Les terminales ont planché sur la liberté - Lycée du Haut-Barr

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CLASSES
51
Q MARDI27MAI2014
INGWILLER Collège
Mobilisation affichée
contre le harcèlement
Lancé à la rentrée scolaire 2013, le concours « Mobilisons-nous contre le harcèlement » a été remporté, au niveau académique,
par deux élèves de 5e du collège d’Ingwiller : Lucile Mischnick et Julie Falipou ont réalisé une affiche dénonçant le harcèlement.
A
lain Heili, principal
du collège d’Ingwiller
s’est dit « fier », vendredi après-midi, lors
de la remise du prix coup de
cœur de la MAE à son établissement. Rappelant que le concours « Mobilisons-nous contre le harcèlement » a été lancé
à la rentrée scolaire 2013 par le
ministère de l’Éducation nationale. « Ce concours a pour objectif de donner la parole aux
jeunes des écoles, des collèges
et des lycées afin qu’ils s’expriment collectivement sur le
harcèlement à travers la création d’une affiche ou d’une vidéo. »
À Ingwiller, trois classes de 5e
ont participé à ce concours ainsi que l’ensemble des délégués
de classe. L’affiche réalisée par
deux élèves, Lucile Mischnick
et Julie Falipou, a remporté le
prix académique. « Cette affiche n’est que la partie visible
de la lutte contre le harcèlement menée au collège d’In-
Michèle Wetzel, Alain Heili, Marie-Claude Diebold et Edgard Mathias entourant les deux
finalistes Lucile et Julie. PHOTOS DNA
gwiller », souligne le principal
(lire ci-dessous).
Pendant plusieurs semaines,
les participants ont planché
sur le thème du harcèlement,
encadrés par leurs professeurs
d’histoire-géographie, MarieClaude Diebold, et d’arts plastiques, Armelle Clément.
DES ACTIONS CONTRE LE HARCÈLEMENT « Se taire, c’est
« Plusieurs actions, qui ne sont
pas uniquement liées à ce concours, sont menées contre le
harcèlement au sein du collège »,
assure Alain Heili. Elles sont
réalisées dans le cadre du projet
d’établissement et du CESC (comité d’éducation à la santé et à la
citoyenneté) : actions de prévention sur les conduites à risque,
actions mises en place avec
l’intervention du CIDFF (centre
d’information sur les droits des
femmes et des familles) ou avec
une association spécialisée dans
les problématiques liées aux
usages numériques Calysto,
l’accueil d’expositions notam-
ment du conseil général… Outre
l’aspect éducatif, ces actions ont
permis de tisser des liens avec ces
associations et différents partenaires comme le SAJ du pays de
Hanau.
Par ailleurs, depuis 2001, une
équipe sensibilise à l’importance
des délégués de classe avec la
mise en place d’une formation
spécifique pour ces représentants
des élèves. « Outre le rôle qu’ils
ont à jouer au sein de l’établissement, ils ont été particulièrement
sensibilisés cette année à la
question du harcèlement »,
souligne Johanne Wolf, professeur documentaliste.
toujours accepter,
laisser faire c’est
toujours cautionner,
L’une a travaillé sur le vocabulaire. « Nous avons abordé les
notions de discrimination, de
harcèlement, notamment à
l’aide d’extraits de romans. »
L’autre a aidé les élèves « à
comprendre les codes de représentation d’une image et d’une
affiche ».
Pendant que certains collégiens ont réalisé des affiches,
d’autres ont réalisé des vidéos
dénonçant le harcèlement.
Montées avec l’aide du service
animation jeunesse (Saj) du
pays de Hanau, ces quatre réalisations ont été projetées vendredi. « Ces films sont très
réussis », estime Michèle Wetzel. Et la directrice des services
académiques de l’Éducation
nationale du Bas-Rhin d’ajouter : « Ce sont d’excellents supports pour parler du harcèlement dans les classes et avec
les parents ». « Ils seront présentés lors des journées portes
ouvertes du collège organisées
fin juin », ajoute Alain Heili.
Selon Michèle Wetzel, le harcèlement est un enjeu majeur du
ministère de l’Éducation nationale. Relevant que le fait d’être
victime de harcèlement peut
mener « à l’absentéisme, à des
troubles psychos émotionnels
voire à une dépression grave ».
L’affiche, réalisée par Lucile et Julie, a remporté le coup de
cœur de l’académie.
Elle ajoute que « se taire, c’est
toujours accepter, laisser faire
c’est toujours cautionner, ce
n’est que tous ensemble que
nous trouverons une solution ».
Dans la foulée, un prix a été
remis aux deux finalistes, Julie
et Lucile : un chèque de
1 000 euros. Une « belle somme » qui permettra de poursuivre les actions de sensibilisation au sein du collège.
V.K.
R
LE CHIFFRE
96
C’est le nombre de cas de
harcèlements signalés à
l’académie pendant cette
année scolaire : 76 sont
remontés par un membre du
personnel de l’Education
nationale, 18 via le numéro
vert « Stop harcèlement ! »
0 808 807 010.
SAVERNE Lycée du Haut-Barr
Les terminales ont planché
sur la liberté
Les terminales STI2D du
lycée du Haut-Barr de Saverne ont présenté, jeudi
après-midi, leur projet : un
petit film et quelques saynètes portant sur la liberté
d’expression en Syrie.
« QUAND ON PENSE LYCÉE, on pen-
se heures de cours qui s’accumulent, on pense aux devoirs, aux
notes. C’est vrai. Mais le lycée,
c’est aussi faire des élèves de jeunes citoyens, les ouvrir au monde », assure Christine Casta, proviseur du lycée du Haut-Barr de
Saverne, en introduction à la présentation du projet réalisé par les
terminales STI2D. Un projet présenté, jeudi, devant une poignée
de parents, de camarades, du chef
de travaux Charles Arnold et de la
conseillère municipale Monique
Scheffler, porté par Claire Le Van,
professeur de philosophie. « Avec
les terminales, nous avons travaillé sur la notion de liberté, thèLSV 04
me au programme de philo cette
année, et notamment sur la liberté d’expression en Syrie. » Elle
poursuit : « Les élèves ont été sensibilisés à cette question suite à la
venue au lycée d’un jeune journaliste syrien, Mahmoud El Hajj, venu témoigner de son travail en
Syrie, en novembre dernier »
(DNA du 3/12/2013).
Prise de conscience
L’histoire de ce jeune homme de
21 ans, « résistant, persécuté, qui
a dû s’exiler en France » dixit Benjamin, lycéen, a touché les terminales. « On s’est rendu compte
que l’on n’était pas tous égaux,
qu’il y avait encore des pays où la
liberté d’expression n’était pas acquise », poursuit son camarade
Joé. « C’est bien de rappeler ce qui
se passe ailleurs et de tenter de
faire respecter cette liberté. »
Les terminales STI2D ont donc travaillé plusieurs mois durant, collectant photos et informations sur
la Syrie afin de réaliser leur film.
« Tous les élèves de la classe y ont
participé, de près ou de loin »,
note Joé. « Cette réalisation devait
être présentée au Conseil de l’Europe le 3 avril dernier, lors de la
clôture du mois de l’autre. Mais
cela n’a pu se faire », souligne
Claire Le Van. « Aussi pour mettre
en avant l’investissement des élèves, la projection de leur film,
agrémenté de quelques saynètes,
se fait aujourd’hui (jeudi dernier,
ndlr). »
Dans le petit réfectoire du lycée, la
tension est palpable. Les terminales se préparent en coulisse. Le
top départ est donné par le professeur. Musique. Les élèves entrent.
Ils sont vêtus de T-shirts flanqués
de lettres formant le mot « liberté ». Le film est projeté et c’est
alors une succession de mots
chocs qui s’affichent entrecoupés
de photos dénonçant la guerre en
Syrie. « C’est un beau projet »,
conclut Claire Le Van, fière de ses
élèves. Précisant que la dernière
musique de ce documentaire a été
Les élèves ont présenté leur projet sur la liberté d’expression en Syrie.
réalisée par les élèves eux-mêmes.
À l’issue de cette présentation, la
tension retombée, les élèves sa-
vourent leur travail. « Cela devrait les aider lors de leur épreuve
de philosophie au baccalauréat, le
16 juin prochain », sourit Christi-
PHOTO DNA
ne Casta. « Si l’un des sujets porte
sur la liberté, ils devraient tous
avoir 20. »
V.K.
R

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