Art du Langage Annexe AL_1

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Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Art du Langage Annexe AL_1 IL Y A (extrait) Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d'obus autour de moi Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants […] Il y a que je languis après une lettre qui tarde Il y a dans mon porte-­‐cartes plusieurs photos de mon amour […] Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils […] Il y a un encrier que j'avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu’on n’a pas laissé partir […] Il y a des hommes dans le monde qui n'ont jamais été à la guerre Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s'ils les reverront Car on a poussé très loin durant cette guerre l'art de l'invisibilité Guillaume Apollinaire (1880 -­‐ 1918) -­‐ Calligrammes (1918) Guillaume APOLLINAIRE (Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-­‐Kostrowicki) est né en août 1880. Apollinaire se lie aux milieux artistiques : il est ami de Pablo Picasso, du Douanier Rousseau, etc. En 1913, il connaît le succès avec la publication du recueil de poésies Alcools. En novembre 1914, Apollinaire s'engage dans la Grande Guerre et envoie de nombreux poèmes à sa maîtresse Lou (Louise de Coligny-­‐Chatillon). Blessé en 1916, il est trépané. Il meurt, emporté par la grippe espagnole, en 1918 après avoir publié son dernier recueil Calligrammes. Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AL_2 PROLONGEMENTS POSSIBLES APRES LA SEANCE ARTS DU LANGAGE « IL Y A » : 1) Illustration du poème avec une image de la guerre (photographie, peinture, …) 2) Visite de monuments, mémoires de la Grande Guerre ü Le monument aux morts de la ville ü La basilique Notre Dame de Lorette et le jardin de croix ü Le parc mémorial canadien de Vimy 3) Mise en réseau avec les ouvrages illustrant la 1ère guerre mondiale : ü Des albums : •
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Zappe la guerre, PEF, Edition : Rue du Monde, Collection Histoire d’Histoire, 1998 L’horizon bleu, Dorothée PLATEK Un brave soldat, Nicolas DEBON, Edition : Les 400 coups éditions, 2005 ü Des romans : •
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Lulu et la Grande Guerre, Fabien GREGOIRE A la gloire des petits héros, Gérard HUBERT-­‐RICHOU Haumont 1916, L’or et la boue, Christophe LAMBERT Rendez-­‐vous au Chemin de Dames, avril 1917, Yves PINGUILLY ü Des documentaires : •
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lettres extraites de Paroles de Poilus Lettres et carnets du front de 1914 -­‐ 1918, Librio, 1998 Pendant la Grande Guerre de Rose France Au temps de la Grande Guerre – Hachette La guerre 14-­‐18 – Hachette La première Guerre Mondiale – Fleurus … 4) Mise en réseau avec des œuvres littéraires sur le thème de la guerre : Des documentaires : •
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Flon-­‐Flon et Musette, ELZBIETA Otto, de Tomi UNGERER La Guerre, Anaïs VAUGELADE Grand-­‐père, Gilles RAPAPORT SITOGRAPHIE : Ø
Sélection de livres par Ricochet : http://www.ricochet-­‐jeunes.org/themes/theme/89-­‐histoire-­‐premiere-­‐guerre-­‐mondiale Ø
sélection des peintres de la première guerre mondiale : http://www.art-­‐ww1.com/fr/peintre.html Ø
Grande Guerre et littérature jeunesse, liens utiles : http://www.ac-­‐nice.fr/ienvalsiagne/oree/sitedeguerre/pagedeliens.htm Guillaume Apollinaire « Soldat parfois désœuvré, Apollinaire, quand il n'écrit ni lettres, ni poèmes s'essaie au dessin et à la couleur. Il n'y fait pas preuve d'une habileté irréprochable, mais d'un sens humoristique appuyé -­‐ en quoi il rejoint le portrait que Picasso a dessiné de lui en 1914 en pastichant les images d'Epinal. Peut-­‐être peut-­‐on reconnaître ça et là quelques traces des amitiés artistiques d'Apollinaire, ne serait-­‐ce que dans sa parodie des scènes mauresques de Matisse. » * * extrait du site « Grande Guerre et littérature jeunesse : liens utiles » http://www.ac-­‐nice.fr/ienvalsiagne/oree/sitedeguerre/pagedeliens.htm Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Dessin de G. Apollinaire : Guillaume Apollinaire, Le brigadier marqué, Le pas de l'embusqué et Sans titre (Triptyque), http://www.memorial-­‐caen.fr/10EVENT/EXPO1418/fr/texte/028text.html reproduction interdite
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liens vérifiés le 14-­‐11-­‐2012 Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AS_1 Texte en anglais : Europe -­‐ During the war Traduction en français : Europe -­‐ Pendant la guerre 1940 1940 on my birthday le jour de mon anniversaire The Germans walked in Les Allemands sont entrés walked into Holland sont entrés en Hollande Germans invaded Hungary Les Allemands ont envahi la Hongrie I was in second grade j'étais à l'école primaire I had a teacher j'avais un professeur a very tall man, his hair was concretely plastered smooth un homme très grand, ses cheveux étaient gominés He said: "Black Crows invaded our country many years go" Il a dit: "des Corbeaux Noirs ont envahi notre pays, il y a de nombreuses années" and he pointed right at me et il m'a montré du doigt No more school Plus d'école! You must go away Il faut que tu partes and she said, "Quick, go!" et elle a dit : "Va t'en vite!" and he said, "Don't breathe!" et il a dit : "Ne respire pas!" into those cattle wagons dans ces wagons à bestiaux for 4 days and 4 nights pendant 4 jours et 4 nuits and then we went through these strange souding names ensuite nous sommes passés par ces endroits aux noms étranges Polish names Des noms polonais Lot of cattle wagons there Là il y avait beaucoup de wagons à bestiaux They were loaded with people Ils étaient bourrés de monde They shaved us Ils nous ont rasés They tattooed a number on our arm Ils nous ont tatoués un matricule sur le bras Flames going up to the sky -­‐ it was smoking Des flammes montaient vers le ciel -­‐ il y avait de la fumée Extrait 1 Extrait 2 Steve Reich (document pour le maître) ; Né en 1936 aux Etats-­‐Unis d’Amérique. Enfant de parents divorcés, il doit fréquemment prendre le train de 1939 à 1942 (voyage de 2 jours) car son père vit sur la côte Est des Etats-­‐Unis (New-­‐York) et sa mère sur la côte Ouest (Los Angeles). Dans son œuvre pour Quatuor et bande magnétique, il met en parallèle son expérience de jeune enfant aux Etats-­‐Unis avec la mémoire des déportés d'Europe convoyés dans les trains vers les camps de concentration. Steve Reich sous-­‐entend que s'il avait vécu en Europe à cette époque, en tant qu'enfant juif, ce sont ces « trains bien différents » qu'il aurait probablement dû prendre. Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Camp de Birkenau (Pologne) Train de déportés en Europe Train traversant les Etats-­‐Unis dans les années 1940 Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AS_2 Eléments musicaux évoquant la guerre Liés aux rythmes Liés au tempo Est-­‐il régulier ou irrégulier? Effets/sentiments produits Effets/sentiments produits Angoisse, évocation d'un train (en référence aux trains qui conduisaient les juifs dans les camps de concentration) Angoisse, évocation d'un train en marche Liés aux types de sons utilisés Liés à un son en particulier Certains sons ne proviennent pas d'instruments classiques mais de bandes enregistrées, ce sont surtout des enregistrements de voix Il y a un son enregistré qui évoque particulièrement le danger, les secours...) Effets/sentiments produits Effets/sentiments produits Dans ce contexte, les voix apparaissent comme froides car elles ne sont ni travaillées ni chantées mais simplement parlées. Ces voix sont d'autant plus froides qu'elles appartiennent à de véritables survivants de l'Holocauste. Ainsi, elles nous confrontent directement à la réalité. Evocation du danger, des secours. Liés aux hauteurs de notes Liés au nombre de mélodies utilisées Les sons paraissent-­‐ils plutôt aigus ou graves? Y a-­‐t-­‐il beaucoup de mélodies ou peu de mélodies? Effets/sentiments produits Effets/sentiments produits Peur, voire même douleur. Cette superposition évoque la confusion. Tableau de synthèse Nous avons écouté deux extraits de l’œuvre ……………………………………………………. de …………………………………………………………………… composée en …………………………………………………. Ce qui évoque (me fait penser à) Eléments musicaux et texte La guerre – l’angoisse – le danger Le train La déportation vers les camps « de la mort » en Europe et la période historique Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AS_3 Prolongement possible : éducation artistique, séance d’écoute Matériel : 6 Chaînes audio + 6 casques + 6 CDs avec les 6 extraits suivants (titres non communiquées aux élèves) 1) Les planètes -­‐ Mars, Gustav HOLST, 1914 2) Les planètes -­‐ Vénus, Gustav HOLST, 1914 3) Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima, Krzysztof PENDERECKI, 1960 (pour 52 cordes) 4) Mémoire des ombres -­‐ III (The Shadows of Time III), Henri DUTILLEUX, 1997 5) Sur le toit du Monde, Michel PEPE, 2008, album « Le chemin du Nirvana » 6) Nuit et brouillard, Jean FERRAT, 1963 (chanson) Déroulement et consignes ü Par groupe de 6, un élève par chaîne Ecoutez le début des 6 plages et choisissez une œuvre qui évoque la guerre et dites pourquoi. (sur papier libre) ü Quels éléments musicaux caractéristiques sont employés pour évoquer la peur, l’angoisse de la guerre ? (trace écrite sur papier libre) ü Tour de table des écrits et perceptions ; notions et vocabulaire acquis ou à réactiver. ü Vous allez maintenant écouter chaque extrait du CD et le classer dans le tableau suivant en explicitant les critères de votre choix. Mets une croix dans la case qui convient et explique la raison de ton choix. N° de la plage Evoque la guerre, la peur… N’évoque pas la guerre Car…….. Car…….. 1 2 3 4 5 6 ü Mise en commun avec toute la classe une fois que chaque groupe sera passé à l’atelier écoute. Nuit et brouillard, Jean FERRAT (paroles des 2 premiers couplets) 1.
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre Ils ne devaient jamais plus revoir un été. 2.
La fuite monotone et sans hâte du temps Survivre encore un jour, une heure, obstinément Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir Ils s'appelaient Jean-­‐Pierre, Natacha ou Samuel Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux. Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AV_1 Cartel Auteur PICASSO Pablo (1881-­‐1973) Œuvre GUERNICA Date 1937 Technique Huile sur toile Dimensions Hauteur : 3.493 m. Longueur : 7.766 m. Espagne, Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia Lieu Sujet Peinture d’histoire, guerre, cubisme Fiche CONTEXTE En 1937, le gouvernement républicain alors au pouvoir (juste avant d'être renversé par Franco) commande à Picasso une grande composition murale, pour le pavillon espagnol de l'exposition universelle de Paris. Alors que cette « commande » lui est faite, ses proches on raconté que Picasso ne sait pas quelle direction prendre pour y répondre. Mais quelques jours plus tard, l'actualité va créer le facteur déclenchant de cette œuvre : l'aviation nazie bombarde, le 26 avril 1937, la ville basque de Guernica faisant près de 2000 morts. Entre 16 h 15 et 19 h 30, ce jour-­‐là, des vagues successives d'avions du type Heinkel 111 et Junker J52 de la Légion Condor, bombardent la ville, mitraillant la population civile à plusieurs reprises. Pour la première fois dans l'histoire militaire, une agglomération civile est entièrement rasée sous un déluge de bombes au phosphore. Picasso est bouleversé. Il se range dès le début du conflit dans le camp républicain. Durant tous les événements, il réside en France, mais la presse et des compatriotes l'informent. Il a trouvé le sujet de sa peinture et le 1er mai, il se met au travail. Après une controverse médiatique, la vérité éclate. Le « sujet » est trouvé. ARTISTE Pablo Ruiz Picasso naît à Malaga le 25 octobre 1881, d'un père Basque et d'une mère Andalouse. Le jeune Pablo manifeste très tôt un don particulier pour le dessin. En 1900, Picasso se rend pour la première fois à Paris avec son ami Casagemas. Il découvre les œuvres de Toulouse-­‐Lautrec, Cézanne, Degas et Gauguin. On commence à lui acheter quelques toiles en France et en Espagne. L’époque entre 1901 et 1903 est surnommée période Bleue car cette couleur domine les toiles de l’artiste. Ce bleu est utilisé pour retranscrire la vision que le peintre a du monde, mélange d’angoisse de la vieillesse, de la pauvreté et de la mort. Après un retour à Barcelone en 1902, Picasso s’installe définitivement à Paris. Il tombe amoureux de Fernande Olivier, ce qui égaiera quelque peu ses toiles. Il s’intéresse au monde du cirque, peint des arlequins, des jongleurs et acrobates dans une teinte rose qui évoque une certaine mélancolie. Cette période rose s’achève en 1906, date à laquelle Picasso commence à créer des peintures beaucoup plus géométriques. Alors qu’il entre dans sa vingt-­‐cinquième année, Picasso change son style de peinture. Il décompose et reproduit les objets en formes géométriques simples. C’est avec les Demoiselles d’Avignon que ce nouveau style explose en 1907. Cette même année, il fait la connaissance de Georges Braque avec lequel il développera le courant du cubisme. Picasso abandonne le cubisme en 1915 et opéra un retour au classicisme. Sur la demande de Cocteau, Picasso crée les décors et costumes pour les Ballets russes de Diaghilev. Il rencontre la ballerine Olga Koklova, qu’il épousera et lui donnera un fils. L’artiste retourne un temps à l’art figuratif et réaliste quelques portraits de famille. A partir des années 1920, les tableaux du peintre tendent vers le surréalisme. En 1937, alors qu’une guerre civile déchire l’Espagne, Picasso est très touché par le bombardement de la ville de Guernica. Il choisit donc de réaliser, pour honorer la commande du gouvernement espagnol pour l'Exposition Universelle de Paris, de représenter la tragédie de cette ville. A travers ce tableau monumental, qui est l’un des plus connus du peintre, Picasso exprime toute sa colère et sa révolte. C’est le premier engagement politique de Picasso. Guernica symbolise de façon universelle l’horreur de la guerre. Dans cette lutte pour la paix, Picasso peindra en 1949 la magnifique Colombe pour la paix. Malgré le climat austère de l’Occupation, la créativité de Picasso ne faiblit pas. Il écrit une pièce de théâtre ''Le Désir attrapé par la queue'' en 1941. Il peint des œuvres sombres sur le thème de la déraison humaine comme ''le Charnier''. En 1944, il devient membre du parti communiste. Cette période s’illumine en 1946 lorsque le peintre s’éprend de Françoise Gilot. Cet amour naissant ainsi que l’euphorie de la Libération redonne de la gaieté au peintre qui exécute le tableau la Joie de vivre. Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA L’OEUVRE UN TABLEAU EN NOIR ET BLANC La monochromie du tableau s'explique de plusieurs façons. ⋅
L’austérité et la gravité du sujet. ⋅
Le noir et blanc évoque la presse or Picasso est informé du désastre par voie de presse, il a intégré à son œuvre de nombreuses références à celle ci. Par exemple le pelage du cheval, fait de petits traits serrés, réguliers et alignés rappelle les caractères typographiques. Les forts contrastes de lumière accentuent la violence du tableau où les corps démembrés, les visages tordus par la peur ou la douleur, et l'esthétique cubiste travaillent en ce sens. LA COMPOSITION C’est un immense tableau qui rappelle l’échelle des peintures d’histoire. Picasso y multiple les points de vues : le sol indique un regard plongeant mais l’angle où s’agite l’oiseau ainsi que la petite fenêtre nous montre un regard en contre-­‐plongée. L’ampoule électrique indique un espace clos alors que le morceau de toit évoque l’extérieur. Dans une composition en frise l’artiste réunit sept figures. Si l’on regarde davantage on s’aperçoit cependant que la composition est triangulaire : la base occupe la quasi totalité du tableau, la torche en constitue le sommet. Cette organisation met en évidence trois parties : la partie gauche occupée par le taureau et la femme à l’enfant ; la partie droite par la femme en péril ; la partie centrale est consacrée au cheval blessé et à la porteuse de lumière. C’est le cheval qui domine la partie centrale. DESCRIPTION Placé au centre de la composition, le cheval symbolise, des dires même du peintre, le peuple. La liberté est mourante. Comme pour la mère portant son enfant mort, la douleur est exprimée par la langue pointue comme un couteau. La lance qui transperce le flanc du cheval rappelle celle qui blesse la poitrine du Christ. La crucifixion est l'archétype de la souffrance et de l'agonie. (analyse empruntée à W. Rubin, L'Art dada et surréaliste) Le taureau est un symbole de la force brute, de la cruauté. Au milieu de la débâcle il apparaît impassible. L'iconographie tauromachique est une composante fréquente de l'œuvre de Picasso La mère portant son enfant mort exprime une douleur universellement compréhensible, et traduit l'horreur de toutes les guerres. Ses yeux en forme de larme, sa langue en forme de couteau, son visage tourné vers le ciel (d'où est venu le drame), tout en elle exprime la souffrance et le désarroi. Le soldat -­‐dont le corps est morcelé et décapité-­‐ porte sur son visage toute la violence de la guerre : la dentition précise, et la décapitation sont les signes de la brutalité. La fleur est unique mais présente au centre de la composition comme une lueur d'espoir. Sa délicatesse, sa fragilité résonne face au désordre et à l'horreur de la scène. L'épée brisée complète la symbolique de paix. Cependant Guernica n'est en aucun cas un tableau symbolique. Les yeux en larmes, et la bouche édentée (= personne désarmée) de la femme tombant dans les flammes (Guernica a été bombardé à la bombe incendiaire) exprime la mort d'un peuple désarmé, la lâcheté du bombardement. D’AUTRES PEINTURES D’HISTOIRE Henri ROUSSEAU, dit le Douanier (1844-­‐1910), La Guerre ou La Chevauchée de la discorde, 1814, huile sur toile 1,14 x1,95 m. Paris, musée d’Orsay Paolo UCELLO (1397-­‐1475) La bataille de San Romano Niccolo Mauruzi da Tolentino à la tête de ses troupes, Vers 1456, huile sur bois 3,20 m x 1,82 m Londres, National Gallery Angleterre Francisco GOYA (1746-­‐1828), Les exécutions du 3 mai 1808, 1814, huile sur toile, 2,66x 3,45m. Madrid, musée du Prado Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Eugène DELACROIX (1798-­‐1863), Les Massacres de Scio, 1824, huile sur toile, 4,17 x3,54 m. Paris, musée du Louvre Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AV_2 Quel personnage, où est-­‐il ? Comment est-­‐il représenté ? Que fait-­‐il ? En bas du tableau à gauche, une femme tenant son enfant. Elle est agenouillée. Elle porte un bébé mort. Son visage est de profil et de face, renversé vers l’arrière, ses narines et ses yeux sont comme des larmes. Elle hurle. En bas du tableau à gauche, un bébé dans les bras de sa mère. Les bras, la tête, le nez pendent. Il ne bouge pas. A gauche du tableau, au dessus de la femme et l’enfant Un taureau Il est de profil, ses yeux sont de face. Son corps est caché. Les yeux sont vides. Il tourne la tête, il nous regarde. Sa queue ressemble à de la fumée. Un homme couché au premier plan, en bas du tableau. Il est disloqué, ses bras sont étendus. Il est inerte. Il a la bouche et les yeux ouverts, sa tête est tournée vers le haut. Sa main serrée tient une épée brisée. Un oiseau sur un coin de table, à droite du taureau. Il semble s’envoler, il s’égosille. Son cou et sa tête sont tendus vers le plafond, ses ailes se détachent de son corps. Un cheval au centre du tableau. Il est contorsionné, son corps est transpercé Il se tord de douleur, il hennit. par une flèche. Une femme en bas à droite. Un genou à terre, elle tend la tête, elle est de profil, mais ses yeux de face. Elle se traine péniblement, elle relève la tête pour implorer. Son corps cassé rappelle un escalier. Une femme en bas à droite, bras levés. On ne voit pas son corps. Elle lève les bras, elle crie. Une femme en haut du tableau. De profil, on ne voit pas le bas de son corps. Elle tend une lumière. Elle essaie d’atteindre une petite fenêtre. Elle entre dans l’image par le haut du tableau. Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord Education artistique et culturelle – Groupe de travail HDA Annexe AV_3 Texte de PABLO NERUDA,1936 -­‐ Extrait de « Expliquons-­‐nous » Espana en el corazon Généraux Traîtres Regardez ma maison morte Regardez l’Espagne blessée. Mais de chaque maison sort un métal ardent En guise de fleurs, Mais de chaque blessure de l’Espagne Sort l’Espagne, Mais de chaque enfant mort sort un fusil ave des yeux, Mais de chaque crime naissent des balles Qui trouveront un jour la place De votre cœur Vous demandez pourquoi ma poésie Ne parle pas du songe, des feuilles, Des grands volcans de mon pays natal ? Venez voir Le sang dans les rues, Venez voir le sang Dans les rues ! 2011 : le conflit israélo –palestinien http://qualita1.unblog.fr/2009/01/05/israel-­‐palestine/ Direction des services départementaux de l’Education nationale du Nord 

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