Eclairages sur la Vie de Néron

Report
Eclairages sur la
Vie de Néron
Isabelle Cogitore, Univ.
Grenoble 3
 J. Beaujeu, L’incendie de Rome en 64 et les Chrétiens,
Latomus, 19, 1960, 65-80 et 291-311
 E. Champlin, Nero, Cambridge Mass-Londres, 2003 : E.
Cizek, Néron, Paris, 1982
 L. De Coninck, Les sources de Suétone dans les Douze
Césars, Aufstieg und Niedergand der römischen Welt
(ANRW), II,33,5, p. 3675-3700
 J. Gascou, Suétone historien, Rome, 1984 (BEFAR 255)
 M. Griffin, Néron ou la fin d’une dynastie tr.fr.2002 (angl
1984) :
 R. Martin, Les douze Césars : du mythe à la réalité, Paris,
1991
 D. Shotter, Nero, Oxford, 1997 (2005)
 http://www.sienneron.fr/neronia-electronicarevue-electronique/
Cl. Aziza, Néron, le mal aimé de l’histoire, Découvertes 2006
 J. Schmidt, Néron, monstre sanguinaire ou empereur
visionnaire, Paris, Larousse, 2010
 J. Champion, La maison Germanicus, Grasset 1996 (Bibl
K.Yacine)
 H. Dufour, Moi Néron, Flamarion 1999 (Bibl K.Yacine)
 H. Monteilhet, Neropolis, 1984
 H. Sienkiewicz, Quo vadis, roman des temps néroniens,
nbreuses éditions
 F. Xenakis, Maman je ne veux pas être empereur,
AlbinMichel, 2001 (Bibl K.Yacine)
 En BD, Murena de Dufaux et Delaby (avec un Hors série
de la revue L’Histoire, 2009 : Rome au temps de Néron ; le
vrai et le faux dans Murena)
 C(aio) Suetoni[o] Tran[quillo f]lami[ni]…[adlecto
i]nt[er selectos a Di]uo Tr[aiano, p]on[tifici]
Volca[nal]li [a] studiis, a bylhio[thecis, ab
e]pistulis [Impe(ratoris) Caes(aris) Trai]iani
Hadr[i]an[i Aug(usti) Hipponensens Re]gii
d(ecreto- d(ecurionum) p(ecunia) p(ublica)
Suet. Aug, 9.1
 Proposita uitae eius uelut summa, partes
singillatim neque per tempora sed per
species exsequar, quo distinctius
demonstrari cognoscique possint
Aureus de Néron, vers
64-65
Racine, Britannicus, acte1,
sc.1,35-38

(…) je lis sur son visage
 Des fiers Domitius l’humeur triste et sauvage.
 Il mêle avec l’orgueil qu’il a pris dans leur sang
 La fierté des Nérons qu’il puisa dans mon flanc.
Dion Cassius, 61,2
 Au moment où, vers l'aurore, il venait au monde, il fut
environné de rayons lumineux avant qu'on vît le soleil en
projeter aucun ; cette circonstance, jointe à la position des
astres en cet instant et à leurs conjonctions, donna lieu à un
astrologue de prédire deux choses au sujet de l'enfant :
l'une, qu'il parviendrait à l'empire; l'autre, qu'il ferait
mourir sa mère. En entendant cette prédiction, Agrippine
fut, sur le moment, tellement transportée hors d'elle-même,
qu'elle s'écria : « Qu'il me tue, pourvu qu'il règne; » mais,
dans la suite, elle devait bien se repentir de ce vœu.
Dion 61.2
 Dans la suite, une peau de serpent, trouvée autour du cou
de Néron encore enfant, fournit aux devins l'occasion de
dire qu'il recevrait une grande puissance d'un vieillard,
attendu que l'on croit généralement que les serpents, en se
dépouillant leur peau, se dépouillent de la vieillesse
Néron enfant
Tacite, Ann., 12,2-3
 Pallas louait surtout, dans Agrippine, l’avantage d'associer
à la famille impériale un petit-fils de Germanicus, bien
digne d'une si haute fortune. Elle serait d'ailleurs le noble
lien qui réunirait tous les descendants des Claudius, et une
femme jeune encore, d'une fécondité éprouvée, ne porterait
pas dans une autre maison l’illustration des Césars.Cet avis
prévalut, appuyé des séductions d'Agrippine, qui, profitant
de son titre de nièce pour visiter à chaque instant son
oncle, prit sur lui un tel empire que, préférée à ses rivales,
et sans avoir encore le nom d'épouse, elle en exerçait déjà
l'autorité.
 Tacite,Ann. 12,58 :Sous les consuls D. Junius et Q.
Hatérius, Néron, âgé de seize ans, reçut en mariage
Octavie, fille de Claude. Afin d'illustrer sa jeunesse par un
emploi honorable du talent et par les succès de l'éloquence,
on le chargea de la cause d'Ilium. Après avoir rappelé dans
un brillant discours l'origine troyenne des Romains, Énée,
père des Jules, et d'autres traditions qui touchent de près à
la fable, il obtint que les habitants d'Ilium fussent exemptés
de toutes charges publiques. A la demande du même
orateur, la colonie de Bologne, ruinée par un incendie,
reçut un secours de dix millions de sesterces ; la liberté fut
rendue aux Rhodiens, qui l'avaient souvent perdue ou
recouvrée, selon qu'ils nous avaient servis dans nos guerres
ou offensés par leurs séditions ; enfin le tribut fut remis
pour cinq ans à la ville d'Apamée, renversée par un
tremblement de terre
 ILS 220( Nemi)
Pro
([sa]lute Ti. [Claud]i Caesaris
[Aug.Germ]anici et Iuliae
[Agrippinae Aug. et T]i. Claudi Britannici
[Caesaris et Neronis] Claudi Caesaris…
Tacite, Ann.12.41
 Sous le consulat de Cornélius Orphitus et le
cinquième de Claude, on donna prématurément la
robe virile à Néron, afin qu'il parût en état de
prendre part aux affaires publiques. Le prince
accorda facilement aux adulations des sénateurs
que Néron prît possession du consulat à vingt ans,
que jusque-là il eût le titre de consul désigné et le
pouvoir proconsulaire hors de Rome, enfin qu'il
fût nommé prince de la jeunesse.
Néron et Agrippine
Néron et Britannicus
Le Divin Claude
Néron et le Divin Claude
Tacite, Ann,13,3
 Le jour des obsèques, Néron prononça l'éloge funèbre. Tant qu'il vanta
dans Claude l'ancienneté de sa race, les consulats et les triomphes de
ses ancêtres, l'attention de l'auditoire soutint l'orateur. On se prêta
même à l'entendre louer ses connaissances littéraires, et rappeler que,
sous son règne, la république n'avait essuyé aucun échec au dehors;
mais, quand il en vint à la sagesse et à la prévoyance de Claude,
personne ne put s'empêcher de rire. Cependant le discours, ouvrage de
Sénèque, était paré de tous les ornements de l'éloquence; on sait
combien cet écrivain avait un esprit agréable et assorti au goût de ses
contemporains. Les vieillards, qui s'amusent à rapprocher le passé du
présent, remarquaient que Néron était le premier des maîtres de
l'empire qui eût eu besoin de recourir au talent d'autrui.
Sénèque,
Apocoloquintose,5
 On vint annoncer à Jupiter qu'il était arrivé un homme d'une bonne
taille, parfaitement chauve, et qui murmurait entre ses dents je ne sais
quelle menace ; il branlait perpétuellement la tête, traînait le pied droit;
interrogé sur son pays, il avait répondu je ne sais quoi dans un langage
inarticulé et d'une voix sourde; on ne pouvait comprendre son langage;
il n'était ni Grec, ni Romain, ni d'aucune nation connue. Alors Jupiter
avisant Hercule, qui, ayant parcouru tout l'univers, devait connaître
toutes les nations, lui commanda d'aller voir à quelle race d'hommes
pouvait appartenir le nouveau venu. Hercule donc, au premier aspect,
se sentit réellement troublé, lui qui avait su affronter tant de monstres
suscités par Junon. Quand il vit cette face d'un aspect si nouveau, cette
étrange manière de marcher, cette voix n'appartenant à aucun animal
terrestre, mais tout à fait semblable au mugissement d'un monstre
marin, il crut qu'il s'agissait pour lui d'un treizième travail. En
examinant avec plus d'attention, il reconnut une espèce d'homme.
 9.1: orsus hinc a pietatis ostentation
Claudium apparatissimo funere elatum
laudauit et consecrauit.
 33.2: certe omnibus rerum uerborumque
contumeliis mortuum insectatus est, modo
stultitiae modo saeuitiae arguens.
(…)multaque decreta et constituta, ut
insipientis atque deliri, pro irritis habuit;
denique bustum eius consaepiri nisi humili
leuique maceria neglexit
 9.3: matri summam omnium rerum
priuatarum publicarumque permisit. Primo
etiam imperii die signum excubanti tribuno
dedit ‘optimam matrem ’ …
 34.1: matrem… et honore omni et potestate
priuauit abductaque militum et
Germanorum statione contubernio quoque
ac Palatio expulit
Dion Cassius, 61, 7,4
 Comme la peau de Britannicus était devenue livide
sous l’effet du poison, il la fit recouvrir d’un
onguent au plâtre. Mais juste au moment où son
corps était transporté à travers le forum, une
violente tempête éclata, et comme le plâtre était
encore humide, la pluie le délaya totalement, si
bien que le forfait fut prouvé non seulement par
les rumeurs, mais même par ce que l’on voyait
Néron et Agrippine
Néron ordonnant la mort
d’Agrippine
Dion Cassius, 61.17
 17. [Il fit encore périr par le poison sa tante
Domitia, qu'elle aussi il révérait, disait-il, comme
une mère ; au lieu d'attendre quelques jours pour
que la vieillesse lui épargnât le crime de sa mort, il
voulut se défaire d'elle. Il se hâta d'exécuter cette
résolution à cause des biens que Domitia possédait
à Baïes et à Ravennes, où il construisit de
magnifiques gymnases], qui sont encore
aujourd'hui florissants.
Poppée
CIL IV, 971, graffito
pompéien
 http://www.noctesgallicanae.fr/Pompeii/neron.ht
m
Suétone, Othon, 3
 Vous voulez savoir pourquoi Othon part en
exil sous prétexte de promotion ? Il était
devenu l’amant d’une femme mariée, la
sienne.
Diva Poppaea et diva
Claudia
Antiphile de Byzance
(Anthol.Pal.178)
 Moi, Rhodes, je suis maintenant l'île de César,
comme autrefois j'étais celle du Soleil, et je tire
une égale gloire des rayons de l'un et de l'autre.
J'avais fini par m'éteindre, lorsqu'un nouvel astre
m'illumina, ô Soleil, et l'éclat de Néron surpasse
encore le tien. Comment dire à qui je dois le plus ?
Est-ce à celui qui m'a fait sortir des flots ? Est-ce à
celui qui m'a sauvée du naufrage et de l'abîme ?
 Quand s'achèvera ton séjour ici-bas, tu monteras plein de
joie vers les astres, le palais de l'Olympe, ta demeure
préférée, te recevra avec allégresse. Soit que tu veuilles
tenir le sceptre, soit que, monté sur le char étincelant de
Phébus, tu préfères éclairer la terre de tes feux errants, qui
charment le monde, toute divinité te cédera sa place, et la
nature te laissera choisir ta royauté. Mais tu ne prendras
pour demeure ni les régions du nord ni les régions brûlées
des feux de Sirius et d'où ton astre jetterait sur Rome
d'obliques rayons (11)
 (suite). Si tu pèses sur un point extrême du vaste
Éther, l'axe du ciel gémira sous le faix. Garde au
centre l'équilibre du monde. Que ce point du ciel
soit serein, qu'aucune nuée ne cache César.
Qu'alors le genre humain pose les armes, que
toutes les nations s'aiment d'un commun amour, et
que la paix, descendue sur la terre, ferme les
portes de fer du belliqueux Janus. Mais tu es déjà
un dieu pour moi. Puisse le poète te recevoir dans
son sein, il n'invoquera pas le dieu de Cyrrha, il
n'appellera pas Bacchus loin de Nysa. C'est assez
de toi pour inspirer les chants d'un Romain.
 Philostrate, VA, 5.7Un jour qu'ils étaient réunis dans le
temple des deux Hercules, Ménippe vint à parler de Néron,
et dit en riant :
 «Que pensez-vous que devienne cet illustre vainqueur?
Quels prix a-t-il remportés? N'êtes-vous pas d'avis que ces
bons Grecs doivent pouffer de rire en se rendant aux jeux?
- J'ai entendu dire, répondit Apollonius, que Néron craint
le fouet des Éléens. En effet, comme ses courtisans
l'engageaient à remporter une victoire aux jeux
Olympiques, et à faire proclamer avec son nom celui de
Rome, il s'écria: « Pourvu que les Éléens ne me jalousent
pas; car on dit qu'ils fouettent (06) et qu'ils se croient audessus de moi. »,
 (suite) Au mépris de sa dignité d'empereur et de
Romain, au lieu de régler l'État, il s'occupe de
régler sa voix, il fait l'histrion hors d'une ville où
doit siéger sans cesse le prince qui tient en sa main
les destinées du monde ! Mon cher Ménippe, les
acteurs tragiques, parmi lesquels Néron vient de se
faire inscrire, sont en assez grand nombre. Eh bien
! si l'un d'entre eux, après avoir représenté
Oenomaus ou Cresphonte, quittait le théâtre plein
de son rôle, au point de vouloir commander aux
autres, et se croire roi, que diriez-vous de lui? Ne
diriez-vous pas qu'il a besoin d'ellébore ou de
toute autre potion propre à purger le cerveau ?
 (suite)Mais si c'est un prince qui, laissant là
sa grandeur, se confond avec des acteurs et
des artistes assouplissant sa voix, tremblant
devant les juges d'Olympie ou de Delphes,
ou bien encore jouant mal avec sécurité, s'il
ne craint pas d'être frappé de verges par
ceux auxquels il est chargé de commander,
que diriez-vous des pauvres peuples qui
sont soumis à un tel misérable? Que va-t-il
être aux yeux des Grecs? Le prendra-t-on
pour un Xerxès dévastateur, ou pour un
Néron citharède?
Le citharède
Néron et Apollon
Inscription de Cologne

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