les facteurs de degradation des aires protegees du

Report
Atelier de lancement national du projet PARCC Afrique de l’Ouest
‘Aires protégées résilientes au changement climatique’
Bamako, 31 octobre-1er novembre 2011
THEME:
AIRES PROTÉGÉES ET BIODIVERSITÉ
Présenté par
Mamadou Salif KONE
Ingénieur des Eaux et Forêts
Email: [email protected]
1. INTRODUCTION
Le Mali possède actuellement un réseau composé de vingt et quatre aires
protégées qui couvrent ensemble 6,4 % du territoire national (7 955 507 ha).
Ce chiffre s’élève à 7,86 % si on prend en compte la zone tampon et la zone
périphérique de la réserve de Biosphère du Baoulé ( 9 762 859 ha)
Le réseau est composé de :
une réserve de Biosphère formée de trois blocs (Badinko, Fina,
Kongosambougou),
deux parcs nationaux (Kouroufing, Wongo),
huit réserves de faune (Kéniébaoulé, Talikourou, Niénendougou, Sounsan,
Banifing-Baoulé, Siankadougou), Mandé Wula et Néma Wula),
deux réserves faunistiques partielles (Ansongo-Ménaka, Gourma),
un sanctuaire des chimpanzés,
neuf zones d’intérêt cynégétique (Tidermène Alata, Inekar, Niénendougou,
Banzana, Flawa, Azaouad Nord-Ouest dite Salam, Tin Achchara, Tarkint et
Faragama).
NB: le site RAMSAR du Delta (4 119 600 ha)
N°
Dénomination de l’aire protégée
Statut
1
2
3
4
5
6
7
Sanctuaire des Chimpanzés
Réserve de la Biosphère Boucle Baoulé
Parc National de Kouroufing.
Parc National de WANGO
Réserve de faune du Kénié-Baoulé
Réserve de faune du Talikourou
Réserve de faune de Nienendougou
8
9
Réserve partielle de faune du Gourma
Réserve partielle des girafes AnsongoMénaka
Forêts classées et réserve de faunes du
Sounsan
Forêts classées et réserve partielle de
faune du Banifing-Baoulé
Forêt classée et réserve de faune de
Siankadougou
Réserve de Faune du Mandé Wula
Réserve de Faune du Mena Wula
décret n°02-199-PRM
Loi n° 01-063
Loi n°02-002
Loi n°02-003
Arrêté n°2948/SE-EF
Arrêté n°8111/SEF
Décret N°01-099/PGRM
Loi n°59-53/AL-RS
Arrêté n°883/SEF
10
11
12
13
14
Taille en
ha
67 200
2 340 389
55 770
53 499
67 500
13 000
40 640
Date
création
22/04/2002
04/07/2001
16/01/2002
16/01/2002
15/04/1954
14/11/1953
23/02/2001
Classement
UICN
CIV
CVIII
CII
CII
CIV
CIV
CIV
1 250 000 30/12/1959 CIV
1 750 000 17/02/1950 CIV
décret n°8531/SEF
37 000 30/11/1954 CIV
Arrêté n°8582/SF
13 000 02/12/1954 CIV
Arrêté 8530/SEF
6 000 30/11/1954 CIV
Décret 10-091/P-RM
Décret 10-092/P-RM
39 050 15/02/2010 CII
44 730 15/02/2010 CII
N°
Dénomination de l’aire protégée
15
Zone d'intérêt cynégétique de Tidermène - Arrêté
Alata
N° 04-1958/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique d’Inekar
Arrêté
N°04-1959/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de
Arrêté
Nienendougou
N°04-2762/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Flawa
Arrêté
N°04-2764/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Banzana
Arrêté
N°04-2765/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Salam
Arrêté
N°06-0085/MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique de Tin
Achchara
Zone d’intérêt cynégétique de Tarkint
Arrêté
N°08-2204/MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique dite Azaouad Arrêté
Nord Ouest -3
N°08-2991MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique du Faragama
Arrêté
N°11-1643/MEA-SG
Site de Ramsar du Delta Central du fleuve
Niger
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
Statut
Taille en Date
Classement
ha
création
UICN
312 400 04/10/2004 Non classée
180 625 04/10/2004 Non classée
50 422 30/12/2004 Non classée
73 940 30/12/2004 Non classée
44 402 30/12/2004 Non classée
1 216 000 19/01/2006 Non classée
286 000 7/12/ 2007 Non classée
972 900 04/08/2008 Non classée
815 735 27/10/2008 Non classée
32 657 09/05/2011 Non classée
4 119 600
IX
Les ZIC en instance de création (celles dont les dossiers sont
déposés à la DNEF)
Tomota-Kourou (Cercle de Kayes)
Tin Tiss-Borna (Cercle de Rharous)
Timtagène (Cercle de Tessalit) :
Morianféréla (Cercle de Yanfolila)
:
:
38 321 ha
189 286 ha
879 948 ha
(étape de préfaisabilité)
NB: Dans le cadre de l’amodiation du complexe Bougouni –
Yanfolila, la reconversion des forêts classées de de Dialakoro
(Cercle de Bougouni), de Diangoumérila et de Djinétoumanina
(Cercle de Yanfolila) en réserve de faune est en cours.
La création de 4 aires de conservation dans le Gourma est effective
avec leur plan d’aménagement.
Carte des Aires Protégées du Mali
DEFINITION D’UNE AIRE PROTEGEE
L’UICN définit une aire protégée comme suit :« Un espace géographique
clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace,
juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature
ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont
associées » (UICN 2008).
Les aires protégées peuvent être classées en six catégories, selon les objectifs
de leur gestion (UICN voir lignes directrices pour la planification de la
gestion des AP de la CMAP ).
Une Aire Protégée est un biotope dont l’intérêt scientifique, économique et
écologique recommande qu’on lui accorde une protection particulière.
Selon la législation malienne, le domaine faunique national comprend:
- les aires protégées qui sont constituées par : les réserves naturelles
intégrales, les parcs nationaux, les réserves de faune, les sanctuaires, les
réserves de la biosphère, les zones d'intérêt cynégétique ;
- les zones amodiées ;
- les ranches de gibier ;
- les zones de chasse libre.
2. ORGANISATION DE LA GESTION DES AIRES PROTEGEES
2.1. ORGANISME DE GESTION
L’absence d’une structure autonome dédiée à la gestion des AP du Mali.
Les parcs et réserves du Mali sont gérés uniquement par l’ETAT à travers la
Direction Nationale des Eaux et Forêts (DNEF) qui s’appuie au niveau régional
sur les Directions régionales des Eaux et Forêts (DREF) qui disséminent ensuite
des postes forestiers au niveau des communes en fonction de l’intérêt des sites.
Un seul service spécialisé gère la réserve de Biosphère de la Boucle du Baoulé .
Il s’agit de « l’Opération Aménagement du Parc National de la Boucle du
Baoulé et des Réserves adjacentes (OPNBB) » qui est un service rattaché à la
DNEF.
Le Projet Conservation et Valorisation de la Biodiversité du Gourma et des
Eléphants (PCVBG-E) est géré par l’Unité de Gestion du Projet (UGP) qui a
contractualisé avec la Cellule de mise en Œuvre (CMO) basée à Douentza. La
CMO est remplacée par l’AIG « ASSYHAR » depuis le 27 Septembre 2011.
2.2. GESTION DES AIRES PROTEGEES (quelques innovations)
Le Mali dispose depuis Janvier 2011 d’un document de Stratégie Nationale
de gestion des aires protégées avec l’appui du PNUD/FEM/UNOPS à
travers le (PoWPA)
Le projet PNUD/FEM« extension et renforcement du système des aires
protégées au Mali » entend mettre en place trois modèles de gouvernance
des AP dans sa zone d’intervention :
1. Le modèle de gestion étatique des parcs nationaux et sanctuaire des
chimpanzés (un gestionnaire des AP et son staff)
2. Le partenariat Public/Privé avec une ONG qui sera amodiataire du
complexe des réserves de faune NW, MW et la ZIC de Faragama
3. Le modèle de gestion communautaire des zones de biodiversité et des
mises en défens du secteur de Faléa – Faraba. Il y aura l’implication des
sociétés minières et des collectivités territoriales.
Dans le cadre du transfert de la gestion des RN du Gourma, l’Etat a
transféré la maîtrise d’ouvrage du PCVBGE à l’Association Inter-collectivité
de Gestion « ASSYHAR » depuis le 27 Septembre 2011.
2..3 TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le cadre législatif et réglementaire fixant les conditions de gestion de la
faune sauvage et de son habitat est la Loi N°95 - 031 du 20 mars 1995.
Il existe trois catégories d’aires protégées qui sont:
•
1ère catégorie: les aires de protection intégrale (Article 39 à 41)
sont soit:
o
des aires classées et gérées dans des buts de protection à des
fins scientifiques ou de protection des ressources naturelles à l’état
sauvage (réserves naturelles intégrales),
o
des aires classées et gérées à des fins de protection
d’écosystèmes et à des fins récréatives (parcs nationaux),
•
2ème catégorie : les aires classées dans des buts de conservation
et d’aménagement de la faune sauvage et son habitat. Ces aires sont
classées par décret pris en conseil des ministres. Il s’agit des réserves de
faune (Article 43 et 44) et des sanctuaires ou réserves spéciales (Art 17).
2.3. TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES (suite)
• 3ème catégorie : aires classées et gérées à des fins de conservation
et d’exploitation durable de la faune (zone d’intérêt cynégétique).
Des activités de chasse ou pêche sportive touristique ou de tourisme
de vision sont organisées dans la ZIC à travers un plan
d’aménagement approuvé par Arrêté du Ministre chargé de la faune.
Les zones d’intérêt cynégétique sont classées par arrêté du Ministre
chargé de la faune.
Le Décret N° 97-052 /P-RM du 31 Janvier 1997 traite de l’amodiation
des aires protégées en vue de l’organisation du tourisme de vision et
de l’amodiation du droit de chasse (Articles 55, 56, 57).
2.4. LE RÔLE DES COLLECTIVITÉS LOCALES
En matière de gestion de la faune sauvage et de son habitat,
les collectivités territoriales (régions, district de Bamako,
cercles et communes) peuvent créer des zones d’intérêt
cynégétique et des ranchs de gibier dans leur domaine.
Les collectivités territoriales participent à la gestion de la faune
à travers les conseils de chasse au niveau communal, du
cercle, de la région et au niveau national.
3. DESCRIPTION DES AIRES PROTEGEES
3.1. Réserve de Biosphère de la Boucle du Baoulé (533 037 ha)
Le parc national la Boucle du Baoulé et ses réserves de faune furent créées
en 1954 et 1959. L’ensemble a été classé en réserve de Biosphère en 1982.
Localisé dans la région naturelle du Plateau Mandingue, le Baoulé possède
des paysages parmi les plus diversifiés du Mali. Le relief, très accidenté et
constitué de plateaux gréseux est recouvert par une végétation répartie entre
quatre formations : savanes arbustives, arborées, boisées et les galeries. Les
fleuves Baoulé et Badinko renferment la majeure partie des ressources en
eau.
L’Ourébi (Ourebia ourebi), le Céphalophe de Grimm (Sylvicapra grimmia),
le Phacochère (Phacochoerus aethiopicus), le Porc épic (Hystrix cristata), le
Chacal (Canis aureus) et divers primates (Patas (Erythrocebus patas), Singe
Vert (Chlorocebus aethiops) et Babouin (Papio anubis)) sont répandus à
travers la réserve.
3.2. Réserves situées au sud de la réserve de Biosphère de la Boucle du
Baoulé
Elles forment un ensemble quasiment continu au Sud du bloc de Fina. Ce
sont:
•
la réserve de faune du Kéniébaoulé (67 500 ha), créée le
15/04/1954 par l’Arrêté N°2948/SEF,
•
la réserve de faune du Talikourou (13 900 ha), créée le 14/11/1
9531953 par l’Arrêté N°8111/SEF,
•
la forêt classée de Bossofala (12 000 ha) créée le 26/1 0/1 944 par
l’Arrêté N 2938/S E
La végétation et la faune sont sensiblement les mêmes que dans la réserve
de Biosphère. Ces espaces sont sujets aux spéculations des populations qui
ont abandonné les cultures traditionnelles au profit de la culture du coton.
Dans la forêt de Nafadji qui constitue une des principales voies de migration
des grands mammifères de la réserve de Biosphère du Baoulé, les habitats
se trouvent en état de très grande dégradation. Les conditions écologiques
ont totalement changé à cause des multiples feux de brousse et de la
transhumance.
3.3. Aire transfrontalière Mali-Guinée du Bafing Falémé (332 639 ha, en cours
de création).
Cette aire transfrontalière est en cours de création comprend deux grandes
zones:
Bafing Zone nord (250 509 ha)
La zone Nord du Bafing est composée du:
•
Parc National de Kouroufing (55 770 ha), créé par la Loi n°02-003 du
16janvier2002,
•
Parc National de Wango (53 599 ha), créé par la Loi n°02-003 du 16
janvier 2002~
•
Sanctuaire des chimpanzés (67 200 ha), créé par le décret N°02-199PRM du 22 avril 2002. Cet espace a été classé uniquement pour la protection
des chimpanzés (Pan troglodites saturus) qui sont les plus septentrionaux
d’Afrique. Ce statut juridique particulier permet de concilier la protection des
chimpanzés avec la présence de villages au sein du sanctuaire.
La zone d’intérêt cynégétique de Flawa (73 940 ha), créée par l’Arrêté N°042764/M EA -SG du 30 décembre 2004.
La zone Nord renferme encore une faune caractéristique de la savane
soudanienne, qui s’est réfugiée dans les 2 parcs suite aux modifications
écologiques introduite dans la région au moment de la mise en eau du
barrage de Manantali sur le Bafing (lac artificiel de 500 km2 qui a
inondé, lors de sa création, 37 villages et 20 000 ha de forêt).
Les chimpanzés, les singes rouges (Erythocebus Patas), les vervets
(Cercopithecus aethiops) et les babouins constituent avec les
phacochères, les populations animales les plus importantes. Le Chacal,
le Chat sauvage (Feus silvestris lybica), la Civette, l’Ecureuil, le Guib
harnaché, l’Hippotrague (Hippotra gus equinus), le Lièvre (Lepus sp), le
Porc-épic sont présents presque partout. Par ailleurs, la zone abritrait
encore quelques élands de Derby (Taurotragus derbianu), des buffles
nains des savanes (Syncerus Caffer Nanus) et des lycaons (Lycaon
pictus), ainsi que des lions. Il y a 58 espèces d’oiseaux recensées.
Bafing : Zone Sud-Est (82 130 ha, en cours de création)
La zone Sud-Est (Galé-Limakolé) comprend deux réserves et une ZIC
toutes créées
•
la réserve de faune Mandé Wula (35 520 ha)
•
la réserve de faune Néma Wula (15 390 ha)
•
la zone d’intérêt cynégétique de Gadougou (31 220 ha)
Le relief du Bafing Falémé est morcelé et formé d’une succession de
plateaux séparés par des bassins et des cuirasses, parfois bauxitiques. Il y
a deux grands types de formations végétales: la savane et les forêts
sèches.
Le Bafing Falémé est caractérisé par la présence de nombreuses espèces
de mammifères : (31 espèces de mammifères inventoriées en 2002)
Dans la zone sud est (Galé Limakole), le dénombrement a révélé la
présence de 18 espèces de mammifères, néanmoins les densités sont
plus faibles. Seul le Babouin est abondant. Les mammifères les plus
fréquents sont le Phacochère, le Patas et le Porc-épic.
La zone recèle encore un potentiel minimal d’antilopes (Hippotrague,
Bubale (Alcelaphus bucelaphus major)) et un petit troupeau de buffles.
La présence de chimpanzés est aussi avérée . Il y a 51 espèces d’oiseaux
dénombrées. Par ailleurs, la zone est une voie de passage des grands
ongulés lors de leurs “ migrations” annuelles.
3.4. Réserve spéciale des éléphants de Douentza (Gourma) (1 250 000 ha)
Le Gourma est caractérisé principalement par un régime aride à semi aride. Une partie du parcours (1 250 000 ha, soit environ 39 %) a été
classée depuis 1959 en “ Réserve spéciale des éléphants de Douentza”
par la Loi N° 59 – 53/AL - RS du 30 Décembre 1959 et vise uniquement
la protection des éléphants. A noter que le pâturage est autorisé dans la
réserve.
On dénombre 824 espèces végétales, ligneuses et herbacées dans les
différents milieux (plaines temporaires inondées, formations dunaires,
bordures des mares et zones inter -dunaires). La végétation varie
beaucoup d’un point à l’autre.
Les épineux du genre Acacia (Acacia tortiis, Acacia seyal, Acacia radiana,
Acacia senegal) dominent les autres espèces végétales en certains
endroits. Il y a aussi des associations d’Acacia, Balanites et Jujubiers dans
les galeries. Dans d’autres endroits, la formation est plutôt arbustive.
En dehors des éléphants, le capital faunique en mammifères du Gourma malien se
compose de la Gazelle dorcas (Gazella dorcas), rare, la Gazelle à front roux, plusieurs
fois observée. L’Oryctérope est très peu observé à cause de ses activités nocturnes,
toutefois des terriers et des traces sont fréquemment notés.
Le Cynocéphale, le Singe rouge et le Daman des rochers (Procavia capensis) sont très
peu abondants. Parmi les carnivores, on trouve l’Hyène rayée, le Chacal commun, le
Serval, la Genette, le Ratel, le Zorille et le Chat Sauvage.
Les oiseaux terrestres sont la Grande Outarde (Otis tarda), la Petite Outarde, la Pintade
Commune (Numida metea gris), le Francolin (Francolinus), les Tourterelles
(Streptopelia).
Les oiseaux d’eau sont représentés par le Canard Armé (Plectropterus gambensis), la
Grande Aigrette (Ardea alba), le Canard Casqué (Sarkidiornis melanotos), le
Cormoran (Phalacrocoracidae), le Héron Cendré (Ardea cinerea), le Dendrocygne
Veuf (Dendrocygna viduata). La Grue Couronnée (Balearica pavonina) se fait rare.
Les oiseaux de proie les plus abondants sont les vautours, les éperviers (genre
Accipiter), le Serpentaire (Sagittarius serpentarius), l’Autour Chanteur (Melierax
canorus), le Milan Noir (Milvus migrans).
La faune reptilienne est aussi très riche et se compose surtout de crocodiles, varans,
vipères (Cobra nigricolis), couleuvres, agames...
3.5. Réserve de Faune du Sounsan (37 600 ha)
La forêt classée et réserve partielle de faune du Sounsan créée par l’Arrêté
8531/SEF du 30/1 2/1 954 a été érigée en réserve totale de faune (37 600 ha),
par le Décret N°89/MA-EF du 15/04/1959.
Consécutivement, il existe une confusion juridique sur son statut officiel car elle
est encore gérée comme une forêt classée: il existe même un plan
d’aménagement pour la gestion des ressources du site.
La faune est encore composée de Phacochère, Ourébi, Céphalophe de Grimm.
Un petit troupeau d’éléphants est revenu dans la réserve depuis 2002,
probablement en provenance de la Côte d’ivoire ou de la Guinée, et reste trois
à quatre mois par an dans la région. Les petits carnivores nocturnes comme le
Ratel, la Civette, la Genette sont présents. Parmi les rongeurs, on rencontre le
Porc épic, l’Oryctérope, et comme primates, le Singe vert et le Patas.
3.6.Réserve de faune du Banifing - Baoulé (13 000 ha)
La Réserve partielle de Faune du Banifing - Baoulé (13 000 ha) a été
créée par l’Arrêté N°8582 /SEF du 02/1 2/1 954. C’est un domaine en
dégradation, sujet aux spéculations des communautés riveraines. Des
empiètements sont effectués pour la culture du coton.
Il n’y a pas d’information actualisée sur l’état de la faune, qui doit être
sensiblement la même que dans le Sounsan. Les éléphants sont revenus
dans la réserve depuis 2002 (ils longent les fleuves Baoulé et Bagoyé).
3.7.Réserve de faune du Nienendougou (40 640 ha)
La réserve de faune de Nienendougou créée en 2001 à partir d’une forêt
classée (créée en 1984) couvre une superficie de 40 640 ha, elle est
adjacente à la zone d’intérêt cynégétique de Nienendougou qui est
classée par l’Arrêté n°04 2762/MEA- SG du 14 décembre 2004 (40 402
ha) amodiée à AID.SA.
Cette réserve est dans une zone agro-écologique différente. La végétation
est surtout composée d’essences de la savane soudanienne avec parfois
des galeries forestières au bord des cours d’eau et certaines vallées.
Parmi les espèces végétales les plus caractéristiques de la zone, on peut
noter: le Karité, Terminalia macroptera, le Vène (Pterocarpus
erinaceus), Erythrophleum guineense, le Néré, Isoberlia doka, Daniela
oliveri, le bambou (Oxytenanthera abyssinica). La réserve renferme une
gamme variée d’animaux sauvages dont quelques grands mammifères:
Cob de Buffon mais aussi Hippopotame, Cob Defassa, Hippotrague, qui
est très menacé à l’heure actuelle.
3.8.Réserve de Faune de Tamesna et Adrar des Iforas (600 000 ha, en cours de
création)
Le Tamesna est une vaste étendue de plaines et de plateaux arides avec des
espaces entièrement nus, sableux, caillouteux ou mixtes, qui alternent avec des
zones plus ou moins végétalisées (formations herbacées ou ligneuses éparses ou
au contraire présence de bosquets ou de pâtures). La végétation herbacée est
dominée par des graminées (Aristida sp, Panicum turgidum). Les ligneux les
plus représentés sont les acacias
La plupart des espèces fauniques se trouvent au bord de l’extinction. La gazelle
Dorcas est encore présente, la gazelle Dama (Gazella dama dama) est sur le
point de disparaître, tandis que le Mouflon a manchettes (Ammotra gus lervia)
vit retranché dans les montagnes de l’Adrar des Iforas. L’Oryx (Oryx dammah)
et l’Addax (Addax nasomaculatus) ont disparu. Le Guépard (Acinoyxjubatus)
est encore signalé de même que la Hyène tachetée (Crocuta crocuta), le Chacal,
le Renard des sables, le Chat des sables, le Singe rouge, la grande Outarde et la
Pintade. La réserve est en cours de création. L’objectif est de créer une aire de
type “ parc régional “. La superficie proposée pour le classement est de 600 000
ha mais pourrait être réduite à l’issue des négociations avec les populations.
3.9.Réserve spéciale des Girafes d’Ansongo - Ménaka (1 750 000 ha)
Cette réserve, située dans la partie sud de la région de Gao et dans la
zone frontalière avec la république du Niger, a été créée le 17/02/1 950
par l’Arrêté N° 883/SEF pour abriter des populations de girafes qui ont
aujourd’hui complètement disparu. La zone écologique demeure
cependant intéressante le Tilemsi présente un paysage de larges plaines
bordées par des plateaux disséqués.
La végétation est essentiellement composée d’espèces sahéliennes. La
faune est représentée par le Chacal commun, le Fennec, le Chat des
sables etc. La gazelle Rufifrons et la gazelle Dorcas seraient encore
présentes.
Le fleuve Niger, qui longe la réserve, est la seule source d’eau de surface
pérenne on y rencontre très régulièrement l’Hippopotame et le
Crocodile. La réserve se trouve maintenant sous l’emprise des pasteurs
et des agriculteurs et même des habitations humaines.
3.10. Les zones d’intérêts cynégétiques
Contexte de création
Le Mali avait mis l’accent sur la conservation intégrale de la faune dans
des parcs nationaux et réserves de faune.
1991, il s’est avéré nécessaire de procéder à une relecture des textes
forestiers pour les adapter au nouveau climat social du pays.
1995, le processus a abouti aux nouvelles lois de gestion des ressources
naturelles (forêts, faune, pêche et pisciculture) dont la 95-031 prenant en
compte la création de zones d’intérêt cynégétique (Article 19)
La zone d'intérêt cynégétique est une aire aménagée où sont organisées des
activités de chasse, de capture, de pêche ou de tourisme.
N°
Dénomination de l’aire protégée
1
Zone d'intérêt cynégétique de Tidermène - Arrêté
Alata
N° 04-1958/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique d’Inekar
Arrêté
N°04-1959/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de
Arrêté
Nienendougou
N°04-2762/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Flawa
Arrêté
N°04-2764/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Banzana
Arrêté
N°04-2765/MEA-SG
Zone d'intérêt cynégétique de Salam
Arrêté
N°06-0085/MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique de Tin
Achchara
Zone d’intérêt cynégétique de Tarkint
Arrêté
N°08-2204/MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique dite Azaouad Arrêté
Nord Ouest -3
N°08-2991/MEA-SG
Zone d’intérêt cynégétique du Faragama
Arrêté
N°11-1643/MEA-SG
Superficie totale
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Statut
Taille en Date
Classement
ha
création
UICN
312 400 04/10/2004 Non classée
180 625 04/10/2004 Non classée
50 422 30/12/2004 Non classée
73 940 30/12/2004 Non classée
44 402 30/12/2004 Non classée
1 216 000 19/01/2006 Non classée
286 000 7/12/ 2007 Non classée
972 900 04/08/2008 Non classée
815 735 27/10/2008 Non classée
32 657 09/05/2011 Non classée
3 985 081
3.10 Les zones d’intérêts cynégétiques (suite)
Avantages de la création des ZIC
1. ETAT
L’opportunité de générer des ressources financières en
passant des contrats d’amodiation (contrat de gestion)
Diminution la pression de braconnage sur les parcs
nationaux et les réserves de faune
2. COLLECTIVITES/ COMMUNAUTES
Perception de redevances par les collectivités territoriales
 Les retombées du tourisme cynégétique dans les localités
riveraines des ZIC (économie locale)
La création d’emplois permanents ou temporaires (pisteurs,
gardiens, cuisiniers, manœuvres) au niveau des villages
riverains
Gestion /exploitation des ZIC
Parmi les dix ZIC créées, seulement trois ont bénéficié d’un contrat
d’amodiation : il s’agit de Tidermene-Alata , Salam et Niénendougou (à
travers le complexe Bougouni – Yanfolila avec AID.SA).
Tidermene-Alata et Niénendougou ont leur plan d’aménagement
validé, n’ont pas de plan de tir établi à partir d’un inventaire quantitatif
Les informations relatives à l’exploitation des ZIC ne parviennent pas à
la DNCN dans des rapports de gestion : les informations qui concernent
le nombre de touristes ayant fréquenté la ZIC, le nombre d’animaux
abattus par espèce, les taxes et redevances perçues et leur répartition au
cours des campagnes écoulées sont indispensables pour le suivi et la
prise de décisions dans la gestion des ZIC.
LES FACTEURS DE DEGRADATION DES AIRES
PROTEGEES DU MALI
Exploration /exploitation minière
L’exploitation minière est une menace dans le Bafing : il y a
déjà de l’orpaillage traditionnel en périphérie des parcs, mais
il y a actuellement des projets d’exploration minière de
diamants, d’uranium, de fer .
Dans le Tamesna, il y a des projets d’exploration pétrolière :
des permis d’exploration ont été délivrés autour des réserves
du Nord. Si ces recherches s’avèrent fructueuses, il est
probable que les compagnies demanderont à explorer dans
les réserves.
Il en est de même dans la réserve du Gourma pour
l’installation d’une cimenterie.
Importance écologique et socio économique des aires
Selon la liste rouge de l’UICN, les espèces de mammifère du
Mali en danger sont la gazelle Dama (danger critique
d’extinction), le Chimpanzé, et le Lycaon.
Les espèces vulnérables sont : le Guépard, le Mouflon à
manchettes, la gazelle Dorcas, l’Hippopotame, l’Eléphant, et
le Lamantin.
Ces espèces de la Liste Rouge de l’UICN déjà menacées,
sont encore plus vulnérables que toute autre espèce.
L’Eléphant du Gourma par exemple est menacé dans son
habitat ; son aire de répartition et ses effectifs diminuent
fortement, limitant ainsi ses capacités d’adaptation en cas de
changement environnementaux majeurs.
4. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Le Mali présente
une très grande vulnérabilité face au
Changement Climatique par :
• Irrégularité de pluviométrie,
• Série de sécheresse marquante (années 70s et 80s),
• Inondations (augmentation de l’étendue et la fréquence des
catastrophes naturelles).
• Le glissement des isohyètes du Nord vers le Sud
• Augmentations de la température moyenne,
Les changements climatiques ont d’ores et déjà un impact sur la
diversité biologique et les projections indiquent qu’ils
représenteraient une menace de plus en plus importante pour la
diversité
biologique
dans
les
décennies
à
venir.
4. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (suite)
Les impacts les plus perceptibles du CC sur les AP au Mali
sont le déplacement et la fixation des agriculteurs/ éleveurs
des régions Nord dans les AP du Sud, la migration de
certaines animales en dehors des frontières nationales (cas
des girafes, des éléphants du Sounsan, du Baoulé, etc …), la
destruction des habitats de la faune (transformation des forêts
galeries et des savanes boisées),
(voir
diapos
étude
géocodage
Bafing
Falémé)
Etudes de Géocodage des Limites et de Cartographie des Aires Protégées de la Réserve de
Biosphère du Bafing- Falémé, de la Boucle du Baoulé et des zones Tampons
1. ETAT ET ÉVOLUTION DU COUVERT VÉGÉTAL DE 1990 À 2006
1.1. Evolution du couvert végétale de 1990 à 2006
Tableau : Récapitulatif de l’état des superficies du Bafing Falémé de 1990 à 2006
Désignations
Champ et jachère
Superficies en ha
PIRL 1990
15.240
Superficies en ha
2006
39.475
Différences en ha
+24.235
Savane arbustive
60.909
133.682
+72.773
Savane
arborée /arborée
saxicole
Savane boisée
522.694
364.201
-158.493
790.092
400.880
-389.212
Forêt claire/
Galerie forestière
Eaux de surface et
habitations
Total
650.089
500.000
- 150.089
43.800
44.586
+ 786
1.482.824
1.482.824
-
Etudes de Géocodage des Limites et de Cartographie des Aires Protégées de la Réserve de
Biosphère du Bafing- Falémé, de la Boucle du Baoulé et des zones Tampons
1.2. Commentaires
De la lecture du tableau, on constate:
 une augmentation assez significative des superficies des champs et jachères
qui s’explique par la pression démographique (création de hameaux de
culture) et la culture du coton surtout dans la partie Est de la réserve de
Biosphère dans les zones de transition;
 une augmentation assez significative des superficies de savanes arbustives au
détriment des savanes boisées sous la pression pastorale, l’exploitation
forestière pour les besoins domestiques et les endémiques feux de brousse ;
 Par ailleurs on observe une nette régression de l’état des formations de
savanes boisées, forêts claires et galeries forestières sur l’étendue de la zone
de transition suite aux feux de brousse, l’occupation agricole des galeries
forestières et des forêts claires de plaines limoneuses et la pression du
pastoralisme transhumant.
Etudes de Géocodage des Limites et de Cartographie des Aires Protégées de la Réserve de
Biosphère du Bafing- Falémé, de la Boucle du Baoulé et des zones Tampons
2. ETAT ET ÉVOLUTION DU COUVERT VÉGÉTAL DE 1990 À 2006
2.1. Evolution du couvert végétale de 1990 à 2006
Tableau : Récapitulatif de l’évolution des superficies du Baoulé de 1990 à2 006
Désignations
Champ et jachère
Superficies en
ha
1990
353 .400
Superficies en Différence en ha
ha
2006
408.753
+55.353
Savane arbustive
745.000
871.466
+126.466
Savane arborée /arborée
saxicole
Savane boisée
429.122
407 .015
-22.107
450.068
400.811
-49.257
Forêt claire/ Galerie
forestière
Total
510.900
400 .445
-110.455
2.488.490
2.488.490
-
Etudes de Géocodage des Limites et de Cartographie des Aires Protégées de la Réserve de
Biosphère du Bafing- Falémé, de la Boucle du Baoulé et des zones Tampons
2.2. Commentaires
De la lecture du tableau, on constate:
 une augmentation significative des superficies des champs et jachères qu’on
peut expliquer par la règlementation de l’exploitation agricole dans la réserve
de biosphère entrainant le déguerpissement des champs dans les aires
centrales et tampons (uniquement dans la zone de transition) ;
 une augmentation significative des superficies de savanes arbustives et
arborées, s’expliquant par la pression pastorale, l’exploitation forestière pour
les besoins domestiques et les feux de brousse ;
 Par ailleurs on observe une diminution de superficies des formations de
savanes boisées, forêts claires et galeries forestières essentiellement dans les
aires centrales et les zones tampons qui s’expliquent par la forte pression
pastorale et les feux de brousse qui parcourent régulièrement la réserve de
Biosphère .
5. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (suite)
Les impacts sont également d’ordre socio-économiques et touchent
notamment les secteurs de la santé (avec les maladies dites « climatiques
») et de l’agriculture avec tous les risques que cela comporte en matière
de sécurité alimentaire.
Les impacts du changement climatique sur l'agriculture se traduisent par :
•Une modification des emplacements de zones de culture optimales
pour des cultures données entraînant une baisse des rendements
agricoles et d’élevage : facilitant l’insécurité alimentaire, les conflits entre
groupes ethniques et socioprofessionnels et une forte pression sur ces
forêts,
•Une modification dans les types d'exploitation et d'utilisation des terres
rurales: ex du pâturage,
•Une augmentation de l'EXODE RURAL et de L'IMMIGRATION,
•Une baisse des revenus des populations locales
5. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (suite)
Les conséquences spécifiques des CC sur la DB dépendent
largement de la capacité des espèces à migrer et à supporter des
conditions climatiques plus extrêmes. Face aux effets du CC, les
seules options pour les espèces sont de : soit s’adapter, soit de
migrer ou soit de s’éteindre.
Il existe heureusement des réponses aux risques liés au
changement climatique :
- d’une part la préservation et la restauration des écosystèmes et
des aires protégées forestières, en particulier, favorisent et
augmentent leur résilience, c’est-à-dire leur capacité à se
reconstituer suite à des perturbations.
5. LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (suite)
- d’autre part, les aires protégées bien gérées (en particulier les AP
forestières puisqu’elles ont une grande capacité de séquestration
du carbone) peuvent être une solution d’atténuation efficace.
- Le maintien d’une certaine connectivité (corridors écologiques)
entre les AP peut concourir à la diminution de la perte de
biodiversité et favoriser la variabilité génétique au sein d’une
population et permettre aux espèces susceptible de souffrir des
effets du CC de s’adapter (fragmentation des habitats)
Il est nécessaire que les mesures contre les changements
climatiques, qu’elles soient d’atténuation ou d’adaptation, fassent
l’objet d’un engagement ferme et d’une volonté sans équivoque de
l’Etat/ des Etats pour les mettre en place.

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