LA POLITIQUE EST-ELLE UNE SCIENCE OU UN ART ?

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Séance de révision n° 4
• « La politique est-elle une science ou un art ? »
• Sujet difficile, car la question est spécialisée.
• Sujet proche :
• « L’opinion doit-elle être le guide du pouvoir politique ? »
• « Opinion » (doxa) est ici à opposer à « science ».
• Sujets probables :
• « Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ? »
• « La politique est-elle l’affaire de tous ? »
LA POLITIQUE EST-ELLE UNE
SCIENCE OU UN ART ?
Introduction
• Constat paradoxal : La politique exige aujourd’hui de plus en plus de
compétences, ce qui peut remettre en cause l’idéal démocratique.
• Analyse de la question : présupposés
• position d’une alternative => La politique se réduit-elle à ces 2 possibilités ?
• La notion de « technique » => d’efficacité, à la dimension instrumentale : La
politique n’est-elle qu’un moyen ? Au service de quelles fins ?
• « La politique peut-elle viser autre chose qu’à l’efficacité ? »
• Problème posé par la technocratie : le pouvoir est-il réservé aux experts ?
• La notion de « science » => idée de recherche désintéressée de la vérité : la
politique vise-t-elle la vérité ? Les savants sont-ils les plus aptes à gouverner ?
Définitions
• LA POLITIQUE :
• Etymologie : grec polis, la cité (police, politesse)
• Théorique : la réflexion sur l’organisation de la société
• Pratique : l’activité de gouverner les hommes.
• « LE » POLITIQUE :
• Le fait politique, la dimension politique
• L’homme politique qui gouverne
• SCIENCE : savoir => Y a-t-il un savoir proprement politique ?
• ART :
• Technique, savoir-faire : ensemble de procédés permettant de produire un résultat
(technê) => Quelles sont les techniques politiques ?
• Création d’une belle œuvre => Y a-t-il une esthétique de la politique ?
La politique selon Max WEBER
• « Nous entendrons par politique l’ensemble des efforts que l’on fait
en vue de participer au pouvoir ou d’influencer la répartition du
pouvoir, soit entre les Etats, soit entre les divers groupes à l’intérieur
d’un même Etat ».
 Lien politique et pouvoir (l’exercice de l’autorité)
La politique selon FREUND
• La politique est « l’activité sociale qui se propose d’assurer par la
force, généralement fondée sur le droit, la sécurité extérieure et la
concorde intérieure d’une unité politique particulière garantissant
l’ordre au milieu de luttes qui naissent de la diversité et de la
divergence des opinions et des intérêts. » L’Essence du politique
 Lien politique et force
 cf. Max WEBER : l’Etat se caractérise par le « monopole de la
violence physique légitime ».
La politique selon SCHMITT
• « La distinction spécifique du politique, à laquelle peuvent se ramener
les actes et les mobiles politiques, c’est la discrimination de l’ami et
de l’ennemi », La notion de politique, 1932
 Critère de la politique ; lien politique et guerre.
 CLAUSEWITZ : « La guerre est la continuation de la politique par
d’autres moyens »
Problématique et enjeu
• Quels types de savoirs sont nécessaires à la politique ? Quelle est la
différence entre politique et science ? La politique a-t-elle le même
but que la science ? Peut-on rationaliser la politique ?
• La politique n’exige-t-elle pas également la mise en œuvre de
techniques de gouvernement, voire sa mise en scène esthétique ? La
politique n’est-elle pas alors le moyen efficace de conserver le
pouvoir ?
• Question centrale : quelle est la nature de la politique ? Que vise-telle ?
• Enjeu : Qui doit gouverner ? Comment former le politique ?
Plan
Eviter un plan trop caricatural : I. La politique est une science II. Un art
I. La politique, un art fondé sur une science
II. La politique, un art au service du pouvoir
III. La vocation politique, irréductible à la science et à l’art
I. Un art fondé sur un savoir
1) La connaissance politique
La politique exige des savoirs
• Pour gouverner, il faut disposer de connaissances.
• PLATON s’oppose aux Sophistes qui réduisent la politique à une technique
de manipulation.
• Condamnation de la démagogie, séduction du peuple.
• La politique doit reposer sur la connaissance du Bien.
• Pour conserver son autorité, la force des mains et du corps n’est rien en comparaison
avec « la pénétration et la vigueur de l’âme ».
• Pour ARISTOTE, la science politique est une science « architectonique », qui
coordonne les autres (l’économie, la stratégie militaire).
• SOCRATE ne sait rien, sauf la connaissance morale : « Ce que je sais, au
contraire, c’est qu’il est mauvais et honteux de faire le mal, de désobéir à
un meilleur que soi, dieu ou homme » (Apologie)
2) Une technique
Un art du « tissage »
• La politique suppose néanmoins un savoir-faire (technê), du type de celui
de « la construction des charpente ».
• ARISTOTE fait de la politique une praxis, c’est-à-dire une activité qui a sa fin
en elle-même, qui requiert le logos, par opposition à la poiesis, simple
production artisanale.
• PLATON, dans Le Politique, va comparer l’art politique (« art royal ») à un
tissage mêlant des fils différents, qui réalise « le plus magnifique et le plus
excellent de tous les tissus », lequel « enveloppe, dans chaque cité, tout le
peuple, esclaves ou hommes libres, les serre ensemble dans sa trame ».
• Ce tissage régulier unit « les caractères portés au courage et ceux qui inclinent vers la
modération », dans une « communauté de pensée et l’amitié ».
• Le but de la politique est le bonheur.
Le don de la technique et de l’art politique
• Dans le Protagoras, PLATON rapporte le mythe de Prométhée
• Prométhée vole le feu d’Hephaistos pour le donner aux hommes, qui n’ont
aucune ressource : ni fourrure, ni crocs … (oubli d’Epiméthée).
• Feu : symbole de la technique
• Malgré la possession du feu, les hommes continuent de mener une
existence précaire.
• Zeus leur donne alors « l’art politique » avec 2 sentiments : l’honneur
(aidos) et la justice (dikè), indispensable pour s’entendre entre eux et se
défendre contre les bêtes sauvages.
• Le don de l’art politique est un don divin contemporain de celui de la technique.
• La technique sans art politique est insuffisante.
• Mais si la politique est un art, peut-elle être faite par tous ?
3) Le meilleur gouvernant
Le philosophe-roi
• Le plus à même de gouverner la Cité : le philosophe (PLATON, La République, VI)
car il est à même de garder ses lois.
• Objection d’Adimante : les philosophes sont inutiles.
• SOCRATE : métaphore du bateau sur lequel les marins se disputent, niant qu’il y ait un art de
la navigation, et rejetant le pilote.
• Comment le reconnaître ?
• Celui-ci possède un « don naturel » très rare qui se corrompt facilement : le « naturel
philosophe ».
• Attention aux faux-philosophes !
• Il a aussi de l’expérience.
• Il a suivi une très longue formation (livre VII) :
• Le philosophe est sélectionné jeune, fait de la gymnastique, a été à la guerre (comme les gardiens)
• Les meilleurs feront 10 ans de mathématiques, afin d’habituer son esprit à se détourner du monde
sensible et à accéder au monde intelligible.
• Puis il doit acquérir la dialectique, par l’épreuve du dialogue, pour parvenir à la contemplation du bien.
• À 50 ans, il « redescend dans la caverne » pour diriger la cité.
La critique de la démocratie
• Au livre VIII, PLATON examine les différents régimes :
• Le meilleur régime est l’aristocratie.
• 4 déviations : timocratie, oligarchie, démocratie et tyrannie.
• PLATON critique la démocratie, gouvernement de l’opinion (doxa).
• L’opinion est changeante ≠ science
• L’homme démocratique est dominé par ses désirs.
• L’excès de liberté conduit à la servitude, car le peuple se choisit un chef, un
« homme-loup », un tyran.
• Les Sophistes flattent les opinions de ce grand animal qu’est la masse.
Conclusion
• Dans la perspective antique, le pouvoir politique repose sur une
science, la science la plus haute, qu’il faut néanmoins mettre en
œuvre (l’art politique).
• La politique est indissociable de la morale.
• La politique vise le bonheur des individus.
Transition
• Mais alors, pourquoi SOCRATE a-t-il renoncé à faire de la politique,
alors qu’il est l’homme le plus juste ? (Apologie)
• Il a été membre du conseil et a défendu les stratèges accusés lors de la
bataille des Arginuses, puis Léon de Salamine :
• « Pensez-vous que j’aurais vécu cette longue vie, si j’avais pris la défense de la
justice, décidé, comme on doit l’être, à la mettre au-dessus de tout ? ».
• Expérience décevante de PLATON auprès du tyran Denys de Syracuse.
• La connaissance de la justice suffit-elle à l’exercice de la politique ?
II. LA POLITIQUE, UN ART AU
SERVICE DU POUVOIR
1) Dominer les événements
Peut-on savoir à l’avance ce qu’il faut faire ?
• MACHIAVEL, dans Le Prince, chapitre 25, insiste sur la force du hasard (la
Fortune), qui peut détruire à tous moments les efforts de l’homme.
• La fortune est « arbitre de la moitié de nos actions ».
• Elle est comparée à « un de ces fleuves impétueux » détruisant tout sur son passage,
mais qu’on peut néanmoins endiguer.
• « Il en est de même de la fortune, qui manifeste sa puissance où il n’y a pas de force
organisée pour lui résister, et qui tourne là ses assauts, où elle sait qu’on n’a pas fait
de levées et de digues pour la contenir. »
• Les hommes sont imprévisibles et surtout méchants.
• « Des hommes, en effet, on peut dire généralement ceci : qu’ils sont ingrats,
changeants, simulateurs et dissimulateurs, ennemis des dangers, avides de gain ».
(chapitre 17)
Comment agir ?
• Par conséquent, aucune science ne pourra dire au Prince ce qu’il doit faire ; il doit
disposer de virtù :
• Il doit avoir l’intuition du bon moment pour agir (le kairos en grec).
• Il doit être énergique, et agir sans tarder.
• C’est pourquoi il ne faut pas différer la guerre : « on ne doit jamais laisser se produire un
désordre pour éviter une guerre, car on ne l’évite pas, mais on la diffère à son désavantage »
(chapitre 3).
• « La fortune étant variable et les hommes obstinés en leurs façons », « Je juge
certes ceci : qu’il est meilleur d’être impétueux que circonspect, car la fortune
est femme, et il est nécessaire, à qui veut la soumettre, de la battre plutôt que de
la rudoyer. Et l’on voit qu’elle se laisse plutôt vaincre par ceux-là que par ceux qui
procèdent avec froideur. Et c’est pourquoi toujours, en tant que femme, elle est
amie des jeunes, parce qu’ils sont moins circonspects, plus hardis, et avec plus
d’audace la commandent », Le Prince, chapitre 25
2) La stratégie du pouvoir
La politique n’est pas la morale
• Le but de la politique : conserver le pouvoir
• Surtout, quand le Prince est nouveau.
• La politique n’est pas la morale :
• La morale : devoir-être, idéal / politique : faits
• « Celui qui délaisse ce qui se fait pour ce qui devrait se faire apprend plutôt à
se perdre qu’à se sauver » (chapitre 15).
• « L’homme qui en toutes choses veut faire profession de bonté se ruine
inéluctablement parmi tant d’hommes qui n’ont aucune bonté ».
• Exemple de l’échec du dominicain Jérôme SAVONAROLE, qui voulut moraliser
Florence et en faire une cité « céleste ».
Importance de la connaissance historique
• Le Prince qui veut gouverner habilement doit étudier l’histoire.
• Importance de l’observation des faits
• En particulier, il doit prendre exemple sur les grands hommes politiques :
« L’homme sage doit toujours s’engager dans les voies frayées par les
grands hommes et imiter ceux qui ont été tout à fait excellents. »
• « Si son génie n’y peut parvenir, il en garde au moins quelque relent ».
• Car il faut « faire comme les archers avisés qui, connaissant la force de leur
arc, si le but qu’ils veulent frapper leur paraît trop éloigné, prennent leur
visée beaucoup plus haut que le lieu fixé, non pour que leur flèche
parvienne à une telle hauteur, mais pour que cette visée si haute leur
permette d’atteindre le point désigné ». (chapitre 6)
La force et la ruse
• Le Prince doit user de la force :
• Les prophètes désarmés s’effondrèrent, car « la nature des peuples est
changeante ; et il est aisé de leur persuader une chose, mais difficile de les
tenir fermes en cette persuasion » (chapitre 6).
• Mieux vaut être craint qu’aimé car « les hommes hésitent moins à nuire à un
qui se fait aimer qu’à un qui se fait craindre » et ne pas hésiter à être cruel.
• Exemple d’Hannibal, « vénérable et terrible » aux yeux de ses soldats, et de César Borgia
• Mais il doit l’employer avec ruse :
• Mépris pour la ruse dans la tradition politique antique et médiévale.
• Il doit se faire craindre et non haïr (en prenant les biens et les femmes).
• La force doit être utilisée avec parcimonie.
Le lion et le renard
• 2 manières de combattre : avec les lois et avec la force.
• Le Prince doit être « mi-homme » (les lois), « mi-bête » (la force).
• Parmi les bêtes : s’inspirer du renard et du lion « car le lion ne se
défend pas des rêts, le renard ne se défend pas des loups. Il faut donc
être renard pour connaître les rêts et lion pour effrayer les loups. »
(chapitre 18)
• La force doit être utilisée avec ruse.
• Le Prince n’est pas tenu de respecter ses promesses.
• Exemple du pape Alexandre VI qui réussit en trompant les autres.
• La ruse commande cependant de paraître bon.
3) L’esthétisation de la politique
L’apparence de vertu
• La ruse consiste aussi à donner l’apparence de la vertu.
• L’apparence de vertu est utile, car elle permet le soutien du peuple, mais sa
possession nuisible : le Prince doit savoir user de moyens immoraux quand
les circonstances l’exigent.
• Le peuple se laisser facilement tromper par cette apparence : « Chacun voit
ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es » (chapitre 18)
• Le Prince doit éviter le mépris en étant « tenu pour changeant, léger,
efféminé, pusillanime, irrésolu » (chapitre 19) et paraître grand.
• La vertu ordinaire ne convient pas en politique, car elle produit l’inverse
• Un prince généreux sera en réalité rapace car il devra lever plus d’impôt.
Conclusion
• Avec MACHIAVEL, la politique s’affranchit de la morale et de la
religion.
• La politique ne doit viser qu’à la conservation du pouvoir.
• « Si un prince veut maintenir son Etat, il est souvent forcé de n’être pas bon »
(chapitre 19)
• Aucun bien ne sera possible si la stabilité politique n’est pas assurée.
• Les hommes pardonnent vite les exactions du Prince si elles ont conduit à la
paix.
• La politique repose sur un jeu d’apparences : elle est un art théâtral.
• Mais la politique se réduit-elle à une technique efficace ? N’a-t-elle
pas un but plus haut ? Des valeurs à défendre ?
III. LA POLITIQUE, IRREDUCTIBLE
A UN ART COMME A UNE
SCIENCE
1) La différence entre l’homme
politique et le scientifique
Le savant et le politique
• Dans sa conférence sur « La vocation de savant » (1919), Max WEBER
oppose la démarche du scientifique à celle du politique :
• Le politique prend des décisions (jugement de valeur), alors que le
scientifique analyse (jugement de fait).
• La science est caractérisée par sa neutralité axiologique.
• L’homme politique, lui, choisit et défend des valeurs.
• Ce choix est irrationnel : il est impossible de trancher rationnellement les
valeurs à défendre du fait d’un « polythéisme des valeurs » et d’une
irréductibilité des visions du monde dans le monde moderne et pluraliste.
• « nihilisme wébérien » selon Léo STRAUSS : jamais les hommes ne s’accorderont sur la
légitimité des fins à atteindre.
• La vocation scientifique repose elle aussi sur un choix irrationnel : celui en
faveur de la science.
2) La politique n’est pas qu’une
technique
La politique doit être une vocation
• Dans sa conférence sur « La vocation de politique », WEBER montre que
l’Etat moderne dispose des moyens matériels de gestion dont il a exproprié
les fonctionnaires (1919).
• La politique s’appuie sur des fonctionnaires (des techniciens hautement qualifiés)
• D’où des hommes politiques professionnels vivant « pour » la politique et
non seulement « de » la politique.
• Le choix pour la politique est une vocation.
• Le pouvoir a trois fondement : la tradition, le charisme ou la légalité.
• La vocation est manifeste dans le pouvoir charismatique quand un homme est
appelé au rôle de conducteur d’hommes.
• Le véritable homme politique se met au service d’une cause qui donne sens à sa vie.
Les 3 qualités de l’homme politique
• La passion (le dévouement à une cause, à son « démon »)
• Passion ≠ « excitation stérile ».
• La passion seule ne suffit pas.
• Le sentiment de responsabilité
• Le coup d’œil
• « cela veut dire qu’il doit posséder la faculté de laisser les faits agir sur lui dans le recueillement et
le calme intérieur de l’âme et par conséquent de savoir maintenir à distance les hommes et le
choses. « L’absence de détachement » comme telle est un des péchés morals de l’homme
politique. »
• Mais « comment peut-on faire cohabiter dans le même individu la passion ardente et le froid coup
d’œil ? On fait la politique avec la tête et non avec les autres parties du corps ou de l’âme ».
• La « force » d’une personnalité politique réside dans « ce pouvoir de dompter son âme avec
énergie ».
• Les qualités des fonctionnaires (appliquer avec conscience) ne conviennent pas à la
politique.
3) L’éthique politique
L’éthique de responsabilité et l’éthique de
conviction
• « Toute politique utilise comme moyen spécifique la force ».
• La domination des révolutionnaires en Russie = celle de l’ancien régime
impérial
• Le problème est que l’éthique (par exemple, celle de l’Evangile)
demande à l’homme de ne pas résister au mal par la force là où la
politique exige que la force fasse reculer le mal.
• La politique a affaire aux « puissances diaboliques », à la violence.
• L’éthique de la conviction est condamnée à l’échec.
• L’éthique de la responsabilité (user de moyens immoraux pour éviter
le mal) convient mieux à la politique, mais ne dit pas quelles fins
poursuivre.
La solution
• Prendre conscience de ces paradoxes éthiques, concilier ces deux
formes d’éthique.
• « La politique consiste en un effort tenace et énergique pour tarauder
des planches de bois dur ».
• Complémentarité de ces deux attitudes, instrumentale et morale, qui,
dans leur « antagonisme éternel », constituent « l’homme
authentique » = celui qui, dans ses déchirements, peut prétendre à la
« vocation de la politique », être un « héros ».
Conclusion
• La politique exige un certain nombre de savoirs et de techniques.
• Elle repose sur une mise en scène artistique, dans laquelle l’homme
politique doit paraître bon et grand.
• Elle est surtout une vocation, le choix de défendre des valeurs.
A lire
• « Remarquons que l'art de gouverner un grand peuple est le seul pour
lequel il n'y ait pas de technique préparatoire, pas d'éducation efficace,
surtout s'il s'agit des plus hauts emplois. L'extrême rareté des hommes
politiques de quelque envergure tient à ce qu'ils doivent résoudre à tout
moment, dans le détail, un problème que l'extension prise par les sociétés
a peut-être rendu insoluble. Étudiez l'histoire des grandes nations
modernes : vous y trouverez nombre de grands savants, de grands artistes,
de grands soldats, de grands spécialistes en toute matière, - mais combien
de grands hommes d’État ? »
• Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion, 1932, Chapitre IV,
Alcan, p. 293.
Exemple de sujet
• « La politique doit-elle être subordonnée au droit ? »
• Problème de la raison d’Etat : la politique peut-elle transgresser les
règles de la vie collective ou non ?
I. La politique doit respecter le droit (PLATON)
II. Une La nécessité de transgresser les règles (MACHIAVEL)
III. Une politique juste est fondée sur le droit (ROUSSEAU)

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