
• Les eaux usées annuellement sont de l’ordre de 3
million de m3
Problèmes des barrages
• Les quatre cinquièmes, soit 80 % des eaux de barrages, s’évaporent et ce
pourcentage pourrait augmenter en raison du réchauffement climatique, a
affirmé le directeur général de l’Agence nationale des changements
climatiques (ANCC), M. Kamel Mostéfa-Kara.
• L'envasement des retenues Algériennes constitue sans doute la
conséquence la plus grave de l'érosion hydrique, et un défi à surmonter
pour l'Algérie. Le potentiel hydraulique perd annuellement environ 30
millions de mètres cubes, ce qui est énorme.
• Des années de sécheresse ont épuisé les nappes phréatiques et les
réserves des barrages.
• Pollution induite par l’écoulement d’eaux usées provenant des
agglomérations proches du barrage ainsi que de la wilaya.
• Il n'existe aucune organisation disposant d'une bonne expertise de gestion
des installations de purification, ce qui a contribué à la fermeture de 42
des 53 centres en Algérie.
• Pollution induite par l’érosion des terres agricoles (pesticides, engrais).
Composition des engrais
• Les engrais, sont des substances organiques ou minérales,
souvent utilisées en mélanges, destinées à apporter aux
plantes des compléments d'éléments nutritifs.
• Les engrais minéraux sont des substances d'origine minérale,
produites par l'industrie chimique, ou par l'exploitation de
gisements naturels de phosphate et de potasse.
• Les engrais chimiques produits industriellement contiennent :
• L’azote N, apporté sous forme de nitrate NO3-,
d'ammonium NH4+ ou d'urée CO(NH2)2.
• Le phosphore est exprimé sous la forme P2O5, mais est apporté
sous forme de phosphate de calcium ou d'ammonium.
• Le potassium est exprimé sous la forme K2O, mais est apporté
par du chlorure, du nitrate et du sulfate de potassium.
Les pesticides
• Les pesticides inorganiques sont des fongicides à
base de soufre et cuivre sous la forme la plus
utilisée la bouillie bordelaise ( [Cu(OH)2],CaSO4)
• Les pesticides sont l’une des plus grandes sources
de pollution dans le monde. Ils affectent à la fois la
biodiversité, les sols et les humains. L’une des
raisons de cet état de choses est la non sélectivité
de certains pesticides.
• Les pesticides ont un faible pouvoir de dégradation.
Leur rémanence est donc très élevée et ils ont tout
le loisir de s’infiltrer dans les sols, dans les eaux de
ruissellement, dans les graisses animales comme
humaines, et dans l’environnement en général.
LES SEDIMENTS ARGILEUX ET SILTEUX
• Ces sédiments représentent entre 50% et 80% de la colonne
stratigraphique.
• La composition des roches silto-argileuses est relativement constante : le
shale moyen comprendrait 30% de quartz, 10% de feldspath et 50% de
minéraux argileux (ou de micas), avec les 10% restants constitués de
carbonates ou d'oxydes de fer.
• Les minéraux argileux sont le produit de l'altération de roches
sédimentaires, métamorphiques et ignées. Ces dernières ne contiennent
pas de minéraux argileux préexistants, mais un de leurs constituants, les
feldspaths, sont aisément dégradables en argiles.
• les argiles sont des aluminosilicates associés dans le réseau à des ions
oxygènes, de sodium, de magnésium, de calcium, …etc. Le quartz, la
calcite et certaines matières organiques peuvent y exister comme
impuretés.
• Les argiles sont des silicates à texture phylliteuse (bidimensionnelle) ou
fibreuse (monodimensionnelle) de taille ne dépassant guère les deux
microns.
• Deux éléments essentiels, le silicium et l’aluminium entourés d’oxygènes
et d’hydroxydes constituent le réseau cristallin fondamental.
•
Tableau 1 : Valeurs des différents paramètres de l’eau des deux barrages.
Paramètres
Normes
Barrage SIDI AMOHAMED Barrage BOUGARA
BEN OUDA
pH
6,5-8,5
9
8,87
Conductivité μs/m
4,2
5,85 103
7,02 103
SO42- mg/L
200-400
2060
15 560
PO43- mg/L
0,5
14
2,3
NH4+ mg/L
0
0
10
NO3- mg/L
50
10
10
NO2- mg/L
0,2
0
1
Ca2+ mg/L
200
96
64
K+
12
10
17,5
100
100,25
80
mg/L
Durté mg/L
Tableau 2 : Analyse des eaux du barrage BOUGARA, avant et après un
traitement par le sol pendant un mois et demi.
Paramètres
Avant traitement
Après traitement
pH
8 ,87
9,83
Conductivité μs/m
7,02 103
2,13 103
SO42- mg/L
15 560
19,2
PO43-
mg/L
2,3
1
NH4+
mg/L
10
0,2
NO3-
mg/L
10
10
NO2-
mg/L
1
0
Ca2+
mg/L
64
116,69
K+
mg/L
17,5
15,5
Durté
mg/L
80
340
Discution
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Le tableau montre un changement significatif dans la valeur des différents
paramètres.
Le pH a augmenté, cela est du à la basicité du sol utilisé.
La conductivité électrique a légèrement baissée vu la diminution des sulfates et
phosphates.
La concentration en sulfates a énormément baissée, le sol a eu un grand pouvoir
d’adsorption de ces derniers.
Concernant les phosphates le sol a adsorbé une quantité appréciable.
Le sol a pu adsorber également les ammoniums.
La concentration en nitrates est constante, probablement le sol n’est pas sélective
pour ces anions ou l’adsorption a été établi après un temps court puis la
désorption a suivi.
Concernant les ions calcium, probablement le sol contenait déjà une certaine
quantité qui est sortie vers l’eau.
La dureté de l’eau ou titre hydrotimétrique qui est surtout due
aux ions calcium et magnésium a augmenté et cela est du à la sorti des ions qui se
trouvés probablement dans le sol et se sont ajoutés à ceux qui se trouvés déjà
dans l’eau.
Ainsi le phénomène d’échange des éléments entre les sédiments et l’eau est
réversible.
Conclusion
• Notre étude des deux barrages, le premier (SIDI AMOHAMED BEN OUDA)
situé à la wilaya de GHALIZANE, et le second (BOUGARA) situé à la wilaya
de TISSEMSILET, a montré une pollution de ces deux derniers par les
sulfates et les phosphates qui sont à l’origine de l’activité agricole.
• L’étude expérimentale du traitement des eaux du barrage BOUGARA par le
sol a révélé que la partie argileuse contenue dans le sol a le pouvoir
d’adsorber certains éléments de l’eau ou d’échanger des ions avec l’eau.
Ainsi le phénomène d’échange ionique entre le sol ou les sédiments de
barrage et l’eau est réversible.
• En Algérie les différents gouvernements ont négligé ce domaine
stratégique, la sauvegarde de l’eau et son stockage a été le dernier de leur
souci. Il ya eu de temps en temps la construction de barrage, mais par
contre il n’ya pas eu d’étude approfondie concernant le site approprié,
l’érosion, le risque de pollution.
• Les terres agricoles représentent un danger pour les barrages, les
pesticides et les engrais utilisés peuvent être transportés vers les barrages
et ainsi accentuent la pollution des barrages.
• Ainsi la construction des barrages doit être précéder par une étude
géographique détaillée.

similar documents