EL WATAN DU 03.07.2014

Report
■ CONSTANTINE
Précieuse découverte
archéologique dans
une mosquée
LIRE L’ARTICLE DE N. NESROUCHE EN PAGE 24
LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Jeudi 3 juillet 2014
ÉDITION DU SUD
N°7217
N°72
N°
7217
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1111-0333 - http://www.elwatan.com
BAIN DE FOULE POUR LES VERTS
Les «brésiliens»
célébrés en
héros
BACCALAURÉAT 2014
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RÉSULTATS
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DISPONIBLES
SUR
SUR LE SITE DE L’ONEC
● Le
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es quelque 650 000 candidats qui
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consulter
leurs résultats gratuitement
sur le site web de l’Office national
sur
des examens et concours (ONEC) :
www.onec.dz.
LIRE L’A
L’ARTICLE DE R. BELDJENNA EN PAGE 7
MOHAMED AÏSSA
MINISTRE DES AFFAIRES RELIGIEUSES
MINI
COMBATTRE
«L’IN
«L’INVASION
SECTAIRE»
■ LLe ministre des Affaires religieuses
et d
des Wakfs veut créer une instance
algérienne qui s’occuperait des avis
religieux afin de contrecarrer «l’invasion
sectaire» qui vient de l’étranger.
LIRE L’ARTICLE DE ALI BOUKHLEF EN PAGE 7
COMMENT APPRÉHENDER LA SOCIÉTÉ
ALGÉRIENNE À TRAVERS UN FILM INDIEN
JANITOU
L’ALGÉRIEN
◗ GRAND ANGLE
NEDJMA, MÈRE CÉLIBATAIRE,
RETROUVE SON FILS
◗ CASSE-TÊTE
◗ JEUNE VIE ALGÉROISE
Retrouvez les articles de Mustapha Benfodil, M. Slimane,
M. Aït Ouarabi et Hassan Moali en pages 2, 3, 4 et 5
PLUS BELLE LA VIE !
EN PAGES 13, 14, 15, 16 ET 17
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PHOTO : H. LYES
LE TRAMWAY DEE
CONSTANTINE DE A À Z
2
ÉQUIPE NATIONALE
El Watan
mondial
L’ÉQUIPE NATIONALE A REGAGNÉ HIER LE PAYS
L’ultime hommage des
Algériens à Halilhodzic
PHOTO :B. SOUHIL
L
e sélectionneur national Vahid
Halilhodzic a effectué sa dernière apparition, hier, devant
un nombreux public qui lui a réservé,
ainsi qu’à tous les joueurs, un accueil
chaleureux après la qualification historique des Verts aux huitièmes de
finale. Le coach bosnien a recouvré
la sympathie et l’admiration de tout le
peuple algérien car il est le seul à avoir
franchi l’écueil du premier tour dans un
Mondial. Engagé par la Fédération
algérienne de football (FAF) pour
trois saisons, Vahid Halilhodzic aura
atteint l’objectif fixé entre les deux
parties (FAF - coach) en dépit de la
déroute des Verts et leur élimination
au premier tour lors de la CAN-2013
en Afrique du Sud. Au lendemain
de l’expiration de son contrat, des
voix se sont élevées pour réclamer
son maintien, surtout que l’Algérie a
rendez-vous, dans à peine deux mois,
avec d’autres échéances, notamment
les éliminatoires de la CAN-2015 prévue au Maroc début janvier prochain.
Le sélectionneur national, lui, ne s’est
jamais exprimé ouvertement sur son
devenir. Il a laissé plané le suspense à
quelques semaines du début du Mondial 2014. Une situation qui a amené
le président de la FAF, Mohamed
Raouraoua, à prendre les devants et à
conclure avec le Français Gourcuff. Ce
dernier a été invité à suivre les matchs
des Verts, aussi bien durant le stage en
Suisse qu’en Coupe du monde, afin
de se faire une meilleure idée sur le
groupe. Cette manière d’agir a suscité
des commentaires de l’opinion sportive, entre favorables et défavorables.
Pourtant, Vahid n’est pas le seul entraî-
neur au monde à avoir été fixé sur son
sort avant le début du Mondial. Il n’a
pas accepté de prolonger son contrat ni
poursuivre son aventure avec les Verts,
ne serait-ce que jusqu’à la CAN-2015.
Le président de la FAF était donc dans
l’obligation de lui trouver rapidement
un successeur. L’évolution du football
national ne s’arrêtera certes pas après
le départ de Halilhodzic, mais sera un
lourd défi à relever pour son successeur, le Français Gourcuff.
LE MONDIAL
DE TOUS LES RECORDS
Le Mondial brésilien restera gravé
dans la mémoire de tous les Algériens.
Le Mondial au cours duquel les Verts
avaient effacé tous les records.
D’abord par leur passage au deuxième
tour, une performance jamais réalisée
en trois éditions (1982, 1986 et 2010).
Slimani (par deux fois) et M’bolhi ont
été élus meilleurs joueurs du match
respectivement face à la Corée du sud,
la Russie et l’Allemagne. Slimani et
Djabou ont égalé le record de Salah
Assad avec deux buts chacun.
L’équipe a inscrit sept buts en quatre
matchs, ce qui représente le meilleur
butin, voire même plus que le nombre
de buts inscrits lors des trois précédentes éditions confondues.
De son côté, le défenseur Rafik Halliche, un des rescapés du Mondial sudafricain, a battu le record du nombre
de matchs disputés qui était détenu
par son ancien entraîneur au NAHD,
Mahmoud Guendouz. Ce dernier
avait disputé six matchs en deux éditions, alors que Halliche a fait mieux
avec sept matchs en deux éditions.
C’est l’élève qui dépasse le maître.
En plus de ses performances collectives et individuelles, lors de ce Mondial l’entraîneur a fait tourner l’effectif.
Seul Cadamuro et les deux portiers
Zemmamouche et Cédric n’ont pas
joué.
Ainsi, cette nouvelle génération
vient de réaliser de nouveaux records
qui pourront être améliorés dans
les années à venir lorsque l’on sait la
moyenne d’âge est de 25 ans. S. M.
MEILLEUR GARDIEN DU MONDIAL 2014
M’BOLHI PROVISOIREMENT EN TÊTE DU SONDAGE DE L’ÉQUIPE
L
e gardien de but de la sélection algérienne
de football, Rais M’bolhi, occupe provisoirement la tête du classement du meilleur portier
du Mondial qui se déroule actuellement au Brésil,
selon le sondage qu’effectue le quotidien français
spécialisé, L’Equipe. M’bolhi, qui s’est illustré de
fort belle manière lors des quatre rencontres des
Verts dans le rendez-vous planétaire, s’est offert
jusque-là, 58% des voix des votants, devançant
Jeudi 3 juillet 2014
le Mexicain Ochoa (21%) et l’Allemand Neuer
(8%). M’bolhi, qui a repris sa place de titulaire
dans les rangs des Verts après l’avoir perdue lors
des matchs d’avant le Mondial, suscite l’intérêt
de quelques clubs du vieux continent qui veulent
s’attacher ses services au cours du mercato estival,
dont l’Inter Milan, pensionnaire de la Série A italienne, selon la presse européenne. Il évolue depuis
l’été dernier au CSKA Sofia, où il a débuté la sai-
son 2013-2014 dans la peau de troisième gardien
avant de s’imposer comme titulaire à part entière
pendant la deuxième partie de l’exercice.
M’bolhi (28 ans) a été pour beaucoup dans le parcours honorable des Verts au Mondial 2014, en
contribuant à leur qualification, pour la première
fois de leur histoire, aux huitièmes de finale de la
compétition. Ils ont été difficilement éliminés par
l’Allemagne (2-1, ap).
APS
PÉTITION
POUR LE
MAINTIEN DE
HALILHODIZC
À LA TÊTE
DES VERTS
Le coach Vahid a bien marqué
les esprits. Une qualification
de l’équipe nationale en 8es de
finale et un grand match face
à l’Allemagne ont suffi pour
que de nombreux Algériens,
fans du foot, réclament son
maintien à la tête des Verts.
Une pétition lancée mardi sur
les réseaux sociaux a déjà
recueilli 80 000 «like» et 8500
signatures. Souvent critiqué
pour ses choix tactiques, Vahid
Halilhodzic a fini par gagner le
cœur des supporters algériens,
qui ont plus qu’apprécier son
coaching durant la Coupe du
monde. Halilhodzic termine
ainsi en beauté avec l’équipe
nationale, qu’il a marquée de
son empreinte d’entraîneur
porté sur l’attaque. Son bilan
en Coupe du monde, avec une
victoire, un match nul et sept
buts marqués, plaide pour
lui. Et ses larmes après la
qualification face à la Russie
puis après l’élimination face
à l’Allemagne à l’issue d’une
résistance héroïque ont bien
émues les Algériens reconnaissants envers lui, qui a su
insuffler aux Fennecs la science
du jeu et la rage de vaincre. La
prestation sensationnelle des
Verts, qui a suscité et impressionné les grandes nations
de football, semble avoir fait
oublier les déboires des Verts
en Coupe d’Afrique. S’il a pu
propulser l’équipe nationale
en 8es finale de la Coupe du
monde, le coach Vahid a failli
précipiter son départ, quand
les Verts ont quitté la dernière
Coupe d’Afrique en 2013 dès le
premier tour. Vahid Halilhodzic
quitte ainsi l’équipe d’Algérie
après trois années durant
lesquelles il a connu des hauts
et des bas. Son professionnalisme et sa rigueur dans
le travail font de lui un grand
entraîneur, désormais très
convoité. Et de nombreux Algériens veulent encore le garder,
et ce, même si son contrat est
arrivé à terme le 1er juillet.
M. A. O.
ÉQUIPE NATIONALE
El Watan
mondial
3
BAIN DE FOULE POUR LES VERTS
Alger en transe pour ses héros
«ALLAH AKBAR HALILHODZIC !»
«J’espère que mes enfants feront du
foot», lâche Hamid. «J’ai tenu à les
ramener pour leur inculquer l’amour
du maillot et leur communiquer ce
sentiment de fierté nationale», dit-il.
Comme la grande majorité des fans,
Hamid est impressionné par le parcours des Verts durant cette Coupe
du monde. «Ils ont été au top !» reconnaît-il avec émotion. Hamid
nous confie qu’il a été tout de même
très affecté par la défaite contre
Jeudi 3 juillet 2014
PHOTO: M. SALIM
A
éroport
international
Houari Boumediène. Il est
un peu plus de 13h. Une
foule compacte est massée devant
le grand portail du salon d’honneur, niché entre l’ancienne et la
nouvelle aérogare. Les supporters
piaffent d’impatience de voir enfin
surgir les Feghouli, Brahimi et autre
M’bolhi pour leur sauter dessus. En
attendant, ils font la fête. Grosse
ambiance entre ghaïta, fumigènes,
trompettes et karkabou. Plusieurs
troupes folkloriques ont été mobilisées pour la circonstance. «L’avion de
l’équipe nationale est prévu à 13h25»,
indique une jeune femme du service
information de l’aéroport.
Pendant ce temps, une autre colonie
de Fennecs fait son apparition : c’est
notre équipe nationale de handibasket. Elle devait s’envoler en direction de Inchéon, en Corée du Sud,
pour participer au Championnat du
monde de handibasket. Nous leur
souhaitons bonne chance.
A l’extérieur de l’aéroport, l’ambiance est de plus en plus folle.
Ils sont venus d’un peu partout,
certains en famille, pour faire un
accueil triomphal à nos héros. Des
vagues d’aficionados des Verts
continuent d’affluer en bravant les
rigueurs du Ramadhan. Heureusement que le temps est clément et
la chaleur supportable. Des groupes
de supporters ont continué à pied
en longeant la route qui relie Dar
El Beïda à l’aéroport. C’est le cas de
Hamid, 42 ans, employé à la Seaal
et résidant aux Eucalyptus. Hamid
est accompagné de ses deux enfants,
Soheib et Oussama. «Nous avons pris
le bus, après, nous avons parcouru une
bonne distance à pied pour le plaisir de
voir notre équipe nationale», explique
Hamid. «C’est le Ramadhan mais j’ai
tenu à venir avec mes enfants pour
saluer la performance de notre équipe.
J’ai dû déserter mon poste de travail
pour venir», ajoute-t-il. Hamid arbore un maillot des Verts floqué du
nom de Yebda. Son tee-shirt porte
même une signature du sociétaire
de Grenade. «C’est un vrai maillot,
machi m’derrah. Je l’ai gagné dans
une loterie à la foire. C’est le maillot
avec lequel il a tiré le penalty lors du
match contre le Maroc qui s’est déroulé
à Annaba (1-0 pour l’Algérie)», lance
fièrement notre ami. Son fils Soheib,
7 ans, porte, quant à lui, un maillot
«Ziani». Il s’agrippe à un poteau en
tendant le cou par-dessus la foule.
Son autre fils, Oussama, est vêtu
d’un maillot jaune aux couleurs du
Brésil estampillé «Neymar».
l’Allemagne : «J’étais abattu. C’était
comme si j’avais perdu un membre de
ma famille. Mais au fond, ce n’était pas
une défaite tellement notre équipe s’est
surpassée.» Dans la foulée, il renchérit : «J’espère que Halilhodzic va rempiler. Je lui demande de rester. On ne
doit pas le laisser s’en aller. Ce serait de
l’ingratitude que de le laisser partir. Et
puis, on a maintenant une équipe, on
ne va pas repartir de zéro. Je souhaite
simplement qu’on donne leur chance
aux joueurs locaux.» Des barrières de
police sont disposées tout au long
de la bande de bitume menant au
salon d’honneur. Les supporters
sont massés de part et d’autre. On
se croirait au stade Mustapha Tchaker, le porte-bonneur des Verts. Les
plus téméraires ont pris d’assaut la
toiture du préau reliant les deux aérogares. D’autres ont grimpé sur les
branches des eucalyptus géants qui
bordent le site en agitant des drapeaux. Les aficionados des Fennecs
scandent à l’unisson les slogans habituels des stades. «One, two, three,
viva l’Algérie», «Miziria ou Tayha
El Djazaïr», ou encore «Allah Akbar
Halilhodzic» fusent de ces bouches
asséchées et gutturales. Le Ramadhan ne semble pas avoir d’effet sur
eux. Certains redoublent d’ingéniosité en termes de costumes. Un
supporter est affublé d’une djellaba
aux couleurs de l’Algérie. Tel autre
s’est entièrement maquillé le visage
en blanc, vert, rouge. Un troisième
s’est confectionné un masque «anonymous», aux couleurs nationales
là aussi. Même les tout-petits y
vont de leur tenue de circonstance.
Les femmes ne sont pas en reste
dans cette fête. Voici, d’ailleurs, une
jeune fille entièrement drapée de
l’emblème national et portant un
bébé tout mignon coiffé d’un foulard blanc et vert. «Je suis venue pour
les voir de près et les saluer», explique
cette femme au foyer. «Ils ont été
énormes. J’espère que notre entraîneur
va rester. Il a fait du bon travail»,
iniste-t-elle. Sid-Ali, 27 ans, poireaute calmement derrière la haie
en ébullition. «J’attends mon frère
qui rentre aujourd’hui du Brésil et j’en
profite pour voir, en même temps, les
joueurs de l’équipe nationale», confiet-il. Sid-Ali s’est déplacé spécialement de Staouéli où il gère avec ses
frères une usine de matériaux de
construction. «Je devais y aller, moi
aussi. J’ai même pris le billet. Mais mes
deux frères m’ont devancé, alors j’ai été
obligé de rester.» Mais il compte se
rattraper lors de la prochaine Coupe
d’Afrique. «C’est sûr que j’irai !»
martèle-t-il. D’autant plus sûr qu’il
a été charmé par la prestation des
Verts lors de ce Mondial. «On a vu
une grande équipe. J’espère qu’elle va
gagner la Coupe d’Afrique», exulte-til. Sid-Ali plaide, lui aussi, pour le
maintien de Halilhodzic. «Il a fait
un très bon travail. Il faut le garder. Il
a su construire une équipe. Nous avons
besoin de stabilité.»
UN PARFUM D’OMDURMAN
Il faut reconnaître que Sid-Ali n’a
pas attendu les dernières prouesses
des Verts pour s’enflammer pour
nos «fabulous 23». «J’ai déjà été à
Omdurman en 2009, assure-t-il.
J’ai suivi l’équipe nationale partout.»
Sidi-Ali estime que l’ambiance, hier,
était tout de même moins explosive
que celle du 19 novembre 2009,
au lendemain de la victoire contre
l’Egypte. Peut-être est-ce l’effet
du Ramadhan ? «Non, je pense que
le contexte était différent en 2009.
Cela faisait longtemps qu’on ne s’était
pas qualifiés à une Coupe du monde
(depuis 1986, ndlr) et puis, il y avait
aussi l’effet de l’injustice que nous
avions subie au Caire. Les Egyptiens
hagrouna. Ils nous avaient agressés et
il fallait répondre», argue-t-il.
Un jeune se faufile dans la marée
humaine en proposant fanions et
écharpes DZ à 200 DA pièce. Un
autre a disposé carrément une panoplie d’objets fétiches sur le gazon
pour se faire un peu d’argent. Un
fourgon diffuse des chansons à la
gloire de l’EN. Les policiers s’affairent à mettre un peu d’ordre dans
cette foule en folie en s’évertuant à
«parquer» les plus excités derrière les
haies. Une femme n’en a cure. Elle
sillonne l’allée centrale, drapeau en
main, en chantant sa joie, suivie par
des supporters exaltés. «Rana saymine ya Madame !», la chambrent des
jeunes en transe. D’autres chantent :
«Ezawaliya rabbi yarhamhom.»
Un barbu en qamis, deux écharpes
autour du cou, l’une aux couleurs de
l’Algérie, l’autre représentant le dra-
peau de la Palestine, invite le public
à donner de la voix en répétant :
«Falastine echouhada.» Un autre supporter arbore, quant à lui, une pancarte de couleur rouge où est inscrit : «Halliloreste», allusion à une
page facebook créée pour demander à Raouraoua de garder Coach
Vahid. Cela devient même un mot
d’ordre national, à en juger par
l’ampleur qu’est en train de prendre
cette campagne, assortie d’une
pétition en faveur de Vahid. Mot
d’ordre que rallie allègrement cette
jeune fille, lunettes de soleil et fichu
aux couleurs nationales, venue avec
sa famille depuis Zéralda : «Je veux
que Halilhodzic continue. Je veux lui
dire que je l’adore. Toute l’Algérie souhaite qu’il reste.» Notre interlocutrice
nous assure qu’elle était prête à reste
jusqu’au f ’tour et qu’elle ne quitterait pas les lieux avant d’avoir enfin
vu de près ses héros du moment.
«Mon préféré, c’est Slimani. J’aime
aussi Feghouli et M’bolhi bien sûr.
Mais ils ont tous été magnifiques ! On
est fiers d’eux !»
«MERCI LES GUERRIERS !»
Les minutes s’égrènent dans l’euphorie générale. 14h10. Nous pénétrons dans la cour du salon d’honneur. Des dizaines de journalistes
attendent l’apparition de nos héros.
«L’avion a atterri», glisse un officier
de police. Deux bus à impériale, l’un
de l’Etusa, l’autre de la SNVI, sont
stationnés à l’intérieur de la cour.
Finalement, c’est le bus SNVI qui
sera retenu pour la grande parade
des Verts. Il est joliment bariolé,
avec un virevoltent «1, 2, 3, viva l’Algérie» sur sa façade agrémenté des
noms de tous les joueurs qui ont pris
part à cette belle épopée brésilienne.
Le temps presse. La foule s’impatiente. Une forêt de caméras et
d’appareils photo a pris position en
contrebas des escaliers menant vers
le salon d’honneur cernant le bus
à impériale de la SNVI. «Merci les
guerriers», lit-on sur une pancarte
brandie par un fan. Un hélicoptère
bourdonne dans le ciel. Les clameurs montent. 14h25. Ça y est, ils
sont là ! On voit la tête du petit lutin
Brahimi. Les appareils photo, iPad,
téléphones portables, sont déclenchés en bloc et partent à l’affût de la
moindre image. Halliche, Slimani,
Yebda, Mahrez, Lacen, Mehdi Mostefa, Bougherra, Feghouli défilent
les uns après les autres et montent
aussitôt dans le bus sans faire la
moindre déclaration. Les «One,
two, three» redoublent d’intensité. Et quand enfin apparaît Vahid,
c’est l’apothéose. Le sélectionneur
des Verts est accueilli en maestro,
comme si tout le pays tenait à lui
exprimer sa gratitude et lui dire
qu’il n’était pas seul. Les larmes qu’il
a versées au terme de cet injuste
match contre l’Allemagne ont largement ému les Algériens. Vahid se
fraie difficilement un chemin vers le
bus tandis que ses ouailles montent
sur le toit du véhicule. Groggy après
un voyage aussi pénible, ils voulaient
certainement prendre le temps de
savourer cette autre victoire, celle
d’avoir conquis le cœur de tout un
peuple. Les nouveaux débarqués,
comme Mahrez et Bentaleb, ont des
étoiles dans les yeux.
ALGER DÉROULE LE «TAPIS VERT»
POUR SES HÉROS
14h45. Le bus prend la route d’Alger dans une explosion générale de
joie. La foule massée à l’extérieur
laisse éclater sa passion des Verts
et ça éclabousse même la cohorte
d’uniformes mobilisés pour assurer la sécurité de l’événement entre
BRI, gendarmerie, police, DRS,
pompiers…
Un bouquet de fumigènes enlumine le ciel. La foule est intenable.
Même la toiture du préau finit par
céder. Une femme peste devant
une caméra contre l’incivisme de
certains supporters qui écrasent
tout sur leur passage. Un reporter
faisant un direct pour une chaîne
télé commente : «On se croirait au
5 Juillet.» Tout l’aéroport semble
s’être mué en stade. Et c’est comme
si Slimani venait d’inscrire un but.
L’équipe nationale va maintenant
s’offrir un bain de foule bien mérité dans les artères d’Alger. Il nous
faudra une heure et demie (dont
une quarantaine de minutes juste
pour sortir du parking de l’aéroport) pour atteindre la capitale, soit
le temps d’un match réglementaire.
Heureusement que le bain de foule
joue les prolongations. Nous retrouvons à nouveau cette ambiance de
folie (dont nous n’avons pas manqué une miette grâce au direct de la
Chaîne III) à Alger-Centre. Le bus
vient de descendre par Maurétania
avant de gagner la place du 1er Mai
et se stabiliser devant le ministère
des Sports. Quelle journée pour
nos héroïques Fennecs ! Ils auront
provoqué de véritables émeutes de
popularité, comme les Beatles en
leur temps. Il n’est pas certain que
toutes les équipes ayant pris part
à ce Mondial puissent se targuer
d’avoir un tel accueil à leur retour
au bercail. Hormis Halliche, Yebda
et Bougherra, la grande majorité de
nos capés n’avait pas vécu l’accueil
hystérique de 2009. Là, ils avaient la
preuve que ce peuple était définitivement fou… d’eux.
Mustapha Benfodil
ÉQUIPE NATIONALE
El Watan
mondial
DE TIZI OUZOU AU BRÉSIL
MAUVAIS
COMPORTEMENT
DES SUPPORTERS
AU BRÉSIL
LA FIFA
CONDAMNE
LA FAF
La commission de
discipline de la Fédération
internationale de football
association (FIFA) a
condamné la Fédération
algérienne de football au
payement d’une amende
de 50 000 francs suisses
(CHF) et a également
prononcé un blâme à
l’encontre de la FAF pour
comportement inconvenant
des supporters algériens
lors des matches joués par
l’équipe nationale pendant
ce Mondial. La Fédération
algérienne de football
déplore le comportement
irresponsable de
certains supporters et
rappelle que les produits
pyrotechniques et les
lasers sont rigoureusement
interdits dans les enceintes
footballistiques. La FAF
lance un appel à l’ensemble
des supporters venus
encourager leur équipe
nationale pour qu’ils fassent
preuve de civilité et aient un
comportement irréprochable
lorsqu’ils expriment leur
soutien à leur équipe.
Ceci évitera une nouvelle
sanction qui, après le blâme
reçu, peut aller jusqu’à la
suspension.
OOREDOO
RÉCOMPENSE
LES VERTS
Séjour mémorable pour
les supporters des Verts
L’opérateur de téléphonie mobile,
Ooredoo, sponsor officiel de l’équipe
nationale, a offert une belle récompense aux joueurs suite à leur qualification historique pour le 2e tour de la
Coupe du monde 2014. Ainsi,
Ooredoo honore sa promesse faite par
son directeur général, Joseph Ged, le
17 juin dernier à Belo Horizonte, lors
du match face à la Belgique. Cette
récompense vise à encourager les
joueurs de l’équipe nationale à poursuivre leurs efforts et à les remercier
pour le brillant parcours qu’ils ont fait
durant ce Mondial.
U
n groupe de jeunes
de la wilaya de Tizi
Ouzou, profondément attachés au football, se
sont envolés pour le Brésil
où ils ont suivi les matchs de
l’équipe nationale dans une
ambiance, disent-ils, de rêve
et de communion. Il s’agit,
ajoutent-ils, d’un voyage fantastique, notamment avec les
visites effectuées dans les endroits féeriques, comme Rio
de Janeiro, São Paulo, Porto
Alegre. «C’était magnifique.
Nous avons passé un séjour
agréable avec les autres supporters de notre équipe nationale venus des autres wilayas
d’Algérie et même de plusieurs
pays. Nous avons rencontré
aussi des stars du football avec
lesquelles nous avons pris des
photos souvenirs, comme Diego
Armando Maradona, qui était
vraiment très courtois avec les
supporters algériens. J’ai admiré
aussi beaucoup l’hospitalité des
Brésiliens», nous dit l’un des
inconditionnels des Verts
qui sont rentrés hier à Alger,
avec le sentiment d’avoir
LA RADIEUSE FÉLICITE
LES VERTS
PHOTO : EL WATAN
4
visité le pays de leur rêve.
D’autres jeunes, à l’image
d’Omar Attafen, Mohamed
Fellag et Farouk, originaires
de la région de Tigzirt, sont,
eux aussi, très satisfaits de
leur déplacement au Brésil
à l’occasion de la Coupe du
monde 2014, notamment en
raison de la très bonne prestation faite par les Verts qui
ont su épater le monde. Il est
Apito SAMBA
vrai que l’exploit réalisé par
les Fennecs a donné plus de
tonus à tous ceux qui se sont
envolés pour le Brésil. «Nous
avons passé des moments inoubliables, caractérisés notamment
par la visite d’endroits magnifiques, et ce, avec les sorties organisées par l’équipe de Touring,
à sa tête Rabah Zaghdoud qui
n’a ménagé aucun effort pour
assurer notre bien-être dans une
ambiance conviviale, surtout
avec les moments euphoriques
qui ont marqué la qualification
de notre équipe nationale pour
le deuxième tour.
C’est la première fois, depuis
notre naissance, qu’on assiste à
des compétitions de la Coupe du
monde, ce qui nous donne une
satisfaction incommensurable»,
nous ont-ils confié.
Hafid Azzouzi
Le président de l’association La
Radieuse, présent au Mondial depuis
son entame, a rendu visite aux joueurs
de l’équipe nationale, après leur qualification historique pour le 2e tour de
la Coupe du monde. Accompagné d’un
groupe de supporters, Chafi Kada a
voulu fêter cet événement et apporter
le soutien et les remerciements des
supporters présents au Brésil, ainsi
que ceux des milliers d’adhérents et
de sympathisants de La Radieuse,
restés en Algérie. Des photos souvenirs ont été prises avec les joueurs et
Coach Vahid. Ces derniers, dans un
geste de reconnaissance, ont apposé
leur autographe sur un maillot de
l’équipe nationale qui a été offert
au président de La Radieuse. La
cérémonie s’est déroulée en présence
de Mohamed Raouraoua, président de
la FAF, Djamel Eddine Omar Benaoum,
ambassadeur d’Algérie au Brésil,
et Mokhtar Boudina, directeur des
sports au même ministère.
Par Hassan Moali
Tanemirt ! Q
uel beau clap de fin que ce match
héroïque livré par les Verts contre
les Allemands, lundi soir, à Porto
Alegre ! Ce fut nettement au-delà de nos
modestes espérances.
Les plus optimistes des Algériens auraient
signé des deux mains pour une défaite par
deux buts d’écart. Ne faisons pas la fine
bouche ! On a tout de même affronté
l’Allemagne et non pas la Gambie ou le
Rwanda avec tout le respect que l’on doit à ces
pays frères d’Afrique.
En foot, il y a comme ça des défaites qui
prennent l’allure de performances et d’exploits,
compte tenu du «calibre» de l’adversaire et de
son vécu dans la compétition.
C’est surtout vrai pour les Allemands qui, tenez-vous bien, ont été 12 fois demi-finalistes,
quatre fois finalistes et trois fois vainqueurs
de la Coupe du monde. Après le Brésil, c’est
la sélection qui a le plus participé au Mondial
depuis 1930. Des statistiques impressionnantes qui soulignent un peu plus la bravoure
de nos joueurs et l’ampleur de leur mérite.
L’histoire de la Coupe du monde retiendra
que la Nationalmannshaft n’a pu battre les
Fennecs durant les 90 minutes du match en ce
mémorable 30 juin 2014. Les super stars que
sont Neuer, Muller, Özil et les autres comme
Lahm, Schurrle, paraissaient dans leurs petits
souliers face aux guerriers Belkalem, Slimani,
Feghouli qui ont décidé de vendre très cher
leur peau.
Ils nous ont offert une homérique résistance sans aucun complexe. A un moment,
on oubliait même que l’on avait affaire aux
Allemands ! Certains supporters étaient
tellement fiers de cette équipe qu’ils ont cru
jusqu’au bout qu’elle allait renvoyer chez eux
Low et ses poulains. C’est dire à quel point les
Verts ont fait largement plus qu’on attendait.
Il suffit de lire les tweets,et les commentaires
très élogieux des stars mondiales du foot
et des sélectionneurs, à l’image de Guulit,
Linker, Diego Mardaona, Owen et Raymond
Domenech pour prendre la mesure du feu
d’artifice des Fennecs. «Ce n’est pas
l’Algérie qui a perdu le Mondial, c’est la Coupe
du monde qui a perdu l’Algérie». Il est très beau
cet hommage à une équipe algérienne qui a
gagné, par son talent et sa Grinta, le respect
de toute la planète football. Désormais, tout
le monde connaît l’Algérie. Notre sélection
a montré au Brésil qu’elle n’est pas allée pour
faire un tour et revenir au pays. Elle a fait
honneur à son football et à son histoire.
C’est la première fois, depuis 1982, que
l’Algérie sort avec les grands honneurs du
Mondial. En plus d’avoir franchi enfin le 2e
tour, les Fennecs ont réussi à faire douter les
Allemands qui ne doutent pourtant jamais…
N’était leur manque de fraîcheur physique,
les Algériens auraient pu réussir le gros lot
de battre à nouveau les Allemands sans que
personne crie au scandale. Non, il n’ y pas de
regrets à éprouver. Les Verts nous ont fait
rêver jusqu’ au bout. Ils se sont inclinés face
à l’Allemagne et c’est déjà presque une…
victoire. Après tout, les Allemands ont juste
eu leur revanche avec le même score (2 à 1).
Mais au bout de 120 mn !
Les Algériens ont bien usé les Allemands ;
aux Français de les achever, vendredi, en
quarts de finale. C’est un peu l’aspect positif
de la présence algérienne en France et vice
versa. Eh oui, les binationaux, ça pourrait
servir à quelque chose, hein Marine !
Jeudi 3 juillet 2014
AVANT-MATCH
El Watan
mondial
BRÉSIL - COLOMBIE
Un duel ArgentineBelgique en quart
Même pas peur, disent
les Cafeteros
PHOTO : D. R.
F
Alejandro Sabella
Marc Willmots
’Argentine de Lionel Messi
et la Belgique d’Eden Hazard, toutes deux qualifiées
mardi en prolongation pour les
quarts de finale du Mondial 2014,
s’affronteront samedi à Brasilia. La
Belgique a éliminé 2-1 les EtatsUnis à Salvador grâce à des buts
inscrits en prolongation par Kevin
De Bruyne (93’) et Romelu Lukaku (105’), Julian Green (107’) réduisant l’écart. Les Diables rouges
retrouvent les quarts de finale d’un
Mondial, 28 ans après leur dernier,
en 1986 au Mexique. Ils avaient
alors atteints les demi-finales, face
à... l’Argentine de Diego Maradona, avant de perdre la «petite»
finale face à la France. Au Brésil, ce
sont à nouveau les Argentins qui
se trouveront donc sur leur route.
Mardi à Sao Paulo, l’Albiceleste
a fait plier la Suisse au bout de
la prolongation (1-0 ap) sur une
passe décisive de Messi en faveur
de Di Maria (118’).
Le duel des n°10 entre le quadruple Ballon d’or argentin Lionel Messi et la pépite belge Eden
Hazard, samedi (17h) au stade
national Mané Garrincha de Brasilia, s’annonce savoureux. Mardi à
Salvador, les Belges ont exercé une
pression constante mais stérile sur
le but de Tim Howard, excellent,
qui n’a pu que repousser l’échéance.
Les vagues rouges se sont brisées
sur un mur blanc très compact,
qui n’a pas proposé plus qu’une
défense rigoureuse.
La tactique de Klinsmann aurait
pu s’avérer payante si son attaquant Chris Wondolowski (90’
+3’) n’avait pas dévissé sa frappe.
Mais c’est maître Wilmots qui s’est
montré décisif, comme en phase
des poules, avec un «coaching»
parfait. Lukaku, entré pour la
prolongation à la place d’Origi, a
accéléré sur l’aile droite pour servir
De Bruyne qui, après s’être débarrassé de deux défenseurs, a trompé
Howard d’un tir décroisé (93’).
Le milieu de Wolsburg a rendu la
politesse à l’attaquant d’Everton
pour le 2-0, en le lançant parfaitement dans la profondeur face à
Howard.
Mais la team USA n’a rien lâché.
Après le but de Green, d’une belle
reprise de volée (107’) deux minutes après son entrée, le capitaine
Clint Dempsey a buté sur Thibaut
Courtois (114’), qui n’avait rien
eu à faire jusque-là ! Les Américains jugeront sûrement cruel ce
dénouement. Pourtant, la victoire
des Belges est amplement méritée, tant leur domination a été flagrante.
L
Les joueurs colombiens à l’assaut de la Seleçao
les résultats qu’il fallait. Qu’il
n’ait pas été le meilleur aux yeux
des gens, c’est possible, mais s’il est
là c’est bien pour quelque chose»,
a-t-il dit.
COMME UN RÊVE
Sanchez ne veut pas non plus
se laisser obnubiler par Neymar. «C’est une star mondiale,
mais ce serait manquer de respect
(à l’équipe) de ne parler que de
lui. Cette sélection du Brésil a
beaucoup de vedettes, c’est donc
de l’équipe brésilienne que je
veux parler et pas seulement de
Neymar. D’ailleurs, pour ma
part, il va falloir que je marque
tout le monde à cause de la position que j’ai sur le terrain. Ce
sera une lutte contre tous, pas
seulement contre Neymar», a
ajouté le milieu de terrain. Et
d’ailleurs, la Colombie aussi a
ses étoiles montantes. «Nous
tombons sur un rival très dur,
une équipe du Brésil qui possède
de grands joueurs, mais elle aussi
doit penser que nous avons de
grands joueurs», a souligné le
n°10 James Rodriguez, meilleur buteur du Mondial avec
cinq buts, dont un sublime
face aux Uruguayens. «Nous
avons les armes», assure Sanchez, qui joue à Elche en Espagne. «Nous avons nos chances
de poursuivre l’aventure. Nous
pouvons faire mal à n’importe
quelle équipe. Nous allons tout
donner contre le Brésil», assuret-il. Même espérance chez
son coéquipier Carlos Valdes.
«Nous savons que nous affrontons un adversaire difficile, la
sélection, qui pour beaucoup de
gens, est la favorite, mais ce que
nous avons fait jusqu’ici, le travail que nous avons effectué et
les bons moments que sont en
train de vivre les joueurs nous
ont donné confiance», a-t-il dit.
«Tout a commencé comme un
rêve, comme une grande aventure, mais aujourd’hui, tout en
gardant les pieds sur terre, nous
sommes très contents de pouvoir
dire que nous avons de bonnes
possibilités d’aller plus loin», a-til ajouté.
AFP
L’Europe et les Amériques
se partagent le Brésil
LES AMÉRIQUES SE MAINTIENNENT
Au Mondial 2010 en Afrique du Sud, le
continent américain avait placé en huitièmes de finale sept représentants : Uruguay, USA, Argentine, Mexique, Brésil,
Chili et Paraguay. Au Mondial 2014
au Brésil, en huitièmes, les Amériques
avaient un représentant de plus : Brésil, Chili, Colombie, Uruguay, Mexique,
Costa Rica, Argentine et USA. En quarts
en Afrique du Sud, il ne restait plus que
quatre Sud-Américains : Brésil, Uruguay, Argentine et Paraguay. Au pays du
«futebol»-roi quatre ans plus tard, l’Amérique du Sud ne possède plus que trois
membres : Brésil, Colombie et Argentine
mais l’Amérique centrale place un invité
surprise avec le Costa Rica.
Les Etats-Unis n’ont pas pu battre la
Belgique mardi soir pour les rejoindre
(victoire belge 2-1 ap). La Seleçao ne
rassure pas vraiment et a souffert pour
se débarrasser du Chili en huitième de
finale aux tirs au but (1-1 ap ; 3 tab à 2).
Tout comme l’Argentine qui s’est fait
peur pour battre la Suisse en huitième
(1-0 ap). Ceux qui séduisent vraiment
sont les Cafeteros de Colombie emmenés
par leur «baby face killer», comme disent
les Anglais («tueur au visage d’enfant»),
James Rodriguez.
l’Europe n’avait placé que trois représentants en quarts : Pays-Bas, Allemagne
et Espagne. Cette année, elle fait mieux
avec la Belgique qualifiée, qui rejoint en
quarts la France, l’Allemagne et les PaysBas. Ce qui fait parler au Brésil, c’est la
résurrection de la France, quatre ans après
le fiasco et la honte, symbolisés par la fameuse grève du bus de Knysna. La presse
brésilienne tremble même pour la Seleçao, qui pourrait hériter en demi-finale
de ces Bleus si imprévisibles.
L’EUROPE FAIT MIEUX QU’EN 2010
Le vieux continent a perdu gros avec l’élimination au premier tour de deux têtes
de gondole, l’Espagne, tenante du titre
et l’Italie, vice-championne d’Europe en
titre. Sans compter la mauvaise publicité faite par la disparition du Ballon d’or
2013, Cristiano Ronaldo, qui a sombré
au premier tour avec le Portugal. Mais
l’Europe a maintenu son niveau de 2010
— Allemagne, Angleterre, Pays-Bas,
Slovaquie, Espagne et Portugal — avec
encore six représentants en huitièmes
de finale : France, Allemagne, Pays-Bas,
Grèce, Suisse et Belgique.
Il y a quatre ans en Afrique du Sud,
PHOTO : D. R.
L
’Afrique, qui a perdu ses deux représentants en huitièmes de finale
du Mondial 2014 au Brésil, laisse
la voie libre à l’Europe et aux Amériques
(centrale et du Sud) pour se partager le
tableau des quarts.
LA DÉCEPTION AFRICAINE
Sur le sol africain, en 2010, un seul représentant du continent, le Ghana, s’était
hissé en huitième de finale. Mais les Black
Stars avaient fait honneur à l’Afrique en
allant ensuite en quarts (stade jamais
dépassé par une équipe africaine). Ils
n’étaient tombés qu’aux tirs au but contre
l’Uruguay, où le «bad boy» Suarez s’était,
déjà, mal comporté en arrêtant une balle
de la main... L’édition 2014 du Mondial
au Brésil aurait pu être un grand cru pour
l’Afrique, qui avait logé pour la première
fois deux représentants dans le Top 16
mondial, le Nigeria et l’Algérie. Hélas,
aucun des deux n’a franchi l’écueil, respectivement éliminés en huitièmes de
finale par la France (2-0) et l’Allemagne
(2-1 ap). Petite consolation, l’Afrique
aura toujours fait mieux que l’Asie, qui
avait deux membres en huitièmes de finale il y a quatre ans — Corée du Sud et
Japon — mais aucun cette année.
NIGERIA
KESHI DÉMENT AVOIR
DÉMISSIONNÉ
L
e sélectionneur du Nigeria
Stephen Keshi a démenti
mardi soir avoir présenté sa
démission à la suite de l’élimination
de la sélection nigériane du Mondial par la France, 2 à 0 en huitième
de finale. «J’ai dit à mes joueurs que
c’était peut-être mon dernier match
avec l’équipe nationale parce que mon
contrat se termine avec la Coupe du
monde et qu’on ne m’en a pas proposé
un autre», a déclaré Keshi dans un
communiqué transmis par le chargé de presse de l’équipe. «J’ai été un
peu choqué que les médias disent que
j’avais démissionné. Les démissions
ne se font
pas sur les
journaux,
mais
de
façon formelle», a-t-il
ajouté.
Ancien défenseur central et capitaine du Nigeria, Keshi est à la tête de la sélection depuis 2011. Il a notamment
conduit l’équipe à la victoire à la
CAN-2013. A la fin du premier
tour du Mondial, il avait admis
«susciter l’intérêt d’autres pays, dont
l’Afrique du Sud». (APS)
QUARTS DE FINALE
Vendredi 4 juillet
1- Brésil - Colombie (21h) à Fortaleza
2- France - Allemagne (17h) à Rio de Janeiro
Samedi 5 juillet
3 - Pays-Bas - Costa Rica (21h) à Salvador
4 - Argentine - Belgique (17h) à Brasilia
Jeudi 3 juillet 2014
PHOTO : D. R.
PHOTO : D. R.
ière de son parcours
sans faute au Mondial, la Colombie n’a
aucune intention de se présenter en victime expiatoire
du Brésil, vendredi à Fortaleza, en quart de finale. «Peur ?
non. Du respect oui, parce que
c’est le Brésil, le pays organisateur, à cause de ses joueurs, de ses
entraîneurs et pour tout ce que
représente le Brésil», résume le
milieu de terrain Carlos Sanchez lors d’une conférence
de presse à Cotia, le camp de
base des Cafeteros, à une quarantaine de kilomètres de Sao
Paulo. Sortis premiers de leur
groupe avec trois victoires sur
la Grèce, la Côte d’Ivoire et le
Japon, les Colombiens ont de
nouveau séduit (2-0) en huitième face à des Uruguayens
dépassés par la vitesse des Rodriguez, Cuadrado, Zuniga et
Armero. Depuis le début de la
compétition, ce sont les «Cafeteros» qui pratiquent le «jogo
bonito» (beau jeu) et non les
Brésiliens souvent laborieux,
comme dans leur huitième de
finale gagnée aux tirs au but
face au Chili. Mais Sanchez,
surnommé «le roc», refuse de
tirer des conclusions hâtives
des hésitations brésiliennes. «Si
le Brésil est là, c’est qu’il a obtenu
5
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 7
L’ACTUALITÉ
FATWAS ANARCHIQUES ET LIBERTÉ DE CULTE
Le ministre veut «combattre
l’invasion sectaire»
R
UN DANGER : L’IDÉOLOGIE
La création de cette institution vise à mettre
fin à l’anarchie constatée dans l’émission des fatwas et, surtout, à contrecarrer
«l’invasion sectaire qui nous vient d’ailleurs». Il faut «immuniser la société contre
toutes ces dérives qui ciblent tous les pays
musulmans», a-t-il prévenu, ajoutant qu’il
s’agit d’une «invasion émanant de pays
occidentaux dont le but est de discréditer le
la mosquée. Tandis que la Grande mosquée
d’Alger sera «une mosquée pôle d’excellence», des répliques seront construites dans
toutes les wilayas du pays pour servir de
référence. Mais le ministre avertit : «Nous
sommes en République. Les mosquées ne
seront utilisées que pour la pratique religieuse.»
PHOTO : H. LYÈS
ecentrer le débat autour de l’islam pratiqué en Algérie, dépolitiser la religion
et bien former les imams : le nouveau
ministre des Affaires religieuses et des
Wakfs, Mohamed Aïssa, a de l’ambition. Invité mardi soir au forum du journal Liberté,
celui qui se présente comme le ministre de
«tous les cultes et pas seulement de l’islam»
veut créer une instance algérienne qui s’occupe des avis religieux afin de contrecarrer
«l’invasion sectaire» qui vient de l’étranger.
Pour cela, un conseil scientifique, chargé de
recentrer la pratique religieuse sur le «référent algérien» est en cours.
«Nous avons fait un premier pas à Ghardaïa.
Nous sommes en train d’inviter les chaînes
de télévision privées pour nous suivre et
donner aux Algériens des avis qui correspondent à l’islam pratiqué en Algérie», a
précisé le ministre.
Mohamed Aïssa est, en revanche, contre
l’idée d’instituer un mufti de la République.
«Le concept du mufti de la République n’est
pas propre à la pratique religieuse maghrébine et algérienne, c’est pour cela que nous
optons actuellement pour une institution
de concertation dans laquelle siègeront des
savants de l’islam», a-t-il dit. Il veut «un
conseil scientifique» qui regroupera, outre
les hommes de religion, «des médecins et
des sociologues, qui auront pour mission de
décréter des avis religieux», a-t-il précisé,
notant que le mufti, dont le projet n’a pas
abouti, «est envisagé comme chef de cette
institution».
Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses
discours religieux modéré». «L’implication
de l’idéologie dans la religion est extrêmement dangereuse», estime le ministre. M.
Aïssa donne l’exemple de ces imams qui ont
refusé d’accomplir la prière de l’absent à la
mémoire des militaires morts dans le crash
de l’avion militaire à Oum El Bouaghi. «230
imams ont été sanctionnés. Ils considèrent,
au nom d’une idéologie importée et qui sert
des intérêts occultes, que ces militaires sont
des impies !» rapporte Mohamed Aïssa.
Pour mettre fin aux dérapages extrémistes,
le ministre des Affaires religieuses compte
s’intéresser de près à la formation des imams
et des enseignants dans les sciences islamiques. «Nous avons trouvé un accord avec
le ministère de l’Enseignement supérieur
pour la création d’une licence d’imamat»
à l’Ecole normale supérieure, a précisé le
ministre. L’autre moyen qui sera utilisé pour
contrecarrer les fatwas «satellitaires» est
RÉOUVERTURE DES SYNAGOGUES :
«OUI, MAIS…»
Puisqu’il n’est pas uniquement ministre du
culte musulman, Mohamed Aïssa veut casser
des «tabous» concernant les autres religions,
notamment le judaïsme. Il a révélé dans ce
sens l’existence d’une communauté juive
algérienne qui «active dans nos quartiers».
«Il y a une communauté juive dans notre
pays. Elle a le droit d’exister. Son représentant, qui est un patriote, est en contact
permanent avec le ministère. Mais, pour des
raisons de sécurité, nous ne pouvons envisager la réouverture, dans l’immédiat, des
synagogues fermées», a affirmé le ministre.
Il rappellera que l’Algérie a même contribué à la restauration d’édifices religieux,
notamment chrétiens. «Nous avons participé
à la restauration de l’église de Notre-Dame
d’Afrique et celle de Saint Augustin à
Annaba. Nous n’avons aucun complexe làdessus. Mieux, nous n’avons pas l’intention
d’interférer dans la pratique religieuse des
autres», a rappelé le jeune ministre. Interrogé sur les actions publiques menées par les
non-jeûneurs durant le mois de Ramadhan,
le ministre renvoie à la Constitution. «Dans
le principe, la liberté de conscience est garantie par la Constitution. Le jeûne est une
pratique strictement privée. Donc, j’appelle
à la sagesse de tous», a-t-il indiqué.
«Certains veulent ghettoïser cette question
à une région. Pourtant, dans la vérité, la
wilaya de Tizi Ouzou compte le plus grand
nombre de mosquées, de zaouias et d’écoles
coraniques à l’échelle nationale !» a assuré
le ministre.
Ali Boukhlef
LE PST REND PUBLIC SON MÉMORANDUM
SUR LA RÉVISION CONSTITUTIONNELLE
«La démarche du pouvoir écarte
le peuple algérien»
L
e Parti socialiste des travailleurs (PST)
critique la démarche adoptée par le
pouvoir pour la révision constitutionnelle
et rend publiques ses propositions pour un
changement démocratique. Dans son mémorandum sur la révision de la Loi fondamentale du pays, rendu public hier, ce parti
dénonce l’exclusion du peuple. «Dans la
forme, comme en 2011 sous la conduite de
M. Bensalah, les concertations confiées à
M.Ouyahia se dérouleront à huis clos dans
un bureau de la Présidence, sans aucun
débat public libre et équitable. Encore une
fois, le peuple algérien est écarté du débat
et de l’élaboration de sa propre Constitution et sa souveraineté, consacrée dans
toutes les Constitutions depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, est
bafouée», regrette le PST, qui a décliné l’invitation d’Ahmed Ouyahia à prendre part
à ces consultations. Ce parti commence,
en effet, par analyser la démarche du pouvoir, dans la forme et dans le fond. Il met
en cause d’abord les lignes rouges fixées
aux acteurs politiques désirant émettre des
propositions pour enrichir le projet de la
nouvelle Constitution. «Lorsque les dispo-
sitions de l’article 178 de la Constitution,
relatives aux fameuses ‘‘constantes’’ nationales et les valeurs et principes fondateurs
de notre société ne sont pas concernées
par ces concertations et sont exclues du
débat au sein du peuple algérien, on est en
droit de savoir qui a décidé à la place du
peuple de ces ‘‘constantes’’ ? Lorsque l’on
qualifie la future Constitution révisée de
‘‘consensuelle’’, on est en droit de savoir
qui est l’autre partie de ce consensus pour
laquelle le peuple souverain doit faire des
concessions», souligne également ce parti,
précisant que le délai de 15 jours accordés
aux participants pour fournir leur contribution «traduit le caractère expéditif de cette
opération». Le PST critique également le
contenu des propositions d’amendements
transmises par les autorités qui, selon la
même source, se réduisent à des réaménagements techniques, tel que le retour à
la limitation des mandats présidentiels.
«Ces réaménagements n’apportent rien de
nouveau sur les questions essentielles qui
préoccupent et mobilisent quotidiennement
les masses populaires. Aucun progrès n’est
proposé au sujet des droits sociaux tels que
le logement, l’emploi, la santé, l’éducation,
le pouvoir d’achat, etc. Aucune avancée
n’est consacrée au sujet des droits démocratiques, tels que l’officialisation de tamazight ou l’égalité des droits entre l’homme
et la femme», déplore ce parti, qui émet une
série de propositions pour enclencher un
vrai changement.
Il demande d’abord un grand débat public,
libre et équitable, permettant au peuple
algérien de choisir librement le contenu
de sa Constitution et la levée de toutes les
entraves et les limitations aux libertés démocratiques. Le PST réitère, dans la foulée,
sa demande d’élection d’une Assemblée
constituante, d’adopter une Constitution
garantissant les libertés individuelles et
collectives. La même Constitution doit,
selon ce parti, «séparer l’Etat et l’école
de la religion, édicter l’égalité totale entre
les citoyens, en particulier entre l’homme
et la femme, et abroger toute législation
inégalitaire». «Cette Constitution doit aussi
imposer le respect de la diversité culturelle
en instituant tamazight et l’arabe comme
langues nationales et officielles», suggère
le PST.
Madjid Makedhi
RECUEILLEMENT
SUR LA TOMBE DE
MOHAMED BOUDIAF
Nacer Boudiaf
interpelle
le Président
es citoyens ont voulu commémorer le 22e anniversaire de la mort de Mohamed Boudiaf, ce 29
juin 2014. Cette année, notre peuple célébrera le
60e anniversaire de la glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954. Un 1er Novembre dont Mohamed Boudiaf, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Larbi
Ben M’hidi, Rabah Bitat et Krim Belkacem ont été les
premiers éléments de cette explosion du peuple algérien
contre plus d’un siècle d’injustice. Mais voilà que l’injustice rattrape Mohamed Boudiaf, 22 ans après son
lâche assassinat. L’injustice le rattrape car il a été, même
dans sa tombe, privé de sentir que le peuple n’a pas oublié son sacrifice et n’a pas oublié qu’il a été l’homme de
Novembre. Des ordres seraient venus d’en haut pour ne
pas permettre au peuple de se réunir avec «l’espoir» à El
Alia. J’aurais souhaité que des ordres soient venus de la
Présidence pour instruire le jeune ministre des Moudjahidine et le secrétaire général de la vieille Organisation
des moudjahidine pour aller, en votre nom, commémorer l’anniversaire de «l’acte isolé». Mais voilà que de
simples citoyens, simples comme l’a toujours été Mohamed Boudiaf, sont rentrés déçus, le premier jour du mois
sacré de Ramadhan, assoiffés d’avoir été exposés au soleil et assoiffés par tant d’injustices dont souffre le
peuple et dont a souffert Mohamed Boudiaf. Dans la vie,
il y a un temps pour vivre et un temps pour quitter la vie.
Mohamed Boudiaf a choisi le chemin difficile durant
toute sa vie. Il n’a jamais demandé que sa tombe soit recouverte de tant de tonnes de marbre car il se serait
contenté d’une simple tombe, simple comme celle du
peuple, et que le peuple peut venir visiter à tout moment.
De par son itinéraire historique, Mohamed Boudiaf et
les autres grands leaders de la Révolution, que j’ai cités
plus haut, n’appartiennent plus à leurs familles ni à leur
parti ni encore moins au «pouvoir» ; ils appartiennent à
tout le peuple algérien et, de ce fait, le peuple a le droit
d’aller se recueillir sur leurs tombes tout au long de
l’année. Un cri contre l’injustice. Sera-t-il entendu par le
premier magistrat du pays ? Je l’espère. Nacer Boudiaf
D
BAC 2014
Résultats
disponibles sur
le site de l’ONEC
A
nnoncés initialement pour dimanche prochain, les
résultats du baccalauréat 2014 sont disponibles depuis hier sur le site web de l’Office national des examens
et concours (ONEC) : www.onec.dz. Les quelque 650
000 candidats qui ont passé les épreuves de cette session
peuvent ainsi consulter leurs résultats gratuitement sur
ce site en insérant seulement leur numéro d’inscription.
L’ONEC, via un communiqué, avait pourtant annoncé,
jeudi dernier, que les résultats du baccalauréat seraient
disponibles exclusivement sur son site électronique le 6
juillet. C’était alors une réponse à des «rumeurs» colportées dans la presse que l’Office voulait démentir. Il n’en
demeure pas moins que depuis hier dans la journée, de
nombreux candidats à cet examen ont pu découvrir les
résultats sur le site de l’ONEC et certains les ont même
relayés sur les réseaux sociaux. C’est donc la fin du suspense pour les milliers de candidats qui attendaient dans
l’angoisse de découvrir leurs résultats sur internet ou,
comme au bon vieux temps, sur les feuilles affichées
dans leur établissement. Les résultats seront affichés
dans les lycées pour les scolarisés et aux directions de
l’éducation pour les candidats libres. Parallèlement, les
listes des admis seront affichées dans les académies.
Au total, 657 026 candidats dont 450 374 scolarisés et
206 652 libres étaient inscrits au bac 2014. L’ONEC a
recensé 2551 candidats issus des écoles privées, 280
personnes aux besoins spécifiques, 833 étrangers et
2432 issus de centres de rééducation. 120 000 enseignants étaient chargés de la surveillance des examens,
34 000 de la correction et 16 000 autres de l’observation.
A l’instar des années précédentes, le ministère de l’Education nationale avait proposé deux sujets au choix pour
chaque matière. Et si jusque-là aucun détail n’a filtré sur
le taux de réussite, le Conseil des lycées d’Algérie
(CLA) l’avait estimé, il y a quelques jours, à 45% à
l’échelle nationale. Ce taux était de 44,72% au bac de
juin 2013, en baisse par rapport à celui de 2012. R. B.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 8
ÉCONOMIE
EXPORTATIONS DE L’ALGÉRIE PAR GAZODUCS
SOCIÉTÉ
D’ASSURANCE
Baisse de 18% selon BP
● Les exportations via gazoducs, essentiellement destinées à l’Europe, notamment l’Espagne
et l’Italie, sont passées de 34,2 milliards de mètres cubes en 2012 à 28 milliards de mètres cubes
en 2013, soit un recul de 18%.
L
e secteur algérien des hydrocarbures a enregistré, à la clôture de
l’exercice 2013, des résultats en
demi-teinte. Les chiffres publiés récemment, dans le cadre de la Revue
statistique annuelle du groupe pétrolier BP, sont, à ce titre, édifiants. Si
les données présentées affichent un
retour appréciable de la croissance
de la production de pétrole, il n’en
est rien du côté du gaz, de même que
les exportations globales d’hydrocarbures, grevées par la forte croissance
de la consommation interne et la faiblesse de la demande en Europe, font
pâle mine.Si le niveau des réserves
prouvées se maintient, d’année en
année, à 12,2 milliards de barils pour
le pétrole et à 4 500 milliards de
mètres cubes pour le gaz, il faudra
noter que l’Algérie détient 1,7%
des réserves mondiales en pétrole et
2,4% des réserves mondiales en gaz.
L’amont pétrolier a, d’ailleurs, enre-
gistré de brillants résultats durant
l’exercice cible avec une hausse de
2,7% de la production, laquelle est
passée de 1,537 million de barils/jour
(mbj) à 1,575 mbj.
LA DEMANDE INTERNE
CROISSANTE
Cependant, cette hausse de production ne sera malheureusement pas
grandement répercutée sur le niveau
des exportations et ce, en raison
d’une demande interne en pétrole
sans cesse croissante. Celle-ci a,
d’ailleurs, augmenté de 5% en 2013,
passant de 368 000 b/j à 386 000 b/j.
La Revue statistique de BP fait,
également, ressortir le fait que la
production de gaz en Algérie a enregistré une nouvelle baisse de 3,3%
au cours de l’exercice 2013. Une
baisse de la production à mettre sur
le compte d’une demande qui ne
décolle pas sur le marché européen,
marché naturel du gaz algérien, dans
un contexte marqué par une reprise
qui tarde à s’installer en zone euro.
La baisse pourrait également être liée
à l’attaque contre le site de Tiguentourine à In Amenas et qui a induit
des perturbations de la production
dans le grand sud algérien.
A ce recul de la production, se greffe,
aussi, une hausse constante de la demande en gaz sur le marché interne
laquelle a crû de 4,3% en 2013. S’il
est vrai que la problématique de la
consommation interne commence à
causer du souci aux responsables du
secteur, celle-ci dispose d’une importante marge de manœuvre, d’autant
plus que l’Algérie figure parmi les
consommateurs médians d’énergie
avec des moyennes de consommation
per capita variant entre 1 et 1,5 tonne
équivalent pétrole (tep) de gaz, loin
derrière les gros consommateurs des
pays industrialisés, dont la demande
en gaz per capita dépasse les 2 millions de tep. En tout état de cause,
le niveau des exportations de gaz
algérien ne prête en aucun cas à jubilation. Les exportations via gazoducs
essentiellement destinées à l’Europe,
notamment l’Espagne et l’Italie, sont
ainsi passées de 34,2 milliards de
mètres cubes en 2012 à 28 milliards
de m3 en 2013, inscrivant ainsi un
recul de 18%. Il en est de même
pour le GNL pour lequel les exportations algériennes sont passées de
15,3 milliards de mètres cubes à 14,9
milliards de mètres cubes, inscrivant
un recul de près de 3%.
Pis encore, l’Algérie semble largement supplantée par la Russie qui a
augmenté ses exportations de gaz par
pipes pour les porter à plus de 211
milliards de mètres cubes et le Qatar
qui, de son côté, a porté ses exportations de GNL à plus de 105 milliards
mètres cubes.
Melissa Roumadi
GUILLAUME ALMERAS, CONSULTANT À JFC CONSEIL
L’Algérie face au «risque
d’appauvrissement»
L
’Algérie court un «grand risque d’appauvrissement» en dépit des réserves de change couvrant
trois années d’importations, prévient Guillaume
Almeras, consultant indépendant associé au groupe
d’analyse JFC Conseil. L’économie du pays offre
«un véritable cas d’école du fait de sa simplicité : une
pure économie de rente où les hydrocarbures assurent
(directement) 35% du PIB, 97% des exportations et
60% des rentrées fiscales», écrit M. Almeras dans une
analyse publiée sur econostrum.info, un site dédié à
l’actualité économique en Méditerranée. D’après lui,
cette situation n’a pratiquement pas changé depuis au
moins vingt ans. «Malgré un assez fort soutien public,
l’investissement productif s’est réduit à rien. L’Algérie importe plus que jamais la plupart de ses biens
manufacturés (télés, voitures, médicaments, …) et une
bonne part de ses denrées alimentaires (céréales)»,
relève-t-il, soulignant que «toute baisse de la demande
ou du prix des hydrocarbures étant à même de rapidement dégrader l’excédent commercial, comme l’année
dernière (-48,5%), les importations doivent être contenues.» Par conséquent, c’est l’économie qui prend un
sérieux coup. «Il n’y a pas là seulement une ‘‘confis-
cation’’ de la rente au profit de quelques privilégiés,
comme on le dénonce souvent, mais une contrainte
économique plus large», explique encore ce consultant. Le problème, à ses yeux, tient «tout à la fois de la
volatilité des prix des exportations algériennes et de la
proximité géographique et culturelle des populations
algérienne et européenne, conditionnant des aspirations à un niveau de vie qui ne peut être atteint pour
l’essentiel de la population et que les équilibres économiques vont rendre de moins en moins accessible».
Guillaume Almeras impute «la faille» de ce système
de rente à l’euro.
«Sa création a représenté une très mauvaise nouvelle
pour l’Algérie, ses principaux fournisseurs européens
se retrouvant dotés d’une monnaie forte par rapport
au dollar, la devise dans laquelle ses exportations
sont payées, provoquant un renchérissement équivalent de ses importations. C’est là une réalité qu’ont
totalement refusé de voir les thuriféraires de l’Euromed», avance-t-il. Face à cette situation, l’Algérie a
commencé à se détourner de plus en plus de l’Europe
en se rabattant sur la Chine, devenue son premier fournisseur depuis l’année dernière. Cependant, «à terme,
cette solution ne changera rien», juge le consultant de
JFC Conseil. Pour étayer son argumentaire, il soutient
que «la Chine investit d’abord à travers ses exportations, ce qui signifie que l’Algérie devra payer la montée en gamme des produits chinois, ne pouvant que
difficilement leur trouver des substituts bas de gamme.
Dépenser plus pour consommer moins ou consommer
moins bien : l’appauvrissement».
Pour le consultant, face à un tel scénario, il est difficile
de juger comment s’en sortir tant «le pays est étrange !»
Alors que la hausse des prix du pétrole créait un afflux
de richesses «inespéré», l’Algérie a choisi de réduire
«drastiquement» son endettement extérieur et a mis
«précautionneusement» ses excédents commerciaux
en réserve, s’imposant ainsi «une austérité que le FMI
n’aurait jamais osé exiger de la Grèce», s’étonne-t-il.
Pour conclure, il affirme que le problème n’est pas
économique. «L’Algérie ne manque ni de ressources
ni de besoins. Pour lancer l’investissement productif,
une cellule psychologique serait sans doute plus utile,
pour soulager de son anorexie un pays qui refuse
apparemment de grossir, de grandir», note Guillaume
Almeras.
H. L.
Le
Mutualiste
augmente
son fonds
L
e Mutualiste, société
d’assurance de personnes,
filiale de la Caisse nationale
de mutualité agricole (CNMA),
a procédé à l’augmentation de
son fonds d’établissement qui
passe de 600 à 800 millions
de dinars, a indiqué le Conseil
national des assurances (CNA)
sur son site internet. Cette
augmentation intervient en
application des résolutions des
assemblées générales ordinaire et
extraordinaire de la filiale tenues le
20 juin 2013, est-il indiqué.
La même source précise que «cette
étape du développement de cette
société, de création relativement
récente, confirme son ambition
de prendre de l’ampleur et de
l’expansion au sein du marché
national des assurances de
personnes».
Le secteur des assurances en
Algérie a réalisé durant le premier
trimestre 2014 un chiffre d’affaires
de 33,7 milliards de dinars, en
hausse de 7% par rapport à la
même période de 2013, selon le
CNA. Les assurances dommages
ont continué à produire l’essentiel
des primes avec une part de
marché de 94,5% durant les trois
premiers mois de l’année (94,6%
en 2013), le reste, soit 5,5%, ayant
été généré par l’assurance des
personnes (AP), qui a ainsi vu
son chiffre d’affaires augmenter
de 9,3% à 1,8 milliard de dinars
contre 1,7 milliard de dinars durant
le premier trimestre 2013. Avec
l’arrivée de nouvelles sociétés
d’assurances de personnes –
Caarama (filiale de la CAAR), SAPS
(filiale de la SAA et du français
Macif), TALA (filiale de la CAAT),
AXA Assurance qui a créé une
filiale en Algérie ainsi qu’une jointventure CNMA-Salama AssurancesAlgérie – le marché algérien
des assurances est aujourd’hui
composé de 23 compagnies. APS
NOUVEL OUVRAGE DE HAYET BOUILEF
La fiscalité ordinaire en question
C
omment agir sur l’environnement économique et sur le système fiscal en Algérie
pour améliorer les rendements de la
fiscalité ordinaire et parvenir, ainsi,
à en faire un substitut aux ressources
d’hydrocarbures qui dominent le budget de l’Etat ?
C’est cette problématique majeure,
mettant en jeu le devenir même de
l’économie nationale, que tente d’appréhender la fiscaliste Hayet Bouilef
dans son ouvrage intitulé La mobilisation des ressources publiques par la
fiscalité ordinaire en Algérie, paru tout
récemment aux éditions ENAG.
Alliant analyse didactique et connaissances pratiques de la chose fiscale en
Algérie, l’auteure, forte de son expérience professionnelle en tant qu’inspecteur central des impôts, mais aussi
de son statut de doctorante à l’université Paris-
Dauphine (France), propose de nouvelles
pistes de réflexion et de réformes pour donner
à la fiscalité ordinaire un rôle autrement plus
prépondérant dans la structure des finances
publiques.
Tout en démontrant qu’une bonne part des
dépenses de l’Etat est couverte par une fiscalité pétrolière qui risque, à terme, de sensiblement s’amenuiser, voire de se tarir, Hayet
Bouilef suggère, en substance, de nécessaires
réformes structurelles devant porter sur la
mise en œuvre d’une stratégie de valorisation
du contrôle fiscal, le renforcement du recouvrement de l’impôt mais, aussi, l’amélioration
du traitement du contentieux fiscal.
Somme toute, note l’avocat et fiscaliste Ahmed Sadoudi, en avant-propos de l’ouvrage,
«l’auteur préconise la modernisation du système fiscal à la fois dans son cadre juridique,
organisationnel et fonctionnel», ainsi que
«la nécessité d’améliorer les relations entre
l’administration et le contribuable», tout en
incitant ce dernier «à avoir plus de civisme fiscal pour un meilleur consentement à l’impôt».
L’ouvrage, au demeurant souligné par le même
fiscaliste, met également en avant l’urgence de
mener une lutte sans merci contre l’économie
informelle, l’évasion et la fraude fiscales qui
constituent, rappelle-t-il, des fléaux malheureusement avérés dans le contexte économique
algérien.
Aussi, l’amélioration des rendements de la
fiscalité ordinaire, suggère en définitive Hayet
Bouilef, constitue à la fois un objectif de survie des finances publiques, tout en se révélant
être un enjeu de réforme impliquant les fondements même de l’économie nationale dans son
ensemble.
Akli R.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 9
ALGER INFO
LE CARREFOUR DES ARTISTES INAUGURÉ PAR LA WILAYA D’ALGER
Du chaâbi jusqu’à plus
soif à la Pêcherie
● Mourad Djaâfri donnera ce soir le coup d’envoi du programme artistique, spécial chaâbi, concocté par
l’établissement de wilaya Arts et culture. Les concerts commenceront à partir de 23h, après la prière des tarawihs.
Nouvel espace artistique ouvert
au public
PHOTOS : D. R.
L
a Pêcherie d’Alger, fermée aux
Algérois, renoue avec la fête. Le
lieu, aménagé du temps de l’ancien gouvernorat et dont les voûtes
ont été longtemps squattées par les
familles, est réoccupé par la wilaya,
qui y a aménagé un espace baptisé Le Carrefour des artistes. Pouvant accueillir jusqu’à 400 convives,
l’endroit, une terrasse et un café,
surplombant le port de pêche, verra
l’organisation tout au long du mois
de Ramadhan de concerts musicaux.
L’établissement de wilaya Arts et
culture, auquel est confié la gestion
des lieux, a concocté un programme
exclusivement chaâbi dont le coup
d’envoi sera donné ce soir par Mourad Djaâfri. S’y produiront durant les
soirées de vendredi et samedi, Abdelmadjid Meskoud et Abderrahmane
El Qobbi. Aziouez Raïs, Abdelkader
Chaou, Hocine Dris, Didine Karoum,
Rachid Boudjellab, Abdelkader Chercham sont les quelques autres artistes
algérois, qui se relayeront à partir de
23h sur sur la belle scène du Carrefour inauguré la semaine dernière
par la ministre de la Culture, Nadia
Labidi, accompagnée du wali d’Alger,
Abdelkder Zoukh, dont les services
s’étaient chargés d’aménager à grands
frais les équipements fermés aux
LE 5 JUILLET FÊTÉ À LA GRANDE-POSTE
L’établissement Arts et culture a programmé un gala spécial à l’occasion du 52e
anniversaire de l’indépendance. L’esplanade de la Grande-Poste accueillera à
partir de minuit (soirée du 4 au 5 juillet) un gala animé par Lyes Ksentini, Salim
Chaoui, Samy Ziriab et Ghiles. Signalons que les structures de l’EPIC devront
recevoir des artistes durant tout le mois sacré.
Algérois. Zoukh assure que l’endroit,
accessible à partir du quartier du
square Port Saïd, ne devra pas fermer
après le mois sacré. Zoukh a tenu à
rassurer qu’un programme musical,
plus varié, est prévu jusqu’à la fin de
la saison estivale.
Les voûtes du port devront aussi être
occupées par des artistes. Sentant la
moisissure, malgré le coup de peinture récent, sommairement retapés,
les espaces, plus de 200, devront être
ouverts aux plasticiens, aux musiciens, etc. «Mon père avait un studio
à cet endroit de la Pêcherie à l’époque
coloniale déjà. Il avait comme voisins des Français, des petits Blancs,
qui travaillaient au port ou dans des
restaurants. A l’indépendance, des
familles de La Casbah ont vite occupé
les lieux avant que les autorités ne
décident de les reloger», raconte, avec
une pointe de nostalgie, l’accompagnatrice de la ministre, qui a parcouru
à pied les allées.
Toute cette partie du port connaît des
travaux : une clôture en dur est déjà
installée, le port de pêche connaît des
aménagements, qui ne sont pas du
goût des pêcheurs, qui assurent que
leurs quais se sont réduits comme
peau de chagrin. Fermés aux plaisanciers, la Pêcherie s’est dégradée. Les
quelques personnes qui y avaient leurs
quartiers ne s’y aventurent presque
plus. Les restaurants qui ont leurs
habitués peinent à renouveler leur
clientèle.
Nadir Iddir
SUR LE VIF
OUVERTURE
AUX
FIDÈLES
DANS
12 MOIS
L
a mosquée Ketchaoua
(Alger), qui a subi des
travaux de réhabilitation,
sera rouverte dans 12
mois, a annoncé, mardi
soir à Alger, le ministre
des Affaires religieuses
et des Wakfs, Mohamed
Aïssa. «L’ancienne mosquée marquant l’époque
ottomane en Algérie sera
ouverte à la fin des travaux de réhabilitation et
de restauration prévue
dans 12 mois», a précisé
le ministre au forum du
quotidien Liberté.
La mosquée Ketchaoua,
mélange de styles architecturaux romano-byzantin et arabo-turc, a été
bâtie vers 1613 et agrandie
en 1794 par le dey Hussein. Elle n’a pu retrouver
sa vocation de lieu de culte
musulman qu’à l’indépendance du pays en 1962.
Démolie en 1832 par les
Français et transformée
en cathédrale, la mosquée
Ketchaoua qui menaçait
ruine en raison des forages, a subi des travaux
de réhabilitation à titre
gracieux par une entreprise turque, a précisé le
ministre. La décision de
restaurer cette mosquée,
fermée depuis 2006, a été
prise à l’issue de l’accord
signé entre le Premier ministre, Abdelmalek Sellal,
et son homologue turc,
Recep Tayyip Erdogan,
lors de la visite de ce dernier à Alger en septembre
2013.
R. A. I.
24 HEURES
EFFORT
TAMENTFOUST :
LE COMMERCE INFORMEL
REPREND
PHOTO : ELWATAN
Des jeunes sont recrutés pour redonner à la capitale sa blancheur
légendaire. Le résultat tarde à venir.
MOSQUÉE
KETCHAOUA
En ce mois sacré de
Ramadhan, les marchands
informels envahissent les
moindres espaces urbains
pour écouler leurs
marchandises. A l’entrée de
la ville de Tamentfoust, des
étals de fortune sont
installés sur les trottoirs,
obligeant les piétons à
marcher sur la chaussée. A
Souachet, sur la nouvelle
route qui mène à Rouiba par
le stade, des marchands de
fruits et légumes ont installé
leurs étals sur le bas-côté de
la route. Des automobilistes
s’arrêtent pour faire leurs
emplettes et créent des
embouteillages. En plus des
fruits et légumes, ces
marchands informels
proposent à la vente de la
viande de mouton exposée à
l’air libre. Le lait est
également proposé à la vente
conditionné dans des
bouteilles en plastique sales.
En l’absence d’espaces de
vente réglementaires, les
marchands informels
continueront d’occuper les
espaces publics. D’après un
responsable de l’Union
générale des commerçants et
artisans algériens (UGCAA),
«les pouvoirs publics ont
prévu entre 2010 et 2014 la
réalisation d’un millier de
marchés de proximité. Ils
n’en sont qu’à 40% de
réalisation».
SCOUTS MUSULMANS
ALGÉRIENS : 30 RESTOS
DE LA RAHMA OUVERTS
Dans la wilaya d’Alger, 30
restaurants seront ouverts
par les Scouts musulmans
algériens au profit des
jeûneurs à travers 20
communes durant le
Ramadhan, avec 3900 repas
chauds par jour, apprend
l’APS. Les scouts assureront
la livraison à domicile de
repas aux familles
nécessiteuses.
Les SMA ont ouvert, à
l’occasion du mois sacré de
Ramadhan, 131 restaurants à
travers 34 wilayas, outre la
distribution de repas chauds
aux sans-abri. «En vue de
promouvoir les actions de
solidarité menées par les
SMA, 1558 scouts bénévoles
distribueront
quotidiennement 16 080
repas chauds et complets
aux nécessiteux et aux
voyageurs de passage», a
indiqué mardi un
communiqué des scouts.
HORAIRES DES PRIÈRES Alger
et ses environs
JEUDI 3 JUILLET 2014
Fadjr……..… 03:36
Chorouk.....…. 05:34
Dohr………… 13:20
Asser……….. 16:42
Maghreb….. 20:14
Îcha……....... 21:54
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 9
ORAN INFO
BIR EL DJIR
ÉDUCATION
LA VOIRIE URBAINE
SERA RÉHABILITÉE
1 154 enseignants seront
recrutés à Oran
U
PHOTO : ABDELKRIM B.
● Le recrutement se fera suite à un concours organisé par la direction de l’Education. Le dépôt de
dossiers de demandes de participation aux épreuves de ce concours, fixé pour le 23 juillet prochain,
a débuté dimanche dernier et durera une quinzaine de jours.
La direction de l’éducation d’Oran
U
n autre concours de recrutement sera
organisé par la direction de l’Education de la wilaya d’Oran. 1.154 postes
budgétaires ont été ouverts par la Fonction
publique. 607 postes seront ouverts pour
le cycle primaire, dont 571 pour les enseignants des matières d’arabe. Concernant le
cycle moyen, 286 postes budgétaires dans
les matières maths, français, dessin, sciences
naturelles, éducation physique, musique,
entre autres. Aussi, 261 postes budgétaires
ont été ouverts dans l’enseignement secondaire répartis sur les différentes matières : les
mathématiques, la langue arabe, l’anglais,
les matières des sciences naturelles et la physique, entre autres.
Le dépôt de dossiers de demandes de participation aux épreuves de ce concours fixé
pour le 23 juillet prochain a débuté dimanche
dernier et ce, pendant 15 journées ouvrables.
L’étude des recours, qui seront introduits pour
les cas de rejet des dossiers de candidatures,
se fera le 20 juillet.
Des placards publicitaires ont été affichés en
début de semaine. La direction de l’Education
de la wilaya d’Oran a organisé, le mois d’août
dernier, un concours pour le recrutement
de 778 enseignants pour le compte des trois
cycles au titre de l’année scolaire 2013/2014,
rappelle-t-on.
Zekri S.
HABITAT PRÉCAIRE
9 000 familles relogées avant fin décembre
«Les demandes de recours introduites par les demandeurs de logements seront étudiées». C’est ce qu’ont promis les autorités locales.
Depuis le début des opérations de relogements, la contestation gagne
du terrain chez les familles écartées des listes des bénéficiaires. Le
chef de l’exécutif a rassuré les habitants, notamment ceux ayant introduit des demandes de recours des quartiers d’Ed-Derb, Médioni et El
Hamri que toutes les demandes seront examinées. Les demandeurs
exigent que des décisions de pré-affectation leur soient remises afin de
s’assurer qu’ils sont concernés par le relogement. La wilaya envisage,
d’ici la fin de l’année, en finir avec une bonne partie du programme de
relogement avec la distribution de quelque 9 000 logements sociaux à
leurs bénéficiaires. Le programme prévoit le relogement de quelque
3 404 détenteurs de ces décisions de pré-affectation à partir du mois
d’août, juste après le Ramadhan. Sur les 3 404, 1 087 familles seront
relogées fin août, 616 autres bénéficiaires seront relogés en octobre et
le reste des familles, soit 1701, sera relogé avant la fin du mois de décembre. Outre les détenteurs des décisions, le relogement a également
ciblé les sinistrés occupant des immeubles en ruine et recensés avant
2007. 10 000 sinistrés à travers sept secteurs urbains ont été relogés
une semaine avant le Ramadhan.
F. A.
ACCIDENTS DOMESTIQUES
Une fillette de 3 ans mortellement brûlée
L
es accidents domestiques prennent de plus
en plus d’ampleur durant ce mois de Ramadan.Viennent en tête de liste les brûlures :
depuis le début du mois sacré, l’établissement
hospitalier spécialisé en pédiatrie de Canastel
reçoit quotidiennement des enfants victimes
de brûlures de différents degrés.
Hier matin, une fillette âgé de 3 ans a rendu
l’âme au niveau de cette structure, a-t-on
appris d’une source médicale. La victime a
été admise le premier jour du mois de Ramadan, suite à l’explosion d’une bouteille de gaz
butane. Alors que durant les quatre derniers
jours, une dizaine d’enfants ont été admis
pour brûlures graves.
Ils ont présenté des brûlures du troisième
degré, ils ont été ébouillantés: des marmites
de harira, des théières, de l’huile chaude se
sont renversées sur eux. Les brûlures thermiques (allumettes, four, tabouna) représentent 46,2% des accidents de cuisine. C’est
sans doute parce que les femmes algériennes
passent énormément de temps à la cuisine et
sont en général toujours absorbées par leurs
tâches à l’approche de la rupture du jeûne
que ces accidents arrivent. Les brûlures surviennent dans la cuisine dans 73,5% des cas.
Puisque l’espace cuisine connaît une forte
concentration d’activité durant les heures
précédant l’adhan, ce qui multiplie le risque
d’accident. Il est donc nécessaire, conseillet-il aux femmes, de ne pas laisser les enfants
transformer la cuisine en aire de jeu. Une
seconde d’inattention et les conséquences
sont dramatiques.
Nayla Hammoud
ne enveloppe de l’ordre de 30 milliards de centimes a été octroyée par
la wilaya d’Oran à la daïra de Bir El Djir
pour des travaux de réhabilitation de la
voie urbaine. Ces travaux concernent en
partie la réhabilitation des voies d’accès
et de communications à travers les sites
de 20 coopératives immobilières ainsi que
350 lotissements implantés depuis des
décennies qui sont situés au chef-lieu de
daïra ainsi qu’à Sidi El Bachir et Belgaïd.
Le wali d’Oran, Mr Abdelghani Zâalane,
en compagnie du P/APW et du secrétaire
général, a effectué, mardi, une visite d’inspection dans deux principaux sites d’habitat pour s’enquérir de l’état d’avancement
des travaux et des moyens matériels et
humains mis en place par les entreprises
en charge de opérations de réhabilitation
menées sous l’égide de la Direction de wilaya des travaux publics. Sur place, après
avoir été à l’écoute des doléances des habitants, il a invité les entreprises à achever les
travaux de réhabilitation des voies urbaines
et de tenir compte de la remise en état des
réseaux d’assainissement ou d’alimentation en eau potable dans les délais prévus.
Auparavant, le wali a visité le chantier de
réalisation de la salle omnisports de 1000
places de Belgaid, située à proximité du
futur complexe sportif d’Oran en cours de
réalisation. Ce projet, indique-t-on, était
à l’arrêt depuis 2010. Selon le Directeur
de la Jeunesse et des Sports, cette salle
omnisports, qui viendra combler prochainement un vide en matière d’infrastructure
sportive et culturelle au profit des jeunes
de cette localité, sera réceptionnée dans
le courant du 1er trimestre 2015. Elle a
nécessité un montant de l’ordre de 16
milliards de centimes. Tegguer Kaddour
OÙ SORTIR CE SOIR ?
◗ IDRH (CANASTEL), VENDREDI
À 22H30 : Conférence «Les
politiques d’enseignement des
langues», animée par
Mohammed MILIANI, professeur
de Lettres, Langues et Arts à
l’université d’Oran.
◗ CAFÉ-THÉÂTRE «DAR D’ART»
(GAMBETTA) À 22H : Spectacle
d’improvisation assuré par la
troupe d’humoristes «les drôles
Madaire».
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PRIÈRES
Fajr
Dohr
Asr
Maghreb
Isha
04h04
13h07
16h56
20h23
10h03
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 9
SÉTIF INFO
SANTÉ
La médecine légale,
le parent pauvre…
● Confondue le plus souvent avec la morgue, cette spécialité est désormais sollicitée
pour élucider les affaires judiciaires les plus compliquées.
PHOTO: EL WATAN
M
éconnue par le grand
public, faute d’information à ce sujet, la médecine légale est
considérée, péjorativement,
par certains professionnels
de la santé comme la « médecine du mort ». Certains vont
jusqu’à la confondre avec la «
morgue », un espace relevant
du bureau des entrées des
établissements hospitaliers.
D’après, la professeur Saadia
Benkobbi (voir entretien), une
telle spécialité est, de par ses
différentes branches (victimologie, toxicologie, réparation du dommage corporel et
autres) beaucoup plus la médecine du vivant. Il convient
de savoir que la médecine
légale intervient dans divers
cas de violences (agressions,
violences routières et sexuelles). Elle est sollicitée pour
élucider de graves problè-
Le service accuse un déficit en matière d’encadrement
mes judiciaires. Ce n’est pas
tout, elle intervient aussi dans
l’établissement ou le rétablissement d’une filiation, dans la
détermination de l’âge d’une
personne quand celui-ci se
trouve non déterminé. Elle
met en outre un terme à l’ambigüité concernant l’identité
sexuelle d’un inconnu. En
dépit des services rendus à
la société, la médecine légale
est non seulement méconnue
mais demeure en Algérie, le
parent pauvre de la médecine,
alors que sous d’autres cieux,
une telle spécialité est bien
cotée et valorisée à la fois. Pis
encore, à Sétif elle souffre
d’innombrables problèmes
qui n’arrangent pas les affaires des étudiants, des proches
de victimes et des deux médecins ne pouvant être à la
fois, au four et au moulin. Il
s’agit principalement de la
domiciliation du service sur
deux sites différents et éloignés, une aberration qui rend
la tâche difficile aussi bien
aux usagers qu’aux étudiants.
Par ailleurs, l’encadrement
du service souffre lui aussi
du manque sachant que la
demande est très importante
compte tenu de la population
de la wilaya, qui dépasse le
million d’habitants. A quand
un redressement de la situation ?
K. B.
ENTRETIEN
SAÂDIA BENKOBBI. Professeur est Médecin chef du service de
médecine légale au CHU Saâdna Abdennour
«Un service ne peut fonctionner
avec uniquement deux médecins »
Propos recueillis par Kamel Beniaiche
L
a médecine légale est sollicitée pour éclairer
la justice au pénal comme au civil à chaque
fois par exemple lorsqu’il y a atteinte à l’intégrité
physique, sexuelle, mentale…etc. Elle intervient
aussi dans l’établissement ou le rétablissement
d’une filiation ou dans la détermination de l’âge
d’une personne. Et à chaque fois aussi qu’il ya
besoin d’évaluer le dommage corporel d’une
personne dans un but de réparation. Malgré les
services rendus à la société, la médecine légale
reste en Algérie confinée et perçue dans l’esprit d’une partie de
la population et même dans celui de certains professionnels de la
santé comme seulement « La médecine du mort », allant jusqu’à
confondre le service de médecine légale avec La morgue. La
médecine légale est au contraire beaucoup plus la médecine du
vivant de par ses différentes disciplines. En un mot, la médecine
légale n’est pas la morgue…
Peut- on avoir des statistiques concernant vos diverses activités ?
Nous recevons au niveau de notre unité des urgences médicojudiciaires, qui se trouve dans une annexe du CHU de Sétif à la
cité Tlidjene, les victimes de divers types de violence : physique, sexuelle et exceptionnellement morale. Nous examinons et
établissons des rapports médico-judiciaires pour 9000 à 10 000
patients/an en moyenne. Nous avons dépassé les 12 000 patients
par an. La violence sexuelle va crescendo d’année en année avec
en moyenne 200 victimes/an, dont la plupart sont des enfants et
de jeunes adolescents de sexe masculin, beaucoup plus que le
sexe féminin. Quand à notre activité thanatologique (pratique
d’autopsie) qui se trouve dans l’enceinte du CHU Saâdna Abdenour, nous pratiquons en moyenne 300 autopsies par an.
Trouvez- vous normal que l’activité d’un service aussi important soit installée dans deux endroits différents ?
Il est important de savoir que de tous les services de médecine
légale du territoire nationale, le service de médecine légale du
CHU de Sétif est le seul à avoir subi un tel préjudice dans l’organisation de son fonctionnement. L’anomalie est toujours là depuis
plus de 20 ans. D’abord pour les malades qui arrivent souvent
avec un dossier incomplet et doivent faire la navette entre la cité
Tlidjene et le CHU. Nous avons souvent besoin
de consulter les dossiers de certains malades, de
discuter et de demander avis à des confrères de
différentes spécialités concernant des cas posant
des problèmes particuliers et que l’éloignement
rend difficile, voire impossible. Le service de médecine légale est un service hospitalo-universitaire
et donc un service de formation, celle-ci se trouve
compromise car nous ne pouvons imposer aux
étudiants d’être au même moment dans deux endroits différents et éloignés. On perd beaucoup de
temps dans le trajet entre le CHU, la cité Tlidjene
et aussi la faculté de médecine (El Bez).
Un service avec un plan de charge comme celui que vous
décrivez, peut –il fonctionner avec seulement deux médecins
spécialistes ?
Deux médecins pour plus d’un million huit cent mille habitants
sans compter les patients et les autopsies qui nous arrivent parfois
des wilayas limitrophes, est une autre anomalie qui perdure. Pour
mesurer les déséquilibres, il suffit juste de comparer avec d’autres
wilayas où la population est moindre mais disposant de moyens
humains beaucoup plus importants. C’est le cas à Constantine qui
dispose de quatre services de Médecine légale avec plus d’une
douzaine de médecins spécialistes, et Batna où sont affectés cinq
médecins spécialistes, quant à Alger qui dépasse de peu Sétif en
population il n’y a pas lieu de comparaison si on ne compte que
les seuls services de médecine légale du CHU Mustapha Pacha,
Beni Messous, Bab el oued, Zemirli, El Harrach où une vingtaine
de médecins légistes y travaillent et tout en sachant que les unités
de ces différents services se trouvent au même endroit.
On a comme l’impression que vous êtes à bout aussi bien physiquement que moralement ?
J’ai pu tenir seule la charge du service et de l’enseignement durant plus de dix ans dans l’espoir que la tutelle puisse prendre notre problème en considération mais je vois qu’au bout de 20 ans
nous sommes arrivés à être seulement deux médecins alors que
les besoins et les demandes des citoyens de notre wilaya ne font
qu’accroitre. Si la situation ne s’améliore pas dans un avenir très
proche il y a lieu de dire avec beaucoup de regret et d’amertume
que le service est en dépit des sacrifices consentis, voué à l’abandon
K. B.
ACCIDENTS
DE LA CIRCULATION
13 MORTS DURANT
LE MOIS DE JUIN
U
n motocycliste et son passager, âgés de 27 et 32 ans, ont
été tués lundi , à l’issue du match ayant opposé l’Algérie
à l’Allemagne, sur l’axe routier reliant El Ouldja à Tadjnanet.
La moto a été percutée par une camionnette, venant en sens
inverse et ne pouvant l’éviter, les deux occupants ont été tués
sur le coup. Quant aux raisons de ce drame, l’on signale l’excès
de vitesse sur un lieu dangereux, l’absence d’éclairage et de
visibilité. Les corps des deux victimes ont été déposés au service
de la morgue. Une enquête a été ouverte par les services de sécurité pour déterminer les causes réelles de ce tragique accident.
D’autre part, une personne a trouvé la mort et trois autres ont
été blessées dans un autre accident routier survenu le même jour
au lieudit Ras-issili relevant de la commune de Rasfa (daïra de
Salay Bey). L’accident s’est produit suite à une collision entre
deux voitures de marque Peugeot du fait d’un dépassement dangereux. Le corps de la victime, âgée de 54 ans, a été déposé à la
morgue de l’hôpital d’Aïn Oulmene.
Les personnes blessées ont été évacuées par la Protection civile
vers la polyclinique. Une enquête a été ouverte pour élucider les
circonstances de cet autre drame. Pour rappel, durant le mois de
juin écoulé, les services de la protection civile ont enregistré près
de 312 accidents ayant fait 13 morts (dont une fillette âgée de 5
ans) et 345 blessés. Il faut souligner que le nombre d’accidents
a sensiblement augmenté par rapport à la même période de l’an
dernier. (+39) accidents, (+3) morts et (+58) blessés. A l’origine
de ces drames qui n’en finissent plus, le facteur humain demeure la principale cause de l’hécatombe.
B. A. et D. B.
75,16% DE RÉUSSITE
AU BEM
A
près les bons résultats de l’examen de fin de cycle primaire,
la wilaya de Sétif enregistre un bon taux de réussite au
Brevet de l’enseignement moyen (BEM) de l’ordre de 75,16%.
Cette performance lui permet d’occuper la 3e place à l’échelle
nationale. Ainsi 16 119 candidats sur 21 441 inscrits ont pu
composter le ticket d’entrée au secondaire. Mieux, 23 élèves ont
obtenu des moyennes supérieures à 19/20. Soulignons que 258
candidats ont décroché le fameux sésame avec une moyenne de
18 à 18,99/20.
Le taux de réussite de 34 collèges a dépassé le seuil des 90%.
L’on apprend en outre que 201 établissement sur les 216 ont dépassé la moyenne nationale estimée à 55%. Notons à toutes fins
utiles que les résultats de la session de juin 2014 dépassent de 11
points la moisson de 2013, ponctuée par un taux de 64,13%. Ne
cachant pas sa satisfaction, le directeur de l’éducation Djamel
Belkadi déclare avec fierté : «Amplement mérité, notre classement est le fruit d’un travail collectif. Le mérite revient aux élèves, à tout le personnel et plus particulièrement aux enseignants
auxquels je rends un vibrant hommage. Cette performance nous
oblige à maintenir le cap pour aller de l’avant». Leila Benani
EN ATTENDANT
FARMATOU ET
OULED H’CHICH
LE BIDONVILLE
GAOUA RASÉ
A
près le recasement de 823 familles qui habitaient à Aïn Trick
et dans 15 harat menaçant ruine, 300 familles qui vivotaient
dans le bidonville de Gaoua, une autre plaie de la capitale des
hauts plateaux, ont été relogées hier au niveau de Laanacer.
Lancée le 12 juin dernier, l’opération inhérente à l’absorption
de l’habitat précaire suit ainsi son cours normal. «Notre joie
est incommensurable. Coïncidant avec le mois sacré notre
relogement est un don du ciel. Nous sommes comblés car nous
venons de tirer un trait sur une existence de citoyen de second
rang. Nous remercions les autorités locales qui ont non seulement tenu promesses mais fait les choses dans la transparence
totale.» déclarent non sans joie des ex-habitants de Gaoua , un
autre point noir fermé. Une fois totalement évacuée, l’assiette
foncière devra nous dit-on, abriter un lycée devant accueillir les
enfants de Boucekine, Farmatou et du lotissement de Gaoua qui
n’auront plus à effectuer des kilomètres pour rejoindre le lycée
Fatima Zohra, le seul établissement situé dans cette partie de
l’agglomération. L’on apprend que 1115 autres familles seront
dans les prochains jours touchées par l’opération .Selon certaines indiscrétions, la prochaine étape touchera, les bidonvilles de
Farmatou et Ouled H’chich où vivotent des centaines de familles
qui attendent. L’éradication des sites précités libérera des assiettes et permettra à Sétif de souffler un peu.
K. B.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 11
RÉGION EST
TÉBESSA
L’hécatombe continue sur les routes de
Tébessa et surtout à la sortie de la
commune de Chéria, à 45 km de Tébessa,
où neuf personnes ont péri et plus de 14
individus ont été blessés dans le même
endroit, en l’espace de 7 jours. L’excès de
vitesse et l’état désastreux de la route sont
les principales causes de cette tragédie.
Hier, une personne, la trentaine, est morte
sur le coup et dix autres ont été blessées,
dont deux se trouvent dans un état jugé
très grave. Le drame a eu lieu quand un taxi
collectif, assurant la navette entre Tébessa
et Chéria, est entré en collision avec une
voiture légère venant en sens inverse.
Avant-hier sur le même lieu, quatre
personnes sont mortes et deux autres ont
été gravement blessés suite à une collision
entre deux voitures légères. Les dépouilles
mortelles ont été évacuées vers la morgue
de l’hôpital de Chéria. Par ailleurs, la
semaine écoulée, un autre accident
tragique est survenu en ce même endroit
communément appelé le virage de la mort.
Bilan : quatre personnes de la famille
Djeddi, âgés entre 30 et 56 ans et qui
étaient à bord d’une Daewoo Cielo, sont
mortes sur le coup après avoir percuté de
plein fouet une camionnette.
Lakehal Samir
… et un mort à Tarf
Mardi, une heure avant la rupture du jeûne,
sur la RN44, à proximité de l’unité
pharmaceutique de Biocare, un homme
âgé de 78 ans est mort carbonisé dans sa
Renault 12 de 1988 qui a pris feu après
avoir percuté un autre véhicule de
tourisme. On n’a rien pu faire pour sauver
le malheureux des flammes qui l’ont
dévoré sous les yeux incrédules des
automobilistes qui se sont portés à son
secours. Pas d’eau et encore moins
d’extincteurs à portée de main.
Le feu, une fois éteint, il aura fallu attendre
l’intervention de la Protection civile pour
désincarcérer le véhicule et retirer le corps
calciné de la victime qui répond aux
initiales de L. Ahmed. Le conducteur
de l’autre véhicule s’en est sorti
avec quelques blessures.
La cellule de communication de la
Protection civile d’El Tarf indique encore
que 75 accidents se sont produits durant
le mois de juin où on a eu à déplorer
Slim Sadki
2 morts et 138 blessés.
BORDJ BOU
ARRERIDJ
Des actions
associatives au
profit des orphelins
Elles sont une poignée d’enseignantes, qui
ont choisi volontairement de partir en
retraite anticipée, pour servir l’une des
franges les plus vulnérables de la société à
savoir les orphelins. Dans le cadre de son
programme de bienfaisance, l’association
de protection des orphelins a mobilisé
l’ensemble de ses adhérents et ce, durant
le mois sacré du Ramadhan. Des couffins
alimentaires et des effets vestimentaires
sont distribués quotidiennement aux
veuves et aux enfants orphelins. Selon la
présidente de l’association, ces actions
sont rendues possibles grâce aux dons des
bienfaiteurs. L’association lance un appel
en direction des investisseurs pour une
éventuelle aide pour la réalisation du siège
qui abritera également l’association des
personnes atteintes de cancer, dont les
A. D.
travaux sont en cours.
EL MILIA (JIJEL)
SOUK AHRAS
Une élue
agressée
par le vice P/APC
de Mechroha
Des projets à l’abandon
● Il est aberrant qu’un marché de proximité, inauguré officiellement
pour lutter contre le commerce informel, soit délaissé et transformé
en décharge.
F
A
près avoir coûté
d’importantes
enveloppes financières, des projets
d’utilité publique sont
livrés à l’abandon dans
la ville d’El Milia. On
retiendra d’abord le cas
de ce jardin public qui
a été réalisé prés de la
cité Lemridja, et qui n’a
jamais servi à rien. Curieusement, cet espace
qui se trouve dans un
endroit boisé, ne suscite
pas la moindre curiosité
chez les citoyens dont
la plupart ne sont pas
au courant de sa réalisation.
Le mur d’enceinte de ce
jardin est le seul témoin
de ce projet mort-né.
Non loin de là, un autre
jardin public peine à
voir le jour. Implanté
tout juste à proximité de
la cité Boulatika Salah,
il est aux prises avec
des difficultés diverses.
Prévue pour un délai
préalable de 8 mois,
cette échéance a lar-
PHOTO: EL WWTAN
Neuf morts dans
trois accidents
Les milliards dépensés n’ont servi à rien
gement été dépassée.
Cette opération semble
avoir donné bien des
soucis aux responsables
concernés. «C’est un
projet à l’arrêt», s’eston contenté de nous
dire. Juste en face de
ce jardin, un autre projet qui a coûté de l’argent au trésor public,
est abandonné. Il s’agit
d’un marché de proxi-
mité qui a été inauguré dans le sillage de
la campagne de lutte
contre le commerce informel et qui se trouve
dans une situation déplorable. Il a été transformé en décharge qui
profite surtout aux vendeurs de volaille qui
y jettent ce qui reste
après l’abattage des
poulets. Et dire que ni
les services d’hygiène,
ni même ceux de l’APC
n’ont réagi face à cette
extrême insalubrité. Le
marché a été déserté
par un grand nombre de
ses locataires, lesquels
ont préféré se réapproprier les trottoirs et les
espaces publics pour
s’adonner à leur commerce illégal.
Amor Z.
HÔPITAL DR OKBI DE GUELMA
Rififi au bloc opératoire
U
ne guerre intestine sévit depuis plusieurs
années à l’EPH docteur Okbi de la ville de
Guelma, dans laquelle sont confrontés administration, fonctionnaires et syndicalistes. La dernière en
date est un sit-in observé, ce mardi, par une partie
du personnel en poste au bloc opératoire. Ils contestent deux décisions administratives. L’une charge
une infirmière principale en soins généraux, formée
en hygiène hospitalière, de chapeauter le service du
bloc opératoire et la seconde décharge de ce même
poste un fonctionnaire. Deux décisions qui n’ont
pas été du goût du personnel qui demande leur
annulation à travers une pétition dont nous détenons
une copie. Ainsi, quatre médecins spécialistes et
trente huit paramédicaux, sur une soixantaine de
membres du personnel de ce service, ne veulent pas
travailler avec cette infirmière principale la jugeant
trop sévère et autoritaire. Une vieille querelle qui
a déjà secoué le bloc opératoire en 2009, puisque
cette même infirmière a été mutée du bloc vers un
autre service sur décision d’un conseil qui s’est
réuni le 12 janvier 2009, en présence du DSP, du
directeur de l’hôpital Okbi, et du représentant de la
section syndicale de l’Ugta. Ce retour, inattendu,
est pour certains un pavé dans la mare. Mais pour
l’administration et autres médecins il est justifié. A
ce sujet, le directeur assurant l’intérim nous déclare:
« Avant toute chose, je tiens à préciser que ce sit-in
est illégal. Il est à sa troisième journée consécutive.
Nous avons dépêché un huissier de justice pour
signaler une entrave au fonctionnement du service.
Un dépôt de plainte est en cours». Et d’ajouter :
«Quant à la décision de l’administration de charger
cette infirmière principale de prendre ce service en
main, elle est justifiée. Je vous confirme également
que la plupart des protestataires sont soit en congé
annuel, en récupération ou en arrêt de travail ». Le
médecin-chef du bloc, accueille, elle aussi, favorablement ce retour «puisque le service allait en se dégradant» nous dit-elle.
Karim Dadci
CONSTANTINE
Dix logements octroyés
aux pupilles de l’Etat
A
près avoir reçu les représentants des pupilles de l’Etat,
la semaine dernière, le wali de
Constantine, Hocine Ouadah a
décidé de leur octroyer dix logements sur un total de 75. Il y a
lieu de rappeler que cette décision intervient suite à une manifestation, un peu particuliere où
pas moins de six pupilles, avaient
occupé le toit de la DAS pour
réclamer des logements.
Toutefois, l’on apprend que ces
mêmes acquéreurs, non satisfaits
de cette acquisition, demandent
aux pouvoirs et particulièrement
au directeur de la DAS, Abderrahmane Tigha, de leur payer le
règlement en espèces de leurs arrêtés d’attribution de logement.
Par ailleurs, l’on apprend que
la présidente de la commission
des affaires sociales de l’APW,
Souheila Smati, vient de prendre
en charge quatre dossiers, soit
l’équivalent de 240.000 dinars,
un montant qu’elle va, selon
ses propos, collecter des dons
auprès des membres de l’APW et
de quelques bienfaiteurs. Notre
interlocutrice nous apprend que
cette action ne va pas se limiter
au paiement de ces arrêtés, mais
plus encore, il y a possibilité de
les aider pour l’ameublement de
leur logement, car cette frange
accuse de grands déficits d’ordre
matériels, dus à leurs conditions
sociales.
N. Benouar
atma-Zohra Loulou, une élue de l’APC de
Mechroha, a été agressée mardi dernier par
un vice-président de la même commune.
Les autres élues qui ont vainement tenté d’arrêter l’assaillant ont été témoins de scènes d’une
violence extrême. Rouée d’abord de coups
de poings et de pieds, la victime a été traînée
jusqu’au fond des bureaux où elle a subi un supplice au milieu des cris de ses collègues. Selon
la version des faits rapportés par ces derniers, il
s’agit d’un différend professionnel, qui a dégénéré en propos désobligeants lancés à l’adresse
de la victime. Personne ne s’attendait à l’agression du moment que l’élue n’a pas répliqué aux
injures. Contactée, hier, par téléphone, cette
dernière a déclaré qu’elle a déposé plainte et
que les services de sécurité ont déjà auditionné
le mis en cause, en attendant la délivrance d’un
certificat d’incapacité physique par un médecin
légiste. En attendant, les enquêteurs ont retenu
contre l’agresseur les griefs de coups et blessures volontaires et propos injurieux. De son
côté, le maire qui a condamné cet acte, prévoit
l’application des mesures disciplinaires du code
communal. «C’est un acte attentatoire au statut
de l’élu et contraire aux mœurs de l’Algérien
d’habitude respectueux à l’adresse des femmes;
en plus des dispositions du code pénal, l’élu en
question comparaîtra devant un conseil de discipline conformément aux textes en vigueur»,
a-t-il précisé.
A. Djafri
Les candidats
à un concours
professionnel
protestent
L
es affaires liées à la gestion suspecte du dossier de l’emploi dépassent l’entendement à
Souk Ahras, où toutes les lois sont bafouées. Un
récent concours pour le recrutement de 5 enseignants en mathématiques à l’université de Souk
Ahras a fait l’objet de plusieurs critiques de la
part des candidats déclassés à cause d’une condition qui n’a pas jamais figuré sur l’affichage officiel. Il s’agit de la présentation de la démission
des postulants de tout poste antérieur à la date
de l’organisation du concours. Ce n’est qu’après
étude des dossiers et entretien avec les demandeurs desdits postes d’emploi que la condition
précitée a été brandie comme condition majeure
par l’administration. Soit après officialisation
de la liste, les cinq noms retenus, sont justement
fonctionnaires et enseignants non démissionnaires de leurs postes d’origine et n’ont jamais fait
l’objet de réserves de la part de la partie organisatrice du concours. Nous n’avons pu joindre le
recteur de l’université qui était absent pour des
A. D.
raisons de santé.
Un mort dans
un grave accident
de la route
M
ardi à 15h, un grave accident survenu sur
la RN16 à mechta El Gharra, à quelques
encablures de la commune de Zaârouria, a fait
un mort et un blessé. Une voiture de marque
Renault Safrane a été percutée par un camion
semi-remorque qui roulait, selon des témoins
oculaires, à une vitesse excessive. L’automobiliste a rendu l’âme en cours de route vers l’hôpital régional alors que la femme qui l’accompagnait à bord du véhicule est dans état critique,
selon une source hospitalière. Une enquête a
été ouverte par les services de la Gendarmerie
nationale et le corps sans vie de la victime a
été transféré à la morgue pour les besoins de
A. D.
l’autopsie.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 11
KABYLIE INFO
VIE ASSOCIATIVE
RAMADAN À BÉJAÏA
IKHOULAF ORGANISE UNE
FORMATION À HELLOUANE
’association Ikhoulaf des enfants victimes de séparation conjugale a
Lculturelle
organisé du 24 au 26 juin dernier, en collaboration avec l’association
Timegdal, une formation au profit de cadres associatifs et de
27 restaurants
autorisés à ouvrir
spécialistes de l’enfance au foyer de jeunes de Hellouane sous le thème
«initiation à la gestion des conflits et à la médiation».
Des représentants de l’Agence de développement social, des adhérents
d’une dizaine d’associations activant à Alger, Chelghoum Laïd et Béjaïa, des psychologues et des sociologues ont répondu présents. Samia
Agha, formatrice en gestion des conflits et médiation, y a animé des
ateliers interactifs pour aider les participants à mieux gérer les conflits
qu’ils rencontrent dans leur milieu professionnel. «Comprendre un
conflit, cerner ses causes et empêcher l’escalade nécessitent une communication appropriée pour le régler ou recourir à la médiation le cas
échéant. Trouver des solutions nécessite réflexion. En cas de divorce,
à titre d’exemple, une séparation à l’amiable est indiquée pour éviter
aux enfants une souffrance supplémentaire et mieux gérer par la suite
la relation de ces derniers avec leurs parents», nous dit-elle. Notons
que cette formation s’est concrétisée grâce au soutien du Programme
concerté pluri-acteurs Joussour dans le cadre d’un projet dédié au respect des droits de l’enfant.
H. A. D.
● Le ministère de la solidarité nationale contribue avec une enveloppe financière de
presque 11 millions de dinars pour l’acquisition de 3480 couffins destinés aux familles.
PHOTO : D. R.
D
ans le cadre de
l’opération ramadhan 2014, les autorités locales ont dégagé
sur le budget de wilaya
une enveloppe financière
estimée à six millions de
dinars pour une acquisition
de 1700 couffins destinés
aux familles nécessiteuses
de la wilaya, selon la cellule de communication de
la wilaya de Béjaïa.
Et pour faire le point de
situation afin d’évaluer les
préparatifs de cette opération, un conseil de wilaya
a été tenu à cet effet. Selon
notre source, le ministère
de la solidarité nationale
contribue avec une enveloppe financière estimée
à presque 11 millions de
dinars pour l’acquisition
de 3480 couffins destinés
aux familles démunies de
la wilaya dont le nombre
est estimé, d’après le dernier recensement, à 25 706
familles.
Concernant la participation des Apc, l’enveloppe
prévue est de plus de 52
millions de dinars. L’opération de distribution de
ces couffins a débuté le
18 juin et a été clôturée
tout récemment. Quant à la
composition d’un couffin,
on y trouve les denrées
alimentaires de base (semoule, huile, légumes secs,
Un restaurant «rahma» est ouvert chaque ramadan à l’école Ibn Rochd.
etc.) et sa valeur est de
3000 DA. Par ailleurs, le
directeur des affaires sociales de la wilaya nous a
appris que ses services ont
reçu 28 demandes pour
l’ouverture de restaurants
pendant cette période de
ramadhan. Les 27 d’entre
elles qui ont respecté les
normes nécessaires pour
l’ouverture ont eu des avis
favorables.
En outre, un programme
d’action a été élaboré
par la direction du Commerce spécialement pour
cette période estivale et
le mois de ramadhan. Il
comprend toutes les actions appropriées afin de
prévenir tout manquement
aux règles d’hygiène et de
salubrité à l’origine d’in-
toxications alimentaires.
Durant cette période, «les
services de la direction du
Commerce accordent une
importance particulière à
la surveillance de l’approvisionnement en produits
alimentaires de base afin
d’assurer la disponibilité
et présenter une offre des
produits à la hauteur des
besoins exprimés et en
tenant en compte le flux
d’estivants et de visiteurs
que connaît la région»,
nous a déclaré le directeur
du Commerce. Pour cela,
des réunions de préparation
ont déjà été organisées afin
d’associer les opérateurs et
intervenants des branches
de produits de base ainsi
qu’avec la coordination des
corporations profession-
nelles (UGCA-Union des
boulangers). De même, des
séances de travail de sensibilisation sont organisées
avec les représentants des
mandataires grossistes des
fruits et légumes pour le
maintien d’un approvisionnement régulier des deux
marchés de gros de la wilaya (Béjaïa et Akbou). Une
surveillance également
stricte pour mettre fin à
l’ouverture intempestive de
commerces saisonniers et
autres activités spécifiques
au mois de ramadhan (pâtisserie orientale), exerçant
généralement sans commodités indispensables à
une prestation respectant
les prescriptions minimales
d’hygiène et à la salubrité
des aliments.
Ali F.
De l’animation en vue à Timezrit
E
n collaboration avec l’association
culturelle Tighri Ussirem, la maison de jeunes de Timezrit a mis sur
pied, dans le cadre de son plan spécial
Ramadhan 2014, un riche programme
d’animation nocturne. Tout au long de
ce mois sacré, à partir de la première
journée, il sera ainsi proposé quotidiennement durant trois heures, de 21
heures à minuit, diverses activités de
divertissement pour égayer les veillées rituelles des citoyens. A côté des
activités de loisir journalières comme
le tennis de table, les jeux d’échecs, le
scrabble et la projection des matches
de la coupe du monde en plein air,
la musique, le théâtre et le cinéma
seront aussi à l’honneur avec un gala
artistique à chaque fin de semaine et
par intermittence des représentations
théâtrales et des séances de cinéma.
Un concours culturel pour adultes
et enfants figure également dans le
planning des organisateurs. Parallèlement, la maison de jeunes abritera
en plus, selon le directeur par intérim
de l’établissement, d’autres manifestations culturelles et artistiques que
vont organiser d’autres associations à
la même occasion.
B. B.
CONFÉRENCE-DÉBAT À AKBOU
Dihya Louiz parle des conséquences
du printemps noir
L
’écrivaine Dihya Louiz a animé
jeudi 26 juin une conférence-débat traitant des «conséquences des
évènements du printemps noir sur les
structures et la vie sociale» à la salle
des délibérations de l’APC d’Akbou.
Treize ans après les tragiques évènements de Kabylie, l’invitée de l’association Hum-Act a tenu à aborder le
sujet pour «essayer de comprendre
ces douloureux évènements à l’issue
desquels 126 martyrs et 500 blessés,
dont 200 handicapés à vie, sont à déplorer. Sans polémiquer ni porter de
jugement, en parler est aujourd’hui
nécessaire en vue de constituer une
mémoire collective». Après avoir
résumé la chronologie des évènements, l’oratrice soulignera l’impact
qui en découle sur les plans politique, économique et social. «Un
chômage estimé par l’ONS à 27
% en Kabylie, un développement
local au ralenti et le divorce entre
la population et le Pouvoir d’une
part et les partis politiques d’autre
part sont autant de conséquences
qui influent sur la vie politique et
socioéconomique de la région», dirat-elle en substance. Les intervenants
lors du débat ont rappelé les privatisations effrénées des entreprises
étatiques pendant cette période tumultueuse et n’ont pas manqué de
souligner la force de mobilisation du
mouvement citoyen ponctuée par la
mémorable et grandiose marche du
14 juin 2001 à Alger.
Dihya Louiz a publié en 2013 un
roman en langue arabe intitulé
«je me jetterai devant toi» dans
lequel elle raconte l’histoire d’une
jeune femme qui a mémorisé cette
douleur née des évènements du printemps noir.
H. A. D.
AMNESTY INTERNATIONAL
ET TALSA N UBAYNU
S’ACTIVENT À TIMEZRIT
ans le sillage de la campagne contre la torture lancée en mai dernier
D
par Amnesty international et à l’occasion de la journée internationale
contre la torture, célébrée le 26 juin de chaque année, l’association Talsa
n Ubaynu et l’Antenne Jeunes Béjaïa de la section algérienne d’Amnesty
international ont organisé mercredi 25 juin, à la maison de jeunes de
Timezrit, diverses activités commémoratives. Ces activités déclinées
sous le slogan «Stop à la torture» se sont focalisées essentiellement sur
la torture dans le monde et le combat mené par Amnesty pour obtenir que
tout homme en soit protégé. Au menu de ces activités, une exposition de
livres, revues, brochures et journaux traitant de la torture, des projections
vidéo sur le même thème et un Flash mob en faveur de Claudia Medina
Tamiriz (Mexique) qui aurait subi des tortures à la base navale de Veracruz. «Notre action de collecte de signatures cette année sera en faveur
de Claudia Medina et de Gao Zhisheng, un avocat défenseur des droits
de l’homme et prisonnier d’opinion (Chine)» nous déclare à cette occasion, Hammadi Karim, le coordinateur de l’Antenne Jeunes Béjaïa. B. B.
AFENANE À PIED D’ŒUVRE
À BARBACHA
l’occasion de la journée nationale de l’artiste et la journée mondiale
À
de l’enfant africain, l’association Afenane du village Ait Sidi Ali a
organisé du 16 au 18 du mois en cours la deuxième édition des journées
nationales du théâtre pour enfant au niveau de la maison de jeunes de
Barbacha. D’après Omar Assoul, président de ladite association, sept
wilayas ont pris part à cette deuxième édition qui se veut également un
vibrant hommage aux trois figures de l’art algérien, à savoir Atmane
Ariouat, Arezki Rabah et Sonia Mekkiou. Dans la matinée du premier
jour a eu lieu l’ouverture officielle de l’événement par une exposition
présentant le parcours et les activités de l’association créée en 2011. En
plus des spectacles théâtraux programmés pour le deuxième jour, les
initiateurs de l’action ont invité l’assistance à assister à une conférence
animée par Abdelhamid Rabia sur le parcours exceptionnel du martyr
du verbe Ali Maâchi. La présentation des pièces théâtrales a continué
jusqu’au jour de la clôture et de nombreuses troupes sont monté sur les
planches, à l’image de la troupe Amezgun n Djerdjer de Tizi Ouzou et
Imcac Umezgun de la maison des jeunes Mouloud Kacem Nait Belkacem de Oum Laâdayem de Souk Ahras. Notons que des ateliers de formation artistique et théâtrale ont été programmés au profit des enfants
participants sous l’encadrement de Sidoummou Cherifa dans l’art de
l’acteur et Foudil Assoul dans le conte et l’enfant. «Notre objectif est
d’accompagner l’enfant doué aujourd’hui qui sera incontestablement
l’artiste de demain. Nous tenons à remercier tous ceux qui ont participé,
de près ou de loin, à la réussite de ces journées nationales du théâtre»,
nous dit Omar Assoul, président de l’association Afenane.
Abdelouahab Kasmi
El Watan
BUREAU DE BÉJAÏA
Résidence Nacéria (EPLF), bloc A, N ° 3, Béjaïa.
Tél/fax. 034 11 12 71 - tél. 034 11 12 75
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 11
RÉGION OUEST
Les habitants de nombreux
quartiers où l’eau se fait de
plus en plus rare déplorent
l’absence de cette matière
vitale.
En raison des fréquentes
perturbations dans
l’alimentation en eau, bien
souvent les robinets sont à
sec et ne coulent que
quelques heures avec un
débit parfois insignifiant.
Cette pénible situation
s’est accentuée depuis les
adductions de l’eau
potable effectuées dans
plusieurs nouvelles cités à
forte densité de
population.
Le nombre de forages à
partir desquels la ville est
alimentée serait, nous diton, en mesure de couvrir
presque le double de la
demande de la population,
alors que les
infrastructures de
stockage s’avèrent très
insuffisantes.
Pour une meilleure
amélioration de l’AEP dans
cette commune, les
services de l’Hydraulique
et la direction de l’ADE ont
été chargés, sur instruction
du wali, d’assurer une prise
en charge rapide de ce
problème qui perdure. D. S.
SIDI BEL ABBÈS
Un mort dans
un accident
Une personne a trouvé la
mort, au cours de la nuit
de mardi à mercredi, dans
un accident de la circulation survenu près de la
commune de Sfisef, localité située à une trentaine
de kilomètres du chef-lieu
de la wilaya de Sidi Bel
Abbès.
Selon une source sécuritaire, le drame s’est
produit lorsqu’un motocycliste, qui circulait à
feux éteints, a été mortellement percuté par un
véhicule. Une enquête a
été ouverte pour déterminer les causes exactes de
l’accident.
M. H.
Bureau
El Watan
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Dr Benzerdjeb, (Plateau)
Tél/ Fax : 041 41 59 46
Mob : 05 61 67 07 80
BÉNI-SAF
BÉCHAR
Les grévistes
de l’EPTP réclament
le départ du directeur
Controverse autour
d’une crèche
L
● Après le scandale qui a défrayé la chronique béni-safienne
à propos du foncier rural, c’est au tour du dépeçage du foncier
urbain d’être sur toutes les lèvres. Il en est ainsi, par exemple,
de l’affaire de la crèche communale «El Feth».
PHOTO : M. KALI
AÏN SEFRA
Les foyers
manquent
d’eau
La crèche El Feth
À
proximité des 36 logements LSP, dans
ZHUN nouvelle, la
visite des lieux donne à voir
les travaux en hauteur de deux
pièces dans le prolongement
des quatre salles de l’établissement bâties en rez-dechaussée. Les habitants de
l’immeuble dénoncent, depuis
deux mois auprès de toutes
les autorités, cette construction anarchique opérée par un
locataire dans un établissement communal. Les voisins
lui reprochent, outre le fait
d’avoir fait fi de la réglementation, de pousser l’outrecuidance jusqu’à leur boucher
la vue sur certaines pièces.
En outre, ils s’inquiètent de
voir que la cour de la crèche
est jonchée d’une quantité de
matériaux de construction, ce
qui est un signe annonciateur
d’autres travaux d’extension
qui seraient projetés par le
locataire «indésirable».
Enfin, un rouleau de fils barbelés du plus sinistre effet
couronne le mur d’enceinte.
«A l’évidence, cela est plus
une façon de marquer un
territoire, de le privatiser que
pour le sécuriser», soutient
un des voisins. Ce sentiment,
nous l’avons rapporté au
maire qui s’est trouvé à court
d’arguments lorsque nous lui
avons opposé le fait que le
niveau d’insécurité à BéniSaf n’est pas élevé au point
d’accepter qu’une si hideuse
barrière défigure l’espace,
et ce, en contradiction avec
la vocation touristique de la
ville. En revanche, pour ce
qui est des travaux, le maire se
défend de les avoir autorisés,
reconnaissant toutefois que le
conseil municipal a approuvé
le principe de ces travaux
d’extension à réaliser par le
locataire : «Mais jusqu’à présent, aucune convention n’a
encore été conclue avec l’intéressé». Alors pourquoi n’avoir
pas promptement réagi au fait
accompli ? L’édile assure avoir
pris récemment une décision
de démolition transmise à
la daïra pour approbation. Il
reste qu’au final, et ce, une
semaine après notre entretien
avec le maire, le chantier se
poursuit toujours. Quant à la
question des motifs justifiant
une extension de la crèche,
le P/APC a expliqué qu’elle
est en devoir de satisfaire une
forte demande exprimée.
DES INTERROGATIONS
Cependant, après vérification
par le voisinage, il s’avère
que la direction de l’Action
sociale (DAS) n’a enregistré
l’inscription que d’une quarantaine de bambins sur une
autorisation pour 70 places.
Du coup, la vox-populi colporte de gravissimes insinuations sur des accointances
coupables. A cet égard, l’on
s’étonne qu’avec des recettes
de 7 000DA/mois déboursés
par chacun des parents, le
locataire puisse s’offrir le luxe
d’investir en sus des charges.
A la DAS, sous le fallacieux
prétexte du secret professionnel, on refuse de communiquer la moindre information
pour confirmer ou infirmer
les assertions des uns et des
autres. Sollicité, même si le
bail de location est au nom de
son épouse puisqu’il est le
seul interlocuteur physique
de la commune, le locataire
au centre de cette polémique
se dit outré par les allégations
de ses accusateurs : «Quand
je me suis établi à Béni-Saf,
j’y suis venu avec une fortune
amassée licitement. Pas grâce
au trafic de kif comme cela
est le cas pour certains ici !»
Concernant l’infraction relative à l’engagement de travaux
sans autorisation, il assure
qu’un dossier est en voie de
finalisation pour régulariser la
situation.
Et pour ce qui est des désagréments causés au voisinage, il
a répondu : «Non, mon architecte a fait les choses dans les
règles de l’art en aménageant
un espace de 1,10 m entre
leurs ouvertures et le nouveau
mur.» Quant à la question
du fil barbelé, ressort un
autre argument selon lequel,
«le quartier est malfamé, la
question de la sécurité des enfants n’est pas négociable. Je
projette même d’installer des
caméras et engager des vigiles
armés». Enfin, s’agissant de
l’opportunité de l’extension,
notre interlocuteur affirme
que les capacités d’accueil
de l’établissement sont dépassées puisqu’une centaine
de gamins y sont admis. Là
aussi, il reconnaît implicitement qu’il est en infraction
par rapport au seuil de pensionnaires toléré par la DAS.
Mais, ce qui est peu croyable,
c’est le fait que quatre salles
puissent accueillir une centaine de bambins dont chacun
a besoin d’un espace vital bien
plus important qu’un écolier
dans sa classe.
M. Kali
a grève de 40 jours qui affecte l’Entreprise publique des travaux publics (EPTP), l’une des plus anciennes de la wilaya,
continue de provoquer des remous. L’entreprise, qui a à son
actif de grandes réalisations en matière de travaux publics, qui
était considérée, jadis, comme le fleuron des outils de réalisation
du secteur des travaux publics, se trouve aujourd’hui dans une
paralysie totale et ses chantiers éparpillés à travers la wilaya sont
à l’abandon. 385 cadres et travailleurs qui constituent l’effectif de
l’entreprise se retrouvent chaque matin, et ce, depuis six semaines,
devant le siège de l’entreprise non loin de la zone industrielle sous
une chaleur torride (44°C) pour exiger le départ du directeur général. Les travailleurs se disent déterminés à poursuivre leur action
jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. L’entreprise dispose
de plusieurs chantiers à travers les communes de la wilaya et même
hors wilaya, à Nâama par exemple, qui sont à l’arrêt, ce qui a
amené les travailleurs de ces chantiers à rejoindre le mouvement
des grévistes à Béchar. Selon un communiqué rendu public par
les grévistes, il est reproché au premier responsable de l’entreprise
des griefs classiques allant de la «mauvaise gestion, la régression
de l’entreprise, la promotion et l’augmentation des salaires pour
certaines catégories de travailleurs, les mauvaises conditions de
prise en charge des ouvriers des chantiers éloignés du chef-lieu de
wilaya, ainsi que l’attribution des bénéfices réalisés au profit des
cadres uniquement». Interrogée à ce propos, la direction interrogée
a rejeté en bloc les accusations portées à son encontre par les travailleurs qui, selon elle, restent sans fondement. La direction a énuméré devant la presse les mesures réglementaires prises en faveur
des travailleurs. Pour l’heure, les tractations menées entre syndicalistes, représentants des travailleurs et direction, auxquelles s’est
joint un membre du bureau de la Fédération des travaux publics et
M. Nadjah
des bâtiments affilié à l’UGTA, n’ont pas abouti.
L’ANGEM a aidé à la création
de 3 600 emplois en 2013
D
ans son bilan annuel 2013, l’Angem fait état de l’octroi de
deux types de crédits sollicités par les postulants en difficulté.
Les crédits concernant l’acquisition de matières premières et ceux
destinés à la concrétisation de micro projets pour diverses activités.
Il ressort que pour le premier type de crédit, 1860 personnes de
sexe féminin et 714 de sexe masculin ont bénéficié de l’achat de
matières premières nécessaires à la fabrication de leurs produits.
Pour le second type de crédits, 12 personnes de sexe féminin et
104 de sexe masculin ont bénéficié de micro projets attribués par
l’Agence. Pour les autres activités à caractère agricole et industriel,
on notera que 3 femmes et 34 hommes ont obtenu des prêts pour
la première activité citée (agricole) et 1364 femmes ainsi que 81
hommes ont bénéficié de crédits pour la seconde activité, notamment industrielle. 3 femmes et 381 hommes se sont lancés dans le
secteur du BTP. Pour l’artisanat, 408 citoyens ont obtenu des prêts
de l’Angem. Ces prêts ont généré la création pour le premier type
de crédits (achat de matières premières) de 3411 emplois et 189
emplois pour le deuxième type de crédits, à savoir la réalisation de
projets divers.
M. N.
RELIZANE
Ouverture d’un institut
des sciences humaines
à l’université
«Nous avons réuni tous les critères pouvant nous hisser au rang
d’université», a souligné M. Bekouche Benaissa, le directeur du
centre universitaire de Relizane. Le même responsable précisera en
outre que tous les dispositifs ont été passés au peigne fin pour assurer une meilleure rentrée (2014/2015) qui verra, a-t-il dit, l’arrivée
de 2500 nouveaux étudiants. «Nous avons déjà réservé l’espace
qui abritera les inscriptions et les réinscriptions où nous avons
installé pas moins de 50 micro-ordinateurs annexés à 50 imprimantes pour faciliter la tâche aux 150 agents mobilisés pour la
circonstance», a-t-il ajouté. Cette nouvelle vague d’étudiants portera l’effectif du centre au seuil des 14 000, un atout important pour
revoir notre classification, a noté le directeur. L’ouverture d’un
nouvel institut, celui des sciences humaines en l’occurrence, ajouté
aux six autres déjà acquis qui sont l’institut des sciences sociales,
l’institut des sciences juridiques, des sciences commerciales, ainsi
que ceux des sciences technologiques et de la vie, renforcera aussi
la possibilité souhaitée surtout que l’on compte pas moins de 2000
étudiants inscrits aux postes de graduation dispatchés sur 18 masters, a affirmé M. Gana Houari, le SG du centre.
Issac B.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 12
I N T E R N AT I O N A L E
MIS EN EXAMEN POUR «CORRUPTION ACTIVE»
Sarkozy risque dix ans
de prison ferme
● Après avoir été placé en garde à vue durant 15 heures par l’Office central de lutte contre la fraude
et la corruption à Nanterre, mardi dernier, l’ex-président français Nicolas Sarkozy a été présenté devant
les juges, qui l’ont mis en examen pour «corruption active», «trafic d’influence» et «recel de violation
du secret».
Paris
De notre bureau
onné par cette charge judiciaire inattendue, l’ancien
président français devait
s’exprimer, hier soir, en direct
sur TF1 et la radio Europe 1,
pour apporter sa version des faits.
C’est au cœur de la nuit de mardi
à mercredi que le tribunal de
Nanterre a annoncé la mise en
examen de l’ex-président français.
Une première dans les annales
judiciaires de la Ve République.
Si les charges retenues contre lui
devaient être confirmées lors d’un
éventuel procès, Nicolas Sarkozy
pourrait encourir jusqu’à 10 ans
de prison ferme assortie d’une
peine complémentaire prévoyant
la déchéance des droits civils et
civiques.
Ce coup de massue judiciaire à
Sarkozy fait suite aux interceptions téléphoniques effectuées au
début de l’année 2014 dans le
cadre de l’enquête sur le financement de sa campagne électorale de
2007, d’où il est sorti victorieux
face à sa rivale Ségolène Royal.
C’est en plaçant Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog
sur écoute téléphonique que les
magistrats du pôle financier de
Nanterre ont découvert que ces
deux personnages, amis dans la
vie, échangeaient des informations
au sujet de certaines affaires dans
lesquelles Nicolas Sarkozy était
PHOTO : D. R.
S
Nicolas Sarkozy à bord d’une voiture de police le 1er juillet 2014
cité, tels le financement présumé
de sa campagne électorale en 2007
par la Libye et les donations financières de la milliardaire Liliane
Bettencourt.
LA CONCURRENCE S’AIGUISE
AU SEIN DES BARONS DE L’UMP
Plus que cela, les magistrats ont
découvert que Sarkozy s’était procuré une nouvelle ligne téléphonique sous le pseudonyme de
Paul Bismuth. Idem pour Thierry
Herzog qui a, lui aussi, ouvert une
autre ligne de téléphone.
La grande nouveauté dans le dossier Sarkozy réside dans la «cor-
ruption active» retenue contre lui.
Ce grief risque de compliquer sa
défense en cas de procès.
Par ailleurs, les magistrats qui
mènent l’enquête cherchent à
mettre à jour un réseau d’informateurs susceptibles d’avoir renseigné les proches de Sarkozy des
procédures judicaires qui pouvaient le toucher directement.
C’est d’ailleurs dans ce cadre que
d’autres mises en examen ont
été prononcées contre l’avocat
Thierry Herzog, l’avocat général
près de la cour de cassation Gilbert
Azibert et l’avocat général auprès
de la même cour, Patrick Sassoust.
Selon l’accusation, Gilbert Azibert
aurait fourni des informations à
Sarkozy par le biais de Thierry
Herzog sur de nombreux dossiers, en contrepartie de l’octroi
d’un poste prestigieux au sein du
Conseil d’Etat de la principauté de
Monaco.
D’après les notes téléphoniques,
Nicolas Sarkozy apparaît clairement comme étant le principal
«donneur d’ordres», c’est-à-dire
le bénéficiaire final des informations obtenues soit par son avocat
soit par le biais des deux avocats
généraux.
Avec cette mise en examen, le
retour de Nicolas Sarkozy à la politique paraît de plus en plus compromis initialement prévu pour
la rentrée prochaine ou tout au
moins pour octobre, l’ancien Président risque de faire de nouveau
l’impasse sur cet objectif.
Cette situation attise d’ores et déjà
les appétits au sein de l’Union
pour le mouvement populaire
(UMP) dont Sarkozy fut président.
Si Alain Juppé, François Fillon ou
Jean-François Copé, considérés
comme ses potentiels rivaux lors
des primaires à la présidentielle
de 2017, insistent sur la «présomption d’innocence» de leur
compère, il n’en demeure pas
moins qu’ils se frottent les mains
en coulisses. Ils ne manquent pas
de penser qu’un adversaire disqualifié par la justice, c’est déjà ça de
gagné…
Yacine Farah
UN JEUNE PALESTINIEN TUÉ À EL QODS
Abbas et Hamas mettent en garde Netanyahu
L
e président palestinien Mahmoud Abbas a
demandé hier à Israël de «punir» les responsables du kidnapping et du meurtre d’un
adolescent palestinien à El Qods occupée, apparemment commis en représailles au meurtre
de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie. «Je
demande au gouvernement israélien de punir
les assassins s’il veut la paix entre les peuples
palestinien et israélien», a déclaré M. Abbas
dans un communiqué. Mahmoud Abbas a par
ailleurs demandé au Premier ministre israélien
Benjamin Netanyahu de condamner l’enlèvement, comme il
l’avait fait lui-même
pour les tr
trois
jeunes
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liens disparus en juin. Il a aussi appelé Israël
— tenu pour «entièrement responsable» de
l’enlèvement et du meurtre de l’adolescent palestinien — à «prendre des mesures concrètes
sur le terrain pour arrêter les attaques de colons et le chaos qui résulte de ces agressions».
De son côté, le mouvement islamiste palestinien Hamas a promis aux dirigeants israéliens
qu’ils paieraient pour les crimes «des hordes
de colons». «Notre peuple ne restera pas inerte
face à ce crime ni à aucun autre crime d’assassinat, d’incendie ou de démolition commis par
les hordes de colons et vous paierez le prix
de tous ces crimes», a affirmé le Hamas dans
un communiqué, s’adressant aux dirigeants
israéliens «qui en portent la responsabilité
directe». Les autorités israéliennes semblent
avoir pris Mahmoud Abbas au sérieux puisque,
peu de temps après, M. Netanyahu a qualifié de
«crime abominable» l’enlèvement et le meurtre
de Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, kidnappé
alors qu’il faisait aussi du stop dans le quartier
de Chouafat, à El Qods-Est occupée et annexée,
et retrouvé mort quelques heures plus tard dans
la partie ouest de la ville, portant des traces de
violences. «Le Premier ministre s’est entretenu avec le ministre de la Sécurité intérieure
Yitzhak Aharonovitch et a demandé l’ouverture
d’une enquête pour retrouver dans les meilleurs délais les auteurs de ce crime abominable
et en déterminer les circonstances», selon un
communiqué du bureau de M. Netanyahu. Plusieurs médias soutiennent qu’il pourrait s’agir
d’un acte de vengeance après le meurtre de
trois jeunes Israéliens, enlevés le 12 juin alors
qu’ils faisaient du stop en Cisjordanie et retrouvés morts lundi. La police a néanmoins déclaré
explorer «toutes les pistes», se refusant à établir
un lien avec le meurtre des trois jeunes inhumés
la veille lors d’une cérémonie nationale en présence de dizaines de milliers de personnes.
Entre temps, la rue a grondé à El Qods. Au
moins 30 Palestiniens ont été blessés dans
de violents affrontements avec les forces de
l’occupation israéliennes dans le quartier de
Chouafat, à El Qods-Est occupée.
Les heurts, opposant quelque 200 Palestiniens
à la police israélienne, avaient éclaté en début
de matinée, peu après l’annonce du meurtre
de Mohammad Abou Khdeir, originaire de
Chouafat même. Les habitants de ce quartier
résidentiel se sont réunis prés de la maison de
la famille Abou Khdeir, mais le rassemblement
a rapidement été réprimé par les gardes-frontières israéliens, selon des témoins. Les policiers israéliens ont tiré des balles en caoutchouc
et des grenades assourdissantes en direction
des manifestants. La télévision palestinienne
retransmettait les incidents en direct. Comme
toujours, cette répression était atroce.
A. Z.
IRAK
Le «califat» de
l’EIIl dénoncé par
des idéologues
djihadistes
U
n des principaux idéologues djihadistes
a dénoncé hier la proclamation d’un
«califat» à cheval sur l’Irak et la Syrie
par un groupe sunnite ultra-radical, mettant en
garde contre un bain de sang. «Est-ce que tout
musulman (...) peut trouver refuge dans ce califat ? Ou s’agit-il d’un sabre aiguisé contre tous
les opposants ?» a écrit sur facebook et des sites
djihadistes Issam Barqawi, alias Abou Mohammed Al Makdessi. Les djihadistes de l’Etat islamique (EI), nouveau nom de l’Etat islamique
en Irak et au Levant (EIIL), ont proclamé dimanche un «califat» sur les territoires conquis
entre Alep, dans le nord de la Syrie, et la province de Diyala dans l’est irakien, et appelé les
musulmans du monde entier à prêter allégeance
à leur chef. Le califat est un régime hérité du
temps du prophète Mohamed (QSSL) et abandonné depuis près d’un siècle. «Ne pensez pas
que vous pouvez faire taire la voix de la justice
en criant, en proférant des menaces et en commettant des agressions», a ajouté à l’adresse de
l’EI M. Makdessi, libéré le 16 juin après avoir
purgé une peine de prison pour avoir recruté des
combattants pour les talibans. «Réformez-vous,
repentez-vous et arrêtez de tuer des musulmans
et de dénaturer la religion», a-t-il déclaré,
mettant en garde contre les «musulmans qui
tuent d’autres musulmans». Jordanien d’origine palestinienne, M. Makdessi a été un des
mentors d’Abou Moussab Zarqaoui, l’ancien
chef d’Al Qaîda en Irak, dont il s’était ensuite
séparé en raison de divergences idéologiques.
Selon des experts, la proclamation du «califat»
est une provocation à l’égard d’Al Qaîda, dont
l’EI conteste ouvertement l’autorité, et pourrait
déclencher une lutte pour le contrôle du réseau
extrémiste mondial.
R. I.
MAROC
Le pouvoir veut
faire taire le
rappeur Lhaqed
uman Rights Watch (HRW) a dit craindre
H
hier un jugement «inéquitable» et à caractère «politique» à l’encontre du rappeur Mouad
Belghawat, une figure du mouvement proréformes au Maroc, condamné la veille à une
peine de prison ferme. Arrêté en mai en marge
d’une rencontre de football à Casablanca,
Lhaqed (le «rancunier», son surnom), 26 ans,
a écopé de quatre mois de prison pour «ébriété
sur la voie publique» et «atteinte à agents des
forces de l’ordre». Le chanteur, qui a clamé son
innocence, a déjà purgé deux peines de prison
dans un passé récent, dont la précédente entre
mars 2012 et mars 2013 pour «outrage à la police», en raison d’un clip diffusé sur YouTube.
Ce nouveau jugement «soulève des préoccupations quant au fait que la justice marocaine l’ait
une nouvelle fois condamné pour son message
politique», a estimé HRW dans un communiqué. «Ce ne serait pas la première fois qu’un
procès inéquitable basé sur des accusations de
droit commun servirait de prétexte pour faire
taire une voix critique au Maroc», a déclaré la
directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique
du nord, Sarah Leah Whitson. L’ONG avance
que le tribunal a refusé «toutes les requêtes» de
la défense visant à entendre les deux policiers
blessés — qui s’étaient portés partie civile —
ainsi que le médecin ayant signé leur rapport
médical. Un des avocats du rappeur, Mohamed
Messaoudi, a indiqué mardi à l’AFP que la décision d’interjeter l’appel n’avait pas encore été
prise, Mouad Belghawat ayant déjà purgé près
de la moitié de sa peine. Ce chanteur est une des
figures du mouvement du 20 Février, né durant
le Printemps arabe, qui réclame des réformes
politiques et sociales profondes au Maroc. R. I.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 13
PORTRAIT
BRAHIMI HAMID AHMED. Médecin acupuncteur, auteur de L’Excès de poids, nominé à Pékin
Consommateurs, si vous saviez…
Le plus rude combat est celui où l’on s’efforce de
se vaincre soi-même
«Il faut manger pour vivre et non pas
vivre pour manger.» (Molière)
Par Hamid Tahri
est valable pour tous les pays émergents. Il est
connu que le sucre et le gras sont les calories des
pauvres. Ici en Algérie, on sait que des familles
prennent une bouteille de soda bien sucrée
comme un dessert qu’elles ne peuvent se permettre… La prévention, dans ce cas, est aléatoire.
«Elle n’est pas faite du tout. Bien au contraire, à
travers les pubs à la télé, on encourage les gens à
consommer toujours plus.»
Ce qu’il faut, selon le Dr Brahimi, c’est agir
surtout au niveau des écoles et des cantines où
des repas équilibrés doivent être servis. Mais
est-ce que le budget qui va avec est disponible ?
Souvent, ce n’est pas le cas. «Déjà à ce niveau,
on a raté le coche», se désole notre praticien,
qui n’en démord pas et croit au sursaut espéré.
Aux Etats-Unis, il y a le plus grand nombre de
nutritionnistes au monde et, paradoxalement, il y
a aussi le plus grand nombre d’obèses.
Ici, l’enjeu est énorme parce que dans toutes les
obésités graves, 50% proviennent du stress qui
dérègle le métabolisme et donne des pulsions
pour la nourriture. Si l’obésité est une réalité et
peut être soignée, le stress, lui, est-il contournable ?
QUE MANGE-T-ON ?
«En effet, concède M. Brahimi, cette industrie
l’a compris et joue sur cela. Les gens mangent
de plus en plus mal et prennent du poids. Le plus
dramatique est que nos jeunes sont touchés précocement et massivement. A notre époque, dans
toute l’école, détecter un seul enfant en surpoids
était un exploit. Et cet enfant était toujours la
risée des autres. Aujourd’hui, c’est un phénomène
important qui déborde sur des maladies.»
A l’école, le taux d’enfants obèses est alarmant.
«En plus des conseils et de la rééducation alimentaire que je préconise, j’aide toujours mes
patients avec des séances d’acupuncture dans
le but de calmer la composante stress, de réguler un peu mieux le métabolisme et de dominer
peu ou prou la faim. Cette méthode est adoptée
par de plus en plus de praticiens aussi bien ici
qu’à l’étranger. J’en ai fait une étude qui a été
publiée et communiquée dans plusieurs congrès
mondiaux. Cette étude porte sur l’analyse de ma
consultation orientée sur l’obésité sur une décennie. C’est une méta-analyse qui prend en charge
des milliers de personnes.»
Nominé à la Foire mondiale qui regroupe toutes
PHOTO : M. SALIM
C
e qui m’a poussé à faire cette
spécialité ? Je me suis rendu
compte qu’il y avait certaines
affections que la médecine
classique n’arrivait pas à guérir.
J’ai trouvé que l’acupuncture
pouvait y répondre. Partant du postulat : lorsque
la médecine ne donne pas de résultat ou qu’il
y a des contre-indications, l’acupuncture peut
prendre le relais en devenant une médecine alternative qu’on aurait tort d’ignorer. Son avantage :
c’est une médecine sans médicaments, sans effets
secondaires, douée d’une inocuité absolue, qui
peut rendre service face aux douleurs chroniques,
au stress, aux troubles du sommeil, aux détoxications tabagiques et à certains types d’allergies,
sans compter les troubles fonctionnels.
En fait, le métier de médecin a toujours trituré
l’esprit du jeune Hamid, qui ne rêvait que de ça.
Né le 10 février 1948 dans la paisible ville de
Marengo (Hadjout), Hamid y a fait ses études primaires à l’école du Marché avant de rejoindre, en
1959, le lycée franco-musulman de Ben Aknoun
où il a pu acquérir une solide formation bilingue.
L’université d’Alger fut une autre étape où il
confortera ses acquis en concrétisant son dessein.
Hamid insistera sur toutes ces escales qui façonneront sa personnalité en l’ouvrant encore plus
vers le monde extérieur. C’était ce qu’il fallait
pour cet homme généreux, serviable, profondément humain, toujours à l’écoute des autres.
Le chiffre effarant livré par le Dr Brahimi fait
froid dans le dos : 50% des femmes algériennes
souffrent de surpoids, alors que le taux d’obésité
chez l’adulte est de 21%, loin devant la France par
exemple.
Mais quelles sont donc les origines de cette
obésité ? «Elle vient dans 90% des cas de notre
alimentation qui est déséquilibrée. Les gens
mangent beaucoup, à toute heure, et consomment
à satiété les sucres et le gras. De plus, ils mangent
rapidement pour une question de temps, dans les
fast-foods riches en gras, en sucre et en salé. Ce
sont ces facteurs exhausteurs de goût qui vont
pousser à plus de consommation. On consomme
plus que ce qui est permis. Tout le reste est stocké
en graisses. De plus, en mangeant rapidement, on
ne laisse pas la satiété s’installer. Celle-ci s’installe dans la durée mais pas dans la quantité. Et
l’industrie agroalimentaire, qui sait jouer sur les
sensibilités des consommateurs à coups de pubs
suggestives et alléchantes, aggrave encore la posture du client à travers un harcèlement quotidien
parfois indécent qui s’est mué en conditionnement ‘‘pavlovien’’.»
les éditions relatives à la cuisine, à l’alimentation
et aux boissons qui s’est déroulée à Pékin avec la
participation de 187 nations, M. Brahimi ne tarit
pas d’éloges sur la qualité des œuvres présentées. «Mon livre L’excès de poids a été nominé
dans la catégorie santé-nutrition. Parmi les huit
premiers. Le comité a considéré que mon livre
a eu une approche nouvelle sur l’excès de poids
et la problématique de sa prise en charge. Je ne
me contente pas de suggérer des régimes. Je vais
plus loin en offrant une véritable thérapeutique.
Cette cérémonie, à l’instar des Oscars, s’est
déroulée dans une ambiance de show à l’américaine. Au moment des honneurs, avec l’emblème
national, j’ai ressenti une immense fierté. Et
lorsque j’ai exhibé le drapeau algérien, un tonnerre d’applaudissements s’en est suivi. J’avais
la chair de poule. L’Algérie était sur le podium
et cela m’a fait chaud au cœur», confie notre
docteur, dont le bonheur a été décuplé à travers la
traduction de son ouvrage en plusieurs langues et
qui a été à la une pendant des semaines.
Et à ce propos, M. Brahimi nous fait une confidence sous forme d’anecdote, mais dont la symbolique est édifiante.«J’ai dédicacé mon livre
à l’université Paris-Sud. Il y avait une chaîne
interminable de gens. J’ai bouclé l’opération en
moins d’une heure, car je n’avais ramené qu’une
cinquantaine de livres. Quelques jours plus
tard, j’effectue la même opération à la librairie
du Tiers-Monde à Alger. J’ai dû attendre près
de trois heures pour ne dédicacer que… deux
ouvrages. Vous voyez, nos compatriotes ne sont
pas aussi prompts pour la lecture que pour la
nourriture !», plaisante-t-il.
LE RÉGIME NE SUFFIT PAS
Des régimes amincissants à l’obsession de manger sain ou bio, à la phobie de la table, le chemin
est sinueux et parfois semé d’embûches. Car les
comportements alimentaires s’individualisent.
Des sociologues et des nutritionnistes sont passés à table pour dire que de plus en plus, chacun
veut se réapproprier le contenu de son assiette.
«Fatiha n’était vraiment pas dans son assiette
lorsque nous l’avons connue avant le régime.
Une adolescente fatiguée, en surpoids, qui se
plaignait constamment de son corps qu’elle supportait mal, non seulement parce qu’il la rendait
difforme et peu esthétique, mais parce qu’il jouait
énormément sur son moral.» Après le régime,
c’est une adolescente épanouie, qui ne tarit pas
d’éloges sur les effets de sa «cure» brahimienne.
A la bonne heure ! Mais d’une autre côté, la question de l’accessibilité à ces soins n’étant pas à la
portée de tous soulève moult interrogations. Le
toubib répond : «L’acupuncture est une médecine
non seulement efficace, mais économique. L’OMS
la préconise et l’encourage. 2000 médecins des
quatre coins du monde sont formés annuellement
en Chine. C’est vous dire tout l’intérêt accordé à
ce volet», souligne le Dr Brahimi.
Quant à l’acharnement thérapeutique, hantise
des patients, il est souvent décrié : «On a compris
qu’on ne peut pas bloquer quelqu’un sur des
schémas à suivre toute sa vie. L’équilibre que l’on
souhaite donner aux patients, on ne peut l’avoir
qu’à travers un changement des comportements
alimentaires. Car si on se contente de faire un
régime ponctuel, à ce moment-là, à la fin du
régime, on est fatigué et enclin à un retour à la
façon d’avant. On reprend du poids en mangeant
et en regrossissant» car, selon le Dr Brahimi, les
Algériens mangent beaucoup et mal. Parce qu’ils
n’ont pas autre chose à faire côté loisirs. En mangeant, on calme quelque peu ses frustrations. Cela
DES REPAS ÉQUILIBRÉS
«C’est au cours d’un séjour à Alger, en 2008, à
l’occasion d’une mission que j’ai eu l’opportunité de découvrir le travail du docteur Hamid
Brahimi en acupuncture et plus précisément
pour le traitement des obésités morbides. J’ai été
impressionné par le nombre de dossiers (plus de
2000), par l’efficacité de sa prise en charge associant acupuncture, régime et activité physique
(jusqu’à 50% de réduction du poids chez des
obèses atteignant 180 à 200 kg). Je lui ai proposé
de venir nous en parler aux Echanges Georges
Soulié de Morant. Son exposé est ensuite rapidement devenu un article pour notre revue. Ses
thèses sont devenues depuis des références», témoigne
le docteur Patrick Sautreuil, spécialiste en médecine
physique et neuro-acupuncture.
«On creuse sa tombe avec ses dents», dit l’adage populaire. Il correspondait bien à l’époque féodale où les
seigneurs et les riches marchands festoyaient souvent,
absorbant en grandes quantités des viandes à haute
teneur en graisses. Leur embonpoint était un signe
extérieur de richesse, mais précédait des maladies
comme la goutte qui altérait profondément leur qualité de vie ou le diabète. Ces affections les emportaient
rapidement, faute de traitement, dans un monde réputé
meilleur, alors que les pauvres, qui vivaient dans le dénuement, étaient paradoxalement protégés de ces maladies. Aujourd’hui, soutient le Dr Brahimi, les données
ont changé : «L’alimentation a profondément changé
de nature et porte souvent les stigmates du mode de
production et de ses pollutions : nitrates, pesticides,
herbicides. C’est pour cela qu’il faut faire très attention.»
H. T.
[email protected]
PARCOURS
De sa tendre enfance à Marengo, où il est né
en 1948, Hamid garde des souvenirs vivaces,
entouré de l’affection des siens. Son
passage au lycée franco-musulman de Ben
Aknoun constituera une étape décisive de
son cursus, qu’il poursuivra à l’université
d’Alger où il décrochera son diplôme de
médecin. Il affinera sa formation par une
spécialité peu en vogue, mais qui deviendra,
au fil du temps, un passage obligé. Depuis sa
thèse en 1973 à l’université d’Alger, Hamid a
fait du chemin : lauréat de l’école française
d’acupuncture, diplômé de l’académie de
médecine chinoise, diplômé en nutrition et
diététique clinique et thérapeutique. Il a
bénéficié de plusieurs formations :
universités de Paris, Montpellier, Poitiers,
clinique de médecine orientale de San Fransisco (USA). Auteur de plusieurs communications et livres, président
fondateur de la Société algérienne d’acupuncture et membre du conseil d’administration de l’Ecole française
d’acupuncture, membre fondateur de l’Association mondiale des médecins acupuncteurs. Hamid Brahimi exerce
à Hydra, à travers une consultation orientée en diététique médicale et acupuncture.
N°17 - Jeudi 3 juillet 2014
[email protected]
Janitou
l’Algérien
DESSIN SAÂD
P 18
> GRAND ANGLE
> CASSE-TÊTE
> JEUNE VIE ALGÉROISE
Nedjma, mère
célibataire, retrouve
son fils P 17
le tramway
de Constantine
de A à Z P 16
Plus belle
la vie !
P 19
CASSETÊTE
Jeudi 3 juillet 2014 - 16
IL SOUFFLE SA PREMIÈRE BOUGIE LE 4 JUILLET
Le tramway
de Constantine de A à Z
Comme Alstom : une société
française qui a fourni le système
d’exploitation (voies, équipements
d’énergie, caténaires, signalisation ferroviaire, télécommunications, billettique), les
équipements de l’atelier-garage de Zouaghi
ainsi que le matériel roulant. Les travaux
entrepris par cette entreprise ont débuté en
août 2008.
comme Boudiaf : le projet de réalisation d’une bretelle de 2,7 km entre la
station de Zouaghi et l’aéroport international Mohamed Boudiaf de Constantine
permettra d’imprimer une empreinte esthétique à la nouvelle aérogare conçue pour
accueillir plus d’un million de voyageurs
par an.
comme Cital : l’entreprise Cital,
abréviation composée du nom de
la rame Citadis et d’Algérie, a pour
mission d’assurer l’assemblage et la maintenance des rames du tramway Citadis mis
en circulation sur l’ensemble du territoire
national. Elle est le fruit d’une joint-venture entre Alstom et les sociétés algériennes
EMA et Ferrovial d’Annaba.
comme Délai : 2011, 2012 et enfin
2013 ! La réception du chantier du
tramway de Constantine aura connu
une étonnante élasticité temporelle à cause
de simples ajustements structurels induits
par la topographie des lieux.
comme Emploi : près de 600 emplois
ont été créés pour l’exploitation
du tramway de Constantine, dont
66 conducteurs formés pour conduire ces
engins ultramodernes, alors que des agents
ont été recrutés en contrats limités avec pour
mission de gérer les carrefours.
comme Femmes : pas moins de 8
femmes ont été embauchées comme
conductrices et se relaient quotidiennement avec leurs collègues hommes pour
assurer le déplacement des rames le long du
tracé qui comprend 10 stations.
comme Gazon : du gazon synthétique a été posé sur une distance
de 1 kilomètre du côté de l’université des frères Mentouri. Largement répandu
dans la réalisation des tramways des villes
A
B
C
D
E
F
G
PHOTOS : EL WATAN
Inauguré le 4 juillet 2013
après des mois de réflexions,
de polémiques, d’incertitudes
et plus de deux longues
années de gestation et
d’énormes contraintes, le
tramway de Constantine
soufflera sa première
bougie la veille de la fête
de l’Indépendance ! Pour ce
qui a été qualifié de «plus
beau tramway d’Algérie»,
l’Etat a déboursé pas moins
de 44 milliards de dinars. El
Watan vous offre un voyage
abécédaire à bord de ce
tramway Citadis.
européennes, ce procédé a eu le mérite de
conférer une note partiellement «verte » au
projet.
comme Handicapés : pas d’obstacles. C’est un moyen de transport extrêmement accessible aux
personnes handicapées, celles en fauteuil
roulant notamment qui peuvent accéder et
prendre place facilement à l’intérieur des
rames.
comme Ingérop : l’étude de faisabilité du tramway de Constantine a été
réalisée par Ingérop, une société française d’études en ingénierie. La wilaya de
Constantine a confié à cette société - mandataire en groupement avec d’autres groupesla maîtrise d’œuvre du projet.
comme Juillet : l’exploitation commerciale du tramway de Constantine a
eu lieu officiellement le 4 juillet 2013
après plusieurs mois de retard sur les prévisions initiales. Une date symbolique,
intervenant la veille de la fête nationale de
l’Indépendance.
comme Kilowatts : la puissance
d’une rame de tramway Citadis, réalisé par Alstom Transport, est estimée à 800 kilowatts.
comme Lauréats : le groupement
français Alstom, la firme espagnole
Corsan Corviam, et le groupe Cosider
sont les heureux lauréats, provisoirement
retenus par les autorités pour la réalisation
de l’extension de la ligne du tramway entre
la station de Zouaghi, l’aéroport Mohamed
Boudiaf et la nouvelle ville Ali Mendjeli.
comme Mort : le 11 septembre
2013, aux alentours de 16h, un
adolescent qui traversait les rails
non loin du terminus situé à Zouaghi est
mort sur le coup, percuté
par une rame du tramway, alors qu’un second
a été grièvement blessé.
comme Nature :
la réalisation du
tramway de la
ville des Ponts a été accompagnée de plantation
d’arbres et de palmiers,
H
I
J
K
L
M
N
implantés le long du tracé, ainsi qu’une opération d’engazonnement.
comme Objectif : en optant pour ce
type de transport de masse, les pouvoirs publics avaient comme objectif principal d’améliorer le transport urbain
et désengorger le centre-ville de Constantine.
comme Pizzarotti : la construction clés
en main du tramway de Constantine a
été confiée aux groupes Pizzarotti et
Alstom. Pizzarotti, une entreprise italienne,
était en charge de l’ingénierie générale ainsi
que le génie civil.
comme Querelles : avant de voir le
jour, le tramway de Constantine a été
au cœur d’une vive polémique ainsi
que des querelles au sujet du tracé initial
lequel impliquait la démolition de la prison
du Coudiat et du siège de la gendarmerie.
Finalement, le tracé a été raccourci pour que
ces bâtisses soient épargnées.
comme Rame : il y a 27 rames Citadis construites par Alstom prévus
pour l’exploitation à Constantine.
Elles sont dotées de climatisation, de vidéo
protection et d’un plancher bas permettant
l’accès aux personnes à mobilité réduite.
comme Setram : née d’une joint-venture entre l’EtUSA (Etablissement
public de transport urbain et suburbain
d’Alger 36%), de l’EMA (Entreprise du Métro d’Alger 15%) et du Groupe RATP (Régie
autonome des transports parisiens 49%), la
Setram est une société chargée de l’exploitation des tramways en Algérie.
comme Tawassol : six mois après la
mise en service du tramway, Setram
a lancé l’abonnement Tawassol (une
carte d’abonnement nominative pour chaque
usager) ainsi
qu’un carnet
de
coupons
mensuels.
Depuis le mois
de mai 2014,
l’entreprise a
revu ses prix
à la baisse en
lançant l’abon-
O
P
Q
R
S
T
«transport
Entre l’habituel
collectif
urbain (bus et taxis)
et le tramway, il n’y a
vraiment pas photo !
nement Tawassol Junior pour les moins de
25 ans (990 DA par mois) et l’abonnement
Tawassol Senior pour les 60 ans et plus (830
DA).
comme Université : desservant déjà
l’université Constantine 1 depuis sa
mise en service en juillet dernier,
l’extension du tracé du tramway en direction
de la nouvelle ville Ali Mendjeli passera par
la ville universitaire, en l’occurrence par
l’université Constantine 3 soulageant ainsi
des milliers d’étudiants des habituelles tracasseries liées au transport.
comme Vitesse : le tramway possède l’avantage de se déplacer vite
(jusqu’à 50 km/h en moyenne), car
sa vitesse est de 30% supérieure à celle du
bus. Il doit également sa rapidité au fait qu’il
ne subit pas les aléas des embouteillages.
comme Walis : évoqué du temps
de Tahar Sekrane, lancé durant
l’ère de Abdelmalek Boudiaf, il
sera réalisé et inauguré du temps de l’exwali Noureddine Bedoui. Et c’est à l’actuel
wali, Hocine Ouadhah, qu’échoira l’honneur
de souffler la première bougie du tramway.
comme XXL : une rame de tramway peut accueillir entre 300 et 400
passagers. Sa capacité d’accueil
équivaut à celle de 3 bus ou environ 150
voitures.
comme Y a pas photo ! : effectivement, entre l’habituel transport
collectif urbain (bus et taxis) et le
tramway, il n’y a vraiment pas photo. Les
avantages et les commodités offerts par ce
moyen de transport (capacité, confort, rapidité, ponctualité…) dépassent de loin les
prestations proposées par les transporteurs
publics et privés ainsi que les taxis.
comme Zouaghi : le pôle multimodal
de la cité Zouaghi (terminus actuellement du tramway) constituera à
l’avenir une station de départ commune
aux deux futures extensions : une ligne
de 2,7 km, reliant Zouaghi à l’aéroport
Mohamed Boudiaf, et une autre de 13,2 km
et qui s’étendra jusqu’à la nouvelle ville Ali
Mendjeli.
U
V
W
X
Y
Z
Lydia Rahmani
GRAND
ANGLE
Jeudi 3 juillet 2014 - 17
UNE PLAIE QUI NE S’EST JAMAIS FERMÉE
Contrainte d’abandonner son fils,
elle le retrouve treize ans plus tard
Contrainte d’abandonner son fils né sous x, Nedjma a fini par le retrouver,
13 ans plus tard, après maintes humiliations.
Par N. Benouar
A
près treize ans d’intenses recherches
de son fils qu’elle avait déposé à la
maternité du CHU de Constantine,
et bien de brimades d’une partie du
personnel de la DAS, mais surtout l’article paru
dans les colonnes de notre journal, précisément El
Watan Magazine pour que la lumière soit faite sur
le sort de cet enfant, Nedjma peut enfin savourer
une demi-victoire. Ayant réussi à avoir des
informations sur la famille adoptive en possession
de l’enfant qui — heureux hasard ! — se trouve
à moins de cinquante kilomètres de Constantine,
elle prends son courage à deux mains et va à la
rencontre de cette famille adoptive, avec l’espoir
de voir au moins comment est faite sa progéniture,
celle qui devait avoir treize ans, un âge où l’on
voit autrement un jeune enfant qui prend des
allures d’adulte. Ainsi, elle a été accueillie
par la mère adoptive avec beaucoup d’égards,
simplement parce que Nedjma s’était faite passer
pour une fonctionnaire de la DAS et au motif
qu’elle était venue s’enquérir de la situation de
l’enfant. Manque de pot, l’enfant n’y était pas, et
sa mère dut se contenter de ses photos, découvrant
un jeune homme plein d’entrain et reconnaît
même quelques traits qui l’ont confortée quant
à la véracité de l’information. Confiante, la mère
adoptive avait à cœur de souligner que l’enfant
bénéficiait de toute l’attention de ses parents, lui
faisant savoir que, de par leur situation financière
relativement aisée, ils lui ont déjà légué quelques
biens pour lui assurer un avenir confortable.
Nedjma devait apprendre aussi que cette même
famille adoptait aussi un autre enfant, une fille,
moins âgée que son fils, sauf qu’un problème
de taille, voire compromettant, à savoir que les
deux enfants adoptés portent le même nom. On
appelle cela «Ettabani», une procédure contraire
aux textes qui régissent cette catégorie sociale et
aux préceptes de la religion qui bannit de façon
explicite tous les auteurs de cette démarche.
Nedjma s’exclame : «C’est un comble que de
voir mon fils avoir une sœur qui n’a aucun lien
de sang avec lui et cette situation est des plus
préoccupante pour l’avenir de ces deux enfants».
Toutefois, prenant son mal en patience, Nedjma
devait retourner chez elle et attendre le rendezvous promis par la mère adoptive, pour rencontrer
le père. Il y a lieu de noter que le père adoptif,
avocat de son état, occupait lors de l’attribution
de cet enfant un poste à la DAS, chose qui lui
a permis de profiter de cette aubaine pour jouir
d’un enfant, faut-il le rappeler, né sous x. Il est
à rappeler quela mère biologique, en accouchant,
avait à l’esprit de garder son enfant, mais elle
avait dû, à l’époque le remettre à la pouponnière,
le temps de se rétablir et de préparer sa propre
famille à accueillir son enfant. Pour cela, elle
nous avait déclaré qu’elle n’a jamais signé un
procès-verbal d’abandon. Un document que l’on
exige des mères célibataires, appuyé par son
empreinte digitale. C’est d’ailleurs ce point précis
qui lui taraude l’esprit pour comprendre toutes les
réticences de l’administration à lui indiquer le sort
de son enfant. Reprenant son bâton de pèlerin,
Nedjma s’est encore dirigée vers la maison des
parents adoptifs de son enfant, mais cette fois-ci,
avec l’intention de dévoiler sa véritable identité.
L’accueil n’était plus le même, quoiqu’elle ait
été reçue à l’intérieur de la demeure, et prise de
panique, la mère adoptive usait d’un certain tact
auprès de Nedjma, la peur de voir cet enfant lui
filer entre les mains. Contacté par sa femme, le
père adoptif arrive et d’un ton menaçant il lui fait
savoir qu’elle n’avait aucun droit sur l’enfant et
que pour lui les formalités d’usage pour l’adoption
de l’enfant étaient bel et bien respectées et qu’à
ce titre l’affaire est close et ne souffre d’aucune
anomalie. Nedjma devait répliquer à ces attitudes
en disant à l’intention du père : «Je ne suis pas
venue vous enlever l’enfant, je sais qu’il est entre
de bonnes mains et je suis ravie de le trouver
dans ces conditions». Et d’ajouter : «Ce qui
m’importe le plus, c’est l’avenir de mon enfant
et je ne voudrais en aucun cas le perturber dans
son évolution, mais il faut aussi me comprendre,
je suis sa mère et je n’ai jamais eu l’intention de
le délaisser, si ce n’est une gestion occulte des
gens de la DAS qui l’ont déclaré né sous x.» Et
de poursuivre : «Je ne veux que son bonheur et
le vôtre pour tout ce que vous avez fait pour lui
et à ce titre je vous demande simplement d’établir
une relation entre nous pour me permettre de le
voir et de le recevoir chez moi assez souvent, tout
en lui apprenant la vérité.» Une proposition qui
n’a pas plu aux parents adoptifs qui maintiennent
une certaine pression et s’apprêtent même à
déménager. Un constat amer et une autre manière
de raviver une plaie qui ne s’est jamais fermée.
Celle d’une femme qui a tant souffert dans sa
jeunesse, puisqu’elle a eu cette enfant à l’âge de
seize ans au milieu d’une famille presque dans
le dénuement total, facteur aggravant de tous les
maux sociaux et les femmes par excellence qui le
paient dans leur chair. Actuellement, Nedjma est
entre deux feux. Celui d’avoir retrouvé les traces
de son enfant par la grâce d’un article de presse,
et l’information révélée par un fonctionnaire de
la DAS et de l’autre, l’intransigeance des parents
adoptifs à vouloir ignorer la mère biologique. Un
non-sens et un conflit qui risque de compromettre
l’avenir de l’enfant s’il aura, un jour, à découvrir
tout le mensonge qui a entouré sa venue au
monde.
N. B.
FLASHBACK
Jeudi 3 juillet 2014 - 18
COMMENT APPRÉHENDER LA SOCIÉTÉ ALGÉRIENNE À TRAVERS UN FILM INDIEN
Janitou l’Algérien
Par A. Blidi
I
l faut être Algérien pour se rappeler
de ce film hindou à l’eau de rose. Aa
Gale lag jaa, plus connu sous le titre
générique Janitou en Algérie, est un
concentré de toutes les contradictions
de la société algérienne. Relatant
l’histoire, somme toute très commune,
de deux amants séparés par le sectarisme
de la société, Janitou est devenu un
phénomène populaire dans notre pays.
«J’avais à peine 10 ans lorsque j’ai vu le
film pour la première fois. Je l’ai revu une
dizaine deux fois plus tard sans jamais
m’en lasser. A chaque visionnage, c’est
comme si je le regardais pour la première
fois et je ne peux m’empêcher de laisser
mes larmes couler», témoigne Nour El
Houda, fonctionnaire. L’évocation du
titre Janitou suscite sourires et nostalgie.
«Le plus étrange dans ce succès, souligne
Farid, aujourd’hui quinquagénaire, est
que l’histoire concerne un enfant né hors
mariage. Dans la vie, ces enfants sont
marginalisés mais face à l’écran, tout le
monde essuyait des larmes en écoutant
le gamin chanter.» Amine Hattou, jeune
réalisateur, travaille actuellement sur
un projet de film autour du phénomène
Janitou en Algérie. Pour lui, s’intéresser
à ce film hindou mènera forcément à
comprendre la société algérienne. «Les
relations hommes-femmes en Algérie
m’ont toujours intrigué, dit Amine. Il
est très difficile de parler d’amour dans
ce pays : pour les hommes, c’est une
faiblesse, pour les femmes un péché (…)
De plus, Janitou est lié à mon enfance.
C’est une nostalgie qu’on a envie de
mettre en images». Pour peu qu’il en
ait les moyens financiers, Janitou lui
permettra, espère-t-il, d’interroger la
société algérienne sur ses tabous. Il
explique : «Ce film indien peut dire
beaucoup de choses sur l’identité
algérienne. Il y a beaucoup d’ingrédients
qui ont fait la réussite de Janitou
malgré que ce soit un film très kitch :
le poids de la tradition, l’enfant né hors
mariage, les luttes sociales… Janitou,
c’est d’abord une histoire d’amour.
Paradoxalement, les Algériens, pourtant
très conservateurs, ont été très touchés
par cette histoire. Je ne compte pas
faire un film sur le phénomène, mais je
vais l’utiliser pour parler d’amour aux
Algériens.». Le fait est, par ailleurs,
que le film a été diffusé jusqu’à la
fin des années quatre-vingt-dix à la
télévision algérienne. Pour grand nombre
d’Algériens, il est le symbole d’une
certaine époque durant laquelle «tout
le monde regardait la même chose».
«Quand vous me dites Janitou, je pense
immédiatement à la période Chadli, aux
Souks El Fellah et aux cigarettes Hoggar.
Il faut dire que nous avions une seule
chaîne de télévision, El Mhatma, nous
n’avions d’autre choix que de regarder»,
dit Farid, nostalgique.
DO YOU KNOW JANITOU ?
Le succès phénoménal de ce film est
d’autant plus singulier qu’il concerne
uniquement l’Algérie. Le blog «Chat
noir» relate, à ce propos, une anecdote
savoureuse : lorsque le blogueur
rencontre un Indien dans un avion, il
lui parle, bien évidemment, de Janitou.
PHOTOS : D. R.
Diffusé dans les
années 70’, Janitou
relate l’histoire d’un
orphelin handicapé
à la recherche de sa
famille. Le film aura
fait un flop partout
dans le monde sauf
en Algérie où il a
valeur d’une œuvre
cinématographique
majeure ayant
marqué plusieurs
générations.
Le jeune cadre dynamique n’en a aucun
souvenir : «Je lui expliquais que pour
nous, en Algérie, c’était un film culte.
Le jeune Indien fouilla dans sa mémoire
quelques instants mais il n’en tira
qu’une moue dubitative et un mouvement
négatif de la tête (…). Si les Indiens
ne connaissent pas Janitou, où va le
monde ? Nous, dans le quartier, quand
un gars est un peu trop basané, il est tout
de suite affublé du surnom de Janitou.
Comment un Indien pouvait ignorer ce
chef-d’œuvre cinématographique qui
réunissait les familles algériennes. Je fus
étonné d’en être à connaître mieux que
lui le cinéma de son pays.» Le réalisateur
Amine Hattou impute le succès du film
en Algérie aux similitudes surprenantes
entre les deux sociétés, ainsi qu’au fait que
le cinéma algérien, trop occupé à réécrire
l’épopée de la guerre de Libération, avait
occulté les thèmes sociaux. «Le cinéma
algérien n’a pas pu répondre à certaines
questions, diagnostique-t-il. C’est la
raison pour laquelle les gens regardaient
les films de Boollywood. Dans les années
70’, on était toujours dans le cinéma
politisé parlant de la révolution. A part
peut-être Merzak Allouache avec Omar
Gatlato qui, il faut le souligner, était un
ovni à cette époque-là.» Le personnage
de Merzak Allouache, fanfaron et timide,
était d’ailleurs un grand fan de films
bollywoodiens. En témoigne la séquence
mémorable dans laquelle Omar et les
autres se bousculaient, fumaient, criaient
dans un cinéma — à l’époque où les
salles étaient encore remplies — pour
voir un film hindou. «Le phénomène
ne date pas de Janitou, rappelle Amine
Hattou. Beaucoup se souviennent encore
de Mangala, fille des Indes (un film
datant de 1952), qui avait beaucoup ému
les Algériens et qui parle de la relation
entre la mère et ses enfants et de leur
attachement à la terre. Ce film a touché
les Algériens parce qu’on venait de sortir
d’une colonisation. Il est arrivé en Algérie
dans les années 60’. Ils s’y sont attachés
parce qu’il traitait des thématiques
qui les concernaient.» Le phénomène
Bollywood s’est atténué à mesure que les
salles de cinéma disparaissaient. Vingt
ans plus tard, il en reste un souvenir aussi
doux que le visage du petit garçon ayant
campé le rôle principal du film ayant
aujourd’hui disparu des radars. «Comme
beaucoup d’enfants stars, il a fait de
mauvais choix, puis est retombé dans
l’anonymat», souligne Amine. Sait-il
que sa voix cristalline a marqué plusieurs
générations d’Algériens ? Mystère…
A. B.
HORS
CHAMPS
Jeudi 3 juillet 2014 - 19
Fennec dégage !
JEUNE VIE ALGÉROISE
Plus Belle la Vie !
A
Alger, y a des quartiers géniaux, centraux, fleuris, où t’as
moyen d’avoir vue sur mer, ou au moins vue sur rien. C’est
pas le cas de mon quartier, qui est une horreur architecturale et urbanistique. Bientôt, grâce aux voisins, je n’aurai
plus de soleil. Je prends les choses du bon côté, qui a vraiment besoin du soleil dans sa vie? Quand je sors de chez moi, je suis obligée
de passer par une ruelle. Elle est étroite, à double sens, accidentée, et
y a des gens qu’ont le bon goût d’y garer leur camion. Cerise sur le
gâteau au chocolat : y a un lycée au bout.
Vous voyez un peu le genre ?
Le genre qui donne envie de se suicider chaque matin.
Le seul truc gai dans cette rue c’est ma coiffeuse (elle va bien merci,
elle a fait des rajouts, elle a acheté un balai. Sa cousine est enceinte,
c’est un garçon. Elle a eu des problèmes avec le mec qu’a un magasin de cosmétiques et de chocolat, mais ça s’est arrangé hamdouleh).
Donc chaque matin, je passe facilement 15/20 minutes bloquée près
de chez moi. Faudrait sortir à 10h pour que la voie soit libre, mais
au travail ils apprécient pas trop que je débarque à 10h30. J’sais pas
pourquoi. Après ça, je passe par une route, à double sens aussi, ornée
d’un barrage en son milieu et clôturée par un rond-point géant. C’est
au cas où t’as raté ton suicide, une deuxième chance t’ait offerte.
Je passe en moyenne 35 minutes sur cette route tellement les voitures
elles avancent pas. Toutes les trois minutes, un chant de klaxons se
fait entendre. Ca sert à rien, mais ça fait du bien, j’ai essayé.
Très souvent, j’aperçois un clochard allongé sur le trottoir. Il ne regarde personne, il lit le journal, enroulé dans une couverture marron.
Il a l’air loin, très loin du bruit. Chaque matin, le camion poubelle
s’arrange pour être pile à côté de moi. Non, je ne suis pas parano.
Une fois que les survivants arrivent au rond-point, il est l’heure de
jouer à « vas-y que je te colle, que je me décolle, que je te serre
fort, que je te dépasse, vas-y pousse toi un peu, laisse moi passer
connasse, vas y me touche pas à mon rétroviseur tout neuf ».
Ca me stresse tellement que j’ai envie de prendre la route vide qui
mène à un endroit où personne ne va. Mais au lieu de ça, je me fais
foncer dessus et je contemple l’affiche publicitaire Mauboussin : I
love l’amour. Je sais pas qui a eu l’idée d’un tel slogan, et surtout qui
a eu l’idée de mettre ce panneau à un endroit où les gens ont envie de
s’entretuer.
love
I
l’amour…
.n’importe
quoi.
Bon, après
rondle
point et la
passerelle, il y a l’autoroute. Mais la plupart du temps, ça ressemble
à un parking. J’essaie tant bien que mal de ne pas regarder les gens
dans leur voiture (c’est très dur), parce que les visions d’hommes qui
crachent ou qui vont chercher de l’or au fond de leur nez me donnent
des haut-le-coeur. A intervalles réguliers, un convoi ministériel se
fait entendre et se fait voir. On se pousse donc tous les uns sur les
autres pour laisser passer le ministre, ses gardes du corps et leurs
têtes tournantes, et éventuellement le fils du ministre.Les minutes
passent, je m’endors facilement en écoutant Jil fm, la radio la plus
écoutée des algériens.Un klaxon me réveille brusquement, il faut
avancer d’un centimètre, sinon tu te fais crier dessus.
A avancer doucement, on finit quand même par arriver. On a faim,
on est triste et usé, on parle de la circulation dans l’ascenseur avec
des inconnus. Puis, avec la secrétaire. Pas la sienne hein, on est un
looser, on n’a pas de secrétaire
Il n’est pas sujet plus consensuel que les embouteillages, et on sait
que dès qu’on va prononcer les mots « t’as vuuu la circulation ce
matin », s’en suivra une conversation merveilleuse pour prolonger
le plaisir. Evidemment, y a un toujours un con pour balancer qu’il
est content d’habiter tout près et s’épargner ce stress. Il explique
qu’en économisant sur l’essence et l’entretien de la voiture, tu peux
te permettre un loyer un peu plus cher dans un plus beau quartier, et
t’offrir le privilège suprême de marcher chaque jour.
C’est le genre de con serein et un peu heureux que tout le monde
déteste. On s’agite à casser sa théorie, histoire de lui gâcher un peu
la vie, mais rien n’y fait. Pffffffffff j‘suis sûre qu’il love l’amour lui.
Mamzelle Namous
Retrouvez toutes les chroniquess sur
http://jeuneviealgeroise.com/
Pourquoi le fennec a-t-il été choisi comme
la mascotte de l’Algérie ? L’animal est
connu pour
être petit, peureux et
fétide.
Certes, le fennec a
été introduit dans
les billets de banques
algériens dès 1964
mais son caractère n‘est
pas forcément celui de
l’équipe qu’il est censé
représenter. En 2010,
une pétition avait
circulé sur le net pour
changer la mascotte de
l’équipe nationale. En vain.
Boudjema Tirchi, auteur,
disait, à ce propos, que « le nom choisi
devrait refléter le plus fidèlement possible
l’identité du pays, mais aussi avoir un effet
mobilisateur sur le plan psychologique
». « Sur le plan psychologique, écrit-il,
le renard du désert comme celui de la
forêt ne dispose pas d’un archétype mais
d’un symbole : la ruse. Celle-ci est faible
dans la mentalité des joueurs algériens,
contrairement aux Italiens, Tunisiens,
etc. Le terme « Fennec » est sans valeur
psychologique mobilisatrice pour notre
équipe ».
Un peu avant la qualification de l’Algérie
à la Coupe du Monde d’Afrique du Sud,
la presse et les commentateurs sportifs
évitaient d’évoquer le pauvre fennec,
préférant les qualifier de « guerriers du
désert » voire de « gladiateurs ».
A.B.
Vamos a Brasil
Faudrait sans doute informer les
chanteurs sportifs que la langue parlée
au Brésil est le portugais et non pas
l’espagnol. Depuis la
qualification des
Foot Vs tarawih
Si le match Algérie-Allemagne bat tous les records
d’audience à la télévison,
c’est bien à la défaveur
de l’audience des tawarih (prières quotidiennes
nocturnes du mois de
ramdhan). « Les bruits
des supporters étouffaient
au rythme des attaques de
l’équipe nationale, celui du
muezzin », ironise smail
pressé de connaître les ré-
sultats à la sortie de la mosquée. Et
c’est bien connu désormais l’algérien a deux religions : l’islam et
l’équipe nationale, seule capable
de rivaliser et de faire réunir plus
de téléspectateur que de pèlerins.
Pendant le match Algérie-Allemagne un autre match se disputait, celui des Tarawih Vs Foot. «
Ils gagneront des sous, nous des
hasanettes (bonnes actions) », clament les supporters des tarawih.
De l’autre coté les footeux ne se
sont pas laissés faire. À coup
de fumigènes, feux d’artifice et
chants footballistiques : « À quoi
bon prier si l’esprit est ailleurs
», concède Brahim imam d’une
bourgade algéroise. Alors pendant
que les quelques fidèles priaient à
la mosquée pour que l’équipe nationale gagne, d’autres profitaient
de ce spectacle. Bref, l’Allemagne
gagne 2 à zero, le foot 3 a 0. One
two three viva l’Algérie !
Djawed B.
Verts, bon nombre de chansons à la gloire
de l’équipe nationale sont apparues. La
qualité des vidéos postées sur Youtube
est certes inégale mais elles certaines ont
un point en commun : des mots espagnols
sont glissés dans le texte de la chanson.
Le succès du moment : une vidéo hilarante
signée du groupe fiesta « Hopital »
intitulée spontanément « Viva Algeria
in Brasilia. Il s’agit d’un rap savoureux
mélangeant l’arabe au français et
l’espagnol.
A.B.
Rais Mbolhi
Président !
C
a y’est c’est parti,
Halilozidch
reviens,
halilozidch pétition, halilozidch président, halilozidch imam, halilozidch prix
nobel, halilozidch ... Vahid a
touché le public Algérien, en réalisent au passage le rêve d’une
qualification au deuxième tour,
que tout les Algériens espérés
secrètement. Vahid à la tète
d’une équipe pleine d’espoirs
a su transformer un penalty en
but. C’est sans conteste l’entraîneur le plus apprécié de l’histoire de cette équipe, d’autant
plus depuis que ses larmes se
sont mêlées aux larmes algé-
riennes, dernier rempart de la
légendaire pudeur national.
Aujourd’hui et après bien des
doutes, les Algériens le remercient. Halilozidch est venu, il a
vu, il a vaincu.
Djawed B.
Malgré la défaite de
l’Algérie face à
l’Allemagne, le
Goal de l’EN a été
sans conteste
la superstar
du match. La
Fédération
internationale de
football FIFA l’a
d’ailleurs désigné,
tout de suite après
la rencontre
en
huitième
de finale
de ce lundi soir, homme du match après
les arrêts spectaculaires qu’il a effectués
durant plus de 90 minutes de jeu face
aux géants allemands. Les supporteurs
présents dans le stade n’ont cessé de
scander son nom : Moblhi Président (Rais).
Sur la toile, les jeux de mots n’ont pas
tardé à fuser (concernant le prénom de
Moblhi, Rais). Certains sont allé jusqu’à
dire qu’il était le seul « Rais » légitime de
l’Algérie… Après la déception de fin de
match, retour à la réalité avec une pointe
d’ironie.
F. B.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 20
LES CHRONIQUES DU JEUDI
JUSTE UN MOT
VU À LA TÉLÉ
De Mustapha à Ali
A
près-demain, samedi 5 juillet,
fête de l’Indépendance et de la
Jeunesse, les habitants de Ben
Aknoun, les enfants de Sidi Bouchachia, en groupe, en famille,
dans les quartiers, les cafés, petits et grands,
les vieux et les jeunes, les femmes et les
hommes, même ceux qui ont quitté la maison se rappelleront avec émotion l’un des
leurs, l’un de leurs enfants authentiques, dont
ils sont fiers et qu’ils n’oublieront jamais,
Mustapha Khodja, fort connu ici et ailleurs
sous le nom d’Ali Khodja, qui a créé et dirigé
les fameux et légendaires commandos de
l’ALN, portant le même nom, dès la première
année de notre guerre de libération dans la
région de Palestro. Pour notre part, nous avons
déjà commencé à évoquer Mustapha durant
une longue et belle après-midi d’été au bord
de l’eau, en présence de sa sœur Salima à la
mémoire très fertile, de son frère Omar et ses
souvenirs émouvants qu’il nous offrait avec
beaucoup d’humour. Les quelques amies présentes n’oublieront pas de sitôt des moments
aussi beaux, utiles et nécessaires en ces temps
de chaleur et même de canicule en tout genre,
où tout flambe, comme, par exemple, presque
70 partis politiques sans militants ni adhérents,
plus de 130 quotidiens sans journalistes ni lecteurs, et que dire des nombreuses télévisionsbidon que le pouvoir a créées et utilisées pour
donner le change.
Nous raconterons ici, le plus simplement du
monde, quelques faits et gestes de Mustapha, de son enfance et son adolescence, qui
nous disent beaucoup sur son caractère et sa
personnalité. La famille Khodja, nombreuse
comme on dit, avec huit enfants, quatre filles
et quatre garçons, est arrivée à Ben Aknoun
dès le début de la Seconde Guerre mondiale.
Cette famille algéroise et citadine, originaire
de Belcourt et du Ruisseau, connut une adaptation à notre village de façon rapide et totale,
à l’instar de quelques rares autres familles
comme les Bendjafar, leurs cousins, et avec
Par Boudjemaâ Kareche
lesquels ils aimaient faire des escapades dans
les bois de Sidi Merzouk, lequel a vivement
marqué l’histoire de notre village, en offrant
le terrain de son premier cimetière qui porte
toujours le même nom. S’intégrer à Ben
Aknoun, ce petit morceau de Kabylie implanté
dans la proche banlieue d’Alger, veut dire
apprendre et maîtriser la langue kabyle au
plus vite. L’école et surtout le sport, le foot
et le cyclisme facilitèrent beaucoup cette
adaptation. Les filles Khodja, toutes belles et
élégantes, ouvrirent les portes de l’école aux
nôtres en donnant l’exemple ; les garçons,
grands footballeurs pour les deux premiers,
cyclistes pour les deux autres firent l’admiration de nous tous. Mustapha, comme le raconte
si bien sa sœur, a arrêté le foot dès le début des
années cinquante, alors qu’il était sociétaire à
la JSEB (Jeunesse sportive d’El Biar), suite à
une injustice venant d’un dirigeant de ce club
qui voulait lui faire payer l’accès au stade, un
dimanche après-midi, pour voir jouer l’équipe
première des frères Soukhane, alors qu’il avait
joué le matin avec les juniors. Sa sœur nous
raconta aussi comment, plus jeune, en pleine
Guerre mondiale et alors que le pain se faisait
rare, il se rendait à pied jusqu’à Notre-Dame
d’Afrique et lorsqu’il empruntait les sentiers
des collines du djebel Koukou, non habitées
à l’époque, il se déchaussait, suspendait ses
chaussures à l’épaule pour les protéger d’un
vilain coup de pierre ou de racine. Il pratiquait
le même manège pour le retour et, en arrivant
à la maison, les pains dans sa sacoche, il savait
atténuer sa joie et sa fierté ; aussi, lorsque sa
mère le remerciait et le félicitait, il lui répondait
calmement : «Tu sais, mère, pour que cette
misère cesse, il faut que les occupants quittent
notre pays comme ils sont arrivés par Sidi
Fredj.» Mustapha n’avait alors que… dix ans.
Cette anecdote nous rappelle l’histoire que
nous avait narrée un aîné, Boudjema Ouabadi,
lui aussi moudjahid, l’un des proches amis de
Mustapha Khodja : «En 1945, alors que les
échos des massacres de Sétif nous parvenaient,
Mustapha
fut brutalement renvoyé
de l’école juste
avant l’examen
du certificat
d’études, car il avait
déclamé un chant patriotique en classe».
Omar, le benjamin, tenait à nous dire, à son
tour en riant, combien il était à l’aise et heureux en compagnie de son frère Mustapha,
avec lequel il apprenait beaucoup de choses,
la lecture, le foot, le cyclisme, alors que
seulement quatre années les séparaient, et il
rit encore plus en nous avouant que : «Mon
frère Mustapha jouait déjà le rôle du père que
nous avions perdu depuis de longue années et
ses félicitations étaient bien sobres , lorsque
cadet je gagnais une course et remportais un
boyau.». Il ajouta, les yeux de plus en plus
rieurs, les moments tellement fort vécus avec
son frère : «notre maison, toujours bien fleurie
grâce à ma mère et mes sœurs, était située
face à celle de la famille Amrouche dont l’un
des enfants, Saïd, du même âge que mon frère
était aveugle. Mon frère qui travaillait déjà
comme tourneur-fraiseur, alors qu’il n’avait
que seize ans, métier qu’il avait appris en
fréquentant le centre de formation de la rue
Marengo à Alger, comme beaucoup de jeunes
de Ben Aknoun qui aimaient pratiquer les
beaux métiers, n’oubliait jamais de promener Saïd, le soir, après le travail et de faire
une halte au Café des sports pour lui lire
Alger républicain et, le dimanche, il assistait
avec lui au match de l’ERB (Etoile rouge de
Ben Aknoun). Match qu’il regardait pour
deux». Emu et rougissant, Omar ajouta :
«Aujourd’hui, je me rends compte combien
mon frère Mustapha avait raison de me demander de l’accompagner tout le temps, car il me
donnait alors les plus belles leçons de la vie.»
Puis, Novembre 1954 arriva, Ali Khodja devint
un héros pour le monde entier mais, pour nous,
il est et sera toujours Mustapha.
B. K.
LA CHRONIQUE DE MAURICE TARIK MASCHINO
Un exemple à méditer
N
ous sommes tellement englués dans
la réalité que nous ne percevons pas,
ou à peine, l’énormité des dégâts
que le capitalisme provoque dans
le monde et considérons comme d’aimables
rêveurs ceux qui imaginent une société d’après
le capitalisme. Pareille réaction ne prouve-telle pas simplement à quel point notre mentalité est aliénée ou, comme dit un historien,
Jérôme Baschet, capituliste ? Professeur à
l’Ecole des hautes études de Paris et à l’université autonome de San Cristobal, au Mexique,
il nous rappelle, dans les premières pages de
son livre, Adieux au capitalisme(1), les calamités inhérentes à ce système et, surtout, il nous
montre, en s’appuyant sur l’expérience rebelle
des zapatistes, au Mexique, qu’une autre organisation sociale et une autre façon de vivre sont
parfaitement réalisables. Il est d’autant plus
urgent de les réaliser que le capitalisme a des
effets de plus en plus destructeurs : il ne détruit
pas seulement la biosphère, il dévaste l’environnement, pervertit les liens sociaux, faits
d’agressivité et d’individualisme forcené, et
ravage les personnes, soumises au harcèlement
des employeurs pour produire davantage dans
un temps de plus en plus court, d’où un stress
permanent, des dépressions et des suicides.
D’où les tentatives du système de produire
de nouvelles subjectivités qui intériorisent
les contraintes de la production marchande
et se soumettent à la «tyrannie de l’urgence».
«La personne, écrit J. Baschet, est désormais
invitée à se concevoir comme une petite
entreprise, vouée tout au long de la vie à (…)
faire fructifier son ‘‘employabilité’’… La vie
tout entière apparaît comme un patient travail de production de soi comme entreprise,
(comme) mode d’être entièrement adapté aux
normes du marché». Marchandisation des
personnes, marchandisation de la vie, devenir
marchandise du monde : comment accepter
une réalité aussi mortifère ? Les zapatistes
l’ont refusée : en 1983, ils créent une armée
de libération, occupent sept villes du Chiapas
et parviennent à imposer au gouvernement
mexicain la reconnaissance de leur autonomie. Sur un territoire à peu près équivalent
à celui de la Belgique, ils créent, en 2003,
cinq Conseils de bon gouvernement (Juntas
de buen gobierno) et les communes qu’ils
dirigent, depuis plus de dix ans, organisent
la vie de plusieurs centaines de milliers
d’Indiens mayas, ainsi que celle de familles
non indigènes qui se placent sous leur autorité». Elus pour deux ou trois ans, ceux qui
occupent des fonctions municipales sont
révocables à tout moment et ne perçoivent
aucune rémunération. L’objectif des zapatistes
est de mettre en œuvre «une dé-spécialisation
de la politique» : «La rotativité des charges
et l’absence de rémunération de ceux qui les
exercent sont capitales», estime J. Baschet.
Elles permettent à tous d’«être gouvernement», le pouvoir s’exerce de façon collégiale
et il est très limité, soumis à «de multiples
processus d’interaction et de négociation
informelle». Les Conseils interviennent dans
les principaux secteurs de la vie sociale —
justice, système de santé, éducation…
«Au Chiapas, des gens ordinaires, de simples
cultivateurs de maïs et de café, ont entrepris
de se gouverner eux-mêmes». Comme l’ont
fait en Russie, en 1905 et 1917, les Soviets
qui exercèrent la plupart des tâches gouvernementales, comme ils le firent en Allemagne
et en Hongrie entre 1918 et 1923, sans oublier
l’expérience de la Commune de Paris. Tentatives avortées, sans doute, mais qui indiquent
le chemin. Non pas celui de la révolution — on
sait de quelles monstruosités, elles accouchent
—, mais celui du changement, ici et maintenant, seul, en famille ou avec un collectif de
voisins pour «desserrer l’étau des logiques
marchandes». J. Baschet ne propose aucun
programme de transformation sociale, il
suggère et ses suggestions sont à la portée
de tous. Changer la société implique qu’on se
-même
change soi-même
er
: se libérer
d’un besoinn
intempestiff
de consom-m e r ,
er
consommer
a tre
moins et autrement, ne pas céder
aux sirènes de la publicité : autant d’impératifs
immédiatement réalisables.
J. Baschet insiste sur la nécessité de réorganiser
le champ politique, qui devrait être «dé-spécialisé», ouvert à tous les citoyens et il suggère
une transformation radicale du champ socioéconomique — produire des objets qui durent,
supprimer la publicité, interrompre la production d’armes et d’équipements militaires,
créer une école qui développe les capacités
intellectuelles et les savoirs techniques, donner
à tous la possibilité de résoudre les problèmes
les plus courants — se soigner, par exemple, au
lieu de se précipiter au moindre bobo chez le
médecin… «Dans une telle société, une même
personne pourrait être amenée successivement ou simultanément à fabriquer des pneus
de bicyclette et à siéger dans les Conseils
d’autogouvernement, à cultiver des tomates
et à partager des problèmes mathématiques
avec les enfants du quartier… Aucune division
hiérarchique entre activité manuelle et activité
intellectuelle n’a place dans un tel monde…».
Utopie ? Sans doute. Mais nous n’avons pas le
choix : ou bien nous continuons de mener une
vie totalement aliénée et soumise aux maîtres
du capital et à leurs valets politiques, ou bien
nous luttons «contre les normes de la société
marchande en nous» et préparons l’instauration d’une société à visage humain. Peut-on
hésiter ?
M. T. M.
1) J. Baschet, Adieux au capitalisme,
La Découverte, 2014.
Vahid le mal-aimé
Par A. Merad
A
insi donc, le président de la Fédération
ration
de football passe à l’offensive en entantamant, pour reprendre les termes d’un
’unn
confrère qui a rapporté l’information,
on,
«le grand nettoyage» au sein de l’institution qu’il
u’il
dirige depuis quelques années déjà. Alors quee laa
joie des Algériens est à son comble pour rendre
ndre
hommage à leur héroïque équipe qui a fait
sensation en terre brésilienne, le patron de
la FAF choisit son moment pour mener une
opération coup de poing dans son propre
entourage à travers une «purge» qui ferait
tomber des têtes, celles en tous cas qui ne
correspondent pas à sa vision, à son mode de
gestion ou, tout simplement, à la crédibilité de la maison. Action de
salubrité salutaire ? Lui seul le sait puisqu’il possède le pouvoir unipersonnel d’apprécier la gravité des faits constatés et, donc, de prendre
les décisions qui s’imposent. De quoi est-il question ? Par manque de
communication officielle et transparente, l’une des grandes lacunes de
la fédération, la presse a pu relever qu’après le match contre l’Allemagne
«beaucoup de choses se sont produites au sein de la délégation algérienne présente au Brésil». Il s’agirait, toujours selon notre confrère, de
«certaines pratiques» dont se sont rendus coupables les membres de la
délégation durant le séjour de la sélection à Sorocaba, des pratiques dont
on ne connaît pas la nature exacte mais qui auraient pris des proportions
scandaleuses pour valoir l’exclusion manu militari à plusieurs d’entre
eux. Le président leur a signifié sur place leur fin de mission. C’est dire si
le principe disciplinaire aura été au-dessus de tout dans cette affaire pour
le moins scabreuse qui mérite, assurément, des éclaircissements. Mais
n’y a-t-il que cette intention d’épuration, sachant que l’édifice de Dely
Ibrahim n’a jamais été une maison de verre, ni un exemple d’homogénéité dans les rapports professionnels et humains ? C’est presque un secret
de Polichinelle de dire qu’à la fédération, derrière le despotisme d’un
chef qui fait la pluie et le beau temps, s’est créé avec le temps une sorte de
clanisme déstabilisateur qui s’est fortement développé au point de rendre
le travail intérieur et extérieur de l’institution extrêmement vulnérable
et souvent inefficace. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que d’aucuns
parmi ceux qui ont des choses à dire sur la conduite de la fédération iront
jusqu’à affirmer que la réaction brutale du président ne serait, ni plus ni
moins, qu’une manière déguisée de régler des comptes contre certains
réfractaires dont le comportement ou les agissements, pas toujours orthodoxes au sein de la fédération, ne sont pas une grande découverte et qui
ont, de toutes façons, toujours pris la liberté d’agir avec la bénédiction
du grand boss qui choisit lui-même ses collaborateurs. Dans la ligne de
mire de cette purge qui touche plusieurs services vitaux dans le fonctionnement de l’organe central du football, on retrouve sans trop de surprise
le département presse et communication qui, selon toute vraisemblance,
serait suspecté de divulgation d’informations devant être tenues secrètes.
A la tête de ce service, un ancien journaliste qui a accumulé beaucoup
d’expérience dans sa nouvelle mission et que le président, en personne,
avait réclamé pour ses compétences pour le seconder dans son travail. Et
voilà que ce responsable de presse est mis sur le banc des accusés pour un
impair dont on ignore la gravité. Appartient-il, lui aussi, à cette catégorie
d’éléments nuisibles et indésirables qu’il faut écarter pour faire le vide
autour du trône ? En tout état de cause, les faits qui se sont produits au
Brésil ne doivent pas rester dans l’opacité. Le public algérien a le droit de
savoir ce qui s’est réellement passé et le pourquoi des lourdes sanctions
qui vont s’abattre sur les présumés coupables.
Comme il a aussi le droit de tout savoir sur le fumeux feuilleton qui a
marqué les rapports exécrables entre le patron de la fédération et l’entraîneur national, longtemps critiqué par les représentants de la fédération
pour son comportement fantasque et son manque d’efficacité. Entre
Raouraoua et Halilhodzic, tout le monde sait que le courant n’a jamais
bien marché, pourtant c’est le président qui est allé le contacter pour
le convaincre de prendre en main la sélection nationale. Les choses se
sont envenimées au terme de la Coupe d’Afrique, où les Verts ont réalisé
un passage plus que mitigé, n’accédant même pas au second tour de la
compétition. Entre un président de la FAF extrêmement jaloux de son
autorité qui doit être absolue et une forte tête comme celle du Bosnien
imbu, lui aussi, de sa personne, les étincelles étaient légion, les questions
d’argent n’expliquant pas tout. La rupture restait toujours d’actualité et
prête à exploser. Elle ne tenait, en fait, qu’à un fil. Entre-temps, plus on le
dénigrait et plus le coach trouvait l’énergie nécessaire pour reconstruire
ce qu’il avait trouvé dans un état lamentable. Sa première fierté a été de
nous qualifier en Coupe du monde. Son coup de baroud de nous mener,
pour la première fois de notre histoire, aux seizièmes de finale dans cette
compétition. Vahid le mal-aimé, celui dont on avait mis en doute les compétences en la matière, a réglé par cette retentissante victoire ses comptes
à sa manière avec ses dénigreurs occasionnels qui, dit-il, ne connaissent
rien au football moderne et, bien sûr, avec son plus redoutable adversaire
qui ne trouve plus rien à dire. Il faut avouer que le Bosnien n’est pas du
genre revanchard. Après le match contre l’Allemagne, les larmes qu’il
a lâchées et la solidarité qui a marqué son groupe ont fait le tour du
monde, preuve de sa sincérité dans ce combat et des liens très forts qu’il
a tissés avec des joueurs qui vont sûrement beaucoup le regretter. Tout
comme les milliers d’internautes qui sont contre son départ. Le coach
était partant et son remplaçant, déjà désigné, en l’occurrence le Français
Gourcuff, un entraîneur qui aurait été «proposé» par l’Elysée aux autorités algériennes dans le cadre du renforcement des relations bilatérales. Il
ne serait pas tout à fait le choix de Raouraoua qui a commis, en revanche,
l’impardonnable erreur d’informer Halilhodzic de sa fin de mission alors
qu’il partait au Mondial.
A. M.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 21
C U LT U R E
SOIRÉE À LA KHEÏMA WELL SOUND À L’HÔTEL HILTON D’ALGER
Wahid avec les Verts
et Sheryfa Luna sur le départ
● Les artistes franco-algériens Sheryfa Luna et Wahid ont animé la première soirée Well Sound à Alger.
A
vant quand j’étais gros est le dernier
spectacle de l’humoriste franco-algérien Wahid. Il a lancé mardi soir au
chapiteau de l’hôtel Hilton d’Alger
les soirées Well Sound. Sur scène,
Wahid s’est plaint avec un humour
vif de ses formes généreuses. Il a abordé la drague
des filles, les années d’école, la pratique de la gym,
l’apprentissage de l’anglais, les soirées au cinéma,
son voyage au Maroc, la «cousine» du bled… «J’ai
un frère qui a commandé une fille du bled pour ses
38 ans !», a-t-il lancé. La mauvaise sono a mis parfois mal à l’aise l’artiste. «Travail d’Arabe», a crié
Wahid. Protestation dans la salle. «Wallah al adhim,
j’adore le travail d’Arabe, ça ne me dérange pas
!», a répliqué l’humoriste. L’humour de Wahid est
très franco-français. L’artiste, révélé par le Comedy
Club de Jamel Debbouz, s’inspire des scènes de
tous les jours, fait dans le stand-up conventionnel et
tente de fédérer tous les avis. Peut-on rire de tout en
France ? «On peut rire de tout, mais pas avec tout
le monde. S’il existe des personnes qui ne rigolent
pas, je passe à autre chose. A la base, on vient
rire ensemble. On ne vient pas rire sur quelqu’un.
Si je touche quelqu’un, je m’arrête !», a répondu
Wahid lors d’un point de presse avant le spectacle.
Interrogé sur la polémique soulevée en France sur
l’humoriste Dieudonné, Wahid précise qu’on ne
peut pas rigoler sur les gens «s’ils ne l’acceptent
pas. On m’a souvent posé cette question. Je n’ai pas
voulu répondre. Ce soir, je vais le faire : sur scène,
Dieudonné est au-dessus de tout le monde. Il est
BON PLAN SAHRA
Kheïma Well Sound
Chapiteau de l’hôtel Hilton
Ce soir à à partir de 22h30
Concert de Djmawi Africa
Museum Lounge Bardo
Une première en Algérie ! un concept inédit
et très original. Tous les soirs a partir de
22h, expositions et animation artistique.
Accès libre.
Musée National du Bardo - 3, avenue
Franklin Roosevelt, Alger.
Salle Atlas
Bab El Oued, Alger
Soirée Fi Qaâdat Lahbab
Récital de Samir Toumi et Radia Manel
(hawzi-andalou-assimi)
CIRQUE
Cirque Florilegio Amar
Esplanade du centre commercial ArdisAlger
deux représentations : 22h et minuit
Accès : 1000 DA, 1300 DA et 1600 DA
Maison de la culture de Tizi
Ouzou
Ce soir à 22h
Spectacle de Hamidi Saïd, Karim Addar et
Slimane Kaloun
La Gaâda Nouba
Au niveau de la terrasse du Nouba Club de
l’hôtel El Aurassi, du 7 au 25 juillet 2014.En
plein air, avec vue sur la baie d’Alger où se
mêlent détente, convivialité, spectacles,
salle de jeux, restauration.
Têtes d’affiche : Cheikh Sidi Bémol, Gaâda
Diwane Béchar, Ferda, Essed, Djmawi
Africa, Malya Saadi, Freeklane, Caméléon,
Youss… et plein d’autres.
Accès : 1500 DA, comprenant : parking,
accès, spectacle, 2 consommations,
tombola.
Institut Cervantès
Ce soir à partir de 22h30
Concert du chanteur d’expression kabyle
Lounis Aït Menguellet
Points de vente : salles El Mougar et Atlas
Accès : 700 DA
Hôtel Hilton
Pins maritimes, Alger
Ce soir partir de 22h
Spectacle Nostalgie présenté par la
fondation conservatoire flamenco Casa
Patas.
A Alger : samedi 5 juillet 2014 à 22h30 à la
salle Ibn Khaldoun (les invitations sont
disponibles au niveau de l’Institut
Cervantès).
A Annaba : dimanche 6 juillet 2014 à
22h30 au théâtre régional Azzedine
Medjoub (les invitations sont disponibles
au théâtre régional Azzedine Medjoubi
depuis le 30 juin).
exceptionnel. Il n’y a rien à dire ! Les plus grands
comédiens français pensent la même chose. On ne
va pas se voiler la face. Mais après, je ne suis pas
d’accord avec tous les débordements qu’il peut y
avoir. Il y a certains mots que je n’aurais pas acceptés. Cela dit, il y a eu un matraquage de folie que
je n’aurais pas aimé subir en tant qu’être humain
et en tant qu’artiste». Wahid a appelé à soutenir
les jeunes humoristes algériens qui ne s’expriment
actuellement que sur internet. «En Algérie, il y a
du talent. Il faut l’accompagner», a-t-il plaidé.
Wahid est revenu – c’est inévitable – sur le match
historique Algérie-Allemagne en 8e de finale de la
Coupe du monde de football au Brésil : «L’équipe
algérienne m’a rendu très fier. J’avais les larmes
aux yeux. Nous avons perdu, mais j’étais content.
Ils ont joué comme des hommes et nous ont rendus
fiers dans le monde entier. J’ai klaxonné, sorti mon
drapeau. J’ai tout fait à Paris. Nous sommes des
Algériens, nous sommes les Fennecs !» A propos
des protestations de l’extrême droite française après
les manifestations de joie des Algériens de France,
Wahid a eu cette réponse : «Ils ont posé leur drapeau chez nous pendant 132 ans. Nous avons bien
le droit de déposer nos drapeaux pendant quelques
minutes chez eux. Ceux qui critiquent n’ont pas
compris qu’en France, il existe plusieurs origines.
C’est ce qui fait la force de ce pays. En 1998, les
Arabes, les Noirs et les autres ont célébré la victoire
des Bleus. Certains ne sont pas bien lorsqu’on est
heureux !»
«En Algérie, nous avons une équipe de foot extraor-
dinaire. Ils se sont bien battus. Quand l’Algérie a
perdu, j’étais déçue, j’avais mal», a confié Sheryfa
Luna, qui a assuré la deuxième partie de la soirée.
Après un spectacle de danse indienne, Sheryfa
Luna est montée sur scène interpréter des chansons en hommage à son père, à son fils de six ans
et à l’amour. Elle a repris le tube Il avait les mots,
accompagnée par son frère Ahmed à la guitare,
a chanté Je Reviendrais (dédiée à l’Algérie) et Si
tu n’étais plus là. «Je viens chanter, mais aussi
redécouvrir mon pays. Il y a deux ans, j’ai visité
Bordj Bou Arréridj, la région de mon père, où j’ai
rencontré ma grand-mère pour la première fois»,
a-t-elle dit lors d’une rencontre avec la presse. Sheryfa Luna s’apprête à sortir un cinquième album
en septembre prochain, Il était une fois, à travers
lequel elle revient à la pop urbaine, la musique de
ses débuts. Elle a confirmé sa volonté de se retirer
de la scène musicale.
Les soirées Well Sound se poursuivront jusqu’au
26 juillet. «Nous dédions les soirées Well Sound
2014 aux jeunes. Les genres musicaux qu’aiment
les jeunes sont donc présents. Il y a donc beaucoup
de rap. De l’humour avec Abdelkader Secteur et
Phil Darwin. Il y aura de l’animation en début de
soirée avec des troupes venues d’Inde et d’ailleurs.
Nous avons également des têtes d’affiche comme
Kader Japonais, Zahouania, Gaâda Diwan Béchar.
Nous n’avons pas oublié les jeunes artistes algériens comme Freeklane, El Day, Djmawi Africa,
Tata Full, BB Blues», a précisé Mervet Ouchene,
responsable de la communication. Fayçal Métaoui
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 24
JEUX - DÉTENTE
HORIZONTALEMENT : 1.Extravagances 2.Bredouiller. La
proie du serpent 3.Saison. Tu le précède. Accord russe. Etre
en tête 4.Conjonction. Poire d'ORL. Bidoche 5.Chemin à
suivre. Démonstratif 6.En béton. Pronom. Monnaies communes 7.Travaux en bref. Infuser. Sied 8.Ville de Belgique.
Parties de coque de navire 9.Chef d'œuvre. Envoyer à un autre
poste. Chevalier mystérieux 10.Bout de pois. Alimentée.
Cependant 11.Frais de repas. Réunion tenue par une assemblée. Habileté 12.Pronom. En plus. Avant les autres. Squelette
13.Difficile. Astate. Parcours sinueux 14.Appelle la harde.
Pleine d'entrain. Perroquets 15.Résines fétides. Avec largesse.
Quinze sur 15
1
2
3
4
5
6
7
8
9
N° 3857
N°3857
Par M. IRATNI
1
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
I
2
II
3
III
4
IV
5
V
6
VI
VII
7
VERTICALEMENT : 1.Métier de menuisier. Bel emplumé
2.Pouvoir d'agir à sa guise. Résultats 3.Vieux bison. Fin de
verbe. Groggy. Pluie d'été 4.Démonstratif. Mettent dans un
silo 5.Ville de France. Refus de sir 6.Danses d'origine andalouse. Cheval d’Amérique 7.Cours court. Soins des mains et
des ongles. Lancer 8.Assistai. Amas confus de choses.
Possessif 9.Planches algériennes. Rengaine. Possessif 10.Soit.
Qui manque d'énergie. Dépassés 11.Arbre. Courroie. Grande
école 12.Davantage. Poésie urbaine 13.Petits sentiers. Etre du
futur. Monnaie 14.Ecolo. Œuvre de fiction 15.Tient la boutique. Petits cahiers. Stère.
Mots Croisés
10 11 12 13 14 15
VIII
8
IX
9
X
10
HORIZONTALEMENT
11
I- Séduites. II- D’un continent - Bouquiné. III- Avant, c’est
zéro - Héros du déluge. IV- Beau-fils - Meilleure à la longue.
V- Note - Historien roumain. VI- Soudée -Sa mise est ruineuse.
VII- Mesure de luminance - En béton - Retiré à sa mère. VIIIPersonnel - Société mondaine. IX- Rapt. X- Travailles dur Fait passer le chaland.
12
13
14
VERTICALEMENT
15
SOL. QUINZE SUR 15 PRECEDENT : HORIZONTALEMENT :
1.THERAPEUTIQUE 2.RETOURS. SAUTOIR 3.ILETS. PLAGE. LIE 4.
SES. THE. RONGE 5.TR. HEURTS. OI. SR 6.BARRAI. STRATE 7.UN.
BIEN. ALTO. ES 8.LIT. CI. IE. AN 9.EM. TETE. EPSILON 10.TIGE.
ANS. NESS 11.TERRERAIT. ET 12.ETA. CRAMPES 13.STIGMATES.
IRENE 14.ENEE. STENTOR 15.AS. OSIER. ESSE.
VERTICALEMENT : 1.TRISTOUNETTES 2.HELER. MIETTES 3.ETES.
GRAIN 4.ROT. HABITER. GEL 5.AUSTERITE. ELME 6.PR. HURE.
TER 7.ESPERANCE. ACTES 8.TI. AIRE 9.TSARS. ENTASSE 10.IAGO.
SLIPS. TR 11.QUENOTTES. EPIE 12.UT. GIRO. INTERNE 13.EOLE.
ALE. SETS 14.II. STENOSE. NOS 15.PRETRES. NS. GERE.
1- Absurdes. 2- Couverture de vieux troncs - A tout laissé
tomber. 3- Préfixe pour doubler - Pratique. 4- Partie de la
scène d’un théâtre - Article. 5- Note - Ils mènent une vie
de château. 6- Copieuses. 7- Pagaya. 8- Dressas - Chemin
de halage. 9- Roulé dans la farine - Petits entêtés. 10Chemin en pente.
SOLUTION N° 3856
HORIZONTALEMENT
Sudoku
N° 157
7
REGLE DU JEU
1
Une grille est composée
de plusieurs
carrés. Chaque carré
contient tous les chiffres
de 1 à 9. Chaque ligne
comme chaque colonne
contient aussi tous les
chiffres de 1 à 9.
Certains chiffres vous
sont donnés, à vous de
trouver les autres. Pour
cela, procédez par
déduction et élimination.
Tout Codé
5
2
3
3
4
7
5
8
5
3
9
6
4
9
1
Définition
du mot encadré
4
4
9
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6
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3
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2
1
7
5
de fait
petits
très
respectable
roi
éthiopien
7
2
6
1
3
5
8
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2
6
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8
10
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2
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13
14
7
4
8
14
8
2
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3
14
14
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10
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9
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10
2
16
1
2
17
2
18
11
10
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1
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14
8
19
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14
1
7
13
2
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20
13
14
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4
15
9
8
7
H
3
16
2
1
6
7
Fléchés Express
N° 3857
se succéder
crochets
d’étal
médicament
hypnotique
association
chose latine
muse
rivière
d’Espagne
celés
D
ville suisse
petites
tiges
8
2
appelé à
siéger
liste de
plats
soulager
un besoin
répandues
5
5
7
2
possessif
10
14
strontium
14
10
11
7
21
2
18
17
11
14
19
2
1
1
anneau
de mousse
dignitaire
musulman
souillé
cancres
peinture
brillante
promise
par amour
LASCAR - DANIEL RADCLIFFE
SOLUTION FLÉCHÉS EXPRESS PRÉCÉDENTS :
HORIZONTALEMENT : EMBOBINER / BORAS / NE / ERRES / LIT / ADRET / VE / ONU / SOLEN
/ CRU / RELU / THESES / LE / ALESA / IMAGE / OTE / EGEE / CIL / UNIR / ALOI / TRESSENT.
VERTICALEMENT : EMBRANCHEMENT / BORDURE / AGIR / FORER / USAGERE / BASES /
ELEE / PIS / TORSE / AS / LE / SOCLE / DENIVELLATION / RETENUE / ELIT.
ancienne
mesure de
longueur
ancienne
Thaïlande
dans
SOL. TOUT CODÉ PRÉCÉDENT :
1- PERVERSION. 2- AGUICHANTE. 3- TUNNEL.
4- SOI - MEAT. 5- OTE - TINTE. 6- UT - AERIENS.
7- ROUSSES - DA. 8- EIRE - DUS. 9- ARN - COIS.
10- EVIDENTE.
brame
méprisable
14
VERTICALEMENT
traîtres à
ses idées
En vous aidant de la définition du mot encadré, complétez la grille, puis reportez les lettres correspondant
aux bons numéros dans les cases ci-dessous et vous
découvrirez le nom d’un personnage célèbre.
2
11
I- PASTOUREAU. II- EGOUTTOIR. III- RUINE URNE. IV- VI - ASE. V-ECRETES - LI. VI-RH - LIRES.
VII- SAM - NIS - CE. VIII- INERTE - DON. IX- OTA ENDUIT. X- NETS - SASSE.
1
4
1
9
6
3
8
4
9
7
2
5
1
situation
comique
Glossaire placé à la fin d'un ouvrage.
10
1
7
4
2
5
6
9
3
8
8
5
8
N° 3857
7
4
9
Solution
Sudoku
précédent
6
4
4
1
9
2
6
3
5
1
8
4
9
7
tour
symbolique
non
reconnues
Jeux proposés par
gym C Magazine
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 25
TÉLÉVISION
SELECTION
19:55 Série TV
HOSTAGES
Duncan a abattu Brian. Ellen
revient chez elle pour sauver son
mari. Puis Duncan l’emmène
dans la forêt, creuser une tombe
pour enterrer Angela, qu’il a tuée.
19:40 Divertissement
19:45 Culture info
19:45 Cinéma
CARNET DE VOYAGE
D’ENVOYÉ SPÉCIAL
LE MUR DE
L’ATLANTIQUE
Bagages envolés... vacances
gâchées ? Un code-barres mal
imprimé, un sac qui tombe du
chariot et à l’arrivée, une valise
perdue et des vacances gâchées.
A Roissy, plus de mille valises
disparaissent chaque jour. Si la
plupart des « objets perdus » sont
rendus à leur propriétaire …
En 1944, dans un petit village
normand, le restaurateur Léon
Duchemin vit tranquillement,
malgré la guerre. Le chef local de
la Résistance, Armand, tout
comme le lieutenant allemand
Friedrich, fréquentent son
établissement.
19:45 Série TV
19:50 Divertissement
19:55 Série TV
19:50 Série TV
BANSHEE
THE KILLING
Après avoir purgé une peine de
prison de quinze ans, un
ex-détenu retrouve son ancienne
complice de braquage. Il se fait
ensuite passer pour le nouveau
shérif.
Alors que Sarah s’apprête à fêter
ses 25 ans de carrière, plusieurs
marins employés par une
entreprise importante sont trouvés
morts et une fillette est enlevée.
19:50 Cinéma
19:50 Cinéma
19:50 Divertissement
LE GRAND BÊTISIER
DE L’ÉTÉ
Avant les grandes vacances,
voici une sélection du meilleur
comme du pire de ce que le petit
écran a proposé depuis le début
de cette année. En compagnie
des comédiens Titoff et Willy
Rovelli, de l’imitateur Michaël
Gregorio, de Philippe Lacheau
dit « Fifi »…
00:50 Divertissement
CUISINE SAUVAGE
FBI : PORTÉS DISPARUS
CHANTAL LADESOU
RRRRRRR ! ! !
THE TRUMAN SHOW
LEMMAT RAMDANE
John C., instructeur en
techniques de survie, convie
Benjamin Collombat, chef étoilé,
à quitter sa confortable cuisine
de Draguignan, dans le Var, pour
la Sologne. Il lui fait découvrir
l’immersion en forêt et lui donne
quelques conseils pour vivre en
plein air : avoir du bon sens et
une technique,…
Un Père Noël a disparu. Cet
employé de grand magasin
travaillait sur des algorithmes :
des recherches qui pouvaient
coûter de nombreux emplois.
Avec son inimitable franc-parler et
son style faussement bourgeois,
l’humoriste dévoile son quotidien
entre un mari qui, après trente ans
de mariage, en prend pour son
grade et ses enfants qui quittent le
nid. Elle évoque également ses
sorties en boîte ou encore ses
virées dans un fameux magasin
d’ameublement …
37 000 ans avant l’ère chrétienne,
deux tribus voisines, le clan des
Cheveux propres et celui des
Cheveux sales, vivent en paix. Le
quotidien des Cheveux sales est
rythmé par un impératif : obtenir
enfin la formule du shampooing,
que garde jalousement le clan des
Cheveux propres.
Truman Burbank mène une vie
banale dans une ville banale au
bord de la mer. Jamais il ne s’est
aventuré hors de la station
balnéaire. Et pour cause : à sa
naissance, Truman a été placé
dans un village factice, peuplé de
comédiens.
Une émission de plateau interactive
quotidienne avec comme invité un des
artistes ayant interprété un rôle dans les
programmes diffusés durant ce mois.
L’émission relatera également en direct
l’ambiance festive des soirées animées à
travers les différentes régions du pays et
évoquera les rites et traditions propres à
cette période.
El Watan - Jeudi 3 juillet 2014 - 27
L’ÉPOQUE
JEUX
MONDIAUX
DE LA
MÉDECINE
LES MALADES MENTAUX EN NOMBRE
ON VOUS LE DIT
La radio d’El Bayadh lance ses
programmes en langue amazighe
La radio régionale d’El Bayadh a lancé, hier, ses premiers
programmes en langue amazighe. Une première émission,
«Tamurt Enagh» (notre pays), consacrée au quotidien de la
région, traite, en 52 mn, de sujets divers liés à l’essentiel de
l’actualité de la semaine, de questions de développement,
et d’entretiens et rencontres avec des gens de la culture et
des artistes, a affirmé Aïssa Mansouri, directeur de cette
radio créée en 2003. Une deuxième émission intitulée
«Ramadhan ghernagh» (le Ramadhan chez nous) traite des
us et traditions locaux durant le mois sacré, elle est diffusée
en langue amazighe, a déclaré le même responsable, en
précisant que la grille des émissions en tamazight sera
élargie graduellement avec l’introduction de bulletins
d’information traitant de l’actualité locale.
Le secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité
(HCA), Si Hachemi Assad, a salué de son côté l’initiative qui
constitue «un véritable acquis, intervenant à la veille de la
célébration du double anniversaire de l’indépendance et de
la Fête de la jeunesse».
La ministre de la Solidarité
ordonne une enquête
Les Algériens
champions
● L’enquête permettra d’identifier, selon elle, l’origine de cette
pathologie et les zones les plus touchées.
Cela s’est passé mardi, au carrefour de Tamentfoust (ex-La
Pérouse) à Alger. Un piéton âgé de 28 ans a été
mortellement heurté par un chauffard qui a pris la fuite.
Un second piéton a été renversé par le même chauffard et a
été évacué à l’hôpital d’Aïn Taya, suite à de graves
blessures. Le drame a eu lieu quelques heures avant la
rupture du jeûne. Encore un acte barbare qui a endeuillé une
famille, malgré les campagnes de prévention lancées par les
autorités.
40 morts et 2072 blessés
sur les routes du pays
40 personnes ont été tuées et 2072 autres ont été blessées
dans 1614 accidents de la circulation, survenus à travers le
pays durant la semaine du 22 au 28 juin dernier, a indiqué la
Protection civile dans un communiqué. Le bilan le plus lourd
a été enregistré dans la wilaya de Sétif, avec 3 personnes
tuées et 85 autres blessées, a-t-on relevé. Par ailleurs, les
secours de la Protection civile ont effectué, durant la même
période, 4421 opérations diverses et d’assistance aux
personnes en danger, a-t-on fait savoir.
Depuis l’ouverture de la saison estivale, le 1er juin, les
mêmes secours ont effectué 8912 interventions, sauvant de
la noyade 5356 personnes sur les plages surveillées, a
précisé la Protection civile, mais qui a déploré le décès de
22 estivants dans plusieurs wilayas côtières.
Offre spéciale Ramadhan
pour Great Wall
La marque chinoise, Great Wall, commercialisée en Algérie
par GMS, démarre ce mois de Ramadhan avec une remise
spéciale de 50 000 DA sur le mini SUV M4. Son prix durant ce
mois est affiché à 1 150 000 DA.
Le M4 est doté d’un moteur 1.5VVT de 105 CV. Il est équipé de
l’ABS+EBD et BAS, double airbag, air conditionné, vitres et
rétroviseurs électriques, verrouillage centralisé, radio CD
MP5, commande radio au volant, média interface, jantes
alliage 16 pouces, radar et caméra de recul, peinture
métallisée. GMS précise que pour toute commande d’un
véhicule Great Wall durant le mois de Ramadhan de type M4,
Wingle, H5 ou Florid, le client participera à une tombola qui
permettra à 10 clients de gagner un an d’entretien et 20
bons d’essence gratuits. Les showrooms Great Wall seront
ouverts également en soirée de 21h30 à 00h30.
Plus de 8000 CD contrefaits
saisis à El Tarf
Un lot de 8214 CD contrefaits, en infraction avec la loi sur
l’édition, viennent d’être saisis à El Tarf par les éléments de
la Brigade économique et financière de la sûreté de wilaya, a
indiqué, lundi, l’officier chargé de la communication au sein
de ce corps constitué.
Opérée en coordination avec l’Office national des droits
d’auteur et des droits voisins (ONDA) de Constantine, dans
le cadre de la lutte contre les différentes formes de piratage,
une action de contrôle a permis de saisir ces CD au moment
où six individus, âgés entre 20 et 40 ans, tentaient de les
commercialiser, a ajouté la même source, précisant que ces
supports contrefaits représentent un préjudice de plus de
1,6 million de dinars.
El Watan - Le Quotidien Indépendant
Édité par la SPA “El Watan Presse” au capital social de 61
008 000 DA. Directeur de la
publication : Omar Belhouchet
Direction - Rédaction - Administration Maison de la Presse
- Tahar Djaout - 1, rue Bachir Attar 16 016 Alger - Place du 1er
Mai Tél : 021 68 21 83 - 021 68 21 84 - 021 68 21 85 -
PHOTO: D. R.
Un piéton tué par un chauffard
Les malades mentaux peuvent être dangereux pour eux-mêmes ainsi que pour les citoyens
F
lors de sa visite de travail et
d’inspection dans la wilaya
de Blida. A cet effet, elle a
tenu une rencontre avec des
associations à caractère social
et caritatif, ainsi qu’avec des
élus au siège de la wilaya afin
d’écouter leurs doléances et de
s’informer de ce qui se passe
sur le terrain. A Blida, les
malades mentaux sont de plus
en plus visibles dans les rues,
alors que, paradoxalement,
cette wilaya a l’un des plus
importants centres psychiatriques du pays. Récemment,
au quartier de Bab Essebt, une
malade mentale a été victime
d’une grave crise d’hystérie.
C’est une autre inadaptée mentale qui en a été la cause. En
effet, les deux malades se
sont échangé des propos d’une
ace à l’augmentation
inquiétante des inadaptés mentaux en Algérie,
Mounia Meslem, ministre de
la Solidarité nationale, de la
Famille et de la Condition
de la femme, s’est engagée,
mardi, à partir de Blida, à
ouvrir une enquête nationale
pour déterminer les causes de
ce phénomène qui ne cesse
de prendre des proportions
alarmantes. Cette enquête permettra d’identifier, selon elle,
l’origine de cette pathologie
et les zones les plus touchées.
«Les associations et la presse
sont les seules sources d’informations crédibles qui me
permettent d’analyser la situation et les propositions faites
afin que des solutions soient
trouvées», a-t-elle déclaré,
extrême vulgarité, quand l’une
d’elle a commencé à hurler pendant plusieurs minutes.
Prises de panique, les personnes qui ont assisté à cette
scène ont tout fait pour rassurer la «victime», en vain.
Epuisée, elle s’est enfin calmée. L’autre malade mentale a
continué, comme d’habitude,
à sillonner la ville des Roses
tout en lançant des mots vulgaires et choquants tout en
provoquant les passants. Les
malades mentaux sont dangereux pour eux- mêmes et pour
les citoyens. Il y a quelques
mois, un inadapté mental a tué
un autre malade à Mouzaïa.
Cela se passe au moment où
l’autorité semble absente…
Brahim B.
M. Benzerga
Etouffez cette
voix !
CORSO (BOUMERDÈS)
Des gérants d’une agence de voyages
arrêtés pour escroquerie
L
es citoyens qui sollicitent les services des
agences de voyages doivent faire très attention pour éviter d’être escroqués. Car certaines
agences de voyages et de tourisme se sont créé
une autre vocation qui consiste à voler l’argent
de leurs clients, en usant de subterfuges et
d’autres pratiques peu honnêtes. L’exemple
a été donné à Corso (3 km à l’ouest de Boumerdès) où les services de police ont arrêté,
avant-hier, un gérant d’une agence de voyages
et de tourisme répondant aux initiales B. M.,
ainsi que trois de ses collaborateurs pour vol et
escroquerie. Le premier a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach, à Alger,
tandis que le deuxième a été mis sous contrôle
judiciaire, a-t-on appris de source policière.
Ces mis en cause agissaient avec la complicité
d’une femme répondant aux initiales de K.H,
mise également sous contrôle judiciaire. Ces
personnes sans scrupules sont accusées d’avoir
Fax : 021 68 21 87 - 021 68 21 88 Site web : http://www.
elwatan.com E-mail :
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R.C : N° 02B18857 Alger.
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devises : CPA N° 00.400 103 457 050349084
escroqué plusieurs personnes, notamment
celles qui voulaient accomplir le pèlerinage à
La Mecque. Ces victimes se sont présentées
à cette agence pour les formalités d’obtention
de visa pour l’Arabie Saoudite et l’accomplissement du hadj. Mais les gérants leur avaient
extorqué une somme totale de 100 millions de
centimes. Les auteurs de ces pratiques répréhensibles ont été appréhendés suite aux plaintes
déposées par une quinzaine de clients qui ont
payé une somme de 48 millions au gérant de
ladite agence. Certains clients ont pu récupérer
leur document administratif, notamment le passeport mais pas la somme d’argent qu’ils ont
versée. La Brigade de lutte contre les crimes
économiques, qui a enclenché une enquête
pour élucider cette affaire d’escroquerie, a établi que les mis en cause agissaient en collaboration avec des responsables d’une autre agence
basée à Alger.
Z.Youcef
ACOM : Agence de communication : 102 Logts, tour de Sidi
Yahia, Hydra. Tél :023573258/59
Impression : ALDP - Imprimerie Centre ; SIMPREC- Imprimerie Est ; ENIMPOR - Imprimerie Ouest.
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Diffusion, 38, Bd Benzerdjeb (Oran) Tél : 041 41 23 62 - Fax
: 041 40 91 66
L’Association sportive des
médecins du Grand-Alger
(ASMGA), présidée par le Dr
Nourredine Bendib, vient de
remporter les 35es Jeux
mondiaux de la médecine et de
la santé (JMMS), qui se sont
déroulés à Wels, en Autriche, du
21 au 28 juin 2014 en
remportant 74 médailles, dont
36 en or (3 gagnés en natation
par le chef de délégation, le Dr
Ismaïl Achir.)
L’ASMGA qui a créé, cette
année, la section ASMGAAlzheimer-Club (AAC), a fait
participer l’ensemble de ces
éléments en athlétisme,
natation, cross, semi-marathon,
tennis, beach-volley…, qui
arboraient des maillots portant
l’inscription «Alzheimer au
cœur», en signe de solidarité
avec les patients atteints par
la maladie d’Alzheimer et leur
famille. Par ailleurs, le Docteur
N. Bendib, président du
Groupement latin et
méditerranéen de médecine du
sport (GLMMS) a été honoré et
cité en exemple par Mme Liliane
Laplaine, présidente fondatrice
des jeux.
La délégation algérienne a
également participé au
Symposium international de
médecine, en présentant une
communication intitulée «Sport
et cerveau». Le serment des jeux
a été lu en arabe par le
président de l’ASMGA. Les
prochains jeux auront lieu à
Limerick, en Irlande, du 18 au 25
juillet 2015.
Le Dr N. Bendib tient à remercier
le professeur Mohamed Tahmi,
ministre des Sports pour son
aide et soutien.
Entendu à Jil FM, hier matin,
dans l’émission «Jil Morning».
Un auditeur a appelé
l’animateur pour un
commentaire sur l’équipe
nationale de football, dont il a
loué les mérites, en définissant
le résultat acquis durant ce
Mondial brésilien comme un
exploit. Mais le même auditeur
a prévenu contre la récupération
politique de cet événement.
L’animateur a feint de ne pas
entendre, en demandant à la
régie de diminuer la voix de
l’insolent.
L’animateur a expliqué
l’extinction de la voix de
l’auditeur par des raisons
«techniques».
Autrement dit, l’avis de
l’auditeur était dangereux et le
recours à la censure était plus
que nécessaire. Vous avez dit
liberté de parole ?
Les manuscrits, photographies ou tout
autre document et illustration adressés
ou remis à la rédaction ne seront pas
rendus et ne feront l’objet d’aucune
réclamation. Reproduction interdite de
tous articles sauf accord de la rédaction.
IFTAR
Alger : 20h11 - Oran : 20h23 Constantine : 20h06 - Ouargla : 19h49
IMSAK
Alger : 03h37 - Oran : 3h58
Constantine : 03h25 - Ouargla : 03h54
LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Jeudi 3 juillet 2014
COMMENTAIRE
La justice
pour tous
Par Omar Berbiche
P
CONSTANTINE
Précieuse découverte
archéologique dans une mosquée
mosquée. Jusqu’à hier, les
archéologues ont trouvé 16
tombes et les ossements de
plusieurs personnes, dont des
enfants. L’hypothèse d’un
charnier récent a vite mobilisé
les autorités sécuritaires avant
que cette piste ne soit
abandonnée, battue en brèche
par les arguments des
médecins légistes et des
archéologues.
Ceci dit, le mystère reste
entier pour les chercheurs qui
sont là devant un cas inédit,
sachant que le rite musulman
ne conçoit pas l’enterrement
des morts dans une mosquée.
Mme Adel Ouafia, qui pilote
les fouilles, aff irme qu’il
s’agit bien de tombes
musulmanes puisque, dit-elle,
elles sont orientées est-ouest
et aussi du fait que les morts
sont placés sur le côté en
décubitus latéral droit avec les
jambes légèrement fléchies.
Comment expliquer ce cas
curieux ? Première hypothèse
: cette mosquée, listée parmi
les édif ices habous
abandonnés, aurait été
détournée de sa vocation pour
servir de lieu d’enterrement.
L’hypothèse est appuyée par
le contenu d’une lettre
adressée par Salah Bey en
1776 à ses services et dans
laquelle il critiquait l’état
délabré de ces mosquées et
ordonnait leur remise en état.
Ce décret aurait amené les
responsables de l’édifice à
cacher dans la précipitation la
nécropole. Plusieurs
matériaux de l’époque
ottomane ont été utilisés,
mais aussi des dalles
romaines. D’ailleurs, les
archéologues ont aussi déterré
des chemins couverts de
dalles datant de l’époque
romaine et qui pourraient
renfermer des caniveaux. Une
telle éventualité fait jubiler
les chercheurs qui espèrent
découvrir des trésors
d’informations. Il pourrait
aussi s’agir d’une nécropole
ottomane improvisée lors de
l’un des sièges de
Constantine. Cette hypothèse
pourrait être intéressante pour
l’histoire sachant qu’en dépit
de plusieurs siècles de
domination, aucun cimetière
ottoman n’est connu à
Constantine. L’équipe de
chercheurs continue à décaper
et fouiller le site, aidée par les
ingénieurs du musée Cirta et
du Palais du bey. Les dégâts
occasionnés par les
nombreuses modifications et
l’emploi de matériaux
modernes ne facilitent pas la
tâche. Ceci dit, l’enjeu en vaut
bien la peine si l’on peut en
savoir plus sur l’histoire de
Constantine.
Nouri Nesrouche
POINT ZÉRO
Tarik Ramadhan
N
e pas manger. Ne pas boire. Ne pas fumer. Ne rien
faire. Pas bouger. Rester calme, ne pas s'énerver, être
patient, penser à autre chose. Ne pas regarder sa
montre, penser au coucher de soleil. Si on est une femme, ne
pas se maquiller, ne pas se vêtir léger et faire la cuisine. Si on
est un homme, ne pas regarder les femmes mais les détailler
pour vérifier qu'elles ne font pas en sorte qu'on les regarde.
Dans tous les cas, acheter à manger mais pour manger après,
ne pas travailler mais essayer quand même d'aller au travail.
Car suite à ces épiques huitièmes de finale de Coupe du
monde et en attendant les quarts, les Brésiliens sont
retournés à la plage, mais pas les Algériens, replongés dans
un grand sommeil. La fête est finie et le brutal retour à la
raison interne a poussé la réalité à revenir se cogner la tête
contre le mur de la difficulté. Si ailleurs la chaleur pousse les
gens dehors, à clapoter au bord des plages, à essayer un
Par Chawki Amari
nouveau short ou siroter de frais breuvages sur des terrasses
ombragées, la chaleur devient ici contrainte, ennemie, haïe,
injuste, obstacle à l'être humain dans l'exercice de ses
fonctions. Comme dans les profondeurs de la terre, la
pression augmente avec la température, les voisins veillent,
les contrôleurs surveillent et les unités de police délaissent la
délinquance pour traquer les non-jeûneurs. Les objectifs se
liquéfient, les rancœurs transpirent, la méfiance suinte. Le
temps devient dur, l'espace devient mou et, soudés dans une
fausse ferveur collective, tout le monde se serre, accentuant
encore la pression et la température. Heureusement, il y a la
délivrance au bout, quand le soleil tombe, épuisé par la
rotation de la terre. Oui mais pourquoi ? Et surtout pourquoi
Tarik ? Il n'y a aucun rapport. La chaleur peut-être. Ou peutêtre Tarik Ibn Ziad, un bateau, un voyageur, un partant. Un
conquérant, un jeûneur, un harrag, un Algérien.
météo
Aujourd’hui
Demain
21°
26°
ALGER
21°
26°
18°
27°
ORAN
17°
31°
22°
41°
CONSTANTINE
29°
47°
OUARGLA
18°
38°
29°
47°
PUBLICITÉ
C
’est une curieuse
d é c o u v e r t e
a r c h é o l og i q u e q u e
viennent de faire les
chercheurs du Centre national
de recherche en archéologie
( C N R A ) , a ff e c t é s à l a
mosquée Afane de
Constantine. C’est aussi une
découverte qui a des chances
de révéler des trésors (au sens
scientifique et historique). En
tout cas, cela se lit dans les
yeux des chercheuses, Adel
Ouafia et Benallal Nacera,
visiblement excitées devant
les perspectives que peut
ouvrir une telle découverte.
En effet, les travaux de
restauration engagés en
faveur de cet édifice datant de
l’époque ziride (XIIe siècle) et
situé dans la basse Souika, ont
permis la découverte, par
h a s a r d, d ’ u n n o m b r e
important de tombes
musulmanes sous le sol de la
lacé mardi en garde à vue, l’ancien président
français Nicolas Sarkozy a été mis en examen
par le juge d’instruction qui enquête sur une
affaire de trafic d’influence présumée à laquelle
il serait mêlé pour avoir été informé par des magistrats de
sa mise sur écoute téléphonique en contrepartie d’une
promesse de promotion. C’est une première en France.
Son prédécesseur, l’ancien président Jacques Chirac,
n’avait dû son salut qu’à son état de santé qui lui a
épargné cette procédure judiciaire, humiliante pour un
responsable de ce rang, avant qu’il ne soit acquitté.
Ce qu’il faut retenir de cette chronique judiciaire
française singulière qui renseigne sur l’indépendance du
pouvoir judiciaire dans ce pays, au-delà du débat qui
agite l’opposition et qui consiste à s’interroger si Nicolas
Sarkozy n’est pas l’objet d’un règlement de compte
politique, c’est que nul n’est au-dessus de la loi. Quelle
que soit sa position sociale ou sa fonction.
Cette belle leçon de démocratie intervient au moment où,
en Algérie, la présidence de la République est engagée
dans des consultations sur la révision de la Constitution
avec la classe politique et des personnalités qui ont
daigné prendre part aux rencontres conduites depuis
plusieurs jours par Ahmed Ouyahia, chef de cabinet de la
présidence de la République. Le législateur algérien a
pourtant été très loin dans ce domaine en introduisant
dans la Constitution en vigueur une disposition portant
création de la Haute cour de justice destinée à juger des
délits graves dont se serait rendu coupable le chef de
l’Etat durant son mandat. L’expérience du terrain a
montré que la constitutionnalisation de cette institution
relevait beaucoup plus d’une coquetterie politique, d’un
effet d’annonce populiste que d’une volonté politique
sincère et réelle de consacrer dans les faits le principe
démocratique de l’égalité de tous devant la loi. N’est-ce
pas au détour du procès Khalifa 1, à Blida, que les
Algériens ont appris, par ailleurs, que les dossiers des
membres de l’Exécutif cités dans ce procès à un titre ou à
un autre relèvent d’une juridiction spéciale, celle de la
Cour suprême ? Rien n’a filtré depuis sur ces dossiers
sensibles que l’on a rangés scrupuleusement au fond des
tiroirs.
Aussi faut-il s’étonner que ce sujet tabou dans les
régimes autocratiques – appeler à la barre un chef de
l’Etat comme n’importe quel autre justiciable – ne soit
pas mis au goût du jour à la faveur des consultations sur
le projet de révision constitutionnelle. La mouture de la
Présidence soumise à discussion et enrichissement, pas
plus que les propositions des chefs de parti et
personnalités consultés ne soufflent mot sur le cadre
juridique et les conditions dans lesquelles un chef d’Etat,
en exercice ou après son mandat, doit rendre compte
pour des faits graves dont il pourrait se rendre coupable.
Le risque est que cette immunité liée à la fonction ne soit
comprise comme une prime à l’impunité destinée à
protéger les hauts responsables du pays dans leur
entreprise de prédation des richesses nationales durant et
après leur mandat.

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