n°3089 19 octobre 2007

Report
Catholique
83 e année - Hebdomadaire
n°3089
- 19 octobre 2007
ISSN 0015-9506
www.france-catholique.fr
2,90e
L’Euro fort :
Des nouvelles
des orphelins
de Pattaya
Angoisse
monétaire
page 5
Les statistiques du
Ministère de la Justice :
Pacs en
pagaille
La «Pop Louange»
française
condamnée à disparaître ?
pages 22 à 25
3:HIKLMI=YUW^U[:[email protected]@[email protected]@a;
page 6
M 01284 - 3089 - F: 2,90 E
FRANCE
FRANCE
Catholique
Catholique
FRANCE
BRÈVES
FRANCE
Politique : Les députés ont approuvé le
11 octobre la création d’une commission
d’enquête sur les conditions de libération
des infirmières bulgares.
Le conseil des ministres a fixé aux 9 et 16
mars 2008 les dates des élections municipales ; le scrutin sera couplé avec celui des
cantonales.
RUMEURS : Partant notamment du fait que
l'épouse du président Sarkozy ne devrait
pas faire partie du voyage officiel du 22
octobre au Maroc, la presse internationale
et de nombreux sites internets colportent la
rumeur selon laquelle le couple présidentiel
français va divorcer très prochainement.
Institutions : Le rapport du comité
Balladur qui sera remis au président de la
République le 22 octobre devrait consacrer
la prédominance du chef de l’Etat, interdire
le cumul des mandats pour les parlementaires et introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives.
Finances : La fiscalité sur les stock-options
pourrait être modifiée pour contribuer à
la protection sociale ; un amendement au
projet de budget 2008 prévoit que les
« parachutes dorés » (primes versées lors du
départ d’un dirigeant) ne seront plus déductibles du bénéfice imposable de l’entreprise
s’ils dépassent un million d’euros.
Économie : La commission présidée par
Jacques Attali sur la croissance a proposé
le 11 octobre la suppression du "principe
de précaution" considéré comme un frein
au progrès ; elle a demandé la relance du
logement social pour créer des emplois
et l’abrogation des lois sur la distribution
pour faire baisser les prix. Le Conseil de la
concurrence a également préconisé la libéralisation des implantations de magasins à
grande surface.
La 3e édition du « Women’s Forum », l’équivalent féminin du Forum de Davos, s’est
tenue à Deauville les 12 et 13 octobre avec
1 200 participantes.
Retraites : Le ministre du Travail, Xavier
Bertrand, a présenté le 10 octobre aux
syndicats un document d’orientation sur les
régimes spéciaux de retraite ; les salariés de
ces régimes devraient passer à 40 années
de cotisations d’ici à 2012. La grève du 18
octobre s’annonçait massive, particulièrement dans les transports.
Justice : Le Premier ministre et la ministre
de la Justice ont rendu publiques le 12
octobre les premières mesures de rationalisation de la carte judiciaire ; dans le Nord,
le tribunal de grande instance d’Hazebrouck
et quatre tribunaux d’instance seront supprimés ; dans le Centre, onze tribunaux
d’instance sont appelés à disparaître.
L’ancien Premier ministre, Dominique de
Villepin, a été entendu le 11 octobre par les
juges de l’affaire Clearstream.
La gendarmerie a interpellé le 12 octobre
132 personnes qui détenaient des photos
pédophiles diffusées sur internet.
EADS : Dans un rapport rendu public le 12
octobre, Bercy mentionne l’existence d’un
mémo du 21 février 2006 dans lequel le
groupe Lagardère annonce la cession de
ses titres et mentionne la Caisse des dépôts
comme possible acquéreur.
Mariage : L’examen médical prénuptial qui
concerne 270 000 couples chaque année a
été supprimé le 9 octobre par les députés.
Terrorisme : Le chef du commando responsable de l’attentat qui avait fait 4
morts et 20 blessés rue Copernic à Paris en
octobre 1980 aurait été retrouvé ; Libanais
d’origine palestinienne, il vivrait aujourd’hui
au Canada.
Immigration : La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a ouvert ses portes
le 10 octobre au Palais de la Porte dorée
à Paris.
Transports : Le train régional hybride
conçu pour rouler sur des voies électrifiées
ou non a effectué le 9 octobre son voyage
inaugural entre Paris et Troyes.
Singapore Airlines a pris livraison le 15
octobre à Toulouse de son premier Airbus
A380.
Sports : En rugby, l’équipe de France a
été éliminée de la Coupe du monde par
l’Angleterre (14 à 9) le 13 octobre au stade
de France. En foot-ball, dans le cadre des
éliminatoires de l’Euro 2008, les Bleus ont
battu les Iles Feroë (6 – 0).
MONDE
Nobel : Le prix Nobel de médecine a été
attribué le 8 octobre à deux Américains
et un Britannique pour leurs travaux sur
les cellules-souches. Le Français Albert
Fert partage le prix Nobel de physique
avec l’Allemand Peter Grünberg pour leurs
travaux sur les nanotechnologies. Le Nobel
de Chimie est revenu à l’Allemand Gerhard
Erl le 10 octobre pour ses recherches sur
la chimie de surface et ses applications
industrielles. Le Nobel de littérature a été
attribué le 11 octobre à la romancière
bri­tannique Doris Lessing. L’ancien viceprésident des Etats-Unis, Al Gore a obtenu,
2 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
le 12 octobre, le prix Nobel de la Paix pour
sa campagne en faveur de l'écologie, ce qui
relance les spéculations sur son retour sur
la scène des présidentielles américaines.
Europe : Le Premier ministre polonais a
réclamé le 9 octobre une modification du
futur traité européen afin d’améliorer le
poids relatif de son pays dans le système
de vote.
Russie : Le président Sarkozy a effectué sa
première visite officielle en Russie les 9 et
10 octobre. Au lendemain de l’anniversaire
de l’assassinat de la journaliste indépendante Anne Politkovskaïa à Moscou, le
chef des enquêteurs a affirmé le 8 octobre
que le meurtre était élucidé mais que les
preuves manquaient pour arrêter le tueur.
Les discussions entre la secrétaire d’Etat
américaine, Condi Rice, et Vladimir Poutine,
à Moscou le 12 octobre, n’ont permis
aucune avancée sur le problème du bouclier
antimissile américain en Europe. Le Kremlin
a annoncé le 14 octobre que V. Poutine
avait été informé d’une possible tentative
d’assassinat contre sa personne pendant sa
visite à Téhéran le 16 octobre.
Proche-Orient : La partition de Jérusalem
n’est plus un sujet tabou depuis qu’une
majorité de ministres israéliens s’est prononcée le 8 octobre en faveur de la restitution de certains quartiers aux Palestiniens .
Selon le New York Times du 13 octobre, un
raid israélien aurait bien eu lieu le 6 septembre sur un objectif syrien soupçonné de
détenir un réacteur nucléaire.
Pakistan : Des combats ont opposé le
7 octobre l’armée pakistanaise à des
combattants talibans près de la ville de Mir.
Il y aurait eu 200 morts.
Arménie : La commission des Affaires
étrangères de la Chambre des représentants
des Etats-Unis a approuvé le 10 octobre
une résolution qualifiant de « génocide »
le massacre des Arméniens par les Turcs en
1915. La Turquie a rappelé son ambassadeur
à Washington pour consultations…
Birmanie : La Maison Blanche a pressé la
junte militaire birmane le 12 octobre de
libérer les prisonniers et d’engager le dialogue avec l’opposition ; plusieurs dizaines
de milliers de personnes ont participé le
13 octobre à un rassemblement organisé à
Rangoun par la junte au pouvoir.
Venezuela : Le président Chavez a annoncé
le 12 octobre qu’une réunion aurait lieu
prochainement avec un représentant des
Farc sur la question des otages détenus en
Colombie.
J.L
.
EDITORIAL
SOMMAIRE
ACTUALITé
DOSSIER
Un consul à Erbil
Yves La Marck
Angoisse monétaire
Alice Tulle
PACS en pagaille
Tugdual Derville
Le coup de crayon
Emmanuel Chaunu
AIDE A L’ÉGLISE EN détresse
8 Évangéliser l'Empire du moindre mal
Un appel musulman
au dialogue
O
n apprenait, la semaine dernière, que 137 responsables musul-
mans du monde entier venaient d'adresser au Pape et
à d'autres responsables chrétiens un appel pressant au
Gérard Leclerc
dia­logue. Il s'agit là d'une initiative intéressante et encoura10 Arunachal Pradesh
geante, que n'a pas manqué de saluer le cardinal Jean-Louis
Marc Fromager
Tauran, nouveau président du Conseil pontifical pour le
13 Népal
dialogue interreligieux. Déjà il y a un an, un premier texte
M. F.
signé de théologiens musulmans, avait voulu rebondir sur la célèbre
conférence de Ratisbonne pour sortir des polémiques empoisonnées et
esprit
proposer une véritable concertation entre croyants. Un pas de plus se
Un soir à Rome
14mÉmoire des jours
trouve encore franchi avec ce texte inédit qui n'hésite pas à proposer
Robert Masson
15ECCLÉSIA
Lucien Deiss le thème de l'amour de Dieu en se référant à la révélation biblique, par
rapport à quoi « le prophète Mohammed
16 LECTURES
Prier sans se lasser n'a rien apporté de fondamentalement
Louis et Bernard Hurault
nouveau ». Est-ce à dire qu'un dialogue
proprement théologique est possible entre
magazine
chrétiens et musulmans en dépit de leurs
17 THAILANDE Nouvelles de Pattaya et Rayong différences dogmatiques et de la difficulté
D. Moly
de trouver un terrain commun quant au cœur
21 COURRIER
Tests ADN même de la foi, c'est-à-dire la façon dont
Jean-Paul Gourrevitch
22 MUSIQUE La Pop-louange mord la poussière Dieu s'est révélé et nous a transmis le secret
de sa propre vie ?
Alex Lauriot-Prévost
On connaît les graves motifs qui avaient
25 Musiques anciennes à Notre-Dame de Paris
amené le pape Benoît XVI à dissocier
Simon Cnockaert / Brigitte Pondaven
par Gérard LECLERC
26 B.D.
L'Aventurier de Dieu, 21/36 dia­logue culturel et dialogue théologique, le
Dominique Bar, Guy Lehideux
domaine interreligieux ne pouvant relever des
28 expositions
Arcimboldo mêmes critères que le domaine œcuménique, où se retrouvent ceux qui
Ariane Grenon
confessent leur foi au Christ, Verbe de Dieu. Depuis Vatican II les relations
30 EXPOSITIONS
Trésors de Géorgie
avec le judaïsme relèvent de l'œcuménisme à cause de la redécouverte du
Alain Solari
32 EXPOSITIONS
Mouna Bassili-Sehnaoui lien intime et fondateur qui rend les chrétiens débiteurs de la Première
Alliance. Il est vrai que l'Islam pose un problème spécifique, puisqu'il se
Hubert Vandenberghe
33 cinéma "Deux vies plus une", "Jane"; réclame de la paternité d'Abraham et reconnaît le Christ comme Messie,
"Michael Clayton", avec cette conséquence peu évaluée d'une attente de la Parousie de la
"Bienvenue chez les Robinson" part des fils du Prophète ! Mais, c'est aussi la proximité qui provoque
M.-Ch. Renaud d’André/ M.-L. Roussel
les plus graves incompatibilités, dès lors que l'Islam se veut le dernier
34 THÉÂTRE
"Adèle a ses raisons"
mot de la Révélation.
Pierre François
Si les obstacles demeurent et ne peuvent être en aucun cas sous 35 TÉLÉVISION "La vie sera belle",
évalués,
il n'empêche que cet appel de 137 responsables musulmans
"Karol", "Quand j'étais chanteur"
ouvre des perspectives en faveur de la paix et d'une amicale compréhen
Marie-Christine Renaud d’André
36 TÉLÉVISION
Votre début de soirée sion. Il est d'autant plus nécessaire de ne pas refuser la main qui nous est
M.-Ch. R. d’A.
tendue que l'Islam se trouve confronté à des sollicitateurs extrémistes.
38 BLOC-NOTES
Vie associative et d’Église Dans son dernier livre, René Girard souligne "que la montée aux extrêmes
Brigitte Pondaven
est capable de se servir de tous les éléments : culture, morale, théorie de
l'État, théologie, idéologie, religion"*, et qu'il est urgent de soustraire à
l'extrémisme un religieux renvoyé à ses usages archaïques. La bonne
volonté de beaucoup de musulmans, telle qu'elle s'exprime aujourd'hui,
Écoutez la chronique
doit être aussi saluée comme un signe de refus de l'exploitation du divin
de Gérard Leclerc,
au service de la violence. ■
chaque semaine sur :
D.R.
4 IRAK
5 ZONE EURO
6 famille
7 POLITIQUE
* René Girard, Achever Clausewitz, éd. Carnets Nord, 368 pages, 22 e.
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
3
ACTUALITE
KURDISTAN
par Yves LA MARCK
Un consul à Erbil
De tous les Etats en gestation, le Kurdistan est l’un
des mieux organisés. A la condition que la Turquie
et les Etats-Unis le laissent vivre.
P
Cette éventualité éloigne
ériodiquement ressurgit la menace d’une d’autant la perspective d’un
intervention mili- grand Kurdistan à travers
taire turque en Irak. les quatre pays : Turquie (15
La mort dans une millions), Iran (5 à 6 millions),
embuscade de treize soldats Syrie (entre 1 et 1,7 millions)
turcs, la perte la plus forte et Irak (4,6 millions). Le
depuis plus de dix ans, à choix d’un «petit Kurdistan»
proximité de la frontière, a conforterait la reconnaissance
provoqué à travers la Turquie internationale étatique au
une vague populaire qui dé­triment des rêves d’unité
rendra sans doute difficile
pour le gouvernement de
retenir l’armée. On sait cette
dernière plus nationaliste que
le parti islamique
[Après le vote
démocratique qui d'une commission du
vient de rempor- Congrès américain
en faveur de la
ter les élections
reconnaissance du
a v e c , p o u r l a génocide arménien,
p r e m i è r e f o i s , la Turquie a rappelé,
le 12 octobre,
vingt élus kurdes
au Parlement. La son ambassadeur
branche extré- à Washington en
consultation]
miste du PKK (Parti
Kurde des Travailleurs) s’efforce de casser cette nouvelle
dynamique d’intégration en
reprenant les attaques.
Elle cherche à briser également la formation pacifique ethnique ou linguistique.
Une telle solution a besoin
d’un État kurde en Irak. La
logique à l’œuvre depuis 2003 au moins de la non-opposien Irak est en effet celle de tion de la Turquie à laquelle
la constitution d’un gouver- des ga­r anties peuvent être
nement autonome des trois fournies. Le PKK, a fortiori
provinces kurdes du Nord sa branche extrême, a de
pouvant conduire à l’institu- mauvaises relations avec les
tion d’un État fédéré dans une partis dominant en Irak et
grande fédération irakienne, surtout le PDK de la famille
voire à une indépendance si Barzani. Les Barzani, le clan
le reste du pays tombait dans du Nord, frontalier de la
Tur­q uie, cumulent actuelle chaos.
(
lement la présidence et le
poste de premier ministre
du Kurdistan, capitale Erbil
(Howter en kurde), aux termes
de l’accord signé avec le clan
rival des Talabani, au sud, parti
UPK, dont le chef est l’actuel chef de l’Etat irakien. Le
poste de premier ministre au
Kurdistan devrait également
leur échoir l’an prochain. Ce
clan joue pour le moment la
double appartenance kurde et
irakienne.
Le point de rupture éventuel sera le référendum prévu
dans la quatrième province
kurde d’Irak, celle de Kirkouk,
sur le rattachement de celle-ci
au Kurdistan autonome, son
maintien dans le reste de l’Irak,
ou sa partition. Les résultats
électoraux sont à Kirkouk en
faveur des partis kurdes, la
Le choix d'un "petit Kurdistan" conforterait
la reconnaissance internationale étatique
4 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
ville ayant été repeuplée de
Kurdes souvent revenus du
sud ou d’exil, alors que les
« colons » arabes installés par
Saddam Hussein régressent.
Tout se présente donc
sous un jour favorable pour
les Kurdes irakiens. Erbil dotée
d’un aéroport desservi par
Kurdish Airlines, bouillonne
de missions étrangères. Paris
devrait y affecter un diplomate (comme à Pristina ou
à Juba dans ces autres Etats
en devenir du Ko­sovo et du
Sud-Soudan).
L’incertitude demeure
sur les intentions américaines. Au gré des progouverneurs à Bagdad,
les Kurdes ont été
chéris ou rejetés. Il en
va de même dans les
ré­flexions sur l'avenir de
l’Irak. Le rapport Baker les avait
déçus. Le Kurdistan peut
difficilement accepter
d’être la variable
d’a­j ustement de
né­­gociations avec les
voisins de l’Irak que
l’ancien secrétaire
d’Etat voulait privilégier. Il entend exister
et à partir de là négocier,
ce qui est renverser l’ordre des
facteurs pour les Américains.
Il y a donc une carte à jouer
pour une diplomatie tierce qui
voudrait notamment jouer
le jeu avec Ankara. La visite
de Bernard Kouchner, par
ailleurs ami des Kurdes, doit
être interprétée à la lumière
de la volonté exprimée de
jouer un rôle dans la sortie
d’Irak. Le Kurdistan est une
des voies qui intéresse aussi
le reste de l’Union européenne
accueillant plus de Kurdes que
de « Turcs ». n
ACTUALITE
ZONE EURO
par Alice TULLE
Angoisse monétaire
Monnaie surévaluée, l’euro crée une situation dramatique
dans plusieurs pays européens. Mais les autorités monétaires
persévèrent dans leur politique de l’ « euro fort ».
L
monétaire
paraît abstraite. Elle
ne l’est pas pour le
touriste qui s’envole
pour les Etats-Unis,
et qui profite de la surévaluation de l’euro par rapport
au dollar. Elle ne l’est pas non
plus pour l’industriel français
qui ne parvient plus à vendre
sur le marché américain.
Avant les vacances, l’économiste Jacques Sapir avait
bien anticipé les angoisses des
milieux industriels français :
« L’euro est coté, au début
de juillet 2007, à 1,37 USD.
Compte tenu des déficits
accumulés aux Etats-Unis,
on ne peut exclure que l’euro
continue de monter rapidement dans les mois à venir,
dépassant la barre des 1,40
USD, voire celle des 1,50
USD. Au-delà, à l’horizon de
2008/2009, on peut imaginer
une hausse encore plus importante, atteignant des sommets
tels que la survie de la zone
euro sera remise en question.
A 1 euro pour 1,50 USD, il faut
en avoir conscience, une bonne
partie de l’industrie française
est morte ». (1) La barre des 1, 40
dollars a été effectivement
franchie en octobre et cette
hausse s’affiche au moment
où la crise financière américaine fait sentir ses effets en
Europe de l’Ouest. De toute
évidence une réaction d’ampleur s’imposait, selon le vœu
exprimé par Ni­colas Sarkozy,
adversaire déclaré de l’euro
fort, qui lance de temps à
autre quelques pointes contre
a guerre
Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale
européenne et contre JeanClaude Juncker, président
de l’Eurogroupe, « structure
informelle et non décisionnelle » de concertation entre
les ministres des Finances de
la zone euro.
France quant à la réduction
de son déficit budgétaire. Le
lendemain, Nicolas Sarkozy
reprochait à Jean-Claude
Junc­ker son manque d’initiative face à la crise financière
américaine.
La menace se précisant,
le président de l’Eurogroupe
Selon un rituel bien éta­bli,
MM. Trichet et Juncker répliquent aux critiques françaises
par une mise en cause plus
ou moins sévère de la politique française. Ainsi à Porto
le 14 septembre, le président
de l’Eurogroupe a critiqué le
« manque d’ambition » de la
as­sura enfin qu’il n’ « accepterait plus que l’on considère
comme normal le fait que
l’Eu­rope accepte de gérer à
ses propres dépens les conséquences des déséquilibres
mondiaux existants ». JeanClaude Juncker reconnaissait
alors que l’euro fort constituait
une menace pour la croissance
des pays européens concernés
et de­mandait aux Etats-Unis
de faire remonter le dollar tout
en critiquant vivement la politique monétaire chinoise qui
favorise les exportations grâce
à un yuan faible.
De fait, l’euro a largement
dépassé le seuil des 1,40 dollars
malgré la vigilance de l’Eurogroupe mais la majorité des
membres de cette « structure
informelle », à commencer par
les Allemands, sont partisans
de l’euro fort et se refusent à
toute confrontation avec les
Etats-Unis. Comme en juillet,
lorsqu’il s’était invité à une
réunion de l’Eurogroupe (2),
le président de la République
française se trouve isolé. Et
Jean-Claude Juncker en a
pro­fité pour faire une nouvelle
fois la leçon au président français sur le déficit budgétaire
en évoquant les sanctions
que la Commission européenne pourrait décider. Il a
par ailleurs durement sou­ligné
que « la politique monétaire
est faite pour l'ensemble de la
zone euro, et qu'elle ne peut
pas faire de concessions à
l'égard d'un pays [la France]
qui exprime sa sensibilité avec
vigueur ».
L’euro va donc continuer
de monter, et notre pays va
souffrir. Il ne sera pas le seul :
l’Italie est malade et même
l’Allemagne ne se sent plus
très bien. n
(1) Entretien avec Nadiejda
Halimova, La Revue, n° 10,
septembre/octobre 2007. page 125.
(2) Cf. France Catholique n° 3081,
20 juillet 2007.
Le président de l'Eurogroupe a critiqué
le "manque d'ambition" de la France
)
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
5
ACTUALITE
FAMILLE
par Tugdual DERVILLE
Pacs en pagaille
Le Ministère de la Justice a rendu publique, le 8 octobre,
sa première étude statistique sur le pacs, notamment
sur le sexe et l'âge des partenaires concernés.
Q
r e s t e - t - i l du
f a­m eux «c ontr at
ho­mosexuel» qui fit
défiler tant de mani­
festants à la fin des
années 90 ? Surprise dans les
statistiques que vient publier le
ministère de la Justice, les pacs
homosexuels sont devenus très
minoritaires : 7% du total de
ceux signés pendant l’année
2006. Et encore, sur Europe 1, le
jeudi 11 octobre, une conseillère
principale d’éducation reven­
diquait ce petit arrangement
qu’elle avait obtenu d’une amie,
afin de garantir qu’elle ne serait
pas mutée. C’est un secret de
polichinelle : dans la fonction
publique on se pacse à qui mieux
mieux pour obtenir ou éviter une
mutation. Tant pis pour les fonc­
tionnaires scrupuleux.
Quant aux avantages fiscaux
obtenus par les pacsés de paco­
tille, leurs victimes principales
sont muettes. Il s’agit, d’une
part, des véritables familles et,
d’autre part, des célibataires
honnêtes. L’actuel président de
l’Assemblée nationale, Bernard
Accoyer, a tenté, en 2001, d’in­
troduire une disposition lé­­­
gislative proscrivant les pacs "de
convenance" entre fonction­
naires. Elle n’a pas été vo­­tée.
La presse qui titrait à l’époque :
«vague de pacs blancs chez les
profs» estimait déjà à 4 000 le
nombre de ces contrats fraudu­
leux signés entre enseignants.
En 2006, il y eut 77 000 pacs
pour 275 000 mariages environ.
ue
Leur nombre s’est mis à croître
fortement après 2001. Il faut
dire que les gouvernements,
désireux d’amadouer le lobby
homosexuel, n’y sont pas allés
de main morte, alignant par
touches successives le pacs sur
le mariage en matière fiscale
et patrimoniale. Au point qu’un
notaire et un avocat peuvent
beau jeu d’expliquer qu’il n’y
aura plus qu’à officialiser les
nouveaux statuts des conjoints
du même sexe pour parachever
la réforme», es­timent Séverine
de la Taille et Alain Toucas en
citant les lois du 23 juin 2006,
puis du 21 août 2007 qui ont
fait se superposer les disposi­
tions du mariage avec celles
affirmer (Libération, 8 octobre)
que le gouvernement a légalisé
«sans le dire» – et sans dé­bat
– ce fameux «mariage homo­
sexuel» dont le candidat Sarkozy
avait prétendu qu’il n’aurait «pas
sa place dans le paysage juri­
dique français». «Dans la plus
grande discrétion, les oppo­
sants au ma­riage [homosexuel]
viennent d’essuyer une défaite
majeure et les partisans [de ce]
mariage, quant à eux, auront
du pacs. À ceci près que ce
dernier est révocable par simple
demande au greffe du tribunal
d’instance, demande conjointe
ou unilatérale. Peu étonnant
que ce contrat précaire, qu’ils
nomment « copie conforme» du
mariage, lui fasse de l’ombre. A
son lancement, analyse Valérie
Carrasco, qui signe la note du
ministère de la Justice, des
ho­­mosexuels, principalement
des hommes, se sont emparé du
gouvernement a légalisé, "sans le
( Ledire",
ce fameux "mariage homosexuel"
6 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
contrat (leur part était de 42 %
en 1999) puis ce fut le tour des
«couples hétérosexuels».
Aujourd'hui, on constate près
d’un pacs pour trois ma­riages.
L’âge moyen de la conclusion
des pacs hétérosexuels (30,4 ans
pour les femmes et 32,4 pour
les hommes) est très proche de
celui du mariage. Certes, dans
les années qui suivent sa signa­
ture, le taux de dissolution des
pacs reste supérieur à celui des
divorces. On observe même que
plus les pacs sont signés récem­
ment, plus ils sont ins­tables. «Dès
2001, le nombre de dissolutions
a augmenté beaucoup plus vite
que celui des déclarations, pour
dépasser les 9000 dissolutions
dans l’année en 2005», précise
Valérie Carrasco.
En 1997, celui qui allait
de­venir le père du pacs, Jean-Pol
Pouliquen, s’était battu pour que
son contrat (on parlait encore
du «CUC») ne soit pas seule­
ment homosexuel. Estimant
que le mariage civil était une
survivance indue du mariage
religieux, l’État s’y mêlant de
morale et de fidélité, il prédi­
sait : «le mariage se cassera bel
et bien la figure lorsque notre
contrat aura fait ses preuves».
Le mariage a survécu mais le
pacs s’est banalisé. Quant aux
enfants, la moitié n’attendent
plus le passage de leurs parents
devant le maire pour pointer
leur nez. On annonce donc la
suppression de l’antique visite
prénuptiale, jusqu’ici obligatoire
avant le mariage.
Les enfants sont pourtant
les grands oubliés des débats sur
la nuptialité, avec les femmes.
Les ruptures «kleenex» (mais
non sans larmes) les conduisent
à endurer de plus en plus l’irres­
ponsabilité paternelle. n
Le coup
de crayon
de Chaunu
ACTUALITE
SECURITE : Le projet de loi sur les chiens
dangereux, adopté le 10 octobre en Conseil
des ministres, renforce les obligations des
propriétaires.
environnement : L’ancien vice-pré­
sident des Etats-Unis, Al Gore, et le
Groupe international d’experts sur le
climat ont obtenu le 12 octobre le
prix Nobel de la Paix pour avoir mis
en évidence les dangers et les mesures
nécessaires à la lutte contre les chan­
gements climatiques..
POLEMIQUE : « Je trouve dégueulasse l’instrumen­
talisation de l’immigration ». Ces propos, tenus le 9
octobre à propos de la polémique sur les tests ADN
par Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique
de la ville, ancienne présidente du mouvement « ni
putes ni soumises », ont déclenché l'ire des députés
UMP opposés à l'ouverture et la délectaction des
socialistes. Mais l'intéressée a déclaré qu'elle ne
démissionnerait pas du gouvernement.
Retrouvez Tugdual
Derville, chaque
semaine sur :
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007 7
DOSSIER
Évangéliser l'Empir
En complément au dossier paru
la semaine dernière, sur le thème
du colloque de l'Aide à l’Église
en Détresse ("A-t-on le droit
d'évangéliser aujourd'hui" ?), voici
le texte de l'intervention de Gérard
Leclerc à ce même colloque, dont
les actes complets seront bientôt
disponibles auprès de l'AED.
8 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
© MICHEL EMMANUEL
P
our essayer de comprendre comment ce monde pourrait recevoir
la parole du Christ, du point de
vue de l’observateur du monde
des idées que je suis, je voudrais
m’exprimer en prenant le risque
de paraître négatif. Je ne crois
pourtant pas du tout être un esprit pessimiste,
d’ailleurs mon maître Georges Bernanos m’a gardé
de toute pente optimiste ou pessimiste, et j’avais
cité ce mot au cardinal Lustiger qui en avait été
émerveillé : Bernanos disait : « Il y a deux sortes
d’imbéciles, les optimistes et les pessimistes. Les
optimistes sont les imbéciles joyeux, et les pessimistes sont les imbéciles tristes. » Pour Bernanos
effectivement, ni pessimisme, ni optimisme ne
convenaient. Il y avait le tragique de l’existence,
mais il y avait l’immense optimisme de la grâce.
Nous, chrétiens - ce n’est pas toujours facile nous avons à respirer dans ces immenses espaces
de l’intériorité où se joue le drame du salut.
Peut-on évangéliser aujourd’hui ? Je vais donc
risquer d’être pessimiste dans cette analyse. Le
sujet suppose qu’il y a des obstacles à la volonté
d’évangélisation, des obstacles que je vais traduire en termes intellectuels, sous deux chapitres.
Le premier chapitre est un chapitre théologique,
et le second est plus culturel et philosophique.
Chapitre théologique, parce que quand même, il
y a eu dans la période post-conciliaire un certain
nombre de controverses, même dans l’Église et
à l’intérieur de la pensée théologique, et que le
risque encouru à ce moment-là a été celui d’un
refus, d’un abandon de la notion même d’évangélisation.
Gérard Leclerc,
lors du colloque
du 4 octobre
Pourquoi ? Parce que la découverte de ce monde
immense qui nous entourait et qui n’était pas exclusivement chrétien, avec ces masses de l’Asie,
de l’Inde, de la Chine, imposait évidemment l’existence de ces religions, notamment asiatiques, qui
regroupent des millions, sinon des milliards d’hommes étrangers à la foi chrétienne. Et on s’est posé
au Concile très sérieusement la question du salut,
de ce qu’autrefois dans la théologie on appelait
« le salut des infidèles ». La théologie moderne
avait déjà exploré cette question. Je me souviens
en particulier d’un lumineux article du Père de Lubac sur ce sujet ("Le fondement théologique des
missions"). Depuis déjà un certain temps, on se reposait cette question : comment peut-on obtenir
le salut si l’on n’a pas eu la révélation de JésusChrist par l’intermédiaire de son Eglise ? La question était donc tout à fait légitime, elle a toujours
été plus ou moins posée d’ailleurs, et quand on lit
saint Thomas d’Aquin
de près, on s’aperçoit
qu’il se posait déjà ce
genre de questions.
On a alors dit que
le salut était ouvert à
tous - évidemment il
fallait sortir de toute
pers­pective jansé­niste
– et que le Christ est
bien mort pour tous
les hommes, et qu’ainsi
le salut n’est refusé à
personne. Seu­­lement,
il y a hors de l’Église le
problème de savoir comment on peut être sauvé
lorsqu’on n’a pas la connaissance explicite de Jésus et de son Évangile.
À partir de là, il faut le dire, on a souvent dévié, et je ne veux accuser personne, mais même
des théologiens éminents ont peut-être parfois
été imprudents : je pense au père Rahner avec
sa fameuse théorie des « chrétiens anonymes »,
qui revenait un petit peu à dire que l’on pouvait
être chrétien sans connaître le Christ dans la mesure où l’on menait une vie droite, conforme à sa
conscience. Saint Thomas avait dit à peu près la
même chose, mais il y avait un certain glissement
qui amenait à dire en définitive que la révélation
de Jésus-Christ, la connaissance de Jésus-Christ
était en quelque sorte facultative. Alors pourquoi
DOSSIER
e du moindre mal
annoncer l’Évangile, puisqu’on pouvait très bien
faire son salut dans sa propre religion ? On en est
venu à dire par exemple qu’il n’y a pas à convertir
les musulmans : le problème, c’est que les musulmans soient de bons musulmans. Ce glissement
a conduit à un affaiblissement missionnaire de
l’Église.
J’ai vécu pendant plus d’un an dans une communauté de Pères Blancs du Burkina-Fasso. On
dit souvent du mal des missionnaires qui auraient
participé à je ne sais quelle exploitation coloniale.
J’éprouve au contraire pour eux une profonde admiration, parce que ces missionnaires ont eu souvent dans leur enfance l’appel à la mission : « Va
évangéliser ! Va me faire connaître ! Allez faire
connaître le Christ ! » Ils ont converti une grande
partie de l’Afrique et de l’Asie parce qu’ils
avaient au cœur la volonté d’aller annoncer
le Christ. Et si ces congrégations se sont effondrées, il faut bien le dire, dans la seconde
partie du XXe siècle, c’est que la conviction
missionnaire s’était effritée. Heu­reusement,
ils ont suscité de jeunes Églises qui ont pris
le relais, et j’ai une grande admiration pour
l’Église du Burkina-Fasso. Ces missionnaires
ont fait lever des moissons étonnantes !
Mais est-il vrai aujourd’hui, nous, chrétiens d’Occident, avec nos théories théo­
logiques, nous refuserions a posteriori aux
païens d'hier la grâce d'avoir rencontré le
Christ par les missionnaires ? Leur refuserions-nous la grâce de l’Évangile en leur
disant : vous êtes nés animistes, soyez de
bons animistes ? Non ! Ce n’est pas supportable, et il faut dire qu’une grande partie de
la crise post-conciliaire est venue de cela,
d’un affaiblissement de la conscience de
l'événement absolu de l'Incarnation et de la
Rédemption et, dès lors, d’un affaiblissement de la
conviction missionnaire.
Cela a provoqué incontestablement des divisions à l’intérieur de l’Église. J’ai fréquenté pendant
dix ans le Père de Lubac, qui me disait à ce sujet
sa grande tristesse, mais aussi sa reconnaissance
infinie envers le Père Hans Urs von Balthasar pour
avoir publié ce petit livre magnifique de résistance
spirituelle qu’est Cordula. Cordula est un appel au
réveil de la foi et de la charité missionnaire.
Nous avons vécu un affaissement mission­
naire qui s’est souvent réclamé du Concile à tort.
La hiérarchie, le pape Paul VI et l’épiscopat autour
de lui ont voulu réagir contre ces tendances. Cela
a donné, à la suite d’un synode sur l’évangélisation, un texte magnifique : Evangelium nuntiandi.
Il suffit de le relire : tout est clair, tout est parfaitement articulé, toutes les objections sont clairement énoncées et réfutées. Mais nous revenons
de loin et nous n’en sommes pas sortis de toute
façon. C’est évident quand on voit les cris et les
récriminations qui se sont élevés contre ce texte
salutaire qu’est Dominus Iesus, qui remettait en
place un certain nombre de notions, en particulier
sur la grâce du Christ : on ne peut pas comparer la
grâce du Christ avec des éléments que l’on trouve
dans d’autres religions, comme les « semences du
Verbe », ni avec ce qu’elles ont de positif, non ! Il
n’est pas possible de confondre les choses.
Incontestablement, l’Église a vécu une
dépression qui a conduit à ce moindre engagement missionnaire.
Je voudrais maintenant prendre la question par le biais de la culture. Quand on voit
le président Chirac – à l’égard duquel je n’ai
aucun mauvais sentiment – se refuser obstinément à inscrire, dans l’embryon d’un traité
constitutionnel européen, la notion de « racines chrétiennes de l’Europe », cela un sens
sur lequel il faut s’interroger.
Mgr Dagens a dit très justement (ndlr :
cf. France Ca­tholique n°3088) que l’Église
reconnaissait la laïcité dans ce pays, mais
la laïcité telle qu’elle s’est aménagée de façon très positive pour l’Église, notamment à
la suite des tractations d’après la Première
Guerre Mondiale, lesquelles ont donné un
sens un peu différent à la Loi de séparation
des Églises et de l’État. Émile Poulat - qui est
sans doute le meilleur historien de la modernité chrétienne - a publié à ce sujet des choses absolument fondamentales. Il y a donc cette laïcité
positive qui nous permet de vivre. Je pense que le
principal effet positif de cette laïcité, c’est d’avoir
donné une liberté pleine et entière à l’Église, notamment par rapport au pouvoir civil, telle qu’elle
n’avait jamais existé dans le passé. C’est une chose
qu’il faut considérer comme tout à fait précieuse.
Cependant, il y a un autre aspect de la culture
moderne, de la culture contemporaine, qui est tout
à fait ambigu. Je pense au maître que fut Jacques
Maritain, lequel a infléchi sa pensée dans les an-
Une grande
partie de la crise
post-conciliaire
est venue d'un
affaiblissement
de la conscience
de l'événement
absolu de
l'Incarnation et
de la Rédemption
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
9
DOSSIER
Arunachal Pradesh : l'Église commence !
D
© MARC FROMAGER
ans l’extrême nord-est de l’Inde, coincé entre la Chine Pradesh est consacrée à Borduria, en présence de Mère Térésa.
et la Birmanie, il existe un endroit où les catholiques On comprend que la date du 2 août soit importante pour
sont passés en 25 ans de 0 à 150 000 ! Nous sommes
les catholiques sur place, mais elle l’est d’autant plus qu’elle
dans l’Arunachal Pradesh, un État interdit d’accès aux renvoie à des origines héroïques. Car, en fait, tout a réellement
missionnaires jusqu'en 1990. Depuis le 7 décembre
commencé avec deux missionnaires français des Missions
2005, il existe deux diocèses, celui d’Itanagar, chef-lieu de
Étrangères de Paris, les pères Nicolas Krick et Augustin Bourry*,
l’État, et celui de Miao, où l’évêque, Mgr George Palliparampil, assassinés dans cette région en 1854, mais dont les fidèles de
salésien, a travaillé pendant plus de vingt ans, dont plusieurs
cette jeune Eglise se réclament. Il aura fallu attendre un siècle et
années clandestinement. Arrêté à quatre reprises, rien ne
demi pour découvrir la fécondité de leur mission ! Leur dernière
semble pourtant avoir pu freiner l’évêque, animé d’un zèle
date du 31 juillet, et pour Mgr Palliparampil, il n’y a pas de
apostolique hors du commun. Le rythme effréné de la semaine
doute, ils
de visite du diocèse L’évêque du diocèse de Miao
ont été
préparée pour nous dans l’État d'Arunachal Pradesh,
martyrisés
Mgr Georges Palliparampil
donne une idée
le 2 août,
de son marathon
et ainsi tout
quotidien. Les
s’explique !
prêtres de son
Ce serait en
diocèse n’auront
tout cas un
pas le loisir de
beau clin
se reposer pour
d’œil de la
reprendre leur
Providence.
souffle…
Quoi
À la messe
qu’il en
du dimanche à
soit, c’est
Lazu, à quelques
après un
Messe de confirmation dans le village
kilomètres de la
pèlerinage
de Lazu à quelques km de la frontière
frontière birmane, l’église est
de quelques catholiques réunis autour
birmane (État d'Arunachal Pradesh)
bondée : l’évêque procède à près
du père Palliparampil en janvier 1991
de 300 confirmations puis 30
sur les pas de Krick et Bourry que tout
premières communions. On est
va s’accélérer pour l’Église.
à la montagne, la population est
L’évêque a choisi pour devise :
essentiellement tribale, et chaque
« Que votre lumière brille ! » (Mt
tribu a sa propre culture, sa propre
5,16), ce qui était assez audacieux
langue, ses propres danses et
pour l’Arunachal Pradesh, qui
vêtements, mais tous reçoivent
signifie « Pays du soleil levant »…
le même Esprit-Saint. «Dans ce
Il semble avoir gagné son pari. La
diocèse, tous les dimanches, il y a
loi anti-conversion reste en vigueur,
des conversions et des baptêmes »
mais son application est chaque jour
nous dit l’évêque. Mais il n’en
un peu plus démentie. Le Nonce
a pas toujours été ainsi. Il y a
apostolique, rencontré à New Delhi,
quelques années seulement, le
nous a dit rêver du
christianisme était totalement
jour où des milliers
hors la loi. Alors qu’il était encore
d’Indiens viendraient
prêtre, l’évêque a longtemps eu
se faire baptiser dans le
sa photo affichée aux postes de
Gange… Oui, l’annonce
contrôle : il était recherché !
de l’Évangile ne fait que
Que de chemin parcouru, depuis ce
commencer !
2 août 1978, jour où un chef de village,
Marc FROMAGER
Wanglat Lowangcha, qui avait étudié dans
une école catholique à Shillong (près du
Bangladesh), s’est publiquement converti. Un
*cf. Françoise
an plus tard, le 2 août 1979, dans ce même
Fauconnet-Buzelin, "Les
village, Borduria, 924 personnes reçoivent le
Porteurs d'espérance,
baptême. Quatorze ans plus tard, le 2 août
La mission du Tibet-Sud
1993, la première église en dur de l’Arunachal
(1848-1854)", (Cerf 1999).
10 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
DOSSIER
formuler les grands systèmes de philosophie polinées trente, après une période assez négative à
tique qui aujourd’hui encore sont à la base de nos
l’égard de la modernité. Il suffit de lire ce maniinstitutions et de nos conceptions de la politique.
feste très dur qu’est Antimoderne. Maritain deL’événement déclencheur, ce sont les guerres de
vient ensuite beaucoup plus positif à l’égard d’une
religion, qui vont mettre la France à feu et à sang,
certaine modernité. Après la guerre, il intervient
susciter l’horreur, l’émoi d’un Montaigne et de bien
de façon très efficace dans la fameuse Déclarad’autres. À partir de là, on fait la théorie moderne
tion des droits de l’homme qui va devenir pour les
de l’État, un État qui va prendre son indépendance
Nations-Unies et pour le monde de l’après-guerre
et son autonomie par rapport aux religions. Pour
un texte de référence. Il pense alors incontestaque l’État fasse la paix civile, il doit devenir comblement qu’on peut faire un bout de chemin avec
plètement autonome par rapport aux religions,
les humanismes contemporains, qui depuis la naislesquelles sont par ailleurs en quelque sorte les
sance de la modernité ont eu, quand même, une
dispensatrices de l’absolu.
certaine saisie intéressante de l’homme. Il faut
Il va y avoir une évolution dans la pensée moprendre en compte cette franche collaboration de
derne. D’une certaine façon, le cardinal de RicheMaritain à cette charte des droits de l’homme qui
lieu est un moderne, lui qui pense que l’État doit
a ce mérite d’affirmer en positif ce que l’on peut
obtenir une autonomie et une puissance qu’il n’a
dire de mieux ensemble et en commun pour dépas eues dans le passé. Mais il est un catholique
fendre l’humanité.
et un chrétien profond, un excellent évêque de
Mais le même Maritain reste dans une indéciLuçon, quelqu’un qui n’abdiquera jamais sa foi, et
sion remarquable sur la véritable nature de l’hula conception autonome de l’État qu’a Richelieu,
manisme moderne : cela est très visible dans Le
c’est celle d’un État chrétien, d’un État qui monte
paysan de la Garonne où il se montre bien moins
en puissance, qui réclame la puissance, l’autorité,
optimiste qu’il n’avait été dans l’immédiat aprèsla décision.
guerre. Il montre qu’il y a beaucoup d’ambiguïté
On constate un glissement à partir du XVIIIe
dans l’humanisme né de la Renaissance, et il basiècle. Cette autonomie de l’État va être de moins
lance entre optimisme et pessimisme intellectuel.
en moins celle d’un État chrétien. Elle va être
Évidemment pour lui, il n’y a de salut que dans
l’autonomie d’un État qui se veut complètement
la grâce de Jésus-Christ qui va venir surélever ce
indépendant des religions et des systèmes de vaqu’il y a de bon, de fondateur dans cet humanisme.
leurs. C’est peut-être un des plus grands paradoxes
Il n’empêche, il y a une mauvaise part de cet hudu XXe siècle, et sans doute aurait-on beaucoup
manisme qui risque de nous plomber à bien des
surpris les gens du XIXe et du début du XXe siècle
égards.
en leur disant que le rôle de d’État en définitive
C’est d’elle dont je veux parler parce qu’elle me
recouvre une certaine neutralité idéologique. Les
paraît essentielle dans notre contexte d’aujourd’hui.
grandes idéologies du XIXe siècle – le raccourci
Il faut lire le livre de Jean-Claude Michéa : L’emhistorique est dangereux ! - étaient des idéologies
pire du moindre mal (éd. Climats). L’auteur est un
qui voulaient faire le bien des hommes, au risque
professeur de philosophie dans un lycée de Montd’ailleurs des plus grandes catastrophes, et en parpellier. Il est très indépendant, très modeste, très
ticulier de nous
humble. Il publie
Marc Fromager, Gérard Leclerc et Mgr Claude Dagens lors du colloque du 4 octobre.
donner ce que
peu, mais à chaRaymond Aron
que fois, c’est
appelait des
très
intéres« religions sésant. Il n’est, me
culières ». Cela
semble-t-il, pas
signifie
que
chrétien mais il
désormais ce
est profondésont les orment angoissé
ganisations
par le ca­ractère
politiques, les
nihiliste du monpartis, les États
de tel qu’il évoqui
veulent
lue aujourd’hui.
faire le salut
Ce nihilisme, il va
de l’humanité.
en chercher les
On parle avec
sources, un peu
raison de relicomme Maritain
gions séculièqui n’a cessé de
res parce que ces États, ces partis, sont de véripenser aux origines de la modernité, notamment
tables religions.
au XVIe siècle.
Le XVIe siècle est un siècle fondateur et refonA la fin du XXe siècle a eu lieu une formidable
dateur à bien des égards. C’est celui où vont se
réaction libérale à l’encontre des religions sécu-
Produire
le moindre
mal, c'est
s'exposer
à un danger
inaperçu
des
modernes,
celui du
nihilisme
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
11
DOSSIER
lières. Ce sera aussi une réaction à l’encontre des
religions tout court. Quelle est la racine du mal,
selon la pensée libérale ? C’est la prétention de
faire le bien absolu et de se réclamer d’une certaine idée de la vérité et du bien qui est à potentialité
totalitaire. Vouloir faire le bien, et au nom d’une
certaine idée de la vérité, ce serait créer un État
totalitaire. En face de cela, les libéraux ne veulent pas faire le meilleur des mondes, mais ce que
Jean-Claude Michéa appelle donc « l’empire du
moindre mal. » Selon les libéraux en effet, on ne
peut faire le bonheur absolu des gens, alors il faut
faire en sorte qu’ils échappent aux plus grands
maux : « nous n’avons plus la prétention de faire
le bien, alors ayons la prétention de produire le
moindre mal. »
Mais du même coup, produire le moindre mal,
c’est s’exposer à un danger inaperçu des mo­
dernes, celui du nihilisme. Ne plus vouloir se
réclamer d’une certaine idée de la vérité et
d’une certaine idée du bien, c’est petit à petit
réduire la question du sens à l’insignifiance,
et c’est réduire la question de la vérité et la
question du bien à des dangers totalitaires,
à des dangers potentiels. On abandonne
donc cet horizon du vrai et du bien pour une
sorte d’éthique minimale. On retombe sur
les droits de l’homme qui sont sacrément
nécessaires, mais qui en même temps peuvent être un piège, parce que la défense des
droits de l’homme, cela peut être la défense
des droits pour protéger l’individu de tous les
maux possibles et imaginables, mais à force,
cela peut être aussi la défense très égoïste
des droits de l’individu, de l’individu complètement isolé par rapport au bien commun,
par rapport à toute considération de l’autre.
Ce moindre mal, c’est le refus de poser
désormais les grandes questions humaines, celles qui concernent la vérité et le bien. Les grands
philosophes politiques modernes disent qu’il faut
abandonner la perspective du bien pour se résoudre à la seule perspective du juste, c’est-à-dire ce
qui crée une certaine égalité, une certaine équanimité dans le sort des gens, et nous arrivons ainsi
à une cité qui refuse toute théorie axiologique qui
serait en quelque sorte au centre de la vie sociale,
pour se contenter d’un minimum éthique, alors
que par ailleurs on transfère tous ses espoirs sur
ce que l’on appelle la globalisation ou la mondialisation.
Le libéralisme moderne conjugue deux pulsions. La première est un extraordinaire pessi­
misme quant à l’homme parce que se défier de la
Vérité ou du Bien c'est marquer un profond mépris à l'égard de l’homme ramené à un égoïsme
insurmontable. De l’autre côté, il y a un formidable
optimisme qui regarde l’avenir du monde, grâce à
la libéralisation du marché et grâce au droit démocratique. C’est ainsi que l’on nous a annoncé
"la fin de l’Histoire". Grâce à cela, nous allons vers
un monde de plus en plus magnifique, avec une
expansion économique qui va permettre de nous
tirer de nos pauvretés archaïques. Regardez ce qui
se passe en Chine, en Inde et dans les pays émergents.
C’est contre cela que Jean-Claude Michéa
dresse son réquisitoire. Il dit qu’il n’y a pas de cité
possible sans ce que son maître George Orwell appelle « une commune décence ». C’est plus que la
défense minimum, c’est un certain nombre de valeurs fondamentales qui permettent la coexistence
et le vivre ensemble. Sans une certaine idée de la
vérité, sans une certaine idée du bien, de l’amour,
il n’y a pas de vie possible, sinon on va vers une société de plus en plus désespérée et désespérante,
celle qui produit le suicide des jeunes, et celle qui
produit de plus en plus l’insignifiance.
L’analyse proprement culturelle de notre
monde marque en quelque sorte cette part
maudite qui fait qu’on ne peut plus parler des
grandes choses, des grands idéaux, et que
toute notre espérance, toute notre activité
sont dévolues au développement absolu de la
mondialisation.
Il me semble que cette analyse culturelle
nous permet aussi de comprendre cet interdit
jeté sur l’évangélisation ou l’expression même
de la foi. La foi c’est le danger, toute affirmation d’une valeur, toute affirmation d’une
conviction est profondément dangereuse, et il
faut briser cela. Notre évolution intellectuelle
depuis la Renaissance nous le montre, il faut
faire très attention à toutes ces religions, à
ces philosophies qui veulent faire notre bonheur. Non ! Faisons l’empire du moindre mal !
Dès lors il n’y a plus d’évangélisation. Pourquoi évangéliser et annoncer le Christ dans
ce monde-là qui ne se reconnaît plus à l’appel du
vrai, du bien, du beau et de l’amour ? Il me semble
donc que cette deuxième coordonnée est extrêmement importante pour nous permettre de comprendre les obstacles qui se dressent sur la route
de l’évangélisation.
Pour conclure, je voudrais rebondir sur l’optimisme de la grâce. Il me semble en effet que si l’on
veut que l’homme ait le minimum de confiance en
lui-même, il faut lui donner conscience de sa vocation divine, du formidable appel qui lui est lancé,
de cette formidable histoire d’amour que constitue
l’intrusion de Dieu dans notre monde avec l’alliance,
avec Jésus-Christ, avec L’Église. Face à la tentation
du moindre mal, il faut proposer à l’inverse ce que
Jean-Paul II appelait la civilisation de l’amour, qui
révèle à l’homme sa véritable dimension, qui lui
montre qu’il est aimé, et si l’on est aimé par Dieu,
l’histoire est ouverte, et à ce moment-là oui, il faut
évangéliser, parce que l’homme est aimable, l’homme est fait pour Dieu, l’homme est fait pour la vérité, l’homme est fait pour l’amour. n
Pourquoi
annoncer le
Christ dans ce
monde-là qui
ne se reconnaît
plus à l'appel
du vrai, du bien,
du beau et de
l'amour ?
12 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
DOSSIER
Népal : une Église toujours menacée
Longtemps persécutée ou juste tolérée,
l'Église du Népal semble connaître
un nouvel élan. Avec Sœur Liza, Supérieure
d'une congrégation féminine, nous faisons
un rapide tour d'horizon de la situation
des chrétiens dans ce pays instable.
n Sœur Liza, l’AED (Aide à l’Église en Détresse) parlait il y a
encore quelque temps de « chrétiens menacés » au Népal.
Est-ce encore une réalité?
Avant le début des années 90, les activités catholiques étaient
sévèrement restreintes, les conversions religieuses interdites
et toute personne accusée de tentative de conversion
emprisonnée ! Nous étions alors persécutés. Si nous avons
pu, par la suite,
pratiquer plus
librement, nos
églises, nos
dispensaires ou
nos écoles ont
souvent été la
proie d’attaques,
d’incendies ou
de vandalisme.
Alors oui, notre
communauté était
menacée dans
sa chair même.
Depuis 2006, nous
sommes remplis
d’espérance : le Népal,
seule nation hindoue au
monde, est devenu un État
laïque.
n Et dans les faits,
qu’en est-il ?
Notre situation est
étroitement liée à celle de
notre régime politique : en
15 ans, 15 gouvernements
se sont succédé ! Vous
imaginez l’instabilité qui s’en
suit. En 2006, le roi a été mis
à l’écart et le Parlement à
nouveau institué. Malgré les
élections prévues en novembre,
la situation politique reste
tendue, tension accentuée par
la démission du gouvernement
des anciens rebelles maoïstes.
n Comment les chrétiens népalais vivent-ils la situation ?
Ils ne baissent pas les bras ! À Pâques déjà, un millier de
chrétiens avaient organisé une marche à Dharan pour rappeler
aux dirigeants que la communauté chrétienne faisait pleinement
partie de la nation et qu’ils devaient garantir la liberté
religieuse. Une exigence d’autant plus nécessaire lorsque l’on
connaît l’implication de l’Église dans les actions caritatives. Vous
savez, la situation du Népal est loin d’être florissante : 42% de
la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.
n En quoi consiste votre action ?
L’éducation est un moyen essentiel pour ce pays de sortir de la
crise, c’est le cœur de l’action des chrétiens. Par exemple, mes
sœurs et moi-même, nous tenons une école qui permet de lutter
contre un taux d’alphabétisation particulièrement bas, nous
prenons en charge l’éducation de jeunes filles pour
qu’elles apprennent un métier leur permettant de
vivre, nous avons créé un
centre de jour pour des
handicapés.
n Vous avez de grandes joies alors ?
Certainement !
Quelle merveille que
l’épanouissement de
l’intelligence humaine
de ces enfants ! Quelle
joie de pouvoir servir
les pauvres tout en
L'école tenue
témoignant,
par notre
par Sœur Liza
action,
de
l’Amour
de
permet d'offrir
Dieu.
une qualification
à de jeunes
Nous prions aussi pour
Népalais, mais
notre pays, pour qu’il
aussi de soutenir
connaisse la paix, et
la foi de cette
nous restons confiantes
communauté
en l’avenir. Et puis, vous
menacée.
savez, il y a quelques
mois, le Pape a nommé notre premier évêque
népalais. Notre Église grandit !
Pour l'AED (Aide à l'Église en Détresse),
la situation des chrétiens népalais reste
préoccupante en dépit d'une légère
amélioration de la liberté religieuse. En
2007, l'AED s'est engagée à soutenir les
actions de Sœur Liza au service des plus
pauvres en lui offrant 30.000 e.
Partout ou l'Église a besoin de nous
AED- 29, rue du Louvre
78750 MAREIL-MARLY
Tél. : 01 39 17 30 10
www.aed-france.org
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
13
ESPRIT
En
mémoire des jours
Un soir à Rome
Par
Robert Masson
O
n en é tait à l'automne des saisons,
et le ciel déjà était
ac­c ordé à ce déclin des
jours qui annonce l'hiver
à sa façon. L’Église vivait
à l'heure de la mission,
qui nous renvoie à l'ultime commandement du
Christ : "Allez, et de toutes
les nations faites des disciples."
Les chrétiens, bien en­­
tendu, ne peuvent prendre
qu'à la lettre ces pa­roles
du Seigneur, qui n'ont rien
de facultatif. L’Église n'est
elle-même que lorsqu'elle
est accordée à l'universel. C'est dans ce but
précisément que, tous
les ans, elle se remet au
clair sur cet esprit missionnaire, qui la pousse
aux grands larges de l'huma­n ité. C'est ce qu'on
appelle les S emaines
Mission­naires ( qui ont
lieu du 14 au 21 oc­tobre,
cette année 2007).
Dans les années 80,
dé­cision avait été prise,
de donner un éclat particulier à ces Semaines
Missionnaires. On avait
fait appel à des moyens de
communication. La télévision à l'époque n'était pas
le moindre relais. Il y avait
entre autres une émission
phare, qu'on nommait les
Dossiers de l'Écran, sur
la deuxième chaîne. Le
tout était d'obtenir l'accord des responsables de
la chaîne. Par bonheur,
Térésa était pour la télévision un per son­n age
incontournable. L'annonce
d'une contribution comme
la sienne l'avait donc
em­porté.
La télévision, en vain
depuis des années, avait
en effet cherché à obtenir sa présence. Nous
avions bien sûr, longtemps à l'avance, pris les
moyens de convaincre
Mère Té­résa. Notre insistance portait surtout sur
le service d’Église qu'elle
aurait à rendre, et c'était
évidemment un argument
de poids à ses yeux.
Ce qu'elle n'avait pu
obtenir, on le lui offrait
d'une cer taine façon,
avec cette émission. Dieu
sait pourtant que Térésa
ne s'y sentait guère chez
elle. Mais l'idée de servir
ainsi l’Église avait surmonté ses réticences. Elle
avait toutefois fait des
ré­serves par la suite, dont
la plus importante était
qu'à ce moment-là ne se
pro­d uise, quelque part
dans le monde, une de
ces catastrophes, comme
un séisme, ou autre, qui
prendrait le pas sur tout.
Térésa, qui s'attendait à
tout, avait donc mis des
conditions suspensives.
Par bonheur, il y avait
dans le même moment
un synode à Rome auquel
elle participait. Et l'émission était réalisée depuis
les studios de la Rai, et en
direct. Dans le jour tom-
14 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
bant, nous étions alors sur
la Place St-Pierre comme
convenu, pour emmener
Térésa jusqu'aux Studios.
Ce ne fut pas aussi facile
qu'on le put croire. Térésa,
en effet, ne se sentait
pas inspirée pour paraître dans un studio,
et des heures durant
puisque cette émission
était complexe. Il fallait
d'abord assister à la projection d'un film, "Les
Clés du Royaume", après
quoi tous les participants
se retrouveraient autour
d'une table pour discuter.
Il y en avait facilement
pour trois heures. On pouvait comprendre la fatigue
de Mère Térésa, qui n'était
pas feinte. Il fallut pour
la décider enfin à monter jusqu'aux studios, le
concours d'une des nombreuses per sonnalités
ecclésiastiques, le cardinal
Arns de São Paulo. Elle
avait fini par se laisser
convaincre.
Sa présence, qui ne
devait rien aux mondanités, s'imposa de suite. Elle
n'avait pas le verbe haut
des gens d'importance.
Elle était simplement ellemême, menue et si fragile,
sous son voile qui signifiait le registre de sa vie,
et de son être.
Un aréopage impressionnant de prélats et de
personnalités ecclésiastiques, figurait avec elle
sur ce plateau. Térésa
ne s'était pas livrée à
de grandes considérations sur la mission. Elle
en avait simplement dit
Celui qui était l'objet de
sa vie. Et c'était ce Jésus,
qui suffisait à tout pour
cette femme qui n'avait
pas de nom plus important à confesser. Excepté
ces pauvres, dont elle
était la Mère, disait-on à
Calcutta. Térésa se laissa tout de même aller à
quelques confidences : ce
même jour, à Rome, elle
avait rencontré, dans une
rue, une jeune fille de la
rue qu'on obligeait à faire
des choses au mépris de
sa dignité. Mais en elle
restait sans doute cette
part plus essentielle que
toutes, qui était ce cœur
d'enfant, que Mère Térésa
avait touché. Il y avait
dans cette enfant quelque
chose de cette en­f ance
promise au royaume.
Térésa avait décidé cette
jeune fille à la suivre.
Térésa, ce soir-là, était
égale à elle-même, elle ne
savait que renvoyer à ce
Jésus. Celle qu'on appelait
déjà la Sainte de Calcutta
n'avait d'autre secret que
le Christ. Qui aurait pu
penser, ce soir-là, que les
choses n'étaient pas si
simples, pour cette pe­tite
sœur de Dieu, qui se montrait prête au combat,
sans rien montrer de cette
bataille intérieure. C'est
bien celui dont Rimbaud
dit qu'il est le plus rude
de tous. C'était le combat
contre le néant, où la raison parfois perd pied.
Elle avait visage d'icône, mais qui pouvait savoir
de quelle douleur cette
icône était payée ? Il ne
restait que son sou­r ire,
qui en disait tellement
d'elle-même, et d'abord,
tout ce qui l'identifiait à
son Sauveur en haut d'une
Croix : "Mon Dieu, à quoi
m'as-tu livré ?". n
LUCIEN DEISS
Les Missionnaires de la Congrégation
du Saint Esprit recommandent à vos prières
le Père Lucien Deiss, décédé le 9 octobre
2007 à l'hôpital de Kremlin-Bicêtre.
Le Père Deiss est né le 2 septembre
1921 en Alsace. À la fin de ses études se­­
condaires, il entre dans la Congrégation du
Saint Esprit. Il est ordonné prêtre en 1947.
Il est alors nommé professeur d'Écriture
Sainte et de Liturgie à Brazzaville, puis
au séminaire des Missions de ChevillyLarue. Dès 1950, il compose ses premiers
cantiques en français. Passionné par la
Liturgie et l'Écriture Sainte autant que par
le chant, il ne cessera plus d'écrire et de
composer… Ses livres et ses partitions ont
fait le tour du monde et ont été traduits
dans de nombreuses langues : « j'ai essayé
d'être missionnaire en demandant à la
beauté d'être servante du Christ ! ».
Une grande partie des œuvres du Père
Lucien Deiss est disponible en un coffret
de 5 CD au prix de 40 €. Chèque à l'ordre
de : Congrégation du Saint-Esprit, 30, rue
Lhomond, 75005 Paris.
MEXIQUE
La VI e Rencontre mondiale des fa­­
milles se tiendra du 16 au 18 janvier
2009 à Mexico, sur le thème : «La famille,
pour former aux valeurs humaines et
chrétiennes». Le Pape a adressé, le 1er
oc­tobre, une lettre, en espagnol, au pré­
sident du Conseil pontifical pour la famille,
le cardinal colombien Alfonso López Tru­
jillo pour lui en préciser le thème.
ZF07101207
RUSSIE
Le 18 octobre, le président du Conseil
pontifical Cor unum, Mgr Paul Josef
Cor­des, après son voyage en Sibérie, ren­
contrait le patriarche Alexis II à Mos­cou.
ZF07101102
ISLAM
138 hauts représentants islamiques,
ont adressé un document de 29 pages,
intitulé « Une parole commune entre
Nous et Vous », au Pape, mais aussi
à l'archevêque de Canterbury, le
Rév. Rowan Williams, chef de l'Église
anglicane en Angleterre, et aux
principaux représentants des Églises
orthodoxes, luthérienne, baptiste,
mé­thodiste et réformée, pour affirmer :
« Les musulmans et l'Islam ne sont en
aucune manière contre les chrétiens,
tant que ces derniers ne portent pas la
guerre à l'Islam conformément à leur
religion, tant qu'ils n'oppriment pas les
musulmans ni ne les obligent à fuir de
chez eux ». Cette lettre est signée par
les grands muftis d'Égypte, de Palestine,
d'Oman, de Jordanie, de Syrie, de Bos­
nie et de Russie, et par des imams et
intellectuels sunnites, chiites et soufis
des cinq continents.
ZF07101202
BEATIFICATIONS
L'abbé Antonio Rosmini-Serbati
(1797-1855) sera béatifié à Novare,
le dimanche 18 novembre. Il fut le
fondateur de l'Institut (de prêtres
séculiers) de la Charité, de l'ordre
des religieux de la Providence et du
Collège de l'éducation élémentaire,
destinée à propager l'instruction dans
les classes populaires. Auteur de nom­
breux ou­vrages philosophiques, il a été
ministre de l'Instruction publique de
Pie IX, mais était partisan de l'unité
italienne d'où sa disgrâce après 1848.
Lu­cienne Portier a publié une sélection
de ses milliers de lettres en 1991 aux
éd. du Cerf.
ZF07101004
Quatre serviteurs et servantes de
Dieu vont être béatifiés lors de trois
célébrations différentes au Brésil, dont
deux martyres de la pureté.
Le Pape a en effet autorisé la béa­
tification de plus de cinq cents nou­
veaux bienheureux, au Brésil, en Ar­­
gentine, en Autriche, en Italie et au
Va­tican.
Au Brésil, les béatifications auront
lieu les samedi 20 octobre à Tubarao,
dimanche 21 octobre, à Frederico West­
phalen, et dimanche 2 décembre à San
Salvador de Bahia.
Il s’agit de :
Alber tina Berkenbrock, laïque
(1919-1931), connue comme la « Maria
Goretti » du Brésil, assassinée à l’âge de
12 ans ;
Emmanuel Gómez González, reli­
gieux espagnol (1877-1924), et Adilio
Da­ronch, laïc (1908-1924), assassinés
au Brésil, pour leur foi, le 21 mai 1924 ;
et Lindalva Justo de Oliveira (19531993), Brésilienne, Fille de la Charité de
saint Vincent de Paul.
Sœur Lindalva s’était consacrée au
service des pauvres, selon le charisme
de sa communauté. Mais le Vendredi
saint 1993, elle a mérité la palme du
martyre pour la défense de sa virginité,
unissant ainsi le sacrifice de sa vie à
celui de Jésus-Christ. Le 16 décembre
2006, Benoît XVI avait annoncé la pro­
mulgation du décret de déclaration du
martyre.
Il s’agit de la première bienheureuse
brésilienne appartenant à une commu­
nauté religieuse.
ZF07101008
Le cardinal Tarcisio Bertone, pré­
sidera la béatification du premier
Mapuche, en Argentine, le dimanche
11 novembre, à Chimpay, au sanctuaire
« Zeffirino Namuncurá », mettant
en évidence le lien avec la terre, un
élément caractéristique du peuple ma­­
puche. C’est aussi la première béa­
tification célébrée en Argentine.
Il s’agit du serviteur de Dieu Zeffirino
Namuncurá, laïc argentin (1886-1905),
élève de la Société de saint François de
Sales, cacique indien, il fut surnommé le
« lys de la pampa ». Sa dépouille repose
au centre de pèlerinage catholique de
Fortín Mercedes.
ZF07101005
Franz Jä­gerstätter, sera béatifié en
Autriche, à Linz, le vendredi 26 octobre.
Le serviteur de Dieu était né le 20 mai
1907 à Sankt Radegund, près de Salz­
bourg. En 1938, il avait été le seul de
son village à voter contre l'Anschluss.
Après une brève période de formation
militaire, il ne voulut adhérer à aucune
organisation politique et manifesta son
opposition au na­zisme.
Père de trois petites filles dont la
plus âgée avait six ans, il fut appelé au
service actif en février 1943, mais il
refusa de combattre pour le Troisième
Reich, et fut emprisonné à Linz, puis
à Berlin. Condamné par un tribunal
mi­litaire, il fut décapité le 9 août 1943.
ZF07101007
Le 24 novembre, 188 mar­t yrs ja­­
ponais - dont le P. jésuite Pierre Kassui
Kibe - tués au XVII e siècle à cause
de leur foi dans le Christ Jésus seront
béatifiés à Nagasaki. La célébration
sera présidée par le préfet du dicastère
romain, le cardinal José saraiva Martins
devant au moins 20.000 catholiques
japonais.
ZF07100809
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007 15
ESPRIT
29e dimanche ordinaire
Prier sans se lasser
par les Pères Louis et Bernard HURAULT
S
Il leur raconta cette parabole pour dire qu’il faut prier sans cesse
et ne pas se décourager : 2 « Il y avait dans une ville un juge qui ne
craignait pas Dieu et se moquait des gens. 3 Dans cette même ville
il y avait une veuve qui venait lui dire : ‘Rends la sentence contre
mon adversaire‘.
4 Tout un temps il refusa ; puis il se dit : ‘C’est vrai que je
ne crains pas Dieu et que je n’ai rien à faire des gens, 5 mais cette
veuve me dérange à un tel point que je vais lui faire justice ; sinon
elle finira par me casser la tête‘. »
6 Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce qu’a dit ce juge
très peu juste. 7 Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus s’ils crient
vers lui jour et nuit alors qu’il les fait attendre ! 8 Je vous le dis :
Il leur fera justice, et vite. Mais quand viendra le Fils de l’Homme,
trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? »
Évangile : Luc 18.1-8
© La Bible des Peuples
Retrouvez chaque jour, sur internet,
les points d'oraison du Père Michel
Gitton, et les commentaires des
Pères Louis et Bernard Hurault, à
partir des lectures du jour :
www.france-catholique.fr
Très-Haut ? C’est ici pourtant que
la foi voit plus clair que la raison.
Le Dieu des philosophes,
quand on veut bien lui concéder
les capacités que possède toute
personne digne de ce nom, reste
généralement à l’image des pro­
fesseurs. Jésus nous invite à voir
en lui tout ce que nous admirons
chez les gens vraiment intelligents,
lesquels manient volontiers l’hu­
mour et la fantaisie, chez les
amants, qui ne connaissent guère
la mesure, chez les parents inquiets
pour leurs enfants.
Il est bien certain que ces
paraboles ont été à l’origine de
peintures de Dieu et de pratiques
religieuses qui souvent ont oublié le
mystère de l’Infini ; il faut toujours
nous méfier des certitudes de
notre prédication et des discours
interminables sur celui que notre
théologie connaît si peu. Mais
on sera plus indulgent envers les
excès de la piété populaire si l’on
se rappelle que la mission propre
de la révélation chrétienne est
d’ouvrir un état de communion
simple et confiante entre Dieu et
ses enfants. Elle a laissé à d’autres
les prosternations et elle ne nous
en parle guère que lorsqu’elle
évoque la cité céleste : Ap 4.10 ;
5.14 ; 7.11... n
Lectures du dimanche 21 octobre :
Première Lecture : Exode 17.8 – 13 - Psaume
120.1 –8 - Deuxième Lecture : 2·Timothée
3.14-4.2
Il faut toujours nous méfier des
certitudes de notre prédication
16 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
(
i Dieu est juste, pourquoi
ne fait-il pas justice (Ps
44.23, Ha 1 ; Za 1.12 ; Ap
6.9). Jésus répond : Le dé­
sirez-vous vraiment, priezvous comme il le faut pour que Dieu
fasse justice ? Vous at­tendrez, mais
ne doutez pas qu’il fera justice.
Un juge qui se moque des gens :
c’est ce que beaucoup pensent de
Dieu quand ils voient l’injustice
et les absurdités de la vie. Mais
si nous prions avec persévérance,
nous découvrirons peu à peu que
tout n’est pas aussi absurde qu’il
semblait, et nous parviendrons à
reconnaître dans les événements
le visage du Dieu qui nous aime.
Jésus, qui insiste tellement
sur notre responsabilité envers le
monde, est aussi celui qui nous
invite à prier Dieu jour et nuit.
Trouvera-t-il encore la foi sur
terre ? Jésus confirme une opinion
que l’on trouvait déjà chez les
Juifs de son époque. Aux derniers
jours avant le jugement, le pouvoir
du mal sera si grand que l’amour
se refroidira chez beaucoup (Mt
24.12).
De fait, au premier avènement
de Jésus, l’Ancien Testament semble
s’être terminé par un échec : bien
peu ont cru en lui et, quarante ans
après sa mort, la plupart se sont
laissé emporter par la confusion,
les faux messies et la violence qui
ont précipité la chute de la nation.
Ces paraboles où Jésus donne
à Dieu un visage si humain ne
manqueront pas de choquer cer­
tains de ceux qui ont une formation
philosophique. Dans un premier
temps, on est ému par cette hu­
manité de Dieu ; ensuite, on se
re­prend et la parabole n’est plus
qu’une comparaison à laquelle on
ne doit pas trop se fier. Dieu n’estil pas l’Unique et l’Un, le Saint et le
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
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18 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
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20 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
COURRIER
Tests A.D.N.
Pour justifier dans son
pro­j­et de loi (261 pages !) son
amendement sur les tests
ADN pour le regroupement
familial qui a déclenché une
polémique nationale et a
été récemment retoqué par
le Sénat, le député Thierry
Mariani s’est appuyé sur trois
documents :
. un rapport de juin 2007 du
sénateur Adrien Gouteyron
sur la fraude documentaire en
Afrique subsaharienne francophone,
. un rapport de 2006 de l’ancien député du Nord Patrick
Delnatte sur la fraude concernant les mariages en Afrique
subsaharienne,
. un tableau des autres pays
européens pratiquant ces test
ADN.
Sur les deux premiers
points, la fraude sur l’identité, et l’absence d’état-civil
f iable sont des réalités ,
comme tous ceux qui travaillent en Afrique peuvent
le constater. Néanmoins les
chiffres fournis, qui dépassent
souvent les 50%, ne sont que
des estimations, données par
les autorités diplomatiques
dépendant du ministère des
Affaires étrangères. Cette
fraude documentaire existe
en dehors de l’Afrique subsaharienne puisque les autres
pays appliquent ces tests à
des réfu­giés ou demandeurs
d’asile d’Irak, de Turquie,
d’Afghanistan, du Pakistan, de
Chine…
L’étude des pays recourant
à ces tests ADN, croisée avec
les informations personnelles
dont je disposais ou que j’ai
recueillies, fait apparaître
. que ces tests ne sont pratiqués que dans 9 pays et non
pas 11 ou 12 ;
. qu’ils ne sont actuellement
encadrés par une législation
que dans 5 pays (Danemark,
Finlande, Italie, Norvège,
Pays-Bas) ;
. qu’ils ne concernent à chaque fois qu’un petit nombre
de pays désignés comme
« sensibles » ;
. que les uns se font sur
la b as e du volont ariat
( Allemagne, P ay s-Bas … )
d’autres sur la demande des
autorités (Belgique, Italie…),
d’autres enfin à l’initiative
de l’une ou l’autre partie
(Finlande, Norvège) ;
. que le coût est tantôt pris
en charge par les autorités
du pays d’accueil (GrandeBretagne, Danemark), tantôt
par le demandeur (Italie), avec
parfois des procédures de
remboursement si la filiation
est prouvée (Pays-Bas) ;
. qu’il n’y a pas de procédure d’appel en cas de résultat
négatif (sauf en Norvège).
Des évaluations ont eu
lieu dans quatre pays. Elles
montrent
. que ces tests ne concernent
qu’un nombre limité de personnes (entre 400 par an en
Belgique et 7000 par an au
Royaume-Uni )
. qu’ils ont abouti à une diminution des demandes provenant des pays « sensibles »
concernés
. que quand c’est l’intéressé
qui en fait la demande, ils
sont presque toujours positifs, qu’en revanche quand
c’est l’administration qui
l’exige, ceux qui re­fusent ces
tests voient en général leur
demande rejetée.
Ces informations, si elles
étaient largement diffusées,
ramèneraient la polémique à
un étiage moins passionnel,
et montreraient que la législation française ne fait que
suivre une tendance lourde
observée dans les principaux
pays d’accueil européens. Elles
permettraient enfin à chacun
de se forger une opinion en
connaissance de cause, loin
des sirènes de la démagogie
et des donneurs de leçons de
tous bords qui n’hésitent pas
à recourir à la désinformation pour faire triompher leur
cause.
Jean-Paul GOURREVITCH
Ndlr : Jean-Paul Gourévitch est
consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations.
Il a publié en 2007 "Les migrations
en Europe" (éd. Acropole).
MUSIQUE
MUSIQUES NOUVELLES
La Pop-louange mo
par Alex LAURIOT PREVOST
L’arrêt des groupes
français et catholiques
de "pop-louange"
illustre-t-il un déficit
de compréhension,
de la part de l'Église,
des nouveaux enjeux
de l'évangélisation ?
E
n ce soir de début octobre, une
foule joyeuse, jeune ou familiale,
cosmopolite, populaire se presse
dans la grande salle de spectacle du Zenith à Toulon : c’est
un événement exceptionnel en France car
le groupe australien « Hillsong », le plus
« succesful » des groupes de pop-louange
évangéliques au monde (1) - se produit
pour la première fois en France, avec notamment l’appui promotionnel du diocèse
de Fréjus-Toulon.
Ces 2 h 30 de concert sont un vrai
choc : par vagues, un puissant feu roulant
d’action de grâce, de louange et de prière
fervente dans l’Esprit, de communion et
d‘évangélisation, alternant des temps d’intériorisation et d’exhortation où le Nom
et le Salut du Christ sont explicitement
annoncés et confessés, où l’invitation est
faite d’accueillir Jésus comme Maître et
Seigneur : qu’il soit catholique, protestant
ou évangélique, l’essentiel du public des
3 000 per­sonnes communie dans la foi en
scandant les différentes exhortations de
retentissants « amen », et en reprenant à
pleine voix ces chants qui sont devenus
des « tubes » pour de nombreuses assemblées chrétiennes.
Pourtant, beaucoup découvrent pour
la première fois ce « style » évangélisa-
teur puissamment attractif, qui parvient
à percer des cœurs, même parmi les plus
endurcis : en fin de concert, beaucoup
apparaissent littéralement « scotchés » et
retournés parce qu’ils ont vu et entendu,
touchés et ébranlés par une telle ferveur
évangélique qui proclame si explicitement
le Salut reçu dans le Christ, dans l’allégresse avec un style si entraînant et accessible. Un certain nombre de pasteurs
catholiques ne s’y sont pas trompés : on
retrouve dans la salle des prêtres, des
séminaristes, des membres de communautés nouvelles, des animateurs et des
jeunes d’aumôneries, des parents y emmenant leur ados et leurs copains… « Du pain
béni pour notre rôle d’éducateur, nous dit
l’un d’eux, même si bien entendu il faudra
réajuster, ‘catholiciser’ un discours évangélique sans beaucoup de nuances ».
Qu’importe, l’essentiel est là : dans
un style moderne, la proclamation du
kérygme dans toute sa simplicité et vérité ; cette annonce directe qu’il nous est
aujourd’hui encore si difficile d’assumer
dans nos diocèses, nos paroisses ou nos
mouvements comme le reconnaissait le
cardinal Danneels lors du congrès missionnaire Paris-Toussaint 2004 : « L ‘Eglise
catholique est un géant catéchétique mais
est devenu en occident un nain kérygmatique ! ». De tels groupes, dont la musique
n’est qu’un prétexte pour évangéliser
la jeunesse occidentale, ont tellement
à apprendre aux catholiques en raison
d'une capacité incomparable à rejoindre
le cœur du plus grand nombre et des
non-croyants : non pas simplement pour
séduire par l’émotion partagée, mais rejoindre, toucher, « mener à Christ » selon
leur expression.
Flash back : cinq ans auparavant, quasiment jour pour jour, nous étions en famille dans ce même Zenith à Toulon pour
( Une capacité incomparable à rejoindre
le cœur du plus grand nombre
22 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
assister au premier concert de lancement
du tout jeune groupe Glorious, formé par
les trois frères Pouzin : Aurélien, Benjamin
et Thomas. Autour de leurs parents se
laissant conduire avec foi dans cette folle
aventure de leurs rejetons, une poignée de
baptisés à cette époque soutenait cette
initia­tive si nouvelle, née d’un appel pressant à l’évangélisation des jeunes par les
jeunes lors des JMJ à Rome en l’an 2000.
Pour les frangins, l’appel du Pape devait
être pris au sérieux, ici et maintenant :
« Jeunes, si vous faites confiance à Jésus,
vous mettrez le feu au monde entier ! ».
Jean-Paul II lui-même les bénira et les
encouragera personnellement lors d’un
aller-retour express à Rome dès la sortie
de leur premier CD.
Retour en octobre 2002 au Zénith de
Toulon : l’évêque de Toulon - comme le feront l’évêque d’Avignon quelques semaines
plus tard dans la cité des papes en janvier
2003, ou le cardinal Lustiger lors de ParisToussaint 2004 - accueille Glorious et bénit ce concert qui rassemble plus de 1500
personnes venues de toute la Provence.
Même si la qualité n’est peut-être pas
encore au même niveau que leurs aînés
(Hillsong existe depuis 1992), la qualité
musicale et spirituelle est étonnamment
présente pour ce tout jeune groupe dont
la moyenne d’âge est de 20 ans : louange,
prières, ferveur et exhortations dans le
nom de Jésus… et la foi catholique ! Le
public est conquis, enthousiaste, cha­vire :
un vrai bouleversement par rapport à ce
qu’on connaissait dans l’Église en France ;
chacun alors ne s’y trompe pas : nous
avons la grâce de vivre là un événement
missionnaire surprenant et majeur !
Ce soir-là marquera en effet le vrai
lancement de ce qu’on dénomme désormais l’école française de la « pop-louange ». Avec la sortie de leur premier CD, il
sonnera comme un déclic et constituera
immédiatement un puissant levier de
créativité musicale et de ferveur spirituelle
pour bien d’autres groupes franco­phones,
MUSIQUE
mord la poussière
Le groupe Glorious en concert
connus ou inconnus. Cette « école » est à
ce point surprenante et attractive qu’elle
saura interpeller les nombreux médias
bien au-delà du seul cercle confessionnel, puisque les frères Pouzin seront les
invités des animateurs-vedettes des télés,
des journaux et hebdomadaires profanes,
bien peu suspects de bondieuseries et peu
enclins à favoriser l’annonce de l’Évangile.
Depuis les JMJ de 1997, l’Église et sa jeunesse n’avaient pas revêtu une telle image positive dans la presse française, sans
rien renier de la foi catholique et de son
rôle missionnaire. Et en terme de modernité, du jamais vu en France !
Au cœur de l’Église catholique, tout
en n’étant le fruit d’aucun plan pastoral
préétabli, cette nouvelle pop-louange (2)
désinhibe le zèle et la soif de louer et de
chanter Dieu de toute une jeunesse, qu’elle soit de souche catholique ou nouvellement convertie : elle accompagnera notamment la démultiplication de groupes
de prières et d’évangélisation dans toute
la France qui illustre ce puissant réveil
spirituel en cours : chaque semaine, ce
sont sans doute plusieurs milliers de jeunes fervents qui se retrouvent en Eglise
pour louer, prier, invoquer l’Esprit, écouter
la Parole, annoncer l’Évangile… et se ressourcer pour mieux s’engager au cœur du
monde, discerner leur vocation, etc.
Dur retour au présent : octobre 2007 !
La nouvelle officielle tombe comme un
couperet : Glorious - après 100 000 disques vendus, des dizaines de concerts,
trois grandes tournées - s’arrête ! Idem
pour les deux autres groupes du podium
de la pop-louange catholique en France,
moins médiatiques mais tout aussi talentueux (sinon plus au plan musical) mais
au public plus « ciblé » : Totus, plus « pop-
rock », et Spearhit, le groupe « reggae ».
Les raisons ? Bien sûr, certaines erreurs de
leur part (discernement, positionnement,
per­tinence des choix, organisation…)
qu’ils reconnaissent humblement, mais
peut-on vraiment les incriminer au regard
de leur jeunesse et de leur manque d’expérience ? Et nous en témoignons ici : ce
n’est vraiment pas le courage, l’abnégation, les nombreux sacrifices qui leur ont
manqué !
Le fond du problème n’est donc pas
là : l’origine de l’arrêt de ces groupes vient
essentiellement de l’incompréhension, de
l’indifférence, du manque de soutien et
d’accompagnement (voire des critiques
ou du rejet explicite) d’un certain nombre
de responsables français de la pastorale
de la jeunesse et de médias chrétiens.
Indifférence, manque de soutien et
d'accompagnement, voire rejet...
(
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
23
MUSIQUE
Des illustrations exemplaires ? À la conférence des évêques de France (cf. article
de La Croix 17/7/2007), on affirme que
l’émer­gence, la mission et l’impact de ces
groupes de pop-louange ou leur arrêt n’a
jamais suscité aucune réflexion pastorale
interne… Nombreuses radios chrétiennes
sont restées ces dernières années sur des
programmations musicales soit pro­fanes,
soit religieuses ‘vieillottes’ et imper­
méables à la culture moderne, se contentant parfois d'un paiement... De nombreux diocèses, mouvements ou régions
apostoliques ont organisé des rassemblements ou des pèlerinages pour jeunes : les
groupes catholiques de musique étaient
trop souvent ignorés (ou alors invités à se
produire gracieusement), tandis que des
groupes ou chanteurs évangé­liques y ont
été régulièrement invités, promus et s’y
produisent, avec des cachets raisonnables mais usuels dans le domaine profes­
sionnel.
Qu’on soit bien clair : les groupes
comme Exo ou Hillsong font un travail
musical et missionnaire exemplaire, et
c’est une bénédiction pour les catholiques
de les écouter et de les accueillir, et pour
cela de rémunérer leur professionnalisme
et leurs investissements. De plus, nous
ex­périmentons ainsi une manière très
concrète et nouvelle de vivre à grande
échelle un œcuménisme spirituel et missionnaire vis-à-vis de la jeunesse. Cependant, ne soyons pas dupes, car l’échange
œcuménique s’opère aujourd’hui dans ce
domaine à sens unique : le principal distributeur de ce type de musique en France
refuse d’inscrire par exemple à son catalogue les groupes catholiques, craignant
de faire fuir (!) le public issu des églises
évangéliques… et à notre connaissance,
aucun de nos groupes catholiques n’a été
invité lors de rassemblement de jeunes
protestants ou évangéliques.
Ce puissant moyen de la musique
d’évangélisation va incontestablement
dé­­­ferler sur la France dans les années à
venir, et toucher toute une jeunesse et
un très large public que l’Église catho­
lique ne rencontre même plus depuis bien
longtemps ! (3) Des investissements et des
moyens très conséquents sont d’ores et
déjà mis en œuvre par les groupes anglosaxons, car la France figure au cœur de
leurs priorités missionnaires en Europe.
Tant mieux avant tout pour l’évangélisation ! Mais quel sera alors demain le rôle
des catholiques : simples promoteurs ou
observateurs impuissants de la vague qui
s’annonce ?
Inspirons-nous de l’expérience brésilienne et adaptons-la à notre propre
culture française : mandatées explicitement par leurs évêques, de nombreuses
et foisonnantes nouvelles communautés
ou paroisses catholiques se sont inspirées
de l’expérience de leurs frères évangé­
liques, tout en la « catholicisant » : en dix
ans, elles ont ainsi enrayé une hémorragie
constante de l’Église vers les sectes depuis les années 70 ! Des célébrations dominicales ferventes de di­zaines de milliers
de personnes se déroulent par exemple
dans les grandes villes et des maxi-festivals d’évangélisation sont aussi organisés durant les vacances : y alternent des
concerts de tous les Glorious ou Totus
brésiliens (4), des exhortations spirituelles
et des enseignements, de grandes eucharisties, des temps d’adoration… dans
un esprit de fête mais aussi de foi et de
grande ferveur pour tous ces jeunes : ces
festivals rassemblent ainsi régulièrement
chaque année des centaines de milliers
de participants (5) dont beaucoup auraient
sans doute déserté l’Église catholique sans
ces propositions adaptées. CQFD !
Que va décider l’Église de France ?
Laisser tout le champ libre de ce puissant
espace missionnaire de la jeunesse aux
seuls groupes évangéliques ? Ou l’investir
avec discernement et justesse, en y exprimant toute notre identité catholique mais
sans fausse pudeur ? Pour l’instant, malgré quelques responsables avertis, l’Église
de France n’a pas assez bien saisi la nécessité d’appuyer cette nouvelle vague de
la pop-louange catholique. Les cinq dernières années ont montré que l’enjeu n’est
surtout pas de courir derrière les évangéliques, mais d’accueillir comme un appel
pressant de l’Esprit-Saint lui-même celui
de nous emparer désormais de ce vaste
champ missionnaire : nous en avons et la
grâce, et les talents, grâce à Dieu !
À l’Église catholique en France, d’encourager, de promouvoir, d’inviter à se
produire les groupes de pop-louange
en fonction de leurs charismes, de leurs
talents… et de leurs budgets ; à elle de
veiller à ce que soit mis en place un ca-
( Les catholiques simples observateurs
de la vague qui s'annonce ?
24 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
dre pertinent d’accompagnement et de
professionnalisation dans la durée (et non
plus dans la précarité) ; l’Église rejoindrait
en cela ce qu’elle n’a cessé de faire depuis
des siècles pour favoriser l’évangélisation
de la modernité de chaque époque par sa
culture et les arts de son temps. Ni plus,
ni moins.
N’est ce pas pourtant trop tard ? L’arrêt actuel des Glorious, Spearhit, Totus et
autres est un vrai gâchis, mais comme
leurs membres le confessent, ils se laissent
encore du temps, pour souffler, écouter,
prier et discerner les appels de Dieu… Cet
arrêt est de plus un mauvais signal pour
toute une jeunesse catholique, engagée,
fervente et missionnaire : certains se sentent blessés, et même trahis. Pourtant, la
Résurrection ne surgit-elle pas de la Passion et de la Croix ?
Si bien entendu la pop-louange n’est
pas aujourd’hui « la » solution, ni la panacée de l’évangélisation - l’Esprit-Saint
parle et vient toucher les cœurs de manière si mystérieuse et diverse -, elle
n’en demeure pas moins un puissant levier missionnaire de la jeunesse dont la
culture musicale est devenue planétaire.
Pourtant, la veine française et catholique
vient de mordre la poussière…
À nos pasteurs de l’entendre, de se
laisser interpeller et guider là où l’EspritSaint désire les conduire…
À nous autres de prier, d’intercéder,
de témoigner, de soutenir, de proposer, de
nous engager… car l’enjeu missionnaire
pour l’avenir est immense. A Paris, la 6e
édition de Holywins aura lieu ce mercredi 31
octobre et rassemblera de nombreux jeunes
sur la place du Panthéon pour partager un
cri d’espérance : «Heu­reux êtes-vous ! » Il
s'agira aussi d'une scène pour les groupes
de Pop-louange : Déclic, Family One, PUSH
et Exo... A ne pas manquer ! n
(1) Avec sans doute Delirious, un groupe
anglais ; en France, c’est plutôt le groupe
EXO qui tient la vedette.
(2) Combinée certes avec la créativité des
communautés nouvelles françaises qui ont
opéré depuis 25 ans un très important travail de renouvellement et de dépoussiérage
de nos cantiques et chants d’assemblée.
(3) Pour s’en convaincre, nous vous invitons à écouter et voir les CD-DVD de
Hillsong comme UNITED WE STAND ou de
Delirions comme NOW IS THE TIME.
(4) qui rivalisent dans le TOP 50 national
(5) Quel dommage que le « Festival de Pâques » à Chartres, à la programmation de
haut niveau, et qui accueille des groupes de
pop-louange soit encore boudé ou ignoré
par tant d’aumôneries, de mouvements ou
de diocèses… dont certains limitrophes !
MUSIQUE
MUSIQUES ANCIENNES
Qualité pour grand public
propos recueillis par
Brigitte PONDAVEN
Simon Cnockaert est
directeur de Musique sacrée
à Notre-Dame de Paris.
Il nous parle de la
nouvelle saison musicale
à la Cathédrale.
à Notre-Dame de Paris
n Votre saison 2007-2008 a commencé.
Quelles sont vos lignes directrices ?
de musique romantique allemande, à la
découverte des Sechs geistliche Lieder
d’Hugo Wolf (1860-1903). Depuis plus
de 35 ans, les auditions d’orgue hebdomadaires (tous les dimanches et jours de
fête à 16h30) participent elles aussi à la
mise en valeur du grand orgue de NotreDame et de ses possibilités infinies.
Enfin, dans un lieu visité par plus de
13 millions de touristes par an, Musique
Sacrée à Notre-Dame de Paris veut relever
Nous poursuivrons l’exploration du
répertoire grégorien et médiéval, quatre
concerts grégoriens sont programmés : le
27 novembre pour la fête du Christ Roi de
l’Univers, le 28 décembre pour la Nativité,
le 18 mars pour la Passion, et nous chanterons la Résurrection le 8 avril 2008. Le
19 février sera l’apothéose de ce cycle de
musique ancienne : la Maîtrise NotreDame s’unira avec l’Ensemble Diabolus in
Musica, dirigé par Antoine Guerber, pour
la re-création des musiques chantées
lors de l’arrivée de la Couronne d’Epines à
Notre-Dame de Paris, en 1239.
Un autre cycle, lié à l’histoire de la Cathédrale, nous accompagnera : l’Intégrale
des six Symphonies pour Orgue de Louis
Vierne, en hommage à celui qui fut titulaire des grandes orgues de Notre-Dame
de 1900 à 1937, et dont on commémore
le 70e anniversaire de la disparition. Six
concerts (23 octobre, 13 novembre, 4 décembre, 11 mars, 6 mai, 10 juin) feront
vivre le chef-d’œuvre d’un compositeur
au langage à la fois tourmenté et lumineux. Les cinq organistes de Notre-Dame
ainsi que Pierre Grandmaison, organiste
québécois, se succéderont aux claviers
les plus cé­lèbres du monde, ces claviers
même où Louis Vierne s’est éteint en
plein récital le 2 juin 1937. A l’occasion
de deux de ces concerts, la Maîtrise dialoguera avec le grand-orgue : le 13 novembre prochain, elle chantera la Messe
solennelle en ut dièse mineur pour deux
orgues et chœur du même compositeur,
et le 6 mai, elle proposera un programme
le défi d'intéresser ce public aux grandes
œuvres du répertoire sacré. Deux événements sont au programme : la Passion
selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien
Bach (5 et 6 mars à 20h00), en collaboration avec l’Ensemble Orchestral de
Paris, et les Vêpres à la Vierge de Claudio
Monteverdi (3 juin), chef d’œuvre marquant l’éclosion du style baroque, et qui
n’ont jamais été chantées à Notre-Dame.
Nous ferons résonner aussi des œuvres
moins connues, tout d’abord au cours
d’un concert mettant en valeur les voix
d’enfants, et présentant quelques grands
noms de la musique sacrée française
du XXe siècle puis, dans un programme
confié au chœur d’adultes de la Maîtrise,
et consacré à la musique romantique allemande de Mendelssohn à Bruckner (24
juin). Comme chaque année, les voix de
la Maîtrise dialogueront avec les orgues
pour le concert de Noël, faisant alterner
mélodies populaires de Noël et motets de
la Renaissance et du XXe siècle.
n Quel bilan dressez-vous de l’année écoulée ?
L’année 2007 a été décisive pour
la maîtrise. Après 13 ans à la tête de la
Maîtrise, Nicole Corti a laissé la place à
Lionel Sow, jusqu’alors chef du chœur
d’enfants. Ensuite, la saison 2006-2007
a été particulièrement bien suivie par un
public bien sûr constitué de touristes,
mais également, et ce de plus en plus,
de mélomanes parisiens et franciliens. La
Maîtrise s’investit toujours davantage au
niveau liturgique, par une présence accrue et par la qualité des programmes,
quotidiennement, au fil des dimanches
ou lors de grands événements : je pense
aux obsèques de l’Abbé Pierre ou à celles
du cardinal Lustiger - dont Gérard Leclerc
confiait dans votre dernier numéro l'effet
qu'elles ont pu produire sur le peuple des
assistants, par la grâce des offices chantés notamment.
La saison 2006-2007 a également vu
éclore notre nouveau site Internet : www.
musique-sacree-notredamedeparis.fr.
n Quels sont les prolongements de ces activités au niveau discographique ?
Cet automne est sorti le disque
« Grandes Messes du XXe siècle » pour le
label Hortus ; il comporte la Messe Solennelle en ut dièse mineur pour deux orgues
et chœur de Louis Vierne et la Missa Deo
Gratias de Jean-Pierre Leguay - actuel
co-titulaire des grandes orgues -, également pour deux orgues et chœurs. Par
ce disque, Musique Sacrée à Notre-Dame
de Paris a voulu mettre à l’honneur les
compositeurs de Notre-Dame, de toutes
époques. Le programme du Concert d’Ouverture de cette nouvelle saison 20072008 fera l’objet d’un autre disque en
décembre prochain, intitulé Salve Regina.
Il évoquera près de mille ans de musique
mariale à Notre-Dame de Paris. Ce sera
un nouveau signe de notre ambition :
toucher le grand public en ne renonçant
à rien de ce qui fait la haute qualité musicale que nous devons à ce haut-lieu... n
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
25
expoSitionS
muSée du Luxembourg
Arcimboldo
et les féeries de la ren
S
on père officie à l’édification du dôme
Voici la première exposition
de Milan lorsque son fils voit le jour.
monographique consacrée au
Un fils fabuleusement doué et qui crée
à son tour des esquisses de toutes sorUne
force
peintre Giuseppe Arcimboldo,
vitraux, tapisseries, dessins… On
né à Milan en 1527
d'invention le retrouvetes,ensuite
à Vienne où il organise pour
le
roi
Maximilien,
maître
de tout l’empire geret mort à Prague en 1598.
et des qualités manique, des fêtes somptueuses.
C’est là - il
Ses « Têtes » fleuries ou
d'illustrateur aborde la quarantaine – qu’il créera ses fameuses
potagères, à la fois formelles
« Saisons » et les « Élément ». On voit par
scientifique
exemple, le fabuleux « Bibliothécaire » (1562)
et allégoriques sont pourtant
dont
le buste est composé par des livres empilés,
de la faune un tome
connues et admirées de tous
ouvert en éventail simulant sa coiffe et
en raison de leurs compositions et de la flore sa barbe abondante faite de plumes ébouriffées.
Arcimboldo grave aussi des eaux-fortes, humanisavantes, de leur puissance
sant l’agriculteur ou célébrant l’art culinaire…
évocatrice et d’un mystère unique.
Mais l’artiste surdoué s’ennuie un peu à la
© Vienne, KUnSthiStOriSCheS MUSeUM, GeMäldeGAlerie
© Vienne, KUnSthiStOriSCheS MUSeUM, GeMäldeGAlerie
cour de Maximilien dont il est le peintre offi-
L'Eté, 1563 - Huile sur bois de tilleul.
28 FRANCECatholique n°3089
19 octobre 2007
L'Hiver, 1563 - Huile sur bois de tilleul.
expositions
par Ariane Grenon
Le Printemps, 1573,
Huile sur toile.
© gênes, musei di strada nuova, Palazzo Rosso,
Gabinetto Disegni e Stampe
ciel ! Il lui faut représenter duchesses et archidu­
chesses avec une facture classique…
Cependant la fête continue avec le fils,
Rodolphe II, devenu souverain. Arcimboldo exécute d’innombrables projets de fêtes éphémères
et ne cesse de pratiquer l’étude sur nature. Le
tout dévoile parfaitement son envergure artis­
tique, sa force d’invention et ses qualités d’illustrateur scientifique de la faune et de la flore.
Dans l’exposition, la richesse allégorique d’un
véritable cabinet de curiosités rejoint les objets
d’art de ce temps mirifique – la Renaissance ! –
et dont raffolait la cour des Habsbourg. Trésors
de Vienne, tels les médailles et camées, les boucliers ou sabres – une superbe garde en corail
rose ! – et des objets fabuleux, tels que l’encrier
de bronze en forme de crapaud, un œuf d’au­
truche ou une noix de coco montés en gobelets
ou un surréaliste « Escargot de mer »… 
Ou encore ce paysage quasi cézannien avec
des masses quasi géométriques, une chapelle
qui domine en hauteur ou plus bas un grand
pont diagonal !
Le point culminant de cette exposition ce sont
ces fameuses « Quatre saisons » ou les « Quatre
éléments »… Ces petits tableaux anthropo­
morphes où brillent d’étranges visages qui sont
parfois vus à l’envers – une photo vous montre la composition inversée qui révèle le visage
humain, à côté de l’original ! – selon que les fruits
reposent dans la corbeille ou que celle-ci ne
devienne un chapeau ! Y luisent pommes, poires
et raisins et leurs rondeurs délimitent les traits
de ces physionomies de l’homme réversible, fait
d’un potager, coiffé d’une marmite qui, une fois
renversée, devient une simple nature morte.
Dans les Quatre Saisons, voyez le jovial « Été »,
aux yeux de cerise, joues de pêche, une courgette
pour le nez. Et la cosse d’un haricot pour former la
bouche où s’égrènent les baies claires des dents.
Le « Printemps » brille de fleurs de toutes sortes, avec un collet d’aubergine. Alors que l’Automne évoque le vin, tonneau et nez de pomme de
terre ! Trogne d’ivrogne couronnée par la vigne. Et
l’affreux « Hiver », tronc décharné, grimaçant de
froid avec le champignon qui desséché, dessine
pour lèvres ! Voici exprimées l’enfance et la jeunesse, puis l’âge mûr et la vieillesse…
© Paris, Musée du Louvre
naissance
Autoportrait sur papier,
« L’Homme de lettres »,
1587.
L’empereur ravi, passe des commandes pour
son entourage. D’où le nombre de versions différentes !
Le peintre se lance aussi dans la représentation des éléments naturels. Au nombre de
quatre, eux aussi ! C’est à la Renaissance, ne
l’oublions pas, que l’on découvrit l’immensité et la
complexité du monde… Tout change autour de
soi. L’art et la science vont de pair.
Voici « l’Eau » donc, le visage effrayant des
océans profonds que composent poissons et crustacés aux tons subtils, le tout rehaussé du rouge
d’un buisson de corail et de l’éclat d’un collier
de perles… Ou l’incendie de lumière que fait « le
Feu » créant son paysage.
Plus tard rêveurs et poètes ne s’y tromperont
pas !
De cet art fantastique, au sens propre du
terme, les maniéristes et les surréalistes ont fait
– très prématurément ! – leur miel ! ■
"Arcimboldo", au Musée du Luxembourg, 19 rue
de Vaugirard, 75006 Paris, tél. 01.42.34.25.95
ou 01.45.44.12.90, jusqu’au 13 janvier 2008.
Courriel : [email protected], site :
www.museeduluxembourg.fr
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
29
expositions
La Monnaie de Paris
L’Or de la Toison d’
Trésors
par Alain SOLARI
de Géorgie
La Monnaie de Paris accueille
« l’Or de la Toison d’Or ».
Les « Trésors de Géorgie »
proviennent de riches
sépultures et témoignent
de la virtuosité des orfèvres
de l’École de Vani.
Tbilisi
gie
éor
de G
ational
eN
usé
©M
L
Chevalière en or
avec un couple
Tombe 22
-4 av. JC
de la Toison d’Or existe. L’ex­po­
sition présentée à la Monnaie de Paris
en est la preuve. Cette vénérable insti­
tution, qui coule et frappe de l’or depuis
le XVIIIe siècle, abrite « l’Or de la Toison
d’Or ». Ces « Trésors de Géorgie », après avoir
été exposés à Berlin, puis au Musée des Arts
Asiatiques de Nice, sont aujourd’hui sur les rives
de la Seine, avant de rejoindre le Smithsonian
Institute, à Washington. Il s'agit de bijoux,
remar­quables par leur esthé­tique comme par la
technique qu’ils supposent, découverts lors de
fouilles récentes sur le site de Vani. Ils n’étaient
jamais sortis de Géorgie auparavant. On trouve
chez le géographe grec Strabon (60 av. JC – 24
e pays
©
de Musé
Gé e N
or ational
gie
Tbilisi
L'or est
charrié des
montagnes
par des
torrents
Perles
en forme
de melon
représentant
des feuilles
Tombe 22
-4 av. JC
30 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
ap. JC) la description de la tech­
nique de l’orpaillage, toujours
pratiquée dans les mon­
tagnes correspondant à
l’ancienne Colchide.
« On dit que dans ce
pays l’or est char­
rié des mon­tagnes
par des torrents et
que les barbares
le recueillent au
moyen de peaux
de moutons per­
forées et que
c’est l’origine
du mythe de la
Toison d’Or ». La
légende ra­c onte
en effet que Pelias,
roi de l’île grecque
de Iolchos, en­v oya
son neveu Jason, légi­
time prétendant au trône,
chercher, avec l’espoir qu’il
n’en revienne pas, la mythi­
que toison d’or du bélier ailé
Chrysomallos, émissaire du dieu Hermès. Dans
sa quête, Jason sera aidé par Médée.
Le site de Vani fait l’objet de fouilles
depuis plus d’un siècle. Mais des sépultures
prin­c ières ont encore été découvertes
récemment. Vani était une cité impor­
tante du royaume de Colchide, à
la fois centre administratif, reli­
gieux et commercial. Les pièces
présentées sont parmi les plus
belles parures en or jamais retrou­
vées dans des tombes antiques.
Deux statuettes, du IIIe siècle av. JC,
ornées de bijoux en or, ouvrent l’ex­
position. L’une est en bronze et l’autre
Or
Bijou angulaire
avec 68 pendentifs
avec ornement
en forme de volutes.
Tombe 11
-5 av. JC
Partie
d’un collier
et pendentifs
avec
6 perles en or,
6 perles en
Cornaline
6 perles de verre
Tombe 15
-3 av JC
National
bilisi
ée e T
us orgi
M
é
© G
e
d
©
de Mu
Gé sée
or N
gi ational
eT
bilisi
La tombe
d'un noble
colchidien
recelait plus
de 1000 objets
en or
© Musée National de Géorgie Tbilisi
en fer ; elles ont été respectivement découvertes
en 2002 et en 1998 dans des sanctuaires près
des tombes. Provenaient-elles d’un rite lié
au culte des morts ? Deux diadèmes « de
la belle Colchidienne » sont constitués
de losanges où l’on peut observer des
lions et des taureaux qui s’af­frontent,
symbolisant peut-être la lumière et
les ténèbres de la terre. On retrouve
cette thématique chez les Scythes et les
Perses. Il se peut que de tels diadèmes
aient eu une destination funéraire,
pour symboliser la lutte entre
la vie et la mort. La tombe
d’un noble colchidien,
en­touré des serviteurs,
découverte en 2004,
recelait plus de 1000
objets en or. Parmi
eux, des canards
ou des aigles qui
devaient être cousus
sur les vêtements.
Et surtout, une belle
pa­­rure de tête ornée
d’une harde de cerfs
(IV e siècle av. JC),
té­m oin de la maîtrise
technique et artistique,
de l’inventivi­
té, des orfèvres de Colchide.
Les bracelets, torques ou
colliers, boucles d’oreilles, paru­
res de vêtements et autres diadèmes,
avec lesquels les membres de l’élite se faisaient
enterrer, prouvent l’existence d’un art de l’or
tout à fait propre à cette Colchide dont l'his­
toire nous reste mysté­rieuse. Sur l'ancienne
frontière entre Europe et Asie, le royaume se
situait donc à un carrefour de civilisations. Les
échanges avec la culture scythe, la Perse aché­
ménide ou la Grèce, mêlés à des traditions et
à une ornementation locales, se reflètent dans
les superbes pièces exposées à la Monnaie de
Paris. ■
© Musée National
de Géorgie Tbilisi
Statuette
en bronze
avec
bijoux en or
H 25 cm
L 8,36 cm
Tombe 7 - Vani
-3 av JC
Détail, paire
de bracelets
en or avec des
têtes de verrats.
Vani - Tombe 11
-5 av JC
« L’Or de la Toison d’Or, Trésors de Géorgie »,
jusqu’au 7 novembre 2007,
tous les jours (11h-19h),
à la Monnaie de Paris,
11 quai Conti, 75006 Paris,
tél. 01. 40.46.56.66.
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
31
expositions
Mouna Bassili-Sehnaoui
L’Orient
à tire d’aile
par Hubert Vandenberghe
Homme libre, toujours tu
chériras les oiseaux du ciel…
Si en 1857 dans « Les fleurs du
Mal », Baudelaire voulait rendre
hommage à la Mer, Mouna
Bassili-Sehnaoui préfère quant
à elle, en 2007, peindre son
attachement à l’Oiseau…
D
l’Ancien Testament, où Dieu créa
les volatiles le cinquième jour de la
naissance du monde (Genèse I, 20-22),
jusqu’à Byzance et l’Empire ottoman,
en passant par les Anciens Egyptiens,
cet animal, avec sa faculté de s’extraire de la
terre pour rejoindre les cieux, répond à une aspiration profonde de l’être humain. Synonyme
d’en­vol et donc d’élévation, au sens physique
et symbolique, l’oiseau est présent au cœur des
croyances, des mythes, des rêves et des craintes
de l’homme. Comme l’écrit Joseph Tarrab dans
son livre « Le Cinquième Jour » à paraître aux
éditions Dar An Nahar : « L’oiseau est si chargé
de sens, de paraboles, d’allégories, de métaphores,
d’images, qu’il est davantage un être de culture que
de nature. Il porte plus de
fantasmes humains que de
plumes. Il est lui-même un
fantasme volant, un support mobile d’infinies projections. »
Mouna Bassili-Seh­naoui, qui expose en ce
mo­ment à la « Galerie M » à Paris, n’échappe pas
à cette fascination : « Depuis toujours, j’ai été
intéressée par les oiseaux représentés dans
les musées d’Orient et dans ceux spécialisés
en art islamique. Pour les juifs, l’aigle, qui porte
les fils d’Israël sur ses ailes, évoque la Délivrance.
Pour les chrétiens, la colombe figure l’Esprit
Saint. Pour les musulmans, l’oiseau symbolise
l’âme. Pour tous, il représente la liberté ! Car les
moyens de communication passent les frontières,
tout comme l’oiseau. Ce dernier exprime donc
32 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
D.R.
.R
.
Le thème de
l'indépendance
mais aussi celui
de notre interdépendance
D
D.R.
epuis
le thème de l’indépendance mais aussi celui de
notre interdépendance ».
Voilà maintenant dix ans que Mouna BassiliSehnaoui travaille sur l’oiseau : « Comme pour
imiter sa propre démarche, j’ai sautillé de style
d’oiseau en style d’oiseau ! », se plaît-elle à
dire… De fait, l’exposition parisienne présente
en ce moment un moineau, une autruche, des
paons, des colombes, des faisans, un hibou
grand-duc, une huppe fasciée, un coq dressé
sur ses ergots… Pour autant, les tableaux et
tapisseries de Mouna Bassili-Sehnaoui ne
sont pas des planches de Buffon ni des peintures d’Audubon !
Car c’est surtout l’Orient qui, en sa diversité, se retrouve tout au long de l’exposition proposée par la « Galerie M ».
La place de l’oiseau au sein des cultures et
des religions touche tout particulièrement la
sensibilité de Mouna Bassili-Sehnaoui. Libanaise
grecque-orthodoxe née à Alexandrie, en Egypte,
mariée à un Libanais grec-catholique avec le
lequel elle vit sur les hauteurs de Beyrouth, elle
a deux enfants, dont l’un habite Paris. Elle-même
ancienne étudiante de l’Université américaine de
Beyrouth, elle est diplômée des Beaux-Arts de
l’Université de l’Arizona. C’est dire si, chez elle, la
pluralité et l’ouverture au monde ne sont pas de
vains mots !
La technique utilisée reflète les aplats de
couleurs présents dans les icônes byzantines
ainsi que dans les miniatures persanes. L’espace
est traité d’une façon très personnelle et porte
une nouvelle dimension : la peinture figurative
avec l’apparition de symboles hiéroglyphiques
et de « fenêtres » qui s’ouvrent pour révéler un
autre aspect du sujet traité.
Le style de Mouna Bassili-Sehnaoui fait
parfois penser à l’art de l'orfèvre géorgien
Goudji. Tous deux font partie de ces artistes qui parlent à notre cœur et à notre
mémoire, à notre esprit et à notre âme… ■
M. Bassili-Sehnaoui, jusqu’au 5 novembre, du mar­
di au samedi, sauf le mercredi (12h-19h30),
"Galerie M", 67, rue des Gravilliers, 75003 Paris,
tél. 08.75.87.45.61 - 06.16.39.65.07. www.galeriem.fr.
CINEMA
Écoutez
Marie-Christine
Renaud d'André
chaque semaine
sur :
Jane
Deux vies plus une
XVIIIe
Dans l'Angleterre de la fin du
siècle, le
sort des jeunes femmes dépendait beaucoup
de leur mariage, car seuls les fils héritaient de
la fortune de leurs parents. C'est pour lui
assurer un bel avenir que la mère de Jane
Austen aimerait voir sa fille épouser le neveu
de Lady Gresham. Mais Jane ne peut envisager
qu'un mariage d'amour, d'autant plus qu'elle
n'est pas insensible au charme de Tom Lefroy.
 Cette œuvre portant sur un épisode de la
vie de Jane Austen s'inspire de la biographie
que lui a consacré Jon Spence («Becoming
Jane Austen»). Elle montre comment l'écrivain
s'est nourri de sa propre expérience et des
dilemmes moraux qui se posaient aux jeunes
femmes de son époque pour écrire ses romans.
Le film, au classicisme élégant, est traversé par
un beau souffle romanesque. Anne Hathaway
(«Le Diable s'habille en Prada») est lumineuse.
 Cette œuvre subtile rend un bel
hommage à une romancière de grand talent.
Une brève scène de nudité.
M.-L. R.
Comédie dramatique
américano-britannique (2007 de Julian
Jarrold, avec Anne
Athaway (Jane
Austen), James
McAvoy (Tom
Lefroy), Julie
Walters (Mme
Austen), Maggie
Smith (1h58).
(Adolescents). Sortie
le 17 octobre 2007.
Michael Clayton
Un brillant avocat d'affaires se retrouve face
à sa conscience.
 Ce thriller engagé, sans être très
original, se révèle efficace. Certaines scènes
sont d'une grande tension dramatique. Les
personnages ont une réelle profondeur
humaine et sont interprétés avec talent.
 C'est le cynisme de certaines
multinationales qui est ici pointé du doigt
avec une indéniable pertinence.
M.-L. R.
Thriller américain (2007)
de Tony Gilroy, avec
George Clooney (Michael
Clayton), Tom Wilkinson
(Arthur Edens), Tilda
Swinton (Karen
Crowder), Sydney
Pollack (Marty Bach)
(1h58). (Grands
adolescents). Sortie
le 17 octobre 2007.
Souci de la nuance
par Marie-Christine RENAUD d’André
conseils. L’existence d’Éliane prend
alors une nouvelle tour­nure, ce qui
n'est pas sans susciter quel­q ues
in­quiétudes dans son entourage.
 Cette histoire écrite par Idit
Cébula elle-même, en collaboration
avec Emmanuel Michelet, surprend
agréablement par son souci de la
nuance, loin d'un ton revendicateur
souvent réducteur. Le thème du film
n'est pas spécialement original (une
femme prise entre sa famille et sa
passion), mais c'est sa façon de
Le film s'attache à dépeindre
avec une belle délicatesse aussi
bien l'évolution de l'héroïne que
celle de son mari.
(
L
’une des caractéristiques de cette
rentrée cinématographique est le
nombre de premières œuvres mi­ses
en scène par de jeunes réalisatrices
françaises (Audrey Estrougo, Mia
Hansen-Love…). Un premier film se
ca­ractérise souvent par un désir de
bien faire, voire d'impressionner, qui se
mue parfois en maladresses. Celui-ci
évite ces écueils et touche par sa justesse de ton et sa profondeur.
Entre son travail d'institutrice, son
mari protecteur, sa fille adolescente et
sa mère pour le moins envahissante,
Éliane, la qua­rantaine, n'a guère de
temps pour elle. Les peu de moments
qui lui reste, elle le consacre à l'écriture. Un jour, elle décide d'envoyer un
ma­nuscrit à plusieurs éditeurs et l'un
deux, Da­vid Klein, décide de la rencontrer pour lui prodiguer quelques
La jeune réalisatrice
Idit Cébula signe
une œuvre subtile
et joliment maîtrisée
l'a­b order, toute en subtilité, qui
t r a n c h e a ­v e c c e l l e d e s f i l m s
contem­porains. Les personnages sont
croqués avec finesse et in­t er­p rétés
avec brio, no­tam­ment par Emmanuelle
Devos, toujours impeccable.
 Éliane est un très beau per­sonnage, en quête d'épa­n ou­i s­s e­m ent
per­sonnel, tout en restant pro­fon­dément
attachée à sa vie familiale. ■
Deux vies plus une. Comédie dramatique française (2006)
de Idit Cébula, avec Emmanuelle Devos (Éliane Weiss), Gérard
Darmon (Sylvain Weiss), Jocelyn Quivrin (David Klein), Michel
Jonasz (Guidalé), Valérie Benguigui (Valentine), Solange
Najman (Reine, la mère), Jackie Berroyer (le directeur)
(1h29). (Grands adolescents). Sortie le 17 octobre 2007.
Bienvenue chez les Robinson
Lewis, un garçon de 12 ans, aimerait comprendre pourquoi sa
mère l'a abandonné. Il invente donc un scanneur à mémoire afin
de pouvoir revisualiser le jour où elle l'a laissé devant l'orphelinat.
 Les enfants s'attacheront certainement à ce jeune garçon
ingénieux et seront séduits par les nombreuses péripéties qui
pimentent le récit. Le rythme aurait sans doute gagné à être un
peu plus posé, et le graphisme de certains personnages n'est pas complètement réussi. Mais le
travail sur le décor se révèle fort intéressant, et le charme de l'histoire fait mouche.
 Le film nous invite à garder foi en l'avenir en osant l'affronter.
Marie-Lorraine Roussel
Film d’animation américain (2007) de Stephen J.Anderson, avec les voix de Daniel Hansen/Jordan Fry/Victor Naudet (Lewis), Wesley Singerman/
Thomas Sagols (Wilbur Robinson), Angela Bassett/Sophie Deschaumes (Mildred), Tom Selleck/Lionel Tua (Cornelius Robinson) (1h42). (Tous).
Sortie le 17 octobre 2007.
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007 33
theatre
"adele a ses raisons"
Vive
la vie
par Pierre François
Joyeux, musical, comique,
tendre, instructif, le spectacle
« Adèle a ses raisons » donne
au surplus l’agréable impression
de rire intelligemment.
est la reprise
à Paris d’un succès avignonnais qui
a déjà tourné en province. Il émane
de ce spectacle musical, familial
et poétique un tel amour de la vie
qu’on ne peut qu’être touché.
Ce spectacle est d’abord une atmosphère de
joyeuse philosophie de la vie. De tendresse, de
réalisme et de pudeur dans un écrin poétique.
Qui rend le spectateur intelligent à proportion du
rire qu’il lui provoque.
C’est aussi une mise en scène originale, qui
prend prétexte de la revivification de l’intéressée pour la laisser évoquer avec ses enfants et
beaux-enfants le déroulement de sa vie, vue sous
"
D.R.
A
dèle a ses raisons »(1)
Une complicité
entre la mère
et les enfants
« Doubles »(1) est une pièce qui présente non pas des frères
jumeaux mais siamois. Elle possède d’emblée le caractère
d’une performance d’acteur : même si un tissu adhésif
unit les deux comédiens par le dos, il y a une synchronisation si parfaite dans tous les détails des mouvements que
cette dimension mérite d’être saluée. On est d’autant plus
proche de la chorégraphie que cet art est effectivement
pratiqué par moments. On sent un texte très travaillé, qui
s’est intéressé à toutes le dimensions psychologiques de cette sorte d’existence, le fil
conducteur de la pièce étant le désir de l’un d’eux de se faire séparer pour pouvoir
rejoindre celle dont il est devenu amoureux. Les lumières sont aussi somptueuses
que sobres et très bien travaillées. La pièce est structurée comme un livre dont
chaque page exposerait une dimension de cette condition. On les tourne certes sur
un rythme parfois un peu lent mais le propos reste convaincant. Cette pièce crée
une réelle unité entre le texte, la mise en scène et l’interprétation pour créer une
atmosphère à la fois contrastée et en nuances. Au passage quelques perles sont
offertes au spectateur pour ne pas le laisse repartir les poches vides, ainsi par
exemple « une date, un rêve, une pensée, on peut les oublier, pas les émotions ». ■
(1) "Doubles", de et par Stephane et Christophe Botti du dimanche au mardi (19h) jusqu’au
31 décembre à l’Espace La Comédia, 6, impasse Lanier, 75011 Paris, tél. 01.43.67.20.47, [email protected]
la-comedia.com
34 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
D.R.
Miroir inverse
l’angle de souvenirs enthousiastes, voire enjolivants. Rien n’est laissé au hasard : même le fait
de jouer du piano est mis en scène.
Tout cela a pour résultat de mettre, avec une
égale répartition des énergies, face à face Adèle
et ses enfants, lesquels jouent également les rôles
de chœur et de commentateurs de l’authenticité
de ce qui est montré. On croit à cette complicité entre la mère et les enfants, même si chacun
garde un cap différent.
En effet, qu’on parle de faire l’amour, des
maris d’Adèle ou de ses enfants et beaux-enfants,
à chaque fois le personnage principal dégage une
énergie vitale et positive qui transforme chacun
de ses propos en leçon de vie. Une vie que les
enfants n’ont pas su ou voulu prendre à bras le
corps, ce qui leur vaut cette apostrophe finale :
« j’ai cherché la vie partout, mais vous, vous êtes
morts depuis longtemps ». Cette différence fondamentale ne les empêche pas de s’aimer. Seraitce ce qu’on appelle l’esprit de famille ? ■
(1) "Adèle a ses raisons", de et mis en scène
par Jacques Hadjaje. Avec Isabelle Brochard,
Sébastien Desjours, Anne Didon, Anne
Dolan, Guillaume Lebon, Romain Lemire,
Delphine Lequenne, Laurent Morteau.
Jusqu’au 15 novembre, du mardi au samedi
(21h30), dimanche (15h), au Lucernaire,
53 rue N.-D. des Champs, 75006 Paris, tél.
01.45.44.57.34.
TÉLÉVISION
La vie sera belle
La période de l’Occupation n’en finit pas
d’inspirer les scénaristes, avec son cortège
de héros, de profiteurs ou de simples
personnes ordinaires. Mais il est des
hommages qui laissent un goût amer.
On les a appelés «les martyrs du lycée
Buffon». Issus de milieux différents, ces
cinq jeunes garçons se sont retrouvés
dans la même classe du lycée Buffon en
1941. Fascinés par Raymond Bourcier, un
de leurs professeurs, qui leur enseignait la
liberté et le goût de la résistance à l’oppresseur, ils décident d’agir. S’étant procuré quelques armes, ils tuent, dans la rue,
des soldats ou des officiers allemands.
Arrêtés, ils sont fusillés le 8 février 1943,
tandis que leur professeur, membre actif
de la Résistance, est arrêté et exécuté
en juin 1944.
 Le début de ce téléfilm est un
peu confus mais, très vite, l’ardeur des
jeunes interprètes donne beaucoup de
force dramatique à cette histoire authen­
tique (seuls les noms ont été changés). La
reconstitution de l’époque est soignée, et
l’histoire est prenante jusqu'à la fin,
laquelle est très émouvante. L’impatience
des héros, ainsi que l’impression qu’ils res­
sentent «d’exister et de vivre» lorsqu’ils
passent à l’action, sont bien rendues.
 «La Résistance doit se défier du
cœur», dit un des protagonistes de cette
histoire. Certes, mais pas de la raison. Car,
malgré leur courage, ces jeunes exaltés
n’ont pas pensé aux conséquences de
leurs actes (les otages arrêtés et exécutés
par les Allemands en représailles).
D’ailleurs, l’assassinat d’un soldat allemand
dans la rue ne servait pas à grand-chose.
Téléfilm français (2007) de Edwin Baily, avec Esteban Carvajal Alegria
(Jean Artaud), Milan Mauger (Pierre Thomas), Grégoire LeprinceRinguet (Lucien Laclos), Renaud Cestre (Jacques Naudin), Pierre
Derenne (Pierre Grellier), Philippe Torreton (Raymond Bourcier),
Grégoire Oestermann (Sénéchal), Antoine Chappey (le père Artaud),
Adrien de Van (Alexandre), Matila Malliarakis, Patrick Fierry, Audrey
Frison (1h31). Diffusion le mardi 23 octobre, sur France 2, à 20h50.
Karol
par Marie-Christine RENAUD d’André
Cette magnifique superproduction
fait revivre, avec intelligence
et subtilité, l’une des plus
grandes figures du XXe siècle.
L
a télévision, est grande consommatrice de scénarios retraçant la vie des
grandes figures historiques. Aussi
n’est-il pas étonnant que des producteurs
italo-canadiens se soient intéressés à la
vie de Karol Woj­tyla, devenu Jean-Paul II.
Ce qui l’est encore plus, c’est que le résultat soit aussi spectaculaire, aussi respectueux et animé d’un vrai souffle spirituel.
Lorsque les nazis envahissent la Polo­gne,
Karol Wojtyla n’a pas encore 20 ans et il
veut s’engager pour défendre son pays.
 Divisée en deux parties, l’une
consacrée à sa vie en Pologne, jusqu’à son
élection, l’autre à sa vie au Vatican jus­
qu’à sa mort, cette magnifique superproduction est passionnante. Une nombreuse
figuration, des images superbes de la
Pologne et des comédiens très convaincants (en particulier Piotr Adamczyk, dans
le rôle titre) confèrent à cette œuvre
ambitieuse une belle authenticité. Malgré
quelques facilités liées aux exigences
cinématographiques, l’ensemble est d’une
grande justesse historique.
 Profondément marqué par la
guerre, l’occupation, la persécution des
juifs et, enfin, la mainmise des communis­tes sur son malheureux pays, Karol
Woj­tyla est montré dans toute sa dimen-
(
L’extraordinaire
personnalité de
Jean-Paul II est décrite
dans sa dimension,
politique et spirituelle
sion humaine, intellectuelle, politique et
spirituelle. En particulier, sa grande piété,
ainsi que sa dévotion à la Vierge Marie,
sont bien soulignées. Quant à ses
combats incessants, en faveur de la dignité de l’homme de sa conception jusqu’à
sa mort, ils ne sont pas occultés. Quelques
images violentes inévitables. ■
«Karol : Un homme devenu pape», «Le combat d’un
pape». Film italo-canadien (2006) de Giacomo Battiato, avec
Piotr Adamczyk (Karol Wojtyla), Malgosia Bela (Hanna
Tuszynska), Ken Duken (Adam Zielinski), Hristo Shopov, Ennio
Fantastichini, Violante Placido (4 x 1h30). Diffusion les 24, 25,
26 et 27 octobre, sur Arte, à 20h40.
Quand j’étais chanteur
Alain Moreau est chanteur de bal, ce qui signifie qu’il
gagne sa vie en animant des mariages, des bals, des
maisons de retraite, etc. Ajoutons qu’il n’est plus très
jeune, qu’il est seul (divorcé) et que sa vie n’est pas
très brillante, sans être catastrophique. C’est un bon
professionnel qui sait parfaitement qu’il ne sera jamais
une vedette nationale. Lorsqu’il fait la connaissance de
Marion, il en tombe fou amoureux.
 Xavier Giannoli n’a pas son pareil pour décrire avec beaucoup de justesse de ton la vie
d’une ville de province et celle d’un chanteur anonyme et modeste. Alain Chanone, un véritable
chanteur de bals, figure au générique et apporte au film son authenticité. Mais ce qui fait la force de
ce beau film, c’est la description des personnages, de leurs sentiments, etc. L’interprétation,
exceptionnelle, est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend à regarder ce film très attachant.
 Les héros évoluent sur fond de licence des mœurs. Mais cela n’empêche pas l’histoire
d’être pétrie d’une belle humanité.
Comédie dramatique française (2005) de Xavier Giannoli, avec Gérard Depardieu (Alain Moreau), Cécile de France (Marion), Mathieu Amalric (Bruno),
Christine Citti (Michèle), Patrick Pineau (Daniel), Alain Chanone (Philippe Mariani) (1h48). Diffusion le samedi 20 octobre, sur Canal + à 20h50.
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
35
television
Lundi 22 octobre
Mardi 23 octobre
TF1
20.40 Rugby «Coupe du monde :
TF1
TF1
TF1
20.50 Le transporteur GA.
20.50 Sœur Thérèse.com
20.50 Star Academy.
DR
DR
«Finale», en direct du Stade de
Aventures (2002) de Corey Yuen
«L’assassin est parmi nous» J.
France.
et Louis Leterrier, avec François
Téléfilm avec Dominique
23.20 New York, unité spéciale.
Berléand (1h34) 2.  Un pur
Lavanant, Martin Lamotte, David
Série avec Chris Meloni 3.
film d’action, peu profond.
Brécourt, Virginie Desarnauts. 
00.55 New York, police judiciai22.35 Heat A. Policier (1995) de
Sympathique, mais très mineur.
re. Série avec Jesse L. Martin 2.
Michael Mann, avec Al Pacino,
22.35 Preuve à l’appui. Série
Robert De Niro (2h44) 2. 
avec Jill Hennessy 2.
France 2
Bien fait, mais avec beaucoup de
01.15 Mort d’un pourri GA. Poli­
20.50 FBI, portés disparus :
violences et de longueurs.
cier (1977) de G. Lautner, avec
«Adieu la mariée», «La source»,
Alain Delon (1h59) 3. 
France 2
«Une victoire pour l’humanité».
Efficace, mais excessif.
Série avec Anthony LaPaglia,
Émissions
religieuses
:
France 2
Enrique Murciano.
08h30 Émissions religieuses : «Sagesses
23.15 On n’est pas couché.
20.50 Cold case, affaires
bouddhistes», «Islam», «À Bible ouverte», «Source classées : «Championne»,
Magazine présenté par
de vie», «Présence protestante» - 10h30 Le jour «Chienne de vie», «Le cavalier
Laurent Ruquier.
du Seigneur «Gujerat, l’église des parias» noir». Série avec Kathryn
France 3
11h00 Messe, célébrée en l'église Notre-Dame- Morris, Dany Pinno 3.
20.50 Maigret «La nuit du
des-Anges, à Pondichéry (Inde).
23.15 Complément d’en­
carrefour» A. Téléfilm avec
quête «Travailler tue».
Bruno Cremer, Sunnyi Melles,
20.50 Le jour d’après J. SciencePrésenté par Benoît Duquesne.
Roland Blanche, Myriam Boyer
fiction (2004) de R. Emmerich,
01.45 Musiques au cœur
(1h28).  Prenant, mais
avec Dennis Quaid, Jake
«Musique et humour». Magazine.
illustré d’images peu discrètes.
Gyllenhaal (1h59) 2.  Des
France 3
23.00 Personnel et confidentiel
images stupéfiantes et poétiques
«Sacha Guitry et le cinéma : Un
23.25 Le dernier signe GA.
amour masqué». Documentaire.
Comédie dramatique (2004) de D.
00.00 La case de l’oncle Doc «Il
Law, avec Andie MacDowell
était une fois un commissariat…».
(1h22) 2.  Assez décevant.
00.55 Les Paladins. Opéra de
France 3
Jean-Philippe Rameau, avec Topi
Lehtipuu, Stéphanie d’Oustrac.
20.50 Louis la brocante «Louis,
Mathilde et les autres…» J.
20.55 Cour d’assises «Le procès
Arte
Téléfilm avec Victor Lanoux, Sim.
d’une jalousie mortelle» GA.
20.00 Metropolis.
 Sympathique et amusant,
Documentaire.  Cette plongée
mais un peu puéril.
dans un procès d’assises est très
23.15 Duel sur la 3. Magazine.
intéressante.
00.50 Brûlant secret. Drame en
22.55 Ce soir (ou jamais !) (et à
NB et VO (1929) de Robert
23h25). Magazine présenté par
Siodmak, avec Willi Forst (1h30).
Frédéric Taddeï.
00.50 NYPD blues. Série.
Arte
Arte
Pères et filles
20.45 L’aventure humaine
20.40 Le grand voyage GA.
«Amsterdam, 1662» J. 
Comédie dramatique (2004) de
Magnifique !
Ismaêl Ferroukhi, avec Nicolas
21.40 Marie-Antoinette «De
Cazalé, Mohamed Majd (1h42).
Versailles à l’échafaud».
 Original et émouvant.
Musica
22.25 Arte sciences «La cryonie,
22.30 Deux siècles de musique
l’espoir qui venait du froid».
à Versailles «En direct de la gale20.45 La maison du lac J. Comé­die
23.20 Grand format «Dominium
rie des Glaces».
dramatique (1981) de M. Ry­dell,
mundi : L’empire du management»
00.05 Allô stop GA. Téléfilm avec
avec Henry Fonda, Jane Fonda, K.
J.  Des questions intéressantes.
Ulrich Matthes, Anna Brügge­
Hepburn (1h45).  Des images
M6
mann (1h27).  Interminable
superbes et une histoire émouvante.
20.50 Hellboy J. Fantastique
et sans grand intérêt.
22.30 Pères-filles «Une histoire
(2004) de Guillermo Del Toro, avec
d’amour impossible».
M6
Ron Perlman, John Hurt (2h08) 2.
23.30 Le secret de mon père.
20.55 Hits de diamant (2).
 Bien mené, mais peu
00.25 Mon père a 100 ans.
Divertissement présenté par
inventif.
00.45 Père et fille. Court métrage.
Laurent Boyer, avec Christophe
23.10 Underworld GA. Fantasti­
M6
Willem, James Blunt, Calogero,
que (2003) de Len Wiseman, avec
Nadya, Powo, etc.
20.50 Zone interdite «Smicards et
Kate Beckinsale (1h57) 3. 
23.20 Popstars «Le meilleur de la
classes moyennes : Enquête sur la
Ennuyeux et violent.
semaine».
France qui galère». Magazine.
Canal +
23.00 Secrets d’actualité
Canal +
20.50 Les prédateurs (2/2) «Le
«Alfredo Stranieri, le tueur aux
20.50 Quand j’étais chanteur
procès de l’affaire Elf» J. Téléfilm
petites annonces». Magazine.
GA. Comédie dramatique (2006)
avec Aladin Reibel, Nicole Garcia
Canal +
de Xavier Giannoli, avec Gérard
(1h51).  Après l’enquête, le
Depardieu, Cécile de France (1h48).
20.35 Football «Marseille/Lens».
procès : passionnant !
(Voir notre analyse page 35)
KTO
KTO
KTO
20.50 La foi prise au mot «Thérèse
20.50 La cathédrale de Justo. 20.50 VIP «Patrick Poivre d’Arvor».
de Lisieux, docteur de l’Église».
21.45 Un jour, une foi «Chemins
21.45 Vienna Boys Choir.
21.45 Chrétiens d’Asie.
de vie».
36 FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
Divertissement présenté par Nikos
Aliagas.
23.25 Grégory Lemarchal
«Olympia 2006».
France 2
20.50 La vie sera belle GA.
Téléfilm avec Esteban Carvajal
Alegria, Milan Mauger, Philippe
Torreton, Grégoire LeprinceRinguet, Renaud Cestre (1h30).
(Voir notre analyse page 35)
22.35 Faites entrer l’accusé
«Pierre Bodein : Pierrot le Fou»
GA. Magazine présenté par
Christophe Hondelatte 2. 
Passionnant.
France 3
DR
Dimanche 21 octobre
20.55 Les grandes gueules GA.
DR
Samedi 20 octobre
Drame (1965) de Robert Enrico,
avec Bourvil, Lino Ventura, Marie
Dubois, Jean-Claude Rolland
(2h04).  Un film d’hommes
très réussi.
23.25 Ce soir (ou jamais !).
Magazine de Frédéric Taddeï.
01.00 NYPD blues. Série.
Arte
Europe :
Que fait-on de votre argent ?
20.40 La fin des paysans ?
Documentaire.
21.30 On ne prête qu’aux riches.
22.10 Débat.
Comedia
22.45 Les amantes. Théâtre de
Joël Jouanneau, avec Stéphanie
Chuat, Véronique Reymond (1h02).
23.45 Larmes d’avenir. Téléfilm
avec Helmut Berger (1h43).
01.45 Simon du désert. Moyen
métrage en VO et NB (1964) de
Luis Bunuel (0h43).
M6
20.50 D & Co «Une semaine pour
tout changer». Divertissement
présenté par Valérie Damidot.
21.50 Nouveau look pour une
nouvelle vie «Transformation
radicale». Divertissement présenté
par Véronique Mounier.
22.55 T’empêches tout le
monde de dormir. Magazine présenté par Marc-Olivier Fogiel.
Canal +
20.45 Football «Champions
League : Stuttgart/Lyon».
KTO
20.50 Dolpo, les enfants de la
montagne, avec Tenzin Norbu. 21.45 Un jour, une foi «Église du
monde».
television
Mercredi 24 octobre
Jeudi 25 octobre
Vendredi 26 octobre
RCF
TF1
TF1
TF1
20.35 Football «Ligue des
20.50 Femmes de loi «Sur le vif»
GA. Téléfilm avec Natacha Amal,
20.50 Les 100 plus grands…
20.40 Karol (1/2) «Un homme
devenu pape» J. Téléfilm avec
Piotr Adamczyk, Malgorzata Bela,
Raoul Bova, Hristo Shopov (1h30).
(Voir notre analyse page 35)
22.15 Zoom Europa. Magazine
présenté par Bruno Duvic.
22.20 Le dessous des cartes
«Géopolitique du chiisme».
Magazine présenté par JeanChristophe Victor.
23.15 Le procès Baader-Mein­
hof. Drame en VO (1985) de R.
Hauff, avec Ulrich Pleitg (1h43).
M6
20.50 Les bleus, premiers pas
dans la police «Enquête interne»
A. Téléfilm avec Élodie Yung,
Mhamed Arezki 2.  Ainsi se
termine une excellente série.
22.50 The Unit «Commando d’élite». Série avec D. Haysbert 3.
Canal +
20.50 L’homme de sa vie A/Ø.
Comédie dramatique (2006) de
Zabou Breitman, avec Bernard
Campan, Charles Berling, Léa
Drucker (149).  Un film
réussi, mais qui banalise l’homosexualité. Une scène érotique.
KTO
20.50 Un travail simple. Com­
ment concilier handicap men­tal et
activité professionnelle ?
21.45 Un jour, une foi «La famille
en questions».
22.10 VIP «Patrick Poivre d’Arvor».
"Spécial Semaine missionnaire
mondiale"
Lundi 22 octobre
14h Musiphonie "Oiseaux des
chants, oiseaux des bois" (1/5, tous
les jours à 14h et 23h30)
14h30 Halte spirituelle "Vivre de
la grâce", avec le Père Michel
Niaussat (cistercien) (1/5, tous les
Une soirée de polars
jours à 14h30 ou 20h45)
22h Il était une foi "La messe, son
DR
déroulement", avec le Père Jean
de la Croix - Robert (théologien)
20.50 Sur le fil «À la barre» GA.
Téléfilm avec François Levantal,
Benjamin Boyer, Xavier Gallais
(0h54) 2.  Un excellent
suspense, mais des méthodes
policières peu orthodoxes.
21.50 Central nuit «Feux rouges»
GA. Téléfilm avec Michel Creton
(0h48) 2.  Un épisode réussi
et agrémenté d’humour.
22.45 Avocats et associés «Le
chauffard» GA. Téléfilm avec
François-Éric Gendron (0h50).
 Pas mal fait, mais banalisant
l’homosexualité.
23.35 Taratata. Magazine présenté par Nagui.
France 3
20.55 Thalassa «Le tour du
monde de Thalassa : Melbourne/
Brisbane». Magazine.
23.25 La vie comme un roman
«Une vie en prison». Documentaire.
01.25 Une nuit en… Bourgogne
Franche-Comté «La nuit Vauban».
Arte
20.40 Karol (1/2) «Le combat d’un
pape» J. Téléfilm avec Piotr
Adamczyk, Malgorzata Bela, Raoul
Bova, Hristo Shopov. (Voir notre
analyse page 35)
Le grand luxe des grands hôtels
22.15 Le monde splendide de
l’hôtel Adlon J.  Moyen.
23.30 Ritz. Documentaire.
00.25 Ritz, grand luxe avec vue
00.15 Haut les cœurs ! GA.
Comédie dramatique (1999) de
Solveig Anspach, avec Karin Viard,
Laurent Lucas, Julien Cottereau
(1h49). (Voir notre ci-contre)
Canal +
20.50 Desperate housewives (16
et 17/23) : «Attention, un mari
peut en cacher un autre», «La planète des fringues» GA. Série 2.
 Amusant, mais corrosif.
KTO
20.50 Patrice Bart et Agnès
Letestu. Rencontre avec deux
artistes de danse.
21.45 Un jour, une foi «La vie des
diocèses».
Samedi 20 octobre
16h30 Chrétiens dans le monde
«Scènes de ménage».
Divertissement présenté par
Christophe Dechavanne et
Sandrine Quétier.
23.15 Sans aucun doute.
Magazine de Julien Courbet.
France 2
Aylin Prandi, Thierry Desroses,
Charles Lelaure.  Un excellent
suspense sur les dons d’organes et
une belle morale d’un chirurgien.
21.40 Alice Nevers, le juge est
une femme «Cas d’école» GA.
Téléfilm avec Marine Delterme,
Jean-Michel Tinivelli. 
Compliqué, mais prenant.
22.40 La méthode Cauet.
Divertissement présenté par
Cauet.
France 2
20.50 À vous de juger. Magazine
présenté par Arlette Chabot.
23.05 Infrarouge : «Les résistants
de la première heure», «Les prolos». Documentaires.
France 3
20.50 Le fond de l’air est frais
GA. Téléfilm avec Macha Méril,
Jean-Yves Berteloot, Maurice
Barrier, Valentine Varela.  Une
co­médie macabre à moitié réussie.
22.45 Ce soir (ou jamais !) (et à
23h25). Magazine présenté par
Frédéric Taddeï.
00.45 NYPD blues. Série avec
Jimmy Smits.
Arte
20.40 Karol (2/2) «Un homme
devenu pape» J. Téléfilm avec
Piotr Adamczyk, Malgorzata Bela,
Raoul Bova (1h30). (Voir notre
analyse page 35)
22.20 La vie en face «Le salaire
et la misère». Documentaire.
23.10 Tracks. Magazine.
M6
20.50 Prison break : «Entre les
lignes», «La fin du voyage». Série
avec Wentworth Miller 2.
22.30 The inside «Dans la tête
des tueurs». Série 4.
DR
DR
Champions : Marseille/FC Porto»,
en direct du Stade Vélodrome de
Marseille.
22.50 Esprits criminels : «Péchés
mortels», «Confessions». Série avec
Mandy Patinkin 3.
France 2
20.55 Louis Page «Au nom du
père» J. Téléfilm avec Frédéric Van
Den Driessche, Jean-Yves Ber­
teloot, Anne Lioret (1h26). 
Une histoire très caricaturale.
22.30 Ça se discute «Célébrités
traquées : Victimes consentantes».
Magazine de Jean-Luc Delarue.
France 3
20.50 Des racines et des ailes
«Gardiens des trésors de la
République». Magazine présenté
par Louis Laforge.
22.55 Ce soir (ou jamais) (et à
23h25). Magazine présenté par
Frédéric Taddeï.
00.45 NYPD blues. Série avec
Jimmy Smits.
Arte
Radios
sur le Kremlin. Documentaire.
M6
20.50 NCIS, enquêtes spécia­
les : «Coup monté», «Le fugitif»,
«Recherche mari désespérément».
Série avec Mark Harmon 2.
23.30 Sex and the city. Série
avec Sarah Jessica Parker 2.
Canal +
20.50 Terreur sur la ligne GA.
Thriller (2006) de Simon West,
avec Camilla Belle (1h24) 3. 
Moyen et très pénible.
KTO
20.50 KTO magazine «La catéchèse en question», avec Stépha­
nie Dupasquier et David Milliat.
21.45 Un jour, une foi «La vie des
diocèses».
Mardi 23 octobre
10h A votre service "Comment
entretenir son ordinateur ?" avec
Eric Maubant (directeur de "Aide
Ordinateur" (Vos appels au 04.72.
38.20.23)
16h Chrétiens dans le monde
"Gérald Vogin, prêtre des Missions
Etrangères de Paris et missionnaire
au Cambodge"
21h Soirée RCF "Grand Témoin :
Dominique Wiel (prêtre innocenté
au procès d'Outreau)"
Mercredi 24 octobre
10h A votre service "Rendez-vous
avec les avocats" (Vos appels au
04.72.38.20.23)
Vendredi 26 octobre
9h Emission spéciale, en Direct de
Lourdes, à l'occasion du grand
rassemblement des catéchistes,
Ecclesia 2007.
10h A votre service "Comment préparer son jardin à l'hiver ?", avec Michel
Chéroux, ingénieur agricole. (Vos
appels au 04.72.38.20.23).
France Culture
Dimanche 21 mars
10h00 Messe, en direct de l'église
Saint Roch, 296 rue Saint Honoré,
75001 Paris, commentée par le
Frère Eric Macé. Prédicateur :
Père Thierry de l'Epine.
M.B.
sur M6
Jeudi 25, à 00h15
Haut les cœurs ! GA
Enceinte, Emma apprend qu’elle est
atteinte du cancer du sein. Elle
refuse l’avortement qu’on lui suggère et décide de se battre pour
elle et pour son enfant.
 Cette histoire singulière et
dure est portée par l’énergie et
l’humour de l’héroïne, parfaitement
incarnée par Karin Viard. En racontant une histoire très proche de la
sienne, Solveig Anspach a réalisé
un film souvent drôle et porté par
une énergie très positive.
 Il y a, dans cette belle œuvre.
beaucoup d’amour et de respect de
la vie à venir.
T : Tout public
Repères
J : Adolescents
GA: Grands adolescents
A : Adultes
Ø : Œuvre (ou scène) nocive
: Elément positif
: Elément négatif
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007 37
BLOC-NOTES
Paris
✔ "Soigner à l’école du Christ".
Une formation humaine et spirituelle proposée pour tous ceux
qui sont investis dans les métiers
de la santé (médecins, infirmiers,
aide-soignants, sage femmes...), avec
Mgr M. Aupetit (vicaire général du
diocèse de Paris) et le Professeur
M-O. Réthoré (de l’Institut Jérôme
Lejeune) . [Les intervenants sont
des personnes qui ont une expérience médicale et des théologiens], à Notre-Dame de Bercy,
avec la Communauté de l’Emmanuel, 11 rue de la Nativité, 75012
Paris (à 20h30), les 25 octobre
"Le Christ médecin", 15 novembre "La charte du personnel de
santé", 20 décembre "Le corps",
17 janvier "Le désir d’enfant",
14 février "Soirée miséricorde",
27 mars "Accueillir la personne
handicapée", 17 avril "La souf­
france", 29 mai "Soigner et écou­
ter". Rens. : notredamedebercy
@online.fr, ✆ 01.43.07.86.51,
fax 01.53.17.04.51.
✔ L'IPC - Facultés Libres de Philosophie et de Psychologie, 70,
av. Denfert-Rochereau, 75014
Paris, ✆  01.43.35.38.50, fax 01.
43.35.59.80/[email protected]
com organise des cours tout public, par Bruno Couillaud (professeur à l’IPC) : "Logique 1ère ses­
sion", apprentissage des outils
fondamentaux (problème, défini­
tion, argumentation), 6 séances le
samedi (10h-12h) les 27 octobre,
17 novembre, 8 et 15 décembre,
19 janvier et 2 février 2008. Prix :
96 € ; "Logique 2 ème session"
application des outils fondamen­
taux dans le cadre particulier de
la rhétorique et de la sophistique,
6 séances le samedi (10h-12h), les
29 mars, 12 avril, 10 et 24 mai,
14 et 21 juin 2008. Prix : 96 €.
✔ L'église St-Charles de Monceau,
22, rue Legendre, 75017 Paris,
fêtera tous les "Charles", le 4
novembre (11h). Venez nombreux
prier votre saint patron.
Ain
✔ Au Sanctuaire d'Ars, 01480
Ars-sur-Formans, ✆ 04.74.08.17.
17, "Un dimanche en famille",
avec enseignement, échanges, prière, est organisé le 18
novembre (9h30-17h).
Bas-Rhin
✔ Les Petites Sœurs Franciscaines, 1, rue du Couvent, 67440
Thal-Marmoutier, ✆ 03.88.03.12.
03, fax 03.88.03.12.08, propo-
sent une journée compassion Expression charismatique, le 28
octobre (9h-18h30) "J'ai vu le
Seigneur, et voilà ce qu'il m'a
dit" (Jn 20, 18).
Côtes-d'Armor
✔ Au foyer de Charité de Tressaint, BP 54145, 22104 Dinan
cedex, ✆ 02.96.85.86.00 une
retraite aura lieu du 28 octobre
au 3 novembre "Souffrance et
compassion ne me cache pas ton
Visage au jour de ma détresse",
avec le père D. Faidherbe.
Ou verte à tous, en particulier
aux personnes touchées d’une
façon ou d’une autre par la souffrance. www.tressaint.com
Doubs
✔ à la paroisse de Lièvremont,
la cérémonie de Pétales de
Roses, en l'honneur de Sainte
Thérèse, organisée par la
Communauté des Béatitudes, se
déroulera le 20 octobre (15h17h). Les enfants seront pris en
charge. Rens. : Presbytère, 4 rue
de l'Eglise, 25650 Lièvremont,
✆ 03.81.39.58.80.
Essonne
✔ Les Journées des Plantes de
Courson d'Automne auront
lieu les 19, 20 et 21 octobre,
au Domaine de Courson, 91680
Courson-Monteloup, ✆  01.64.
58.90.12. www.domaine-decourson.fr
Hauts-de-Seine
✔ Le groupe "Soul Gospel" sera
en concert le 3 novembre (20h45)
à l'Eglise Saint Saturnin à Antony.
Billets en vente au Syndicat d’Initiative ✆  01.42.37.57.77, et à
l’entrée du concert. Prix : 18 € et
13 €. Un voyage musical euphorisant dans l’atmosphère d’une
Eglise de Harlem...
✔ Le centre spirituel Manrèse,
5 rue Fauveau, 92140 Clamart,
✆  01.45.29.98.60 propose une
halte spirituelle, le 27 octobre,
"Un jour avec Dieu", pour tous,
avec Elisabeth Courouble. Et aussi
une retraite du 2 au 4 novembre
"Séparé (e), divorcé (e)", avec le
père Guy de Lachaux et Jeanine
Martin.
Oise
✔ Un stage "Jeunes organistes
en liturgie" est ouvert aux jeunes
chrétiens de 9 à 18 ans, les 29, 30
et 31 octobre (9h-18h), avec instrument, solfège, chant, accompagnement, liturgie, interprétation, à
la Maison Diocésaine, 101 rue de
la Madeleine, 60000 Beauvais.
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(*) France métropolitaine et DOM uniquement - (**) Pour les personnes n’ayant jamais été abonnées. (***) Dans la limite des stocks disponibles. (****) Le
préciser dans un courrier séparé. (*****) France métropolitaine uniquement. CNIL N° 678405 - Loi informatique & liberté du 6/01/78 : vous disposez d’un
droit d’accès et de rectification aux informations vous concernant. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions d’autres
entreprises. Si vous ne le souhaitez pas, il suffit de nous écrire ou de nous téléphoner et il en sera tenu compte immédiatement.
BLOC-NOTES
Participation financière 65 e.
Rens. ✆ 03.44.02.34.11/mmjannin
@free.fr ou ✆ 03.44.06.28.32 /
[email protected]
✔ A l'Abbaye d'Ourscamps,
Communauté des Serviteurs de
Jésus et de Marie, 60138 ChiryOurscamps, ✆ 03.44.75.72.14,
fax 03 44 75 72 04, une "Nuit
d’adoration", pour tous, est proposée le 27 octobre. Egalement
une retraite étudiants 18-25 ans
est prévue les 10 et 11 novembre
"Vivre du Christ et en témoigner
dans une vie d'étudiant : est-ce
un défi ?".
Un "Requiem de Mozart" par
l’Ensemble instrumental du
Conservatoire de Compiègne et
les chœurs de la région, sous
la direction d'Alain Remy, sera
donné en la cathédrale de
Noyon, le 27 octobre (20h30),
au profit de la restauration de
la Grande Chapelle de l’abbaye
d’Ourscamp. Prix 15 e/réduit :
10 e.
Saône-et-Loire
✔ Une rencontre "Spécial
couples", avec le père Denis
Sonet aura lieu du 1er au 4 novembre sur le thème "Construire
notre amour", aux sanctuaires
de Paray-le-Monial, place du
Cardinal Perraud, 71600 Parayle-Monial, ✆ 03.85.81.90.29, fax
03.85.81.90.30. Au cœur de la
Rencontre, un concert "duo de
piano et violoncelle" est prévu
le 3 novembre (20h30) à l'Hôtel
"Le prieuré du Cœur de Jésus"
à Paray-le-Monial. Gratuit pour
les participants de la rencontre.
Savoie
✔ Au Foyer de Charité, 73260
Naves, ✆ 04.79.22.91.02, une
récollection est prévue les 3 et
4 novembre "Par l'Eucharistie
«naître à l'immensité de la vie du
Christ»"
Var
✔ Les Missionnaires du SaintSacrement (Institut fondé par Mgr
Dominique Rey évêque de FréjusToulon), proposent un temps de
retraite et de ressourcement de
5 jours sur le thème "Pourquoi
ado­r er le Saint-Sacrement
au­jourd'hui?", animé par le Père
Ludovic Lécuru, au Monastère
de Sainte-Marie-Madeleine,
route de Barjols, 83470 SaintMaximin-la-Sainte-Baume, du
21 (18h) au 25 novembre (14h).
Chaque jour : messe, enseignement, temps d'adoration eucharistique. Pèlerinage à la grotte de sainte
Marie-Madeleine. Rens. ✆ 06.23.
11.23.17 ou [email protected]
✔ Au Sanctuaire Notre Dame de
Grâces, 83570 Cotignac, ✆ 04.
94.69.64.90, fax 04.94.69.64.91,
[email protected], le 28
octobre "Fête de Saint Jude".
Messe dominicale (11h) et une
Procession vers la chapelle Saint
Bernard avec récitation du chapelet et encensement de la statue
du saint (14h30).
Vienne
✔ Une conférence-débat aura
lieu le jeudi 25 octobre (20h30),
à la Maison du Peuple, 4 rue
Saint-Paul, 86000 Poitiers, sur
le thème "L'urgence d'une véritable stratégie pour protéger
la vie humaine", animée par
Xa­vier Mirabel (médecin cancérologue et président de l'Alliance pour
les Droits de la Vie), organisé par
l'Alliance pour les Droits de la
Vie de la Vienne. Entrée libre.
Rens. auprès de Cécile Pernod
(responsable de l'équipe de Poitiers),
✆ 06.60.50.60.46.
Enfance et Sainteté
✔ Le 3e Colloque, organisé par
l’association "Enfance et Sainteté"
aura lieu à Paray-le-Monial, destiné aux parents, éducateurs et
aux enfants (session spirituelle
par tranches d’âge), sur le thème
"Laissez venir à moi les petits
enfants, car c’est à leurs pareils
qu’appartient le Royaume des
Cieux", du 28 octobre (17h) au
1er novembre (14h). Nombreux
intervenants dont Mgr Cattenoz,
le Père Thévenin, le Père
Guilmard, le Père de Langalerie,
le Père Laurent-Marie, le Père
Marot, Anne Alméras, le Père
Geoffroy-Marie... Marie-Joëlle
Guillaume (de Famille Chrétienne),
présentera les différentes conférences. Rens. ✆ 01.57.63.98.15
/ [email protected] Dépliants disponibles
sur le site www.enfanceetsaintete.org
Légion de Marie
✔ Une retraite pélerinage à
Saint-Laurent-sur-Sèvre est organisée du 26 (19h) au 28 octobre.
Le thème de l'enseignement du
Père Louesdon "Notre vocation
à la sainteté à l'école de saint
Louis-Marie de Montfort".
Messe, conférences, visite de
la Basilique et des "hauts lieux
montfortains". Hébergement au
Centre Béthanie. Un petit groupe
ira probablement par le train. La
gare la plus proche est Cholet.
Inscription le plus tôt possible, et rens. à Secrétariat de la
Légion de Marie 43 rue Boileau
75016 Paris, ✆ 01.46.51.92.03
ou 06.80.14.84.76 / [email protected]
legion-de-marie.org
Pour passer un communiqué,
contactez : [email protected]
fax : 01.46.30.04.64 ou inscrivez-le
directement sur notre site internet :
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bloc-notes, forfait : 20‑
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➥ En Haute-Savoie, petite communauté catholique
organisant des sessions de formation, cherche retrai­
té(e)s ayant sécurité sociale pour l’aider dans tâches
ménagères. Tél. 06.32.43.60.92.
➥ Chœurs de la Chapelle de l’Ecole Militaire,
(Métro Ecole Militaire à Paris 7e) recherchent des voix
d'hommes, femmes, enfants (garçons et filles de 7 à 13
ans / jeunes de 13 à 20 ans). Formation assurée. Rens.
tél. 06.76.83.08.03 ou 01. 44.42.37.15. E-mail : [email protected]
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une variété de reliures simples ou plus élaborées, en
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de livres anciens et d'archivage. Rens. Sœur ClaireElisabeth, tél. 01.69.58.21.26, [email protected] www.abbaye-limon-vauhallan.com
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édité par la Société de Presse France Catholique,
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Président : Hervé Catta - Directeur gl., dir. de la publication : Frédéric Aimard (✆‑06.
08.77.55.08) - Conseiller‑de la direction : Robert Masson - Editorialiste‑: Gérard
Le­clerc - Rédaction : Anne Montabone - Tugdual Derville - Ludovic Lécuru - Secrétaire
de rédaction : Brigitte Pondaven - Abon­nements/Compta­bilité‑: Marie-José Carreira.
Imprimé par ippac-Imprimerie de Champagne, ZI les Franchises, 52200 Langres
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France Catholique est une marque déposée à l'Inpi.
http://www.france-catholique.fr
FRANCECatholique n°3089 19 octobre 2007
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